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Une grande différence avec les Kirghizes, c’est que les Ouzbèkes ne sont pas des peuples nomades. Très vite, des tribus sédentaires se sont installées, non pas au bord du lac de Paladru, mais près de la mer d’Aral où, un peu plus loin, des villes forteresses ont vu le jour.
Souvent les sédentaires ont eu des témoignages négatifs sur les nomades les faisant passer pour des brutes épaisses. On sait aujourd’hui qu’un grand nombre menait une vie confortable et raffinée ( soieries, bijoux en or, totems sculptés…).
Quelques thèmes qu’on a abordés.
Questions d’éducation
Il existe des crèches, des maternelles. L’école est obligatoire à partir de 7 ans. Au KZ, les enfants parlent deux langues : le kirghize, langue nationale et le russe, langue officielle. En Ouzbékistan c’est l’ouzbèke et le russe. Ils apprennent à écrire les deux alphabets, latin et cyrillique. L’arabe n’est plus étudié à l’école, mais le Coran étant toujours récité en langue arabe, les enfants et les adultes apprennent par cœur les sourates en écoutant le grand père, le grand frère ou l’imam.
En Ouzbékistan, l’enseignement peut se faire en cinq langues. Pendant l’Union soviétique, le français était à la mode mais il a été remplacé par l’anglais.
En Ouzbékistan, les garçons et des filles, sur les mêmes bancs, du temps de la période soviétique, ont bénéficié d’un bon niveau d’éducation.
Aujourd’hui, dans les deux pays, le niveau scolaire a bien baissé depuis 1991 et on a de la peine à recruter des enseignants, très mal payés, et qui n’ont pas toujours le diplôme attendu.
Les femmes ont eu accès à l’éducation et au travail dans toute l’Asie Centrale dès le début du XXe siècle à cause de la guerre, les hommes étant partis au front.
Une de nos guides ouzbeks était désolée de constater que ses deux enfants parlaient russe entre eux, qu’ils s’adressaient à elle en russe également alors qu’elle est ouzbèke et de parents Tadjiks ! Sa mère lui a toujours dit que la liberté de la femme passait par un métier, donc l’indépendance financière. Elle est prof de français à l’université et guide les jours fériés. La société ouzbèke, est selon elle, encore très patriarcale. Beaucoup de progrès à faire vis-à-vis des femmes.
J’ai remarqué depuis notre arrivée en Ouzbékistan qu’à chaque fois, on me sert toujours la main après Pierre et les autres hommes présents.
Mariage et vie des jeunes.
On ne fricote pas avant le mariage. Non mais. Il existerait encore des mariages arrangés car à partir de 25 ans environ, on se doit d’avoir trouvé l’âme sœur. Le jour du mariage, on enlève la mariée. Aujourd’hui, on simule.
Le jeune couple viendra habiter chez les parents du fils ! Un guide nous disait que le rôle du mari, en cas de tension, entre femme et mère, est très important. Le mari expliquera à sa femme qu’elle aussi, un jour, aura ce rôle-là, qu’il faut développer la patience et il dira à sa mère de se rappeler que, elle aussi, a vécu dans sa belle famille quand elle était jeune et qu’elle ne devait pas être parfaite non plus. Notre guide a précisé que le fils donnera, de toute façon, toujours raison à sa mère car sa mère, c’est sa mère pour toujours, alors que sa femme…on peut en changer.
Il y a des jours où on est contentes d’être nées en France…
Un de nos guides, 28 ans, quand il ne travaille pas, agrandit la maison de ses parents en prévision de son mariage.
Les filles s’habillent comme elles le veulent. Le foulard n’est pas obligatoire. On n’est pas obligé de pratiquer l’Islam mais tout le monde le respecte.
Vieillesse et héritage.
D’après nos guides, l’espérance de vie Kirghize est de 65 ans pour les hommes, 69 ans pour les femmes. Chez les Ouzbèkes, on passe à 72 et 75 ans.
Quand les parents vieillissent, dans les deux pays, c’est en principe le fils le plus jeune qui doit s’occuper d’eux et rester avec eux. En échange, c’est lui qui héritera. Quand il y a assez d’argent, comme le fait un de nos guides qui a trois fils, il achète déjà des maisons pour les deux autres.
Économie
Le Kirghizstan a un niveau de vie plus faible que l’Ouzbékistan. Celui-ci connaît un fort développement touristique dû à la richesse de son patrimoine situé dans les principales villes de la route de la soie. On y trouve raffineries, gaz, uranium, cuivre, or, construction de voitures. Le gaz est vendu au Tadjikistan.
On cultive des céréales, des arbres fruitiers et encore du coton exporté vers la Chine, la Russie, la Turquie.
D’après nos guides, le salaire moyen Kirghize est de 300€ par mois. En Ouzbékistan, c’est le salaire minimum. Le salaire moyen tourne autour de 550€.
Ce soir, nous sommes contents d’avoir quitté Samarkande la magnifique dont on parlera prochainement pour nous retrouver dans un village perdu dans la montagne au bord d’une rivière, chez l’habitant.











