Quitter Tropea fut sportif, très sportif quand, à peine après avoir dit au revoir à notre gentille Sylvana et son super petit déjeuner, vous tombez sur ce panneau:
Ça fait déjà une demi-heure que la vie n’est pas facile avec les côtes et vous comprenez que ça ne va pas s’arranger. Il va falloir pédaler raide et en plus on va recevoir des pierres . Ça donne envie de retourner se coucher.
En fait, ce jour-là, on découvre, les trois premières heures de la journée, qu’on peut faire du vélo sans pédaler et surtout sans être dessus…et c’est très chiant. Très vite, on n’arrive plus à pédaler tellement la pente est raide. Alors on pousse, parfois encouragé par des automobilistes qui sourient ou bien nous interpellent : è duro !!! La Calabria !!! Si si…on est d’accord. Pourquoi j’ai voulu faire du vélo …la voiture c’est bien aussi…ou lire dans son hamac…
De profil, ça donne le derrière qui pointe vers Tropea, le buste parallèle au sol, les bras tendus à pousser l’engin et le nez quasiment en appui sur le guidon. Très classe. Il fait déjà bien chaud et on sue à grosses gouttes. On est le 1er Novembre. Belle journée pour mourir d’épuisement. Me revient la chanson de Benabar, c’est une belle belle journée pour pleurer qui devient vite, c’est une belle belle journée pour crever. Ça nous amuse. Faut bien s’occuper l’esprit pendant qu’on pousse. Et deux heures à pousser, c’est long !
Alors on se dit pour se consoler qu’après la côte vient la descente et que là, on va se faire plaisir. Bah non, car la descente est aussi raide que l’était la montée et on est sur du chemin avec des gravillons. Malgré le changement de mes patins de freins la veille, mes freins ont leurs humeurs. Pierre comme moi sommes obligés de descendre à pied en marchant à côté de nos montures. Trop de pente.
Bon, on finit par quitter les chemins parce que cela devient vraiment impraticable :
Des briques nous barrent la route.
Alors, dotés d’un bel optimisme, on se dit que ça ira mieux plus loin, sur les pistes cyclables et là, voilà la piste cyclable :
Le lave linge, les matelas, les poubelles, on ne risque pas de rouler dessus. En revanche, les milliers de bouts de verre partout. Merci mes pneus Schwalb Marathon !
Il y en a qui confondent piste cyclable et décharge. L’autre jour, un rat énorme est passé devant mon vélo. Au moins 3 kgs. Pierre me dit que j’aurais dû lui rouler sur la queue, que cela aurait fait un bon civet pour le soir….ça l’amuse encore… Moi je pense qu’il m’aurait mordu…le rat…pas Pierre. Sur cette photo, on a été obligés de faire demi tour à cause des bouts de verre et on a pris la route des voitures. Il y a des jours, il vaudrait mieux choisir poterie ou macramé….
Même sur la route partagée avec les voitures, on ne peut pas relâcher son attention. En arrivant en bas de la pente…Super, le trou en plein milieu ! Allez, une belle photo pour terminer prise à Palmi où on dort ce soir et où on rencontrera Manuela, Allemande dont c’est le premier voyage à vélo.
Le compte à rebours est enclenché pour notre retour puisque nous avons les billets de traversée De Palerme à Gênes le samedi 12 novembre. Ensuite, il faudra pédaler quatre ou cinq jours jusqu’à Nice puis on prendra un train retour maison. Ce soir, on dort en Sicile.
On quitte la Botte Italienne où on a roulé 2350 km.
On découvre à la fois le côté aride de la région et sa côte grandiose. Quel beau pays que l’Italie!
Paysages pour moutons……et leur berger.Disparaître dans les vagues après la chaleur qu’on a connue ! On dormira dans une cabane.Nuit à Crotone dans un bungalow sur la plage pour le prix d’un camping. Les campings sont désormais fermés.
Et puis il y a ses habitants. On se croirait dans un autre pays que celui des régions plus au nord tellement le comportement des gens vis-à-vis de nous a changé. Souriants, amusés, curieux, ils nous parlent et nous questionnent même si notre pauvre italien reste une barrière. Mais la langue ne fait pas tout. Le plus important est l’envie. Entre français, anglais, italien et gestes on parvient à se comprendre.
Ici, un barman qui nous prend en photo pour nous montrer et montrer nos vélos à son club. Là, trois hommes qui veulent en savoir davantage sur notre voyage et qui demandent où est la voiture. Une dame qui veut absolument nous donner de l’eau fraîche. Merci. On vous aime.
Et puis il y a Tropea, ville juchée sur un promontoire face à la mer Tyrrhénienne. C’est la saint Trop’ du coin. L’été, les plages sont bondées. La particularité est que la plage est très en contrebas de la ville.
Murs de soutènement gigantesques qui supportent immeubles, maisons et anciens palais.On y était le 31 octobre, les enfants fêtent Halloween et le Père Noël est déjà là.L’intérieur de la ville est superbe. Encore une ! On n’est pas surpris de lire que l’Italie est le pays qui compte le plus de sites classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
A Tropea, à la hauteur de la beauté de la ville, on se retrouve chez Sylvana qui fait B and B chez elle. Elle ne sait pas quoi faire pour qu’on soit bien. A peine la douche prise, elle nous propose de faire une machine. Elle nous fera un superbe petit-déjeuner pas prévu. Dans nos échanges, elle nous dit que les Italiens du sud trouvent aussi que ceux du nord sont froids et distants.
Sylvana qui, malheureusement, a arrêté le vélo et le karaté à cause de problèmes de dos et de genoux. Le lendemain, elle veut absolument qu’on parte avec des fruits, des bouteilles fraîches, un litre de sauce tomate…mais à vélo, la bouteille en verre de sauce tomate, non merci Sylvana !
La nuit chez Sylvana. On dort et soudain, elle frappe à la porte de notre chambre. Forcément surpris, on se lève et on ouvre la porte. Elle est avec son téléphone à la main. On apprend le mot « Terremoto ». A ses gestes, on a compris. Tremblement de terre. On n’a rien senti. Les journées à vélo font bien dormir. Elle a reçu une notification sur son portable. Elle s’excuse mais s’il y a à nouveau une secousse, il faudra descendre. Ok. On se rendort aussitôt. Le lendemain, on apprend que la secousse était de magnitude 5.1 et qu’un homme est mort en Calabre à cause de la secousse. Cela arrive fréquemment. Les volcans ne sont pas loin. Le Stromboli est juste devant.
A une cinquantaine de kilomètres au sud de Tropea .
Vendredi 28 octobre, une étape d’une cinquantaine de kilomètres nous attendait pour rejoindre la ville de Rossano et son trésor situé au Museo diocésano. On avait vérifié la veille dans notre guide que ce n’était pas le jour de fermeture et regardé les horaires. Le musée ferme à 12h30 et n’ouvre l’après-midi qu’à 15h30. Il est situé près de la cathédrale. On voulait faire la visite le matin et on visait l’arrivée sur Rossano vers 11h le temps de profiter du musée.
Au loin, Rossano la moderne, près de la mer qu’on a quittée tout à l’heure.
On a donc mis les bouchées doubles et on est arrivés à Rossano, pas loin de la mer vers 11 h. On met le gps pour aller au musée et, je lis, incrédule « 5 km. 42 min. » Il a pris un coup de chaud , le gps. On sait que c’est à côté de la cathédrale, elle ne peut pas être à 5 km du centre, et le centre, on y est ! Perplexes, on demande à un Indigène qui nous montre…Rossano…village perché…dans la montagne. Bah ici, c’est quoi ? C’est Rossano aussi mais la ville moderne. Foutue pour la visite du matin, trois quarts d’heure de plus, ce sera trop court. On change nos plans. On fait la grimpette au village sous un soleil de plomb, on se promène dans les ruelles et on ira voir le trésor l’après-midi. On dormira là-haut. On ne verra pas un seul autre vélo dans le village. Tu m’étonnes.
Une belle grimpette.Devant la cathédrale, un super petit resto tenu par des gens très sympas.
Face à la cathédrale, une boutique de produits alimentaires proposait un menu touristique. Nous étions, semble-t-il, les seuls touristes dans le village . Le patron avait l’air sympa, le prix était correct. On y va. Ce fut notre meilleur repas depuis bien longtemps. Servi avec le sourire, beaucoup de commentaires, et un vin délicieux. La patronne nous a apporté des olives vertes d’un goût complètement nouveau pour nous. C’est agréable de trouver des commerçants accueillants qui sont fiers de leurs produits et qui ont envie de vous faire plaisir.
Aubergines, brocolis, pommes de terre et cabillaud. Extase.Face à notre petit resto, la cathédrale.La nouvelle eau bénite dans les églises.Dans la Cathédrale, une magnifique icône byzantine datant du VI e siUne ville qui a du cachet mais qui a besoin d’entretien.
Balade dans le village…des escaliers partout.
Le propriétaire de la chambre qu’on va occuper est en fauteuil roulant. On se dit que c’est une ville terrible pour lui. Il ne doit pas souvent descendre de l’étage où on l’a vu.
Mais le trésor ???
Il s’agit du Codex Purpureus Rossanensis.
Mais qu’est-ce qu’un Codex ?
C’est un ensemble de feuilles manuscrites reliées pour former un livre.
Ce manuscrit est un évangéliaire du VI e siècle qui compte 188 feuillets en parchemin pourpre (d’où son nom) écrit en Grec avec sur chaque page, les trois premières lignes en or, les autres en argent. Il se compose de l’Evangile de Matthieu et de presque la totalité de l’Evangile de Marc. Il devait probablement y avoir aussi les deux autres Évangiles. C’est l’un des plus anciens manuscrits grecs retrouvés. Il contient également 15 pages d’enluminures. Il aurait été écrit à Antioche en Syrie. Il a été découvert à la sacristie de la cathédrale de Rossano au XIXe siècle.
Comme à Matera, ce sont des iconodules qui ont fui l’empire byzantin devant les conquêtes sarrasines. L’iconoclaste, il détruit les représentations religieuses, l’iconodule, il les vénère. Et l’autre….ça le rend vénère.
Il est évidemment protégé par une vitre. Pour ne pas abîmé les pages, on en tourne une tous les trois mois ! On a fait le calcul pour vous, il faut 47 ans pour le voir en entier….motivé…
Heureusement, le musée a mis en place un écran vidéo sur lequel on peut tourner les pages.
Voici l’une des enluminures. Vous l’avez reconnu, il s’agit de la résurrection de Lazare.
Il existe seulement quatre autres Codex dans le monde. Un à Tirana en Albanie, un à Vienne en Autriche, un à St Petersbourg, et l’autre…à Paris, à la BNF.
Et on retrouve Saint Bruno, fondateur de l’Ordre des Chartreux !
Le lendemain, on roulait vers notre nouvelle destination quand nous avons repéré sur le trottoir un marcheur âgé au long cours. Un gros sac, le mollet costaud, les bâtons de marche. On l’interpelle. Il est français. Il marche depuis Venise, il va en Sicile. C’est son…quatorzième voyage à pied …Il a déjà parcouru 38000 kms….il va avoir 86 ans dans trois jours!
Alors RESPECT MONSIEUR HUBERT. ET UN TRÈS BON ANNIVERSAIRE.
Pour quitter les Pouilles et rejoindre la Calabre sur le devant de la botte italienne, il faut traverser le sud de la Basilicate qui longe la mer Ionienne. Même si c’est toujours sympathique de rouler près de la mer, on savait qu’il n’y aurait pas grand chose à voir. On a été tentés de faire cette voûte plantaire en train, de façon à gagner un peu plus de temps pour la Sicile mais les vélos n’étaient pas acceptés. On a donc fait à vélo les 220 kms de voûte plantaire. On savait que c’était sans grand intérêt. On n’a pas été déçus.
Cyclistes, de Taranto à Scanzano Jonico, la première étape est mortelle. Pendant plus de 70 kms, vous roulez en contrebas de l’autoroute. Fascinant. Le point positif de cette journée fut de croiser un couple de cyclistes marseillais avec leur fillette de 4 ans. Ils ont bien du mérite de pédaler sur des vélos-cargos très lourds, avec, entre autres, une tente de 17 kg…et la petite de 20 kg . Notre tente fait 1,8 kg et la version 3 places est autour de 2 kg…C’est leur première expérience de voyage à vélo. Ils pensaient déjà acheter des vélos électriques….Nous, on pense surtout que le choix des vélos très lourds et le matériel acheté est à revoir. Et puis, notre journée s’est terminée par un agréable bivouac sur une plage.
La deuxième journée sous le Pied fut beaucoup mieux que la précédente. Routes tranquilles au bord de la mer ou parmi les orangers et un nouveau couple de Français croisés qui remontait de Sicile. Des Savoyards, habitués des voyages à vélo bien équipés, eux. Ils constatent, comme nous, que le Couchsurfing ne fonctionne pas trop en Italie. Ils ont beaucoup aimé la Sicile et les Siciliens. Ils ont eu des crevaisons non pas à cause des bris de verre mais des épines d’acacia !
Mais voilà que nous sommes tout émoustillés. Nous avons découvert, grâce à nos lectures, que nous roulions vers un trésor qui se trouve à Rossano, notre première ville de Calabre. Mystère…
Des routes cyclables tranquilles qui serpentent au milieu des vignes, des oliviers et des orangers. Des villes blanches et des villages coquets , souvent pavés de grandes dalles blanches sur lesquelles on roule bien, de modestes chapelles, des monastères perdus dans la campagne, des terrasses accueillantes et des gens qu’on sent plus chaleureux et qui, souvent, montrent l’envie d’échanger avec nous. Voici quelques raisons qui font que les Pouilles sont, pour l’instant, notre région préférée.
Comme tous les voyageurs, nous sommes obligés de faire des choix dans les visites et les destinations et il nous restera beaucoup à découvrir de cette région mais chaque jour, on va de surprise en surprise et tous les jours on se dit que l’Italie est un très beau pays tout au long de sa botte.
On roule vers Ostuni.
Déjeuner sur l’herbe.
C’est l’époque du ramassage des olives. Nos photos ont disparu ! Ramassage à la main ou avec une espèce de vibromasseur qui les fait tomber.
Un petit air du Pont des Soupirs. Dans la ville d’Ostuni, ville très bien entretenue et magnifique.Un objet qu’on voit partout dans les Pouilles, dans les boutiques mais aussi chez les gens : le Pumo, objet traditionnel en céramique qui représente un bouton de rose et qui est considéré comme un porte-bonheur pour tout ce qui est nouveau dans la vie : un nouveau job, une nouvelle chérie…le Pumo est de toutes les tailles, de toutes les couleurs.
L’Italie est un très beau pays mais dommage que, dans les Pouilles comme ailleurs, on voit toujours les déchets sur les routes.
Honnêtement , on n’a pas cherché à noircir le tableau. C’est ce qu’on voit quotidiennement. On ne comprend pas pourquoi la plupart des déchets ont été mis dans des sacs poubelles pour se retrouver ensuite éventrés dans la nature. L’Italie a été l’un des premiers pays à mettre le tri des déchets en place. L’autre jour, à une terrasse, Pierre regardait une employée chargée de vider les trois poubelles : papier, métal / plastique et organique. Elle faisait ça très consciencieusement mais elle remettait tout dans un même sac ! On ne comprend pas tout.
OSTUNI
Maintenant, ville blanche signifie pour nous Ostuni, ville très fréquentée par les touristes. Ça se comprend. Et tellement propre !On leur laisse….On trouve ce symbole de fleurs de cactées sur la plupart des façades.On ne la présente plus!Bah oui quand même…on est en Italie…..
LECCE
Et puis Lecce, ville considérée comme « la Florence baroque » du sud. Une très belle étape où on aura la chance de loger chez Laura, charmante dame parlant très bien le français, pour 40€ la nuit dans une jolie petite maison au milieu d’un jardin paysager.
On veut jouer aux baroudeurs mais en fait, on ne pense que luxe et volupté !!! Le plus dur, quand on bouge pratiquement tous les jours depuis deux mois, c’est de s’arracher à de tels endroits… Toute la maison est pour nous. Elle nous fait même notre lessive….Laura et son mari accueillent une famille ukrainienne.Que pour nous le jardin ! Un havre de paix aux portes de Lecce.Brume matinale. Le départ.La basilique Santa Croce . Des milliers de détails sur la façade dont ces animaux et humains qui en ont plein le dos de porter le balcon ! Une vraie dentelle…Les chapiteaux variés de la crypte.Pour une fois qu’on se fait un resto….Il y a ceux qui ont de la chance………lucky….Et puis il y a les autres….unlucky ! Pauvre Pierre…on n’avait jamais encore vu dans un restaurant une boîte de conserve posée dans l’assiette ! Mais la petite cuillère de sauce est faite maison ! La chance ! Bienvenue dans les villes hautement touristiques italiennes et très chères. Repas partagé avec Anthony, charmant Français, parti faire un tour autour du monde pendant une année. De temps en temps, ça fait du bien…MDL….MORT DE LIRE….Comme un arbre dans la ville….je suis né dans le béton…Merci Maxime.Très original de voir l’amphithéâtre sur la place Sant’ Oronzo, place principale de Lecce qui pouvait accueillir 15000 personnes.Place du Duomo quasi entièrement fermée par des palais.On lui a dit de se serrer…..
En remontant vers Brindisi avant de prendre la direction de la Calabre.
On ne sait pas pourquoi mais Pierre et moi assimilions les Pouilles à la Calabre et pensions que c’était une région pauvre de l’Italie. Or, plus on lit, plus on apprend et plus le monde se complexifie. Non, les Pouilles étaient considérées comme le grenier à blé de l’Italie. C’est d’ailleurs toujours une région essentiellement agricole mais c’est aussi une terre…de mer. Qui dit mieux ? Le tout est dans la Méditerranée, à l’est elle a la mer adriatique et de l’autre côté la mer ionienne. De grandes plages de sable fin, des pitons rocheux, des lagons, des falaises. On comprend que les touristes s’y intéressent. On n’ira pas sur le littoral car il faut bien faire des choix mais on sait que c’est aussi magnifique.
Nous sommes dans le talon du talon de la Botte, partie des Pouilles qui s’appelle le Salento. Les villages et les villes sont bien entretenus, les pavements sont blancs, les maisons en tuffeau sont blanches, ce qui fait qu’avec le soleil pour témoin, ce sont de très beaux endroits pour la balade.
La vallée qu’on parcourt à vélo est la vallée d’Itria. Une belle journée à vélo de 70 kms avec des routes sympas même si notre gps nous a fait prendre du Vietato accesso pendant une dizaine de kilomètres…
Costauds les glands des Pouilles ! On a cru qu’on allait avoir une première crevaison en roulant sur les cupules des glands ! Agressifs comme des bogues de châtaigniers. On évitait de rouler dessus…On aime beaucoup cette photo sans prétention qui réunit deux emblèmes de la région : les murets en pierre sèche et les trulli, l’un de nos premiers rencontrés. L’olivier, lui, aura été notre fidèle compagnon depuis nos premiers coups de pédale dans le nord du pays.
Mais des millions d’oliviers ont été décimés par la maladie du xylella fastidiosa .
LES TRULLI ( un trullo)
Ce sont ces maisons au toit conique fait en pierres sèches de calcaire qu’on aperçoit au loin dans la campagne dont la base est rectangulaire. Tout mignons les trulli qui doivent bien plaire aux enfants, car ça fait maison de schtroumpfs…en blanc.
On pensait n’en trouver qu’à Alberobello (devenu pour nous Albert au vélo) la ville célèbre pour ses milliers de trulli, mais on en aperçoit rapidement, plus ou moins délaissés, dans les campagnes.
Cabinet de pédiatre ! Les enfants doivent adorer y aller. On aimerait voir davantage de trulli en lieux de vie plutôt qu’en marchands du temple qui vendent tous les mêmes babioles. Voilà comment ça se passe à l’intérieur…
Il est dit qu’un comte, Acquaviva d’Aragon, pour ne pas payer de taxes au roi de Naples, avait donné l’ordre de bâtir des maisons « à secco », sans joints, sans mortier, faciles à démonter et à remonter en cas de visite du contrôleur royal…mais certains érudits ont fait remarquer que les trulli étaient bien antérieurs à l’existence de ce comte….depuis on a inventé les tentes 2 secondes…
On dit que certains symboles portent chance, éloignent les démons, la malchance. Certains disent qu’il s’agit de la signature du maçon….Les pierres sont directement posées sur les murs chaulés.
Au départ, le trullo était seulement un abri saisonnier, puis il est parfois devenu maison d’habitation. Quand il a eu plusieurs pièces, il a fallu un toit par pièce car un toit reposant directement sur les murs, c’est lourd !
Mais ce qui nous a vraiment fait plaisir c’est qu’on a continué à voir de nombreux trulli dans la campagne ou dans d’autres villes. Trulli réellement occupés, pas seulement comme vitrine pour touristes. Pour nous, Alberobello, c’est trop de monde, trop de babioles, trop propre !
Le Castel aragonese de Taranto qui appartient aujourd’hui à la marine nationale.
Pour quitter Salerno, fin de la côte amalfitaine et rejoindre la région des Pouilles, on a fait une liaison en train de 256 kms . Gratuité des vélos dans le train. Nous étions trois dans notre wagon et celui d’à côté était entièrement vide. Taranto était le point d’arrivée, une belle ville dont l’intérêt se limite à son Castel aragonese car rien à dire de son quartier médiéval en état de décomposition bien avancé. Le train nous amenait là mais notre but était Matera.
Notre trajet. On est depuis hier après-midi à Lecce, dans le talon du talon où, pour la première fois, nous allons passer trois nuits au même endroit car beaucoup de choses à découvrir . Le point gris au nord indique Piacenza notre point de départ à vélo. De Lyon à Piacenza, on avait pris le bus.
De Taranto où on a à nouveau enfourché nos vélos, on a pédalé une journée d’un peu plus de 80 kms jusqu’à Matera. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas fait une étape aussi longue et toute en montées. Tout s’est bien passé. On constate qu’on est encore capables de faire une longue journée sous un soleil bien présent.
Ce ne sont pas les paysages les plus beaux qu’on ait traversés mais ce qui est intéressant c’est la différence d’une région à l’autre. Ici, c’est aride. Les villages sont rares et on n’oublie jamais de refaire le plein des gourdes quand on peut. Des ponts permettent d’enjamber des vallées très encaissées.
Heureusement que les 80 kms n’étaient pas tous comme ça ! On a eu surtout de la belle route……entourée de maisons abandonnées… ces maisons étaient des masseria, grandes propriétés agricoles familiales dans le sud de l’Italie construites entre le XVI e et le XIX e siècle. Abandonnées à cause de la culture extensive de blé.…et d’éoliennes à perte de vue. La région est en dehors des circuits touristiques, heureusement qu’ils ont Matera! Entre les maisons abandonnées, les champs labourés et les éoliennes, on s’ennuie un peu…..alors on pédale et on regarde les pales des éoliennes tourner….quand elles tournent….
MATERA
DE LA HONTE À LA FIERTÉ
On n’est pas mécontents d’arriver ! Bientôt la dernière côte de la journée.
La région s’appelle la Basilicate. C’est la cheville! Le terme vient du gouverneur byzantin Basilikos, qui a occupé la région au XIe siècle. Avant JC, ce sont les Grecs qui y ont implanté des colonies prospères mais de nombreux autres envahisseurs sont passés par là, et la région a décliné, s’est enfermée dans un isolement culturel et économique du XIV e jusqu’à 1950 . À partir de cette date, l’Italie a aidé la région. On va voir pourquoi et grâce à qui.
Matera est l’une des villes, peut-être La ville, qui nous aura le plus marqués au cours de ce voyage. On regrette de ne pas y être restés plus longtemps.
Matera, la città bianca.
Elle serait la troisième ville la plus ancienne du monde après Jericho et Alep. Les premières présences humaines remontent au paléolithique et les grottes naturelles auraient été utilisées dès cette époque comme abris.
À partir du VIII e siècle, des moines byzantins se réfugient dans ces grottes, en transformant certaines en églises ou en cryptes, décorées de fresques religieuses comme en Cappadoce. Les Bénédictins les remplaceront au XIIe siècle. Mais c’est pas fini!
Au moyen âge, les Lombards construisent une ville fortifiée au sommet de la colline, « la ville haute ». Par manque de place, les plus pauvres sont hors les remparts, dans « la ville basse », là où se trouvaient les grottes, sur les flancs de la colline, dans deux amphithéâtres naturels. À partir du XIIIe siècle, le clergé et la classe dirigeante construisent cathédrale, églises, palais. La ville basse ? Elle bosse. Artisans, ouvriers et paysans vivent dans des conditions misérables dans ce qu’on va appeler « les sassi », ce qui signifie roche. Un sasso des sassi.
Cité blanche car tout en calcaire . L’été, il fait jusqu’à 45°. Nom des deux sassi : le sasso Caveoso et le sasso Barisano.On se dit que les habitants de Matera ont le pied montagnard.Les escaliers ont été refaits.Ruelles étroites pavées.
Des façades ont été ajoutées devant des entrées de grottes, d’autres habitations ont été construites au-dessus. Certaines rues passent sur le toit de la maison du dessous. Superpositions. Certaines grottes ont été creusées et la matière extraite a servi à construire d’autres maisons, d’où l’homogénéité de l’ensemble de la ville.La Gravina. C’est le nom de la rivière mais par extension, le nom du ravin.Une maison grotte où vivaient neuf à dix personnes. Dans la pièce du fond on mettait les animaux. Il n’y avait ni eau courante, ni tout à l’égout. Les seaux d’aisance étaient vidés dans le ravin. Malaria, tuberculose faisaient des ravages et la mortalité infantile était importante.
Deux hommes vont faire connaître au gouvernement italien et au reste du pays la misère dans laquelle vit une partie de la population de Matera.
Le premier est un écrivain, Carlo Lévi, qui , dans son roman autobiographique, Le Christ s’est arrêté à Eboli, a fait connaître le dénuement complet des gens de cette région. Antifasciste (il doit se retourner dans sa tombe), il fut exilé trois ans dans le coin par Mussolini dans les années 30. Son livre est sorti en 1945 et, avec Le Guépard, est le roman italien le plus lu et traduit en 37 langues. Mais que veut dire ce titre ? C’est une expression des paysans de l’époque de Lévi qui disaient. « Nous on n’est pas chrétiens. Le Christ s’est arrêté à Eboli ». Une ville plus au nord, peut-être plus riche, où le Christ se serait définitivement arrêté, oubliant les habitants de la Basilicate qui s’appelait alors la Lucanie.
Le second est un homme politique qui parlera de « Honte nationale » en découvrant Matera et ses habitants. Son discours donnera une loi en 1953, la loi De Gaspéri, qui décidera de l’évacuation des deux sassi. On construira 3000 logements pour reloger 15000 personnes. On a lu qu’il y avait eu trois villages de créer pour les accueillir mais sur place, on nous a montré ces immeubles.
La réalité est complexe. Il a fallu contraindre certaines personnes à partir. Les portes avaient été condamnées pour les empêcher de revenir. On gagne en hygiène, on perdait peut-être en lien social ???
La FIERTÉ.
De nombreux films ont été tournés dans ces décors bibliques, dont le dernier James Bond je crois, Mourir peut attendre.
D’énormes moyens ont été mis en œuvre pour faire de Matera une ville attractive, qui a aujourd’hui une université accueillant des étudiants de toute l’Europe. En 1993, elle est classée au patrimoine du monde de l’UNESCO et, en 2019, sera Capitale européenne de la Culture ! La belle revanche. Bravo à ses habitants et à tout ceux qui y ont cru.
Aujourd’hui,à Lecce, on a retrouvé un Français, Anthony , parti pour un an d’aventures à travers le monde, qu’on avait rencontré à une terrasse de café sur l’île d’Ischia. Il est allé aussi à Matera et a fait de superbes photos de la ville qu’on est heureux d’ajouter.
On n’a jamais pensé ne pas aller sur la côte amalfitaine car les connaisseurs de l’Italie nous la recommandaient chaudement et à juste titre. La question qu’on se posait depuis plusieurs jours était plutôt :
Est-ce possible de la faire à vélo et sinon, quel moyen de transport emprunter ?
Il n’y a que l’embarras du choix : en bus, en train, en bateau. Dans un camping, la dame de l’accueil nous déconseillait le vélo car trop dangereux avec les bus, les voitures sur la même route que nous et privilégiait la visite en train qui permet de monter et descendre à chaque village de la côte, comme aux « Cinque Terre ». Une autre nous disait que c’était plus sympa de faire une boucle en bateau. Mais pour nous, boucle signifie retour au point de départ. Et dans la vie, il faut avancer. Alors on a décidé de la faire à vélo. Quand on en a parlé au monsieur âgé du camping de Sorrento qui s’exprimait très bien en français, il nous a dit que c’était le meilleur moyen de parcourir la côte, qu’on pourrait s’arrêter quand on voudrait. Qu’on s’amuserait bien. Quand Pierre a demandé si ce n’était pas trop dangereux, il lui a répondu par une question : Vous n’êtes pas des enfants ?
Cyclistes, n’hésitez pas. Restez sur vos vélos. C’était effectivement le moyen le plus proche, le plus simple et le plus sympa pour découvrir la corniche et ses villages. Beaucoup de montées sur asphalte mais qui se font facilement. Attention, on est mi octobre, il y a évidemment moins de trafic que l’été. La seule nuisance qu’on ait eue est venue des dizaines de motards nous croisant et nous doublant à toute vitesse dans un bruit terrible.
Vue de notre camping à Sorrento. On s’est trouvé une petite table et deux chaises. L’eau de la mer Tyrrhénienne devait être plus chaude que celle de la piscine mais ça fouette et ça revigore. Super camping.Le Vésuve prend ses distances.
La côte amalfitaine, dans la région de Campanie, est superbe, on n’avancera pas vite car on passe notre temps à descendre de vélo pour prendre des photos. Il fait chaud, on transpire, on est très contents d’être là, c’est tellement beau. Elle est considérée comme l’un des plus beaux panoramas du monde ! Alors on est très fiers d’avoir le privilège de la découvrir. Depuis 1997, elle est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La montagne qui dévale la pente pour se perdre dans la mer, cela rappelle évidemment la Corse et sûrement la Sardaigne qu’on ne connaît pas. Des maisons magnifiques, une végétation luxuriante méditerranéenne, le soleil et le bleu de la mer.
On découvre le surf électrique….bientôt à Charavines. Enfin on regarde…..
Ici on voit la vie en jaune. La péninsule de Sorrento est considérée comme la capitale du citron. Ils seraient les meilleurs du monde alors le citron est décliné sous toutes ses formes. Cela va des liqueurs aux savons en passant par les tabliers et les milliers de magnets. Pierre n’a pas encore testé le Limoncello, alcool fait à partir de…citron. Cette nuit on va sûrement rêver citron.
Les spécialités du coin sont aussi des céramiques et le travail du cuir.
J’aurais bien craqué sur les céramiques….mais le transport à vélo, ça calme.On en a plein les yeux tout le long de la côte, on passe notre temps à descendre de vélo. C’est vraiment le moyen de transport le plus pratique pour s’émerveiller.
POSITANO
Village situé à une petite vingtaine de kilomètres de Sorrento, on est passés dans la journée sans y dormir. Malgré qu’octobre soit déjà la basse saison, les ruelles étaient pleines de monde. Depuis les années 50, la jet-set vient s’y amuser, acheter des villas, bronzer. Victime de son succès, POSITANO vit essentiellement du tourisme.Tout est fait pour que le touriste consomme et nous voyons défiler restaus, cafés, boutiques de vêtements et de souvenirs….jusqu’à saturation. Les rues sont étroites et descendent jusqu’au port. Pas facile de nous frayer un chemin avec nos vélos tenus à la main. Rapidement, on s’extrait du bourg et on saute sur nos selles pour retrouver cette côte somptueuse jusqu’au prochain village où tout, à nouveau, attend le prochain touriste.
PRAIANO
Des tours génoises qui servaient à faire le guet. On passe de nombreux tunnels. C’est bien de rouler hors saison, on n’a jamais été gênés par les voitures. On est en octobre et on a déjà très chaud. Une très belle statue qui tourne définitivement le dos à la mer.Régulièrement on s’arrête se rafraîchir auprès d’étals bien attirants. Il fait très chaud.
AMALFI
Cette cité a donné son nom à la côte car elle était la plus prospère au Xe siècle et était la première république maritime italienne en commerçant activement avec l’orient, principalement avec Constantinople. Jalouses, Venise, Gênes et Pise ont tout fait pour lui piquer sa place. AMALFI n’a retrouvé sa richesse qu’au XX e siècle avec les touristes.
Qu’est-ce qu’on ne lui aura pas fait faire ! Pauvre Léonard…
La magnifique cathédrale date de l’époque de la puissance de la ville et témoigne de l’influence byzantine.
La Cathédrale saint André est dédiée au premier apôtre…André. Le complexe est monumental avec le cloître du Paradis, la basilique,un musée, la crypte où sont déposées les reliques de saint André.Peinture sur marbre où l’on identifie aisément André à sa croix. Pierre me demande si c’est lui qui a inventé la multiplication….espèce d’iconoclaste….Les cryptes sont souvent sombres. C’est l’une des plus belles qu’on aura visitée. Le cloître du Paradis abrite les tombes des familles nobles d’Amalfi.On dormira un peu avant AMALFI car beaucoup moins cher. Chambre sur la mer avec escalier qui mène jusqu’à ses flots se brisant avec force sur les rochers. Que nous ! Pierre sur le solarium…vive le hors saison….Un dernier regard vers notre petit sweet home d’un soir. Notre escalier se trouve juste au-dessus de la barque.
Ce soir, jeudi 20 octobre, on est arrivés dans les Pouilles à Alberobello mais ça c’est une autre histoire….
Deux sites sont à privilégier et se complètent : Herculanum par lequel on a commencé car on campait pas loin et Pompéi, site archéologique le plus visité au monde qu’il aurait été dommage de manquer et sur lequel on est allés le lendemain.
Anecdote. De nombreux campings se trouvent à quelques centaines de mètres du site. On y a rencontré un jeune couple de cyclistes suisses, ce qui est remarquable car pour l’instant on en a peu vus. Ils sont allés jusqu’à Tunis où ils voulaient faire un périple à vélo en Afrique du Nord…et ils ont été refoulés ! On leur a demandé combien ils avaient d’argent en espèces, ils en avaient peu mais chacun avait une carte bancaire. On leur a demandé également s’ils avaient réservé un hôtel, ce qui n’était pas le cas. On leur a refusé l’entrée ! On se demande si on aurait pu entrer…Il vaut mieux sans doute arriver en gros camping- car qui pollue leur pays qu’avec un simple vélo. Ils ont donc payé une traversée aller-retour pour rien ! On était dégoûtés pour eux. Pas bravo la Tunisie.
Nos voisins autrichiens auraient sûrement eu aucun problème à entrer en Tunisie.
Retour aux ruines.
Herculanum est une ville qui, comme Pompéi , a été détruite le même jour par l’éruption du Vésuve mais elle est moins célèbre car plus petite, et pourtant ces édifices sont les mieux préservés. Comme Pompéi, on n’a pas encore tout mis à jour, les autres monuments étant sous la ville moderne. Un cinquième seulement est découvert. On n’a presque pas pris de photos car il pleuvait.
Pierre, dans le musée virtuel d’Herculanum, occupé à survoler le site avec un drone et à le reconstituer tel qu’il était à l’époque. Les ados et les jeux vidéo…
Pompéi était une ville plus riche qu’Herculanum. Environ 2000 personnes vont périr sur une population estimée entre 15000 et 20000 habitants. La plupart sont morts par asphyxie.
L’amphithéâtre très bien conservé où se déroulaient les combats de gladiateurs ou d’hommes contre des bêtes.
À l’heure où le manque d’eau guette la planète et qu’on parle de plus en plus de récupérateur d’eau, les Romains montraient déjà l’exemple . Chaque maison possédait, au centre de l’atrium, son impluvium.
L’eau était ensuite stockée dans des citernes.Dans les rues, à intervalles réguliers sont disposés des fontaines. Dans plusieurs coins de la cité , on vendait sur la rue des boissons et des plats chauds à emporter. Thermopollium en latin, fast-food en contemporain. Non ce ne sont pas les toilettes comme le pensait un collégien français corrigé par sa prof. On a eu la chance d’avoir une belle lumière mais on est conscients qu’il y a beaucoup de choses qu’on n’a pas vues parce que plein les pattes ! Il eut fallu venir dès le matin mais on avait vélo, alors après 3 heures…crapahuter dans les pierres…C’est grand, il y a beaucoup de monde et on n’avait pas de plan. On aurait dû en imprimer un avant de venir mais on n’a pas assez préparé….on n’est pas toujours bons…
Il n’y a aucune explication sur le site pour que le visiteur loue les services d’un guide, mais les entrées des sites et du Vésuve sont déjà assez chères comme ça. Les peintures et les mosaïques qu’on a la chance de voir aujourd’hui montrent à quel point l’art faisait partie intégrante de leur vie et de leur villa. Les thermes hommes et les thermes femmes étaient superbement décorés et étaient fréquentés par les classes nobles et les classes moyennes. Des bas-reliefs et des voûtes.Certaines villas sont encore très complètes.
Des écoles, des salles de sport, l’éducation très importante, celle du corps et de l’esprit. ASICS.
Et puis ces corps pétrifiés pour l’éternité.
La nuit suivante au camping de Pompéi, nous serons bien au sec dans notre petite tente sous une pluie battante et un orage virulent. Mais à l’heure du réveil, il pleut toujours. C’est la première fois qu’on est obligés d’enfiler la cape de pluie sous la tente avant de sortir à quatre pattes ! On installe notre petit dej dans la salle de restaurant ouverte et inutilisée à cette heure là. C’est là qu’on fera connaissance avec le seul autre couple de cyclistes du camping, les petits Suisses. Quand on revient à la tente, on s’aperçoit qu’une grosse flaque s’est formée…dessous. Ça va être l’heure de vérité. Notre tente ultra légère Decathlon est la moins chère du marché et on en voit des plus pratiques, notamment ce matin-là où un jeune arrive dans la salle avec sa tente autoportante au bout du bras. Nous, elle ne tient debout que fixée au sol. On ne peut pas camper sur du ciment. Autre bémol. On tient à peine assis à l’intérieur, nos têtes touchent le plafond . Mais on l’aime bien malgré tout, parce que ce jour-là, elle a montré la première qualité que, selon nous, une tente doit avoir : elle est étanche !!! Ce matin là, avec toute la base dans la flaque d’eau, rien n’a été mouillé à l’intérieur. On a quand même demandé à changer d’emplacement … Il a plu quasiment toute la journée, on s’est baladés dans la ville moderne de Pompéi sans grand intérêt et on a fait la connaissance de deux couples de Français en camping-car bien intéressés par nos histoires de voyage à vélo. On a eu la chance de visiter le site archéologique la veille sous le soleil. Le lendemain, une nouvelle aventure commence : la côte amalfitaine.
Aujourd’hui, samedi 15 octobre, il y a un mois qu’on est partis et on s’est donné comme date de retour le 20 novembre. Pourquoi cette date ? Parce qu’on se dit qu’après, il va commencer à faire froid et les campings seront fermés et surtout, Hend, qui fait partie de la famille ainsi que son mari et ses enfants, va accoucher le 22 novembre de son troisième enfant et on aimerait beaucoup être là.
On essaie donc de planifier nos visites et déplacements de façon à ne pas perdre de temps. C’est ainsi que mardi, on a quitté Naples, on s’est installés dans un camping, on a fait l’ascension du Vésuve puis la visite du site Herculanum. Quelle santé ! Bon, en même temps ce n’est pas l’Everest.
L’ascension du Vésuve est un bien grand mot. La randonnée est accessible à tous et dure en moyenne 1h30 aller-retour. On a eu de la chance avec la météo qui s’est dégradée peu après, lors de la visite d’Herculanum. Les visites sont annulées en cas de pluie.
Pendant la montée. La banlieue sud- est de Naples et quelques communes dont Herculanum. Le golfe est dans la brume.On peut se promener autour du cratère. Cratère de 300 mètres de profondeur et 400 mètres de diamètre. On aperçoit des fumerolles derrière moi.
Le Vésuve. Il Vesuvio.
Il est haut de 1281 m. Plus jeune que ses deux autres compères italiens, l’Etna et le Stromboli, c’est le plus tristement célèbre à cause de ses éruptions meurtrières notamment sur celles de Pompéi et d’Herculanum en 79 après JC.
Le Vésuve est le volcan le plus dangereux d’Europe, voire du monde, selon certains experts. A seulement une petite dizaine de kilomètres de Naples, ses près de 4 millions d’habitants savent qu’il est seulement endormi, la cheminée n’ayant pas été ramonée depuis 1944, date de la dernière éruption. La guide nous a expliqué que maintenant, les éruptions ont lieu tous les cent ans environ…ce qui laisse à penser que les 700 000 personnes habitant actuellement dans la zone rouge, celle directement au pied du volcan, ont du souci à se faire. 2044 c’est demain. Et la date est approximative…
D’autant que le Vésuve est de type explosif mais qu’il a eu également des éruptions effusives, roches fondues, qui obstruent désormais la cheminée de millions de tonnes de matière. C’est à cause de cela que les experts prédisent que la prochaine éruption sera explosive et catastrophique. En attendant, il fait vivre beaucoup de monde. La guide nous dit qu’un plan d’évacuation est prévu avec trains et bus pour les 700 000 personnes à déplacer en…72 heures. Elle n’y croit pas beaucoup. On espère que cela n’arrivera jamais.
Quelques fumerolles….c’est un signe qu’il est seulement endormi. Pas éteint.On voit que le ciel va bien nous tomber sur la tête un peu plus tard en pleine visite sur le site d’Herculanum.Il est temps de redescendre.