Après avoir quitté le lac AYDAR KUL près de la frontière kazakhe, on a traversé le pays sur 250 kms vers le sud, pas très loin de la frontière Turkmène pour se retrouver dans cette ville qui nous a tout de suite plu.
Ici, sans doute moins de bâtiments somptueux couverts de céramiques, mais une vieille ville entourée de 16 kms de remparts et 11 portes, où il fait bon se promener dans un dédale de ruelles dont les murs, souvent aveugles, sont en briques, sans décorations. Il nous est alors facile de remonter aux temps fastes de la route de la Soie même si les marchands du Temple d’aujourd’hui ont , depuis longtemps, investi les coins et recoins des madrasas.
Les voitures sont tenues à l’écart de la vieille ville, ce qui lui donne tout de suite une atmosphère particulière.Des murs en pisé.
Très vite, on se retrouve à déambuler autour du cœur de la cité, le bassin de LIAB-I-KHAOUZ, où se concentrent cafés, restaurants et échoppes. Autrefois, la ville comptait une centaine de bassins de ce type, il en reste moins de dix et celui-ci est le plus grand de la ville : 45 m sur 36 m.
Trois édifices bordent le bassin. Cette madrasa, la Koukeldash est la plus ancienne et date du milieu du XVI e siècle. Il y avait 160 cellules sur deux niveaux. C’était la madrasa la plus importante de la ville.L’autre Madrasa: la madrasa Nadir- Divanbeg et son portail monumental.Deux oiseaux fantastiques tiennent une biche dans leurs serres et s’envolent vers le soleil. Il est dit que cet édifice était prévu pour être un caravansérail mais que le Khan de l’époque, félicitant à tort Nadir Divan Begi pour sa foi qui le pousse à construire une aussi belle madrasa, celui-ci fut bien obligé de transformer le caravansérail en madrasa. Ou alors, selon la guide qui nous racontait l’histoire, le Khan a peut-être fait exprès pour qu’il change ses plans..Nassredine, personnage célèbre dans le monde musulman. Les enfants le connaissent à travers ses histoires courtes qui peuvent être drôles, morales ou absurdes. Parfois il est le bouffon de Tamerlan.Nous aussi, on aime Boukhara.Un Aksakal. Les anciens sont appelés ainsi et ont toujours un rôle important dans les quartiers, les Mahallas. Ils se regroupent sur une partie de la place pour jouer aux dominos ou à autre chose, ou bien simplement à regarder les gens passer.On est tombé sur ce brave pèlerin par hasard ! Lui c’est plutôt la Mecque que Saint Jacques !!! Cet édifice servait de refuge pour les derviches pèlerins. Pas derviche tourneur, car, comme m’a corrigée la guide, on n’avait pas le droit de danser à cette époque…St Jacques ou la Mecque, c’est la même panoplie : le gourdin, la gourde, le turban à la place du chapeau, une lunch box et une sébile pour gagner quelques sous…
On les appelle les Coupoles Marchandes. Datant du XVI e siècle, elles étaient construites aux croisements des rues. L’une était la coupole des changeurs, elle abritait les Juifs changeurs de monnaie, seuls habilités à cette tâche, car pour les Ouzbeks, cela portait malheur. L’autre était la coupole des chapeliers, aujourd’hui davantage occupée par des marchands de tapis (d’orient )…Une troisième coupole était le domaine des joailliers. Il y en a encore aujourd’hui.On peut s’étonner de la hauteur des entrées ogivales mais le commerçant arrivait avec ses chameaux chargés de marchandises.Hauts lieux de fraîcheur. Il peut faire jusqu’à 60 ° au soleil ! On trouve vraiment de tout au rayon souvenirs !
Le mausolée d’ Ismaël Samany pour son père. Le deuxième plus ancien mausolée du monde musulman. X e siècle. La construction était révolutionnaire pour l’époque avec 18 combinaisons différentes d’assemblages de briques. Les briques étaient assemblées au jaune d’œuf et au lait de chamelle ! Il fallait y penser. C’est sans doute ce qui a permis au bâtiment de traverser plus d’un millénaire sans souffrir des tremblements de terre…grâce à de l’œuf et du lait. C’est comme la Muraille de Chine. Savez-vous le liant employé pour cimenter les pierres ? Des recherches récentes ont découvert que c’était l’eau du riz qui avait été utilisée. Et ça tient…
Forteresse ARK.
Entrée de la forteresse de l’Emir qui a servi de résidence aux seigneurs de Boukhara. Elle est construite sur une colline artificielle dû à l’empilement des ruines de palais construits, déconstruits, reconstruits…on a saisi l’idée.
C’est le plus grand lac du pays, 250 kms de longueur sur 15 km de large. Il est salé. Pour y arriver, on a traversé, en voiture, le désert de KYZYLKUM dans lequel vivent scorpions, cobras, grands varans. On n’a vu personne sauf des chameaux.
Sur la carte, AYDAR Lake est écrit dans la plus grande flaque bleue, au nord-est, pas très loin de Tachkent près de la frontière kazakhe en rose. On a rejoint Boukhara ( chameaux ) via Nourata. Ce soir on dort dans le train qui nous emmène complètement à l’ouest, vers Nukus et Muynak entourés. L’intérêt de la photo réside dans le tuyau jaune qui nous a accompagnés sur 200 kms de Samarkande au lac. C’est l’acheminement du gaz et cela date de l’ère soviétique. Comme ici dans les rues de Boukhara.L’esthétique soviétique cherche avant tout la fonctionnalité. En cas de panne, on n’a pas de tranchées à ouvrir. Ils commençaient à nous manquer.Des buissons parsemés de fleurs.On nous a dit que c’est un suricate. On dirait un croisement de marmotte et d’écureuil. Mais Pierre doute. Il s’agirait d’un souslik. On avait le lac juste pour nous deux. On s’est baignés dans une eau très agréable.Notre super chauffeur ! Toujours très attentif et d’une extrême gentillesse.Les yourtes sont là pour les touristes. On passera la soirée avec un couple de Français et des Espagnols.Seulement pour nous.Soirée sympa autour du feu à écouter de la musique traditionnelle et à danser.
Comment vous dire…C’est comme avec le chocolat. Même en dégustant le meilleur du monde et en le savourant, il y a un moment où on n’en peut plus. On frôle l’indigestion. A Samarkande, on vole de madrasas en mausolées, de mausolées en mosquées, de noms difficiles à mémoriser. Quand une de nos guides nous a avoué que même pour elle, c’était parfois difficile à retenir, on a tout de suite été rassurés.
Bien sûr, on a encore vu beaucoup de merveilles à Samarkande mais on souhaite aussi montrer d’autres aspects du pays et, après quatre jours de ville, on avait hâte de se mettre au vert.
On est, auparavant, allés à SHARISABZ, ville natale de Tamerlan, grand conquérant pour l’Asie Centrale, mais surtout, d’après les historiens, un combattant dont les attaques s’apparentaient davantage à des raids, faisant des centaines de milliers de victimes chez ses voisins, qu’à une stratégie constructive pour les peuples soumis. Il ne leur a rien apporté d’original et n’a pas créé d’état viable. Bref, on n’a pas envie de faire sa promotion.
Sur la route du lac, on va s’arrêter deux jours près des montagnes de Nourata, dans le village de Hayat, village habité depuis longtemps par des Tadjiks. Le tadjik est une langue d’origine farsi.
On restera deux jours dans cette guesthouse. Des carbets dans le jardin de la guesthouse surplombent la rivière.Notre jeune guide pour le premier jour.Des mouflons endémiques : l’argali. Le plus grand des moutons sauvages.Résistance
Le lendemain, rando d’une quinzaine de kilomètres avec un guide à….on peut dire à cheval mais on ne peut pas dire à âne. À dos d’âne alors.
Pour les animateurs de Coublevie accueil qui ont mal aux genoux. La formation est très courte. Il suffit de savoir monter sur un âne. Du portail fait main.Des pétroglyphes. Des mouflons, loups, chevaux et chasseur. Ils dateraient de 4000 ans. Notre chauffeur et Alexandra, baroudeuse allemande qui voyage avec sa petite voiture, a quitté l’Allemagne il y a deux mois et se rend …au Tibet. Après, elle avisera…Quand on vous dit petite voiture…Aux abords du village.Aïssa s’installe au sol pour faire l’énorme pâte.Avec Aïssa, j’apprends à faire les Manti, les raviolis fourrés aux légumes et à la viande.La cuisinière.Bon, ça c’est pour attraper les mouches.Super accueil dans la famille tadjike.Ici, le beau- père d’Aïssa est tout sourire. Si si.
De Tachkent à Samarkande, 332 kms . On a mis un peu plus de deux heures en train.
Quand on pense route de la Soie on pense Samarkande. Et Samarkande, c’est Tamerlan. Dans la famille Tamerlan, je voudrais les fils, les petits-fils, les professeurs, l’un des maîtres spirituels, le tonton. On se demande comment on a pu vivre jusqu’à aujourd’hui sans connaître Tamerlan, sa vie son œuvre…
Après, ce n’est pas une famille facile. Parfois le fils tue le père car papa en a trop fait pour les sciences et oublie les credos musulmans en buvant trop de vin lors de la circoncision de l’un de ses fils. Ulugh Beg, petit-fils de Tamerlan tué par son fiston Abdul- Latif. Et pourtant c’était un gars bien. Le père, pas le fils. On en reparle…
Tamerlan est à l’Ouzbékistan ce que Manas est au Kirghizstan. Le héros national. La comparaison s’arrête là car Tamerlan a fait édifier les monuments qui font, depuis le XIV e siècle, l’attrait et la grandeur de Samarkande. Pour les Kirghizes et pour les autres voisins, il a aussi tué des milliers de gens. Personne n’est parfait. Tout dépend de quel côté on lit l’Histoire.
Tamerlan.
Bien avant Tamerlan, ici appelé AMIR TEMUR, Samarkande était un carrefour de la route de la soie entre les routes de la Chine, de l’Inde et de la Perse et par conséquent déjà très célèbre. Du VIe au XIIIe siècle, elle était plus peuplée qu’aujourd’hui.
Difficile de retranscrire tout ce qu’on a appris sinon on va rater l’avion lundi, mais on va tenter de parler de ce qui nous a marqués.
LE REGISTAN. Cela veut dire « place sablonneuse » en tadjik. C’était le centre marchand de la Samarkande du Moyen Âge.
Le REGISTAN. C’est le joyau de la ville. Trois édifices grandioses. Il s’agit de trois madrasas qui sont parmi les plus anciennes au monde. Heureusement que Gengis Khan est passé cent ans plus tôt car il avait détruit les madrasas antérieures. Les Soviétiques ont su les protéger et les restaurer.La Madrasa Ulugh Beg. C’est la plus ancienne des trois. 1417-1420. Les deux autres datent du XVIIe siècle. Construite par Ulugh Beg, petit-fils de Tamerlan, roi érudit et astronome, elle a reçu tout le gratin scientifique de l’époque qui donnait des conférences sur les maths, la géométrie, la logique, les sciences humaines et la théologie. C’était la madrasa la plus réputée d’Asie Centrale. Plus d’une centaine d’élèves y étudiaient.
Ulugh Beg…on a un faible pour lui. Un souverain réellement passionné par les sciences, l’histoire, la théologie, la poésie, la musique, la médecine mais surtout par l’astronomie. C’est ainsi que la capitale choisie par son grand-père, Samarkande, devint ville de science et de culture. Ulugh Beg fit construire un observatoire qui abrita ses découvertes scientifiques et des inventions dont un sextant.
Sa statue devant l’observatoire qu’il avait fondé.
Quand le guide nous parlait du sextant inventé par Ulugh Beg, on s’imaginait un sextant qu’on pose sur une table mais quand on a vu ce qu’il en reste, c’était un morceau de 11 mètres de long et trois étages de haut ! Son diamètre était de 84 m ! Il a été construit sous terre pour le protéger des tremblements de terre.
Après avoir fait tuer son père, le vilain Abdul-Latif fit raser complètement cet observatoire pour effacer la mémoire de son père. (faites des mômes…).
Pour l’époque, Ulugh Beg , souverain et touche-à-tout, était un anticonformiste et un avant – gardiste qui se fit rapidement des ennemis chez les Ayatollahs du moment. Surtout quand il a osé dire: « Les religions se dissipent comme le brouillard, les empires se démantèlent, mais les travaux des savants demeurent pour l’éternité. » Et tout ça au XVe siècle. Pour avoir dédaigné la religion et la guerre, il a été tué. L’intolérance n’est pas une nouveauté….
La madrasa TILLA KARI, Moins haute mais plus longue, on aperçoit la mosquée et sa coupole bleue. 1646-1660. Elle remplace un caravansérail qui a été détruit.
Splendeurs.
La mosquée de cette madrasa est bleue et or pour symboliser la richesse de la ville. Le plafond est recouvert de feuilles d’or. Les lignes concentriques donnent l’illusion d’une coupole alors que le plafond est plat.Les principaux motifs de décoration sont des sourates comme sur la plupart des édifices.Le nom d’Allah écrit en trois calligraphies différentes.Madrasa Chir Dar. 1619-1636. Elle remplace un autre édifice détruit. Toute représentation vivante est interdite par l’Islam afin d’éviter d’adorer l’image d’un humain ou d’un animal ( le veau d’or !) donc on décrit des animaux étranges, mythiques avec des soleils zoroastriens et ça passe. Les Russes firent fermer les madrasas à partir de 1920 et celle-ci servit de prison aux musulmans qui s’opposaient à eux…avant d’être exécutés.La fête des lumières à Samarkande tous les soirs en saison.Au pays des mille et une nuits.
L’autre grand site est celui de GOUR ÉMIR qu’il faut appeler maintenant AMIR TEMUR pour plus de respect. Mausolée de Tamerlan construit par son petit-fils préféré,Muhamad Sultan.
En noir le cercueil de Tamerlan dont le corps n’est pas dedans mais dans la crypte. Ici c’est pour les pèlerins. A sa tête son maître spirituel, son professeur, de la famille dont Ulugh Beg.Partout beauté des édifices .
L’Ouzbékistan en quelques chiffres. Vous retrouverez la carte du pays dans l’article 1.
Traversé par deux grands fleuves, l’Amoudaria et le Sirdarya que nous suivrons pour aller à Ferghana, le pays est plus grand que le Kirghizstan, s’étendant sur plus de 1400 km d’ouest en est et sur 930 km du nord au sud. Mais surtout il est beaucoup plus peuplé avec 40 millions d’habitants.
Au nord, il partage ses frontières avec le Kazakhstan, au nord-est le Kirghizstan, à l’est et sud-est c’est avec le Tadjikistan et au sud l’Afghanistan. On retrouve des chaînes de montagnes du Kirghizstan à l’est avec les Monts Tianshan et le Pamir. Mais le pays est principalement constitué de plaines vers l’ouest et du plus grand désert d’Asie Centrale, le désert de Kyzylkum, qu’on a traversé hier pour arriver sur les rives du plus grand lac du pays, Aydarkul.
Aller faire un tour dans la vallée de Ferghana relevait de l’envie d’approcher au plus près le peuple ouzbek, cette région étant encore peu ouverte au tourisme. Elle est connue principalement pour Kokand, pour ses cités artisanales, notamment Rishtan avec ses céramiques renommées et Marguilan, ville de la soie.
KOKAND.
On a souvent entendu l’expression : Khanat de Kokand. La formule est belle, ça sonne bien mais on n’y comprend rien. En fait, un khanat était un royaume en Asie dirigé par un Khan. Kokand sera capitale pendant plus de 170 ans. Aujourd’hui, elle conserve de belles traces de son passé mais c’est aussi une ville universitaire et culturelle.
Palais Koudoyar. C’est le dernier Khan qui l’a fait édifier (1863-1875) et ce sont les Soviétiques qui l’ont en partie détruit 50 ans plus tard. C’était bien la peine…Plafonds en albâtre décoré.Tout a été restauré en reprenant bien sûr le style musulman. Pas de représentation humaine, des fleurs et des formes géométriques, beaucoup de bleu, vert et rouge. On a bien aimé cette mosquée, avec sa place ombragée, ses petits commerces et sa centaine de piliers en bois sculptés. On en verra de nombreux à travers tout le pays.Hôpital pour piliers malades.Tombes musulmanes ouzbèkes.
RISHTAN
Ville de céramiques depuis plus de 700 ans. Les artisans utilisent toujours des peintures minérales: le cobalt pour le bleu, le manganèse pour le marron et le cuivre pour le vert.
On a dormi chez Saïd, un céramiste. Accueil très sympathique de sa famille.
C’était l’anniversaire de Pierre, bouteille offerte par l’agence ! Au top l’agence. Chez Saïd.Des grands espaces ombragés.
Chez un autre céramiste, on avance de salle en salle, allant d’émerveillement en émerveillement. une vraie caverne d’Ali Baba spéciale céramique.
En arrière-plan, la route de la Soie, de la Chine à Istanbul. Constantinople à l’époque.
Et puis MARGUILAN.
C’était la dernière étape de la route de la soie avant le Pamir à franchir pour se retrouver en Chine. L’économie de Marguilan repose toujours sur la soie même s’il y a eu des périodes plus prolifiques que d’autres. Au début du XXe siècle, il y avait quatre grandes fabriques mais ces usines ont fermé suite à une vague d’arrestations et de déportations. Dans les années 1950, les Soviétiques regroupent les artisans en deux grandes structures de 8000 et 12000 ouvriers quand même ! Mais avec la chute de l’URSS, ces deux usines de tissage déclinent et de nombreux artisans se sont depuis remis aux méthodes traditionnelles et à leur compte.
On a revisité toutes les étapes de la fabrication de la soie naturelle.
Teinture de la soie.Résultats obtenus en quelques minutes.
Mais le chemin est toujours aussi intéressant que la destination. La route de Tachkent à Ferghana est superbe.
Au fond le PAMIR.Sur le bord de la route, des agneaux cuisent dans de grands fours.Notre chauffeur. Une fois, il s’arrêtera pour nous offrir du pain, une autre fois, il m’offrira des fleurs. La classe.Sur un marché, ce sont ces jeunes filles qui nous abordent, sans aucune timidité et demandent à être prises en photo.Un homme content de saluer des Français.Dans la rue.Chogdan nous demande un selfie. Il nous dépose à la gare de Tachkent pour aller à Samarkande. Merci, tu étais super.
Au départ, l’idée de venir en Ouzbékistan était d’y retrouver les parents de notre belle-fille russe et de découvrir ce pays avec eux. Finalement, ils n’ont pas pu venir mais nous avons décidé, malgré tout, de maintenir ce voyage. Nous avions pris contact directement avec une agence ouzbèke -pas de frais intermédiaires – pour leur proposer un programme choisi suite à nos lectures. L’agence Orient Star nous a calé les hébergements et les transports. Des temps de rando sont prévus. Nous avons un guide francophone pour une visite guidée le premier jour dans chaque grande ville. A Samarkande, il restera avec nous trois jours. On a spécifié comme type d’hébergements le plus possible chez l’habitant ou de simples guesthouses. Aujourd’hui 19 mai, arrivés au milieu de notre périple ouzbek, on peut dire que tout a été parfait.
Niguina, notre guide au français impeccable.
Nous voilà plongés dans les splendeurs du Moyen Orient et ce n’est que le début ! La difficulté pour nous sera de mémoriser les noms arabes des madrasas, mausolées, mosquées…alors on note…
L’ensemble HAST IMAM dans le quartier de Chorsu.C’est dans l’un de ces bâtiments qu’on a vu l’un des plus anciens Corans- photo interdite – datant du VIIe siècle et revenu de Damas en Irak à cette époque. Il a été écrit sur un parchemin en peau de gazelle. Il est transporté à Samarkande, capitale de Tamerlan, mais en 1865, les tzars l’emmènent à St Petersbourg. Après la dissolution de l’Union soviétique en 1991, on a rapatrié le Coran à Tachkent. Sur l’esplanade parfois les enfants viennent avec leurs cerfs-volants.
Les anciennes madrasas sont souvent devenues des hôtels où des ateliers pour artisans.
Le quartier de Chorsu est l’un des rares quartiers à ne pas avoir succombé au tremblement de terre de 1966. Ce complexe comprend deux madrasas (école coranique), Mouyi Mubarak et Baraja Khan, deux mosquées et l’institut Islamique Imam Al Bakari. Il a été construit près de la tombe de l´Imam Hazrati (903 – 975) qui,d’après les récits historiques, était un érudit qui parlait 72 langues! Il avait sûrement l’application Duolingo…Il aurait traduit l’ancien testament en arabe, était aussi maître dans la fabrication des clés et de des serrures…!
Aller sur les marchés après les mausolées, ça fait du bien ! On renoue avec la vie. Le Chorsu Bazaar comme tous les marchés du pays est un lieu toujours surprenant où on trouve de tout… surtout ce qu’on ne cherche pas.
Amir Temur, plus connu sous le nom de Tamerlan. Le nouveau héros du pays. On a pioché dans le XIVe siècle. Le pays a dû changer ses héros à plusieurs reprises : les statues de Lénine ont fondu, puis celles de Staline. On a trouvé Tamerlan.Le plus ancien hôtel. Tout le charme soviétique. Gigantesque marché.Des épices et des fruits secs…Toujours un bonheur pour les yeux.Des langues et des queues de bœuf. Mais moins un bonheur pour les yeux. Propreté des lieux.
Des abricots verts comestibles.
Des kourts (fromages secs ) ici enrobés de myrtilles. On en a acheté un paquet. Pour être secs, c’est sec. Au troisième, tu meurs de soif. Les tampons qui décorent les pains.Les berceaux. Traditionnellement, on attache le bébé sur le dos, les fesses au niveau du trou. Un petit étui est enfilé sur le sexe de l’enfant pour guider l’urine vers le trou…Ça se vend toujours ! Des mûres noires et blanches.Le pain est fait sur place. Il est collé sur les parois du four à la cuisson.D’abord on mange le pain puis on mange la corbeille! Astucieux.Du beurre.Des frites oui…mais de pâlottes carottes.Des gâteaux de fou pour chaque événement.
Vaisselle en céramique colorée.La pierre d’alun vendue pour fixer la couleur des tissus.
Au musée des arts décoratifs
Des merveilles de tissu. Des Suzanis pour habiller les murs.Soie et fils d’or
Vêtement d’apparat.
Si les deux pans étaient attachés, la femme était mariée. Les deux pans libres, la femme l’était également.
Visite du métro. Une vraie galerie. Toute l’histoire du peuple et de ses personnages illustres.
Ici des fleurs de coton.Rappel des suzanis.Première participation aux JO en tant que nation indépendante, 1994.
Promenade dans les rues et les parcs.
Une belle journée avec une guide lucide sur les difficultés politiques et sociales, qui nous a fait partager l’amour de sa ville.
Une grande différence avec les Kirghizes, c’est que les Ouzbèkes ne sont pas des peuples nomades. Très vite, des tribus sédentaires se sont installées, non pas au bord du lac de Paladru, mais près de la mer d’Aral où, un peu plus loin, des villes forteresses ont vu le jour.
Souvent les sédentaires ont eu des témoignages négatifs sur les nomades les faisant passer pour des brutes épaisses. On sait aujourd’hui qu’un grand nombre menait une vie confortable et raffinée ( soieries, bijoux en or, totems sculptés…).
Quelques thèmes qu’on a abordés.
Questions d’éducation
Il existe des crèches, des maternelles. L’école est obligatoire à partir de 7 ans. Au KZ, les enfants parlent deux langues : le kirghize, langue nationale et le russe, langue officielle. En Ouzbékistan c’est l’ouzbèke et le russe. Ils apprennent à écrire les deux alphabets, latin et cyrillique. L’arabe n’est plus étudié à l’école, mais le Coran étant toujours récité en langue arabe, les enfants et les adultes apprennent par cœur les sourates en écoutant le grand père, le grand frère ou l’imam.
En Ouzbékistan, l’enseignement peut se faire en cinq langues. Pendant l’Union soviétique, le français était à la mode mais il a été remplacé par l’anglais.
En Ouzbékistan, les garçons et des filles, sur les mêmes bancs, du temps de la période soviétique, ont bénéficié d’un bon niveau d’éducation.
Aujourd’hui, dans les deux pays, le niveau scolaire a bien baissé depuis 1991 et on a de la peine à recruter des enseignants, très mal payés, et qui n’ont pas toujours le diplôme attendu.
Les femmes ont eu accès à l’éducation et au travail dans toute l’Asie Centrale dès le début du XXe siècle à cause de la guerre, les hommes étant partis au front.
Une de nos guides ouzbeks était désolée de constater que ses deux enfants parlaient russe entre eux, qu’ils s’adressaient à elle en russe également alors qu’elle est ouzbèke et de parents Tadjiks ! Sa mère lui a toujours dit que la liberté de la femme passait par un métier, donc l’indépendance financière. Elle est prof de français à l’université et guide les jours fériés. La société ouzbèke, est selon elle, encore très patriarcale. Beaucoup de progrès à faire vis-à-vis des femmes.
J’ai remarqué depuis notre arrivée en Ouzbékistan qu’à chaque fois, on me sert toujours la main après Pierre et les autres hommes présents.
Mariage et vie des jeunes.
On ne fricote pas avant le mariage. Non mais. Il existerait encore des mariages arrangés car à partir de 25 ans environ, on se doit d’avoir trouvé l’âme sœur. Le jour du mariage, on enlève la mariée. Aujourd’hui, on simule.
Le jeune couple viendra habiter chez les parents du fils ! Un guide nous disait que le rôle du mari, en cas de tension, entre femme et mère, est très important. Le mari expliquera à sa femme qu’elle aussi, un jour, aura ce rôle-là, qu’il faut développer la patience et il dira à sa mère de se rappeler que, elle aussi, a vécu dans sa belle famille quand elle était jeune et qu’elle ne devait pas être parfaite non plus. Notre guide a précisé que le fils donnera, de toute façon, toujours raison à sa mère car sa mère, c’est sa mère pour toujours, alors que sa femme…on peut en changer.
Il y a des jours où on est contentes d’être nées en France…
Un de nos guides, 28 ans, quand il ne travaille pas, agrandit la maison de ses parents en prévision de son mariage.
Les filles s’habillent comme elles le veulent. Le foulard n’est pas obligatoire. On n’est pas obligé de pratiquer l’Islam mais tout le monde le respecte.
Vieillesse et héritage.
D’après nos guides, l’espérance de vie Kirghize est de 65 ans pour les hommes, 69 ans pour les femmes. Chez les Ouzbèkes, on passe à 72 et 75 ans.
Quand les parents vieillissent, dans les deux pays, c’est en principe le fils le plus jeune qui doit s’occuper d’eux et rester avec eux. En échange, c’est lui qui héritera. Quand il y a assez d’argent, comme le fait un de nos guides qui a trois fils, il achète déjà des maisons pour les deux autres.
Économie
Le Kirghizstan a un niveau de vie plus faible que l’Ouzbékistan. Celui-ci connaît un fort développement touristique dû à la richesse de son patrimoine situé dans les principales villes de la route de la soie. On y trouve raffineries, gaz, uranium, cuivre, or, construction de voitures. Le gaz est vendu au Tadjikistan.
On cultive des céréales, des arbres fruitiers et encore du coton exporté vers la Chine, la Russie, la Turquie.
D’après nos guides, le salaire moyen Kirghize est de 300€ par mois. En Ouzbékistan, c’est le salaire minimum. Le salaire moyen tourne autour de 550€.
Ce soir, nous sommes contents d’avoir quitté Samarkande la magnifique dont on parlera prochainement pour nous retrouver dans un village perdu dans la montagne au bord d’une rivière, chez l’habitant.
Nous passerons ici deux nuits.Notre jeune guide pour une petite randonnée. Lui parle plus l’anglais que le russe. Il nous dit qu’il a très peu de cours de russe dans son école. La particularité de ce village est qu’il est habité par des Tadjiks.Des carbets au-dessus de la rivière. Un vrai havre de nature et de fraîcheur. Pierre vient de découvrir des mousserons, moi des moucherons et sous les arbres, des mouflons endémiques de la région nous observent. On les appelle les argalis de Severtzov. Le futur M’Bappé en bleu. C’est lui qui le dit.
Quelques infos apprises grâce à nos guides sur les différents aspects de la société kirghize.On commence par l’Histoire. Évidemment, ce sera très incomplet mais connaître leur passé donne des repères pour mieux comprendre leur façon de voir les choses actuellement.
Le pays est d’abord essentiellement un long couloir montagneux où se croisent des peuplades nomades. Les premiers peuples viendraient de l’Altaï à l’ouest de la Mongolie, chassés par des Mongols qui veulent récupérer leurs pâturages. A cette époque, certains peuples pratiquaient le Bouddhisme – quelques vestiges à voir dans le pays – et le tengrisme basé sur la croyance en une divinité du ciel mâtinée de chamanisme et de culte des ancêtres.
Les Scythes seraient les premiers habitants identifiés du VIe au I er av. JC.
INVASIONS
VIIIe siècle.
À partir de ce siècle, invasion arabe puis domination de l’Islam jusqu’à aujourd’hui à partir de la bataille de Talas en 751. La langue kirghize appartient au groupe ethno- linguistique turcique, groupe réunissant une trentaine de langues provenant du turc, parlées surtout dans les pays d’Asie Centrale, de Chypre à la Sibérie. Environ 300 millions d’habitants aujourd’hui. Ça fait du monde.
DÉBUT DU XIIIe siècle.
Gengis Khan débarque et va constituer un empire qui sera jusqu’à aujourd’hui le plus étendu du monde ! Il a même fait un tour jusqu’en Pologne et dans les Balkans. Mais on trouve toujours plus fort que soi. Les Russes seront les premiers à prendre une part du gâteau, puis les Ottomans et les Perses.
XVIIe siècle
Des Mongols Oïrotes (ça existe).
XVIIIe siècle
Des Mandchous.
XIXe siècle
Des Ouzbeks.
XXe siècle
Des milliers de Kirghizes fuient vers la Chine à partir de 1916 pour éviter la domination russe et le Parti communiste en 1918. Les Russes arrivent, puis les Tchécoslovaques et les Polonais pour développer l’industrialisation. Durant la période soviétique, les Kirghizes sont minoritaires chez eux (45%), et 20% de Russes s’installent qui font partie aujourd’hui du paysage.
Des purges staliniennes. Arrestation et exécution d’intellectuels, d’hommes politiques. Les Russes vont également mener la vie dure aux Kazakhs avec la création des premiers kolkhozes qui vont chercher refuge, affamés, auprès des Kirghizes. Ceux-là vont les aider. D’où une amitié qui existe toujours entre Kirghizstan et Kazakhstan.
Cela nous a surpris quand Alexandre, notre guide de Bishkek, a parlé de 1936 comme date de l’indépendance de son pays. On s’attendait à 1991.
1936.
Création de la République Socialiste Soviétique de Kirghizie. Une indépendance sous la coupe soviétique.
1940 voit l’arrivée forcée des Coréens. Les Coréens avaient fui dans les années précédentes l’envahisseur japonais pour la Russie. Mais Staline décide de les déporter en Asie Centrale dans des conditions rappelant celles des convois vers les camps de la mort. Des Juifs arrivent aussi dans les pays d’Asie Centrale.
Le Kirghizstan a tenté de résister face à la dictature imposée par les Russes, notamment en vallée de Ferghana. C’est pourquoi Staline a divisé pour mieux régner. Il a réparti cette région sur trois pays : Kirghizstan, Ouzbékistan et Tadjikistan. Mais il existe toujours des tensions actuellement à cause de cette fragmentation imposée.
1989
On comptait au Kirghizstan 87 ethnies différentes. Aujourd’hui, on en compte 52.
1991
Fin de l’URSS et donc de la RSSK.
La capitale, appelée Frunze, prend le nom de BISHKEK.
25 décembre 1991: pleine indépendance du pays.
26 décembre 1991: L’URSS n’existe plus.
Alors, bien sûr, on a évoqué la Russie, toujours grand frère ou pas, la question de l’Ukraine….
Dans l’ensemble, les personnes âgées kirghizes soutiennent Poutine, l’invasion de l’Ukraine et sont nostalgiques de l’URSS. La santé était gratuite, l’éducation également. Tous les frais étaient pris en charge par Moscou. Le régime soviétique faisait barrage aux religions et mouvements extrémistes. Depuis, des mouvements islamistes se sont développés du côté de la vallée de Ferghana. Un guide est content de nous dire que le KGB ouzbek surveille ces groupuscules. La liberté a coûté bien cher…pour se retrouver avec une monnaie dévaluée. Avant, le Kirghizstan, véritable Château d’eau de la région échangeait son eau contre le gaz de pays voisins pour chauffer les appartements mais, à l’indépendance, des conflits aux frontières ont éclaté à cause de cette question.
Il n’est toujours pas dans la culture de critiquer. Et, d’après les dires de certains jeunes, même au Kirghizstan, cela reste dangereux de critiquer la politique. Les Russes se sont bien servis dans les ressources minières. Les jeunes sont plutôt contre l’invasion en Ukraine mais cela reste un sujet délicat en famille.
Les Russes imposent au pays d’acheter tels produits chez eux en échange de quoi des soldats russes surveillent les frontières et les groupes islamistes du côté de Ferghana.
Mais d’abord deux superbes photos prises par Matthieu…parmi tant d’autres. Les chameaux resteront dans les pâturages jusqu’en octobre et Damir remontera les voir deux ou trois fois par mois. Goultchat, la femme de Damir, est aussi institutrice et directrice d’une école de 75 enfants dans son village. Avec les animaux à s’occuper et la maison, que de travail.
Ici Saïd, son fils. Une dernière belle table sous la tente.
Alors Tash Rabat.
Même si la dernière journée de marche ne réservait pas de grandes surprises, l’arrivée sur Tash Rabat, trônant au sommet d’une petite colline, encadrée de hautes montagnes et entourée de quelques yourtes où nous allions passer la dernière nuit , nous permit de terminer ce périple kirghize en beauté.
Voilà Tash Rabat, l’ancien caravansérail. Un caravansérail est un lieu de regroupements, en Asie centrale, sur la route de la soie où on accueille les marchands et leurs bêtes pour les nourrir et les héberger.Il en reste peu mais quand la route de la soie était en plein essor, on en trouvait tous les 25 ou 30 kilomètres, ce qui correspondait à une étape quotidienne.Ce n’est qu’en 1983 que les archéologues ont découvert des ruines à moitié enfouies dans la terre. Apparaît alors une forteresse de pierres de 35 m sur 34 m. Le toit couvre une vingtaine de dômes et trente pièces sont disposées autour d’une grande salle surmontée d’une haute coupole.
Mais on sait aujourd’hui qu’avant d’être un caravansérail, Tash Rabat était un monastère Nestorien autour du Xème siècle. Mais si ! Sauf que nous, pauvres incultes, Nestor, ça ne nous parle pas. À part le pingouin tout mignon d’un ventriloque dans les années 80 et le valet très classe dans Tintin, on s’est dit que ce nouveau Nestor méritait un peu de recherches pour développer nos connaissances…nestoriennes….
D’abord, il s’agit non pas de Nestor mais de Nestorius, mort en 451, patriarche de Constantinople dont l’enseignement fut déclaré hérétique et qui se retrouva condamné par le concile d’Ephèse en 431.
Mais Porque ? D’abord le nestorianisme est une doctrine christologique, cela signifie qu’on traite surtout de la nature de Jésus et de son rapport à Dieu. Pour eux, en Jésus coexistent deux hypostases. Si si. On explique. Deux substances, deux essences qui sont de deux origines différentes : l’une divine et l’autre humaine. Et qu’il ne faut pas tout mélanger.
Deux exemples pour bien comprendre. (on se donne du mal quand même…).
Pour eux, Marie, mère de Dieu. Refusé. Elle est la mère de l’homme Jésus.
Dieu a souffert et a été crucifié. Bah non. Ça ne marche pas.C’est l’homme Jésus qui a souffert.
Nestorius et ses disciples refusent cette communication entre les deux hypostases. Finalement c’est assez simple.
Cette branche du christianisme était très influente jusqu’en Inde, en Chine et en Mongolie au cours de l’Antiquité et une partie du Moyen Âge. On entrevoit alors déjà la position du Concile d’Ephèse qui, lui, en 431, affirme l’Union des deux natures hypostatiques, humaine et divine, de Jésus-Christ.
Personnellement, on n’a pas de point de vue mais l’endroit est magnifique. Ils avaient bien choisi.
Et puis les yourtes…
On en a vu peu car on est tôt dans la saison, mais on sait que l’été, les pâturages se couvrent de yourtes de bergers, que de nombreux touristes arrivent pour assister à des festivités de luttes, de jeux etc. Ce n’était pas l’objet de notre voyage et on est très heureux d’avoir parcouru ces vastes paysages pratiquement seuls au monde.
La yourte, toute une symbolique. Elle est d’ailleurs entrée au patrimoine de L’UNESCO.
C’est le feutrage qui garantit l’isolation. Il faut six épaisseurs de laine tressée et la laine de 120 moutons pour une yourte de 5 m de diamètre. C’est sous l’Union soviétique que le peuple a dû se sédentariser. Aujourd’hui, en fonction des besoins des troupeaux, les gens sont redevenus semi-nomades.Une grosse natte se rabat sur la porte en bois pour davantage isoler du froid.L’ouverture est toujours au centre du plafond. Une corde extérieure permet de rabattre le feutre pour refermer le sommet du toit. Il vaut mieux y songer avant d’aller se coucher…
Traditionnellement, les quarante rayons qui tiennent les pans de feutre représentent les quarante tribus qui fondent le peuple kirghize. Encore aujourd’hui, chaque Kirghize sait à quelle tribu il appartient. Il peut y avoir plus de rayons car cela dépend du diamètre de la yourte.
Autrefois, on entrelaçait les croisillons avec des lianes de cuir. Face à la porte au fond se tiennent les invités. À gauche, les hommes avec les vêtements masculins, les équipements équestres et les instruments de musique, à droite les femmes et leurs ustensiles de cuisine. Des nattes sont disposées un peu partout sur le sol. Là, les yourtes sont équipées seulement pour installer nos lits. On aperçoit la natte devant la porte qu’on rabat la nuit. On met du charbon ou des bouses de vaches comme combustibles. Les chameaux font des crottes trop petites. Pas la peine d’être si grands. Matthieu, plus Kirghize que les Kirghizes. Des enfants sont vite venus nous proposer des objets qu’ils ont fabriqués.Noursultan, jeune guide très sympathique avec le chapeau traditionnel.Et DASTAN qui peut être très fier du projet qu’il a proposé et réalisé.
Nous partagerons notre dernier repas dans une maison où on fêtera ce soir-là les 38 ans de Dastan.
Dernier repas avant de rejoindre l’aéroport le lendemain.Anniversaire de Dastan. (photo de Françoise).
Arrivés depuis quatre jours en Ouzbékistan, nous constatons qu’il y a beaucoup de similitudes entre Kirghizstan et Ouzbekistan concernant l’éducation, le mariage, l’économie, la politique, l’histoire et les relations avec la Russie. On en reparlera plus tard.
On quitte ce magnifique pays, le corps tonifié par les heures de marche, le regard empli de ses espaces sauvages et le cœur ravi de si belles rencontres.
Je viens de me rendre compte que la fin de l’article 4 n’est pas passée ! Ce soir-là, beaucoup de soucis avec la tablette et je pense que l’article devait être trop long. La tablette ne faisait que s’éteindre.
C’est dans ce décor de rêve qu’on va se quitter, laissant les troupeaux dans les pâturages ( les jaillos) jusqu’en automne. Derrière les sourires, beaucoup d’émotions et le sentiment qu’on a vécu ensemble une aventure humaine formidable.La disposition en cercle nous rappelle que chaque matin, tous rassemblés les mains tournées vers le haut, Damir faisait une courte prière pour nous souhaiter une belle journée.Nous quittons Damir, sa famille, ses chameliers et ses chameaux , mais l’aventure kirghize n’est pas terminée.