Quelques infos apprises grâce à nos guides sur les différents aspects de la société kirghize.On commence par l’Histoire. Évidemment, ce sera très incomplet mais connaître leur passé donne des repères pour mieux comprendre leur façon de voir les choses actuellement.
Le pays est d’abord essentiellement un long couloir montagneux où se croisent des peuplades nomades. Les premiers peuples viendraient de l’Altaï à l’ouest de la Mongolie, chassés par des Mongols qui veulent récupérer leurs pâturages. A cette époque, certains peuples pratiquaient le Bouddhisme – quelques vestiges à voir dans le pays – et le tengrisme basé sur la croyance en une divinité du ciel mâtinée de chamanisme et de culte des ancêtres.
Les Scythes seraient les premiers habitants identifiés du VIe au I er av. JC.
INVASIONS
VIIIe siècle.
À partir de ce siècle, invasion arabe puis domination de l’Islam jusqu’à aujourd’hui à partir de la bataille de Talas en 751. La langue kirghize appartient au groupe ethno- linguistique turcique, groupe réunissant une trentaine de langues provenant du turc, parlées surtout dans les pays d’Asie Centrale, de Chypre à la Sibérie. Environ 300 millions d’habitants aujourd’hui. Ça fait du monde.
DÉBUT DU XIIIe siècle.
Gengis Khan débarque et va constituer un empire qui sera jusqu’à aujourd’hui le plus étendu du monde ! Il a même fait un tour jusqu’en Pologne et dans les Balkans. Mais on trouve toujours plus fort que soi. Les Russes seront les premiers à prendre une part du gâteau, puis les Ottomans et les Perses.

XVIIe siècle
Des Mongols Oïrotes (ça existe).
XVIIIe siècle
Des Mandchous.
XIXe siècle
Des Ouzbeks.
XXe siècle
Des milliers de Kirghizes fuient vers la Chine à partir de 1916 pour éviter la domination russe et le Parti communiste en 1918. Les Russes arrivent, puis les Tchécoslovaques et les Polonais pour développer l’industrialisation. Durant la période soviétique, les Kirghizes sont minoritaires chez eux (45%), et 20% de Russes s’installent qui font partie aujourd’hui du paysage.
Des purges staliniennes. Arrestation et exécution d’intellectuels, d’hommes politiques. Les Russes vont également mener la vie dure aux Kazakhs avec la création des premiers kolkhozes qui vont chercher refuge, affamés, auprès des Kirghizes. Ceux-là vont les aider. D’où une amitié qui existe toujours entre Kirghizstan et Kazakhstan.
Cela nous a surpris quand Alexandre, notre guide de Bishkek, a parlé de 1936 comme date de l’indépendance de son pays. On s’attendait à 1991.
1936.
Création de la République Socialiste Soviétique de Kirghizie. Une indépendance sous la coupe soviétique.
1940 voit l’arrivée forcée des Coréens. Les Coréens avaient fui dans les années précédentes l’envahisseur japonais pour la Russie. Mais Staline décide de les déporter en Asie Centrale dans des conditions rappelant celles des convois vers les camps de la mort. Des Juifs arrivent aussi dans les pays d’Asie Centrale.
Le Kirghizstan a tenté de résister face à la dictature imposée par les Russes, notamment en vallée de Ferghana. C’est pourquoi Staline a divisé pour mieux régner. Il a réparti cette région sur trois pays : Kirghizstan, Ouzbékistan et Tadjikistan. Mais il existe toujours des tensions actuellement à cause de cette fragmentation imposée.
1989
On comptait au Kirghizstan 87 ethnies différentes. Aujourd’hui, on en compte 52.
1991
Fin de l’URSS et donc de la RSSK.
La capitale, appelée Frunze, prend le nom de BISHKEK.
25 décembre 1991: pleine indépendance du pays.
26 décembre 1991: L’URSS n’existe plus.
Alors, bien sûr, on a évoqué la Russie, toujours grand frère ou pas, la question de l’Ukraine….
Dans l’ensemble, les personnes âgées kirghizes soutiennent Poutine, l’invasion de l’Ukraine et sont nostalgiques de l’URSS. La santé était gratuite, l’éducation également. Tous les frais étaient pris en charge par Moscou. Le régime soviétique faisait barrage aux religions et mouvements extrémistes. Depuis, des mouvements islamistes se sont développés du côté de la vallée de Ferghana. Un guide est content de nous dire que le KGB ouzbek surveille ces groupuscules. La liberté a coûté bien cher…pour se retrouver avec une monnaie dévaluée. Avant, le Kirghizstan, véritable Château d’eau de la région échangeait son eau contre le gaz de pays voisins pour chauffer les appartements mais, à l’indépendance, des conflits aux frontières ont éclaté à cause de cette question.
Il n’est toujours pas dans la culture de critiquer. Et, d’après les dires de certains jeunes, même au Kirghizstan, cela reste dangereux de critiquer la politique. Les Russes se sont bien servis dans les ressources minières. Les jeunes sont plutôt contre l’invasion en Ukraine mais cela reste un sujet délicat en famille.
Les Russes imposent au pays d’acheter tels produits chez eux en échange de quoi des soldats russes surveillent les frontières et les groupes islamistes du côté de Ferghana.

Mais d’abord deux superbes photos prises par Matthieu…parmi tant d’autres. Les chameaux resteront dans les pâturages jusqu’en octobre et Damir remontera les voir deux ou trois fois par mois. Goultchat, la femme de Damir, est aussi institutrice et directrice d’une école de 75 enfants dans son village. Avec les animaux à s’occuper et la maison, que de travail.



Alors Tash Rabat.
Même si la dernière journée de marche ne réservait pas de grandes surprises, l’arrivée sur Tash Rabat, trônant au sommet d’une petite colline, encadrée de hautes montagnes et entourée de quelques yourtes où nous allions passer la dernière nuit , nous permit de terminer ce périple kirghize en beauté.






Mais on sait aujourd’hui qu’avant d’être un caravansérail, Tash Rabat était un monastère Nestorien autour du Xème siècle. Mais si ! Sauf que nous, pauvres incultes, Nestor, ça ne nous parle pas. À part le pingouin tout mignon d’un ventriloque dans les années 80 et le valet très classe dans Tintin, on s’est dit que ce nouveau Nestor méritait un peu de recherches pour développer nos connaissances…nestoriennes….

D’abord, il s’agit non pas de Nestor mais de Nestorius, mort en 451, patriarche de Constantinople dont l’enseignement fut déclaré hérétique et qui se retrouva condamné par le concile d’Ephèse en 431.
Mais Porque ? D’abord le nestorianisme est une doctrine christologique, cela signifie qu’on traite surtout de la nature de Jésus et de son rapport à Dieu. Pour eux, en Jésus coexistent deux hypostases. Si si. On explique. Deux substances, deux essences qui sont de deux origines différentes : l’une divine et l’autre humaine. Et qu’il ne faut pas tout mélanger.
Deux exemples pour bien comprendre. (on se donne du mal quand même…).
Pour eux, Marie, mère de Dieu. Refusé. Elle est la mère de l’homme Jésus.
Dieu a souffert et a été crucifié. Bah non. Ça ne marche pas.C’est l’homme Jésus qui a souffert.
Nestorius et ses disciples refusent cette communication entre les deux hypostases. Finalement c’est assez simple.
Cette branche du christianisme était très influente jusqu’en Inde, en Chine et en Mongolie au cours de l’Antiquité et une partie du Moyen Âge. On entrevoit alors déjà la position du Concile d’Ephèse qui, lui, en 431, affirme l’Union des deux natures hypostatiques, humaine et divine, de Jésus-Christ.
Personnellement, on n’a pas de point de vue mais l’endroit est magnifique. Ils avaient bien choisi.


On en a vu peu car on est tôt dans la saison, mais on sait que l’été, les pâturages se couvrent de yourtes de bergers, que de nombreux touristes arrivent pour assister à des festivités de luttes, de jeux etc. Ce n’était pas l’objet de notre voyage et on est très heureux d’avoir parcouru ces vastes paysages pratiquement seuls au monde.
La yourte, toute une symbolique. Elle est d’ailleurs entrée au patrimoine de L’UNESCO.





Traditionnellement, les quarante rayons qui tiennent les pans de feutre représentent les quarante tribus qui fondent le peuple kirghize. Encore aujourd’hui, chaque Kirghize sait à quelle tribu il appartient. Il peut y avoir plus de rayons car cela dépend du diamètre de la yourte.







Nous partagerons notre dernier repas dans une maison où on fêtera ce soir-là les 38 ans de Dastan.



Arrivés depuis quatre jours en Ouzbékistan, nous constatons qu’il y a beaucoup de similitudes entre Kirghizstan et Ouzbekistan concernant l’éducation, le mariage, l’économie, la politique, l’histoire et les relations avec la Russie. On en reparlera plus tard.
On quitte ce magnifique pays, le corps tonifié par les heures de marche, le regard empli de ses espaces sauvages et le cœur ravi de si belles rencontres.
Je viens de me rendre compte que la fin de l’article 4 n’est pas passée ! Ce soir-là, beaucoup de soucis avec la tablette et je pense que l’article devait être trop long. La tablette ne faisait que s’éteindre.





La transhumance chamelière vécue au plus près de la famille kirghize a été une expérience unique et exceptionnelle et, quand on s’y est inscrits, on ne savait pas encore à quel point cela allait être vrai.
En effet, qu’un groupe restreint de touristes puisse accompagner le déplacement de troupeaux et partager le quotidien d’une famille de chameliers était organisé pour la première fois au Kirghizstan. L’agence Terres oubliées n’avait pu concrétiser ce projet l’an dernier, faute d’un nombre suffisant de participants. Expérience unique puisque la transhumance ne se fait qu’une fois par an et que, selon la réussite ou non de ce qui sera vécue par nous et la famille de Damir, elle sera reconduite l’an prochain…ou pas.
Pour la famille de Damir, c’est aussi une grande première. On peut déjà vous dire qu’on s’est tous quittés cinq jours plus tard, le cœur gonflé d’émotions, les yeux rougis et la femme de Damir en larmes.



Nous voilà arrivés au village de Ak Moyun, dans la famille de Damir notre chamelier. L’accueil est très touchant. Il nous explique que cela fait longtemps que sa famille et lui se préparent à nous recevoir. Ils sont très honorés de savoir qu’on vient d’aussi loin pour découvrir leur pays et leur culture. Ils veulent qu’on se sente chez eux comme chez nous. Damir nous souhaite un très beau voyage dans son pays, que l’on reste en bonne santé et que le retour en France se passe bien.

Le matin, Goultchat trait une vache dans la cour derrière la maison. Le lait sera frais…et chaud.







Damir a hérité des chameaux par son père ainsi que ses frères. Mais comme ceux-ci vivent à Bichkek, c’est lui qui s’occupe du cheptel. Il ne reste dans tout le pays que 600 chameaux environ, aujourd’hui, Damir en possède une quarantaine. Les chameaux vivent dans cette région pour des raisons climatiques, ils se regroupent à trois ou quatre villages pour emmener les chameaux en transhumance.









Les chameaux de Bactriane sont une espèce en voie de disparition car il est plus facile d’élever des vaches et des moutons mais pour Damir, il s’agit de l’héritage de ses ancêtres et il n’a pas envie de bouger d’ici.



On élève le chameau pour sa viande, pour ses poils. Il est considéré dans ce pays comme l’animal le plus noble suivi par le cheval. Posséder des chameaux est un signe de richesse. Les poils servent à faire des tapis, la laine de mouton également mais la laine de chameau est paraît-il, bien meilleure.
Les poils servent aussi à faire des compresses en cas de blessure. Les bosses sont une réserve de graisse, à la fin de l’été elles seront plus grosses et bien droites. Cette graisse est un mets apprécié, elle est aussi utilisée pour soigner les sinusites, les maux de ventre et aussi d’autres choses…
Le mâle protège ses femelles pendant la période de reproduction. Il y a souvent des disputes dans le troupeau, Damir nous recommande de ne pas trop nous approcher, on n’en a pas trop envie, les bêtes sont impressionnantes…mais on deviendra de plus en plus intimes avec les bêtes.






Les jours se suivront et ne se ressembleront pas. Les paysages seront différents, le long des rivières, sur les hauteurs, des journées ensoleillées et chaudes, des journées froides. Dastan, chaque jour, au cours de la marche ou pendant les pauses, nous fait découvrir la riche histoire de son pays. Noursultan, plus jeune, est aussi très présent et fera un excellent guide. Nadjat, jeune femme guide, est également du voyage.

Nos pique-niques sont préparés le matin par la famille et nous le portons dans nos petits sacs de randonnée. À chaque fois, les campements sont choisis dans des endroits magnifiques.





















































Jusqu’au Lac SONG KUL.
A plusieurs reprises au Kirghizstan puis en Ouzbékistan, nos pas se mêleront à ceux des marchands et des chameaux qui ont sillonné la route de la Soie, ou plutôt les routes de la Soie. Elles partaient de Constantinople – Istanbul aujourd’hui – et se terminaient en Chine à Xian, célèbre pour son armée de guerriers en terre et ancienne capitale.
Chacun sa route, chacun son chemin, en fonction d’un conflit, d’une calamité naturelle. Au nord, des cavaliers nomades attaquaient les caravanes et les points de ravitaillement étaient rares. Au sud, on craignait plutôt les cols enneigés et les déserts. L’aventure quoi.
Pourquoi la route de la Soie ?
Parce que les Chinois avaient d’énormes besoins en chevaux pour faire face aux vilains cavaliers nomades qui venaient les attaquer. La soie servit de monnaie d’échange, facile à transporter, légère, exotique. Du made in China très tendance. Puis l’import- export se développa et les Chinois firent venir à dos de chevaux et de chameaux de Bactriane des métaux précieux, du verre teinté, des noix, des fruits méditerranéens, du raisin. En échange, l’occident achetait non seulement la soie, mais aussi la porcelaine, le papier, le thé, le gingembre, la rhubarbe, des épices, du bambou et des parfums…d’orient.
Mais les marchandises voyageaient rarement d’un bout à l’autre de la route. Au départ, il s’agissait surtout de trocs entre nomades et groupes sédentaires puis la monnaie a permis des transactions commerciales de plus en plus lointaines.
Notre premier spot Route de la Soie sera celui de Balasagun, célèbre pour la tour Burana qui fut fondée par les Karakhanides vers le XI e siècle. Kesako ? Une dynastie qui régna dans le coin pendant 400 ans. La tour de Burana mesurait à l’origine 45 m de hauteur contre 25 m aujourd’hui suite à un tremblement de terre. Elle est actuellement l’un des plus anciens minarets de l’Asie Centrale qui appartenait à la mosquée de Balasagun, l’un des centres commerciaux les plus importants de la route de la Soie du nord.





Et puis on est partis marcher dans le canyon de Konorchok, où les plissements rougeoyants des roches en forme de citadelles nous rappelaient les Castillos des quebradas en Argentine.







Petite balade matinale pour Pierre et moi dans le village de Kyzart où nous avons passé la nuit. Il ne fait pas chaud. On sait que le lac qui nous attend sera gelé.














































Le lendemain, ce sera la rencontre avec Damir le chamelier, sa famille et ses chameaux. Mais ça, ce sera une autre histoire.
Ce n’est qu’à la fin de notre périple de deux semaines au Kirghizstan qu’on peut enfin donner des nouvelles.
On voulait un pays à l’abri du tourisme de masse qui nous parle de la route de la soie, où l’authenticité a encore un sens, où les paysages sont d’immenses terres parcourues par des milliers de chevaux, de chèvres, de marmottes, seulement délimitées par d’immenses chaînes de montagnes, telles les Monts Tian Shan. Nous avons été comblés. Dans ce monde-là, pas de réseau. Et c’est tant mieux.
Hier soir 10 mai, on a quitté le pays comme prévu pour rejoindre l’Ouzbekistan et il nous sera impossible, faute de temps, de retracer dans le détail les deux semaines que nous venons de vivre. Mais, en une phrase, ce trek au pays des Kirghizes puis la transhumance chamelière vécue auprès de Damir et de sa famille ont été une expérience exceptionnelle et pleine d’émotions.
Mais reprenons dans l’ordre.
Pour la première fois depuis la création de ce blog on voyage avec un groupe de 9 personnes et cette fois-ci s’est posée la question du On. Comment restituer les choses vécues, vues, entendues, apprises durant ces quatre jours quand l’expérience est différente pour chaque membre de ce groupe ? Le plus simple est que le On représente notre point de vue, celui de Pierre et moi et non pas un compte-rendu collectif. Cependant, si une autre personne du groupe a envie de prendre « la plume », on le lui proposera avec plaisir.


L’arrivée à Bichkek dans la nuit.
Dès la première matinée, après une arrivée à l’hôtel vers 3h du matin, mise en jambes dans le parc ALA ARTCHA à une trentaine de kilomètres de Bichkek, la capitale. Un 400 m de dénivelé qui nous a menés à 2400 m d’altitude, sous le pas rapide et décidé d’Alexandre, guide local, parlant un français parfait, ravi de nous faire découvrir son pays et très fier, l’après-midi, de nous montrer sa ville, Bichkek.





On aurait pu s’épancher sur la capitale pour les nostalgiques des constructions soviétiques, mais on a beaucoup plus intéressant à raconter. Les grands espaces qui nous séduisent par exemple. Quelques mots cependant sur Bishkek. C’est une capitale plutôt tranquille, connue pour être la ville la plus verte d’Asie centrale. Le Kirghizstan connaît un climat continental et des plus de 40 degrés, ce qui rendent les rangées de peupliers et les nombreux parcs très appréciés l’été.
L’ été ? Pas pour nous. Mais on le savait. Les dates du voyage ont été choisies en fonction de la transhumance et comme nous cheminerons souvent au-delà de 2500 m, ce sera encore l’hiver.




Et puis une femme. Véritable héroïne au Kirghizstan. Kurmanjan Datka.

Au marché d’Osh à Bichkek. Appelé ainsi parce la plupart des marchands venaient de cette deuxième ville du pays.














Nous pensions maigrir un peu avec les kilomètres parcourus, mais rien n’est moins sûr car chaque repas ressemblait à un festin, table aussi belle que bonne et copieuse. On a connu un après-midi où l’on a enchaîné trois repas, chaque famille voulant nous faire honneur…l’hospitalité de l’Asie centrale n’est pas une légende.








À bientôt. Aujourd’hui, première journée en Ouzbékistan.
Pas facile à écrire….La prochaine fois, on ira au Mali!
On peut aussi l’appeler la KIRGHIZIE , République kirghize ou, en version anglaise le KYRGYZSTAN. On écrira souvent KZ, on gagnera du temps…
On a tous une idée plus ou moins précise de la localisation des pays d’Asie centrale se terminant par Stan. Ce suffixe, d’origine perse, signifie « pays, nation, lieu ». Le pays des Kirghizes.

L’ASIE CENTRALE. POURQUOI ET COMMENT ?
C’est en allant l’année dernière au « salon du randonneur » à Lyon que s’est concrétisée pour nous l’invitation au voyage sur les pas de Marco Polo, de la route de la Soie, de ses chevaux et de ses chameaux.
La rencontre avec Matthieu au stand de « Terres oubliées » nous a tout de suite donné l’envie de découvrir deux pays d’Asie Centrale, le Kirghizistan et l’Ouzbekistan, en trek, à pied, et de partager pendant quelques jours le quotidien d’un chamelier, Damir, emmenant son troupeau de chameaux de Bactriane en transhumance dans les montagnes kirghizes. Pas de VÉLO good trip cette fois-ci mais plutôt du CHAMEAU good trip !
Pour une fois, on voyagera en groupe en passant par une agence. On a tout de suite proposé à Matthieu de constituer ce groupe. Huit personnes maximum. No problem. En quittant le salon du randonneur, on avait déjà les six noms en tête: des copains baroudeurs, bon marcheurs, toujours de bonne humeur….c’est mieux pour vivre quinze jours ensemble…
Certains parmi eux ayant déjà des engagements par ailleurs, ils seront 3 à dire oui et les autres membres seront des copains de copains. Et comme les amis de nos amis sont aussi nos amis…Le groupe de huit comptera finalement neuf personnes car Françoise, que nous ne connaissons pas encore, s’était inscrite pour ce périple l’année dernière, périple qui avait été annulé faute d’autres inscrits. Mais les trois amis qui ont dit oui portent déjà sur eux le parfum des horizons lointains puisqu’on a fait la connaissance d’Anne et Bernard en Colombie et celle de Brigitte, en Guyane. La couleur est annoncée.


Départ de Lyon le 27 avril. Arrivée à Bishkek dans la nuit.