Depuis mardi, on longe le canal des Vosges puis la Moselle. Mais ne soyons pas ingrats, parlons Saône.
Hier après-midi.
On en rêvait. Un petit café à une terrasse ensoleillée. Place des Vosges à Épinal où on dort ce soir dans un Warmshowers. Rappel du principe : on dort gratuitement chez des gens qu’on ne connaît pas !!! Le point commun ? Le vélo. Cela peut être de dormir dans leur jardin, dans une chambre, et avoir une douche chaude. On peut soit se faire à manger, soit être invités à partager leur repas et leur petit déjeuner. Les précisions sont écrites sur le profil de chaque hébergeur. Nous y sommes également. C’est le principe de la réciprocité.
Depuis une semaine on longe la Saône et on découvre son histoire. On est passés cet après-midi pas loin de Viomenil où elle prend sa source. Elle se jette dans le Rhône, 480 kms plus bas, à la Mulatière près de Lyon qui est désormais loin derrière nous.
Colverts, cygnes, hérons cendrés, cormorans sont nos compagnons de route. Les Charolaises aussi. Mais pas dans la Saône. Pierre qui s’y connaît en vaches m’informe que cela fait un moment que les Montbéliardes les ont remplacées. Martin pêcheur, castor, grenouille, leste vert nous regardent sûrement passer.La Saône est une rivière de plaine qui s’écoule lentement. Même Jules César ne savait pas dans quel sens elle coulait. C’est dire. En romain, le nom de la Saône était l’Arar. De nombreuses écluses ponctuent la rivière mais elles sont automatisées, inhabitées et par conséquent n’ont pas le charme des écluses du canal de Nantes à Brest qui rivalisent entre elles d’aménagements fleuris et d’espaces joliment pensés. On sait que le parcours va se développer et offrir au randonneur ou cycliste de quoi manger un morceau ou boire une bière. Déjà, des coins tables et sièges se présentent au marcheur fatigué et même, pour la première fois, un espace réparation vélo.On se met un peu la pression. Merci à la commune.Il y a bien longtemps qu’on a passé le Point Kilométrique 203. Selon les départements, ils sont indiqués ou pas. Dimanche midi, Pierre a réussi à rester assis pour manger son sandwich. Arrivée aux deux tiers du mien, je faisais les 100 pas en tapant des pieds pour me réchauffer avec deux paires de chaussettes. 5° et 100% d’humidité.
Depuis l’Antiquité, les hommes sont proches de la Saône. Elle est une voie commerciale entre la Méditerranée et le Rhin. Plus on la remonte, plus la navigation devient difficile: bancs de sable, manque d’eau et mauvais courants sont le lot des mariniers dans les méandres de la Saône. De 1838 à1882, elle est aménagée et devient navigable de Corre à Lyon. Au 19e siècle, sont réalisés les travaux du canal. Les bateaux remplis de marchandises étaient tirés par des chevaux depuis le chemin de halage où nous pédalons aujourd’hui.
Il y a toujours de grands Bonjour entre mariniers et cyclistes. Nos points communs : la lenteur, le silence, la tranquillité de la rivière, l’observation de paysages qui, sans être exceptionnels, nous sont familiers et rendent heureux.À Port sur Saône. Mais que pêche t’on?
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Le roi des poissons est le brochet, de 50 cm à 1m, de 2 à 10 kg. Grand art du camouflage. Sa tête est composée de pores qui lui permettent de repérer et de localiser ses proies. Sa gueule est pleine de dents, 700 ! Il capture sa proie par le travers et l’avale tête la première. Ce qu’il préfère manger? Des poissons. Même ceux de son espèce. S’il n’y a rien d’autres, il consommera des vers, des crustacés, des grenouilles, parfois même des rongeurs ou canetons ! Camping fermé à Scey. On est rentré discrètement. Le double toit est à l’envers, en train de sécher.Le Chemin des écluses. L’arrivée sur Épinal.
Maintenant, 8h30 mercredi. On quitte Julie et Aurélien pour rejoindre Nancy. Super accueil. En espérant les revoir en Isère.
Comme le temps passe vite….un peu plus de 500 km parcourus. Déjà lundi 17 avril ! Demain midi cela fera une semaine qu’on pédale sur la Voie Bleue. On aurait aimé écrire plus souvent mais il faut que certaines conditions soient réunies. Vue la température moyenne de cette semaine, on cherche à être dans un local à l’abri du vent, avec une table et une chaise. Et puis il faut être seuls et pas trop fatigués ! Dans la tente, pas facile de rester assis pour écrire. Dormir c’est mieux.
Alors ce soir, on est en chambre, après une journée de 85 km. On dort à Bains les bains, près de la Vôge sur Saône, l’une des étapes de la Voie Bleue.
Quelques réflexions sur cette première semaine.
Comme dans beaucoup d’endroits cette semaine, il a fait froid et on a eu beaucoup de pluie. Mais on est contents du matériel ! On a testé notre nouvelle tente autoportante, ce qui fait que dès les deux premières nuits, on a pu s’installer dans des endroits secs, sur des sols durs, où la tente tient debout sans les piquets. Nos duvets, confort jusqu’à 12°, ne suffiraient pas sans un petit plus. Pour Pierre, un drap de soie, pour moi une couverture polaire que je glisse à l’intérieur.
Collection Printemps 2023. Cape de pluie et surpantalon de pluie. Pierre n’a pas pris de surpantalon. Il trouve ça collant. Mais cela évite aux chaussures d’être trempées. On perd pas mal de temps à caper, décaper. Enfin un peu de ciel bleu mais on garde les gants et un tour de cou.
Partir mi avril présente des avantages et des inconvénients. Les avantages, il n’y a pas beaucoup de touristes. On n’a pas trop chaud ! Ça c’est sûr…Les inconvénients, beaucoup de lieux n’ouvrent qu’à partir du mois de mai. Certains campings sont fermés, mais surtout les sites à visiter sont encore soit en heure d’hiver, soit ouverts une ou deux fois par semaine, ou pas encore ouverts car pas assez rentable (des châteaux). Le lundi est un jour complètement mort, même pour boire un café.
Depuis hier dimanche, on roule au sec et on a apprécié les premiers rayons de soleil depuis le début du périple. Un voyage, ce n’est pas seulement les visites mais également les rencontres chaleureuses, parfois furtives, parfois le temps d’une soirée.
Yves, le cyclo qui fait ses 200 kms par semaine avec un copain.
Un cycliste tout heureux de nous aider à sortir de Chalon sur Saône et de nous accompagner sur une dizaine de kilomètres, un boulanger qui n’en finit pas de nous poser des questions sur le voyage à vélo, un autre ce matin, qui nous offre le café parce que camper dans ces conditions…c’est pas drôle…des pêcheurs, debout ou installés pour une ou deux nuits.
La Voie bleue rencontre l’euro vélo 6, celle qui relie l’Atlantique à la mer Noire…pas pour aujourd’hui.On retrouve le logo de la Viafrancigena dont on a fait la partie italienne jusqu’à Rome mais qui commence à Canterbury et qui traverse la France dans ces régions.Première fois qu’on voit un panneau Warmshowers. Malheureusement, il n’est que 11h le matin, on ne va pas s’arrêter dormir ici. Chalon sur Saône. Ville natale de l’inventeur de la photographie, Nicephore NIEPCE. Quel prénom ! On ne sait pas si ses parents l’aimaient…Une étude très sérieuse a démontré que les élèves qui avaient des prénoms compliqués étaient moins interrogés en classe… Il a eu le temps de réfléchir tranquillement dans son coin et d’inventer le premier procédé photographique en 1824… Malheureusement, alors qu’on prenait notre temps pour la visite du musée, une voix nous a soudain susurré « on va fermer dans cinq minutes »…horaires d’hiver. Il faudra qu’on y revienne. Ce qui nous aura marqués à l’entrée du musée est un compteur géant qui, en temps réel, enregistre le nombre de photos prises depuis Niepce. On était à plus de 250 000 000 000 de photos prises dans le monde quand on y était. Développement exponentiel depuis que Facebook existe. Faut-il en rire ou en pleurer? Je n’ai pas le cœur à le dire comme le chantait l’ami Ferrat.
Entre Chalon sur Saône et Seurre, à l’entrée d’un village :
Tout le monde en Guyane a entendu parler de cette religieuse qui a participé à la libération des esclaves et qui a créé la commune de Mana. JAVOUHEY est le nom d’ une autre commune guyanaise où vivent des HMONGS. Ici on est à Monchamps où elle a passé quelques années. Elle est née à Jallanges, un village voisin. On se doutait bien qu’il y aurait quelque chose sur elle dans la petite église. Elle a fondé également le premier Ordre des religieuses missionnaires de France.A l’entrée de St Jean de Losne, ce panneau qui rappelle qu’on est sur la Voie de Vézelay. Nous rencontrerons un pèlerin au camping qui rejoint à pied la voie d’Arles. Il a loué une caravane pour la nuit.On roule sur le chemin de Compostelle.St Jean de Losne est le plus grand port fluvial de France.Nos voisins allemands de camping ont fait reproduire leur portrait sur leur camping car ! Mais où va se nicher l’ego ??? Dans le camping, le restaurant où on rencontrera le pèlerin. Quelle bonne idée, ces braseros au centre des tables ! Petit déjeuner. Gérante très sympathique qui nous offre en plus de la charcuterie.
A Auxonne, on a la surprise d’arriver en pleines journées napoléoniennes ! C’est la première fois qu’elles ont lieu. On est déçus pour les organisateurs de cette météo très pluvieuse. Certaines batailles prévues sont annulées.
A gauche, une dentellière, à droite les instruments qui servaient à carder la laine. Ancien modèle fabriqué avec des chardons, l’autre, plus moderne, est métallique.Les sacs à dos de l’époque.Ambulance, blessé sur la paille, et amputation si besoin.Boisson Moncoco faite à base de citron (pour désinfecter) et de réglisse ( pour digérer).Bonaparte est tout jeunot, 19 ans, quand il vient à Auxonne apprendre l’essentiel de son métier militaire entre 1788 et 1791.
Cette journée à Auxonne a été la pire depuis le début du voyage, non pas à cause de Napoléon, mais parce qu’il va tomber des hallebardes sur nous jusqu’au soir et que, comme on aime ça, on va faire durer le plaisir en se perdant pendant deux à trois heures.
Rencontre personnelle avec l’Empereur.
Ce soir-là, on doit retrouver un couple de cyclistes qu’on a connu sur la Viafrancigena en octobre dernier et qui nous a invités à dormir chez eux. Il faut donc quitter la Voie bleue pour rejoindre leur maison. A Vadan.
Photo d’Emmanuelle et de François prise en Italie. On n’a même pas pensé à faire des photos le soir…
Tout guillerets mais quand même un peu transis, on quitte les régiments napoléoniens pour se remettre en selle et aller chez Emmanuelle. Elle nous a donné sur WhatsApp des précisions qui permettent de quitter la Voie bleue pour aller chez elle. Mais Pierre veut gagner du temps, à ce moment-là, on y croit, et propose de prendre les grands axes. Bon. Why not? Il recommence à pleuvoir. On découvre une route sans grand intérêt, qui ne fait que monter et descendre. Mais si on gagne du temps…Après une courte accalmie, j’ai arrêté de remettre le surpantalon pas très agréable à porter me disant qu’on sécherait bientôt chez nos copains. Soudain, le gps nous dit de tourner à gauche, Tournez à gauche, TOURNEZ À GAUCHE.
On hésite et, une voiture s’arrêtant au stop, le chauffeur nous confirme que c’est effectivement plus court par là mais que…et le voilà parti dans des explications à n’en plus finir. Sous la pluie, l’idée d’un itinéraire plus court est alléchante. Mais tel David Vincent cherchant un raccourci qu’il ne trouva jamais, on n’a fait que s’emmêler les compas. Mais, me direz-vous, comment est-ce possible avec les GPS ? Si si…on sait bien faire. Alors on demande aux rares personnes qui montent ou descendent d’une voiture. Un jeune nous dit qu’on est au moins à 25 kms alors qu’il en reste une douzaine normalement, un papi nous conforte dans la direction prise. Oui, vous pouvez par là, mais, il y a un pont. Il y a un pont ? Oui…mais il y a un pont. Il nous dit ça comme si le pont était miné.
Merci papi. On se retrouve au milieu des champs, dans des chemins de terre défoncés, où des ornières remplies d’eau nous obligent à slalomer sous une pluie qui nous semble de plus en plus glaciale. J’aurais bien aimé comme David Vincent rencontrer des envahisseurs, au moins on aurait été au sec dans leur capsule. Non, seulement des Charolaises humides elles aussi. Mon gps qui ne disait plus rien reprend la parole pour me dire Faites demi tour. J’aperçois entre les gouttes Pierre quelques ornières plus loin, trop loin pour m’entendre l’appeler. Quand longtemps après, on se rejoint, il préfère qu’on continue droit devant pour retrouver une vraie route ! Celle qu’on n’aurait jamais dû quitter. Mon GPS qui indiquait 9,5 km pour arriver chez les copains continuent à marquer des points:11 km, 12 km…13,5 km. On finit par retrouver une route goudronnée….et, 1h 50 après lui avoir parlé, on se retrouve devant la maison du papi du Pont ! Moralement, il n’y a pas pire. Pont d’ailleurs que quelqu’un, entre-temps, a dû faire sauter parce qu’on ne le verra jamais !
Attendus en début d’après-midi, on arrivera à 17 h, heureux mais un petit peu humides de retrouver Emmanuelle, ses petits enfants et François, pour passer ensemble une très belle soirée.
Balade dans la jolie ville de Tournus – prononcer Tournu- où nous sommes arrivés tôt mercredi puisqu’on était dans un camping à quelques kilomètres de la ville.
Au hasard des rues…Tournus aussi a ses traboules.
Tournus est une belle étape sur la Voie Bleue où nous avons passé une bonne partie de la journée. L’Abbaye de St Philibert valait la visite guidée faite par Clara de l’office du tourisme. On était ses VIP disait-elle parce que nous étions les seuls alors qu’habituellement, il faut un minimum de quatre personnes pour maintenir la visite. Mais un autre couple a fait faux bond. Tant pis pour eux.
À droite, clocher en pierre rose, pierre utilisée dans la construction des premières maisons de la commune. À gauche, clocher refait en pierre blanche suite à sa destruction au cours de la seconde guerre mondiale.On se trouve dans l’avant- nef . Clara éclaire une tête de mort gravée. C’est une tombe mais la forme circulaire est inhabituelle. Aux XIe et XII e siècle, à l’époque de la construction de l’abbaye, on enterrait les gens debout. Les raisons ? La tête, l’Esprit, étaient tournés vers la lumière. Seuls, les notables pouvaient avoir une place dans l’avant-nef et payaient pour cela. Enterrer les morts debout permet de gagner de la place et ainsi l’Eglise vend davantage d’emplacements ! Spiritualité. Rentabilité. Quand l’organiste a découvert la hauteur de l’orgue de l’abbaye, il a fait savoir qu’il ne pourrait jamais y jouer car il était sujet au vertige…Clara nous précise que l’organiste doit passer sur les bords pour prendre place et que la rambarde qu’on aperçoit arrive aux mollets….Le bonhomme était motivé parce qu’il a entrepris des séances d’hypnose pour se soigner. Fini le vertige ! L’abbaye, pourtant romane, a tout d’une grande ! 18 mètres de haut quand même. Haute sur pattes grâce à ses voûtes transversales, qui s’appuient les unes sur les autres, cette technique très rare a permis de se passer de contreforts à l’extérieur et de pouvoir percer ses murs pour y mettre des vitraux. Un mix de roman et de gothique.
L’abbaye est essentiellement en pierre rose, sauf le chœur qui a été détruit pendant la seconde guerre mondiale, ainsi que les vitraux. L’artiste peintre maître verrière, pour homogénéiser l’ensemble, a fait des vitraux rosés pour que la lumière se reflète rose sur la pierre blanche du chœur ! Il fallait avoir l’idée….les vitraux font très contemporains et pourtant ils datent des années soixante.
Les croisées d’ogives seront ajoutées plus tard sur les bas-côtés de la nef.L’abbaye est essentiellement en pierre rose, sauf le chœur qui a été détruit pendant la seconde guerre mondiale, ainsi que les vitraux. L’artiste peintre maître verrière, pour homogénéiser l’ensemble, fait des vitraux rosés pour que la lumière se reflète rose sur la pierre blanche du chœur ! Il fallait avoir l’idée….les vitraux font très contemporains et pourtant ils datent des années soixante. L’abbé avait tout le bâtiment de gauche pour lui tout seul. À droite, sa chapelle personnelle. Les moines, eux, étaient en dortoir. Il y a toujours des avantages à être chef. Spiritualité. Supériorité.On aime bien les anecdotes…sur un pilier, un âne et en face, un loup. A l’époque, les religieuses lavaient le linge des moines .. c’est jamais dans l’autre sens…une fois lavé, repassé, amidonné, un gentil âne transportait le linge de ces messieurs jusqu’à leur monastère mais un jour, un loup survint, à jeun, qui cherchait aventure, et que la faim en ces lieux attirait. De l’âne il ne fit qu’une bouchée. Une grosse bouchée. Les religieuses furent placées alors devant un terrible dilemme : soit dresser le loup pour qu’il transporte à son tour le linge, soit apprendre aux moines à laver leur linge eux-mêmes. Elles choisirent ce qui leur a semblé le plus facile : dresser le loup !!!Voilà le résultat ! Tableau dans l’abbaye.Pique nique sous un soleil éphémère avant de se remettre en selle direction Chalon sur Saône.
On voulait choisir un joli symbole pour décider de notre point de départ lyonnais. On a opté pour la statue de « l’homme qui se porte lui-même ». Elle est située sur la rive de la Saône en face du Palais de justice aux 24 colonnes juste à côté de la passerelle.
Au départ on peut penser qu’il sauve quelqu’un de la noyade. Mais les deux visages sont les mêmes. C’est peut-être lui-même qu’il sauve…ou bien il est son propre fardeau. Ou bien cela dépend des jours…Elle a été sculptée par deux artistes danois et norvégiens et installée en 2013.
Notre journée pédalage à partir de Lyon a commencé plus tard que prévu pour des histoires de train. Train pour Lyon en retard, puis train qui arrive en gare dans lequel on est plusieurs à s’engouffrer, pour se retrouver à St André Le Gaz …Terminus ! On l’a tous pris avec le sourire en faisant remarquer au contrôleur que les annonces à Voiron auraient pu nous dire que ce train n’allait pas jusqu’à Lyon. Gentiment, il nous a expliqué que c’était des annonces pré enregistrées mais que dans 20 minutes un autre train arriverait. Rien de grave. On prend le temps. Enfin pour cette première journée, surtout le temps froid, humide, pluvieux , qui nous oblige parfois à sortir les capes de pluie quand l’averse devient trop importante.
La sortie de Lyon nous permet de côtoyer les guinguettes qui ont fait le charme, et le font encore, des bords de Saône.
Les guinguettes des quais de Saône qui doivent rappeler de bons souvenirs de jeunesse aux copines lyonnaises ! On ne nommera personne…Ce qui se dit sur les chemins isérois reste sur les chemins.On va déjeuner chez Bocuse.Enfin, presque. Devant chez Bocuse. Radis, fromage, mandarines. Cuisine nouvelle. Le panneau nous amuse, la pluie moins. On ne craint pas l’excès de vitesse ! Il y a de la marge, nous on roule autour de 19 à l’heure. La première partie n’est pas très agréable, près de la route sur la voie cyclable, mais ce sera seulement sur la première vingtaine de kilomètres en sortant de Lyon.
Les cyclistes attirent les cyclistes. Sur la route, un jeune cycliste nous interpelle, Pierre va réparer sa pédale. On lui parle d’atelier vélo à Lyon où il peut apprendre à l’entretenir. Dans une commune, une vieille dame roule plus vite pour nous rejoindre et nous indiquer un chemin étroit invisible aux non initiés qui nous permet de relier la Voie Bleue sans rester sur la route. Tellement contente de nous avoir été utile! Et nous, contents qu’elle soit contente.
On passera la nuit au camping de Trévoux, où la gérante nous proposera de nous installer sous un grand barnum étant donné l’état du ciel. On est ravis, cela nous coupe du vent et de la pluie éventuelle qui va qui vient depuis ce matin.
Une jeune stagiaire est à ses côtés, on sent qu’elle débute, elle vient de Chine. Alors je lui parle de son pays, des montagnes sacrées bouddhistes, des pains de sucre de Guilin, de la Mongolie intérieure. Elle s’esclaffe, car comme très souvent, nous, voyageurs étrangers, avons visité davantage de choses dans leur pays qu’eux mêmes. Quand je lui sors les quatre mots chinois que je connais : bonjour, merci, ça va, manger, elle est aux anges et commence à me parler chinois. La gérante est morte de rire car le matin même, elle lui a dit : tu sais, c’est pas ici que tu vas avoir l’occasion de parler chinois ! C’était son premier jour de stage .
On a choisi Trévoux pour son cœur médiéval et ses centres d’intérêt. Mais ce sont d’abord les personnes qu’on rencontre qui la rendent sympathique. Cette librairie née de la volonté et de l’investissement de ses habitants, ces nombreux potiers, sculpteurs dans les rues des arts qui nous parlent de leur passion avec brio.
Des reconversions qui leur ont donné le bonheur et l’envie de transmettre ce bonheur aux élèves de tous âges qui viennent des communes alentour pour travailler la pierre. Quitter des emplois de bureau pour prendre le risque de la création. Une médiathèque très active, des bords de la rivière aménagés pour les enfants, les promeneurs, les sportifs.
Et puis surtout, Trévoux est célèbre pour ses imprimeries installées dans un couvent désaffecté de la ville fin XVIIe siècle. Ici ont été imprimées les premières éditions du Dictionnaire et du Journal de Trévoux célèbres dans toute l’Europe du XVIIIe siècle.
Cette petite ville a été dotée d’un parlement ! Lequel a donné à ce petit territoire tous les attributs d’un véritable état. Mais porque? Parce qu’en 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne et c’est la Saône qui sert de frontière entre le royaume de France et l’Empire.
La ville s’est enrichie grâce au péage fluvial et à un atelier de fabrication de monnaie. Mais aussi, et ce n’est pas un détail, se développe à Trévoux l’industrie de la filière en diamant. Kesako ? On vous dit tout. Un gars de Trévoux (Trévoltien donc) a réussi à percer le diamant et donc, il a pu fabriquer des filières en diamant qui étaient quasi inusables et se sont répandues dans le monde entier en particulier pour la fabrication des fils en tungstène des ampoules électriques. Je ne sais pas si c’est grâce à lui qu’on a inventé le fil à couper le beurre…Mais en tout cas l’affaire à bien fructifié.
Voilà à quoi ressemblaient les filières en diamants dont le trou servait à fabriquer des fils métalliques.On a fait attention…
Et puis le lendemain, journée venteuse de 80 kms environ sur des chemins de halages, sentiers, petites routes de campagne agréables.
Le bar de Montmerle s’est préparé, en même temps que la Voie Bleue s’installait dans l’Ain, à recevoir joliment les cyclistes seuls ou en famille. La portion de Voie qui passe ici ne date que du mois dernier. Une cour très colorée avec une vraie cabane de sorcière ! Elle nous fait penser à la maison des grands parents de Charlie dans Charlie et la chocolaterie…pour ceux qui connaissent…La Voie Bleue n’est pas complètement terminée. On comprend que c’est un investissement pour les communautés de communes.On suppose que c’est l’imprimeur qui a fait une coquille !!! Pardon St Ex. Ton texte reste magnifique.Des observatoires. J’y dormirai bien mais ils sont toujours sur l’autre rive. Éclaircie Arrivée à Mâcon sous la pluie. Juste l’envie de boire un café.Et de saluer Lamartine dans sa ville natale.Les points kilomètres indiquent le nombre de kilomètres de la Saône navigable entre ce point et Lyon. Le ciel nous presse de trouver rapidement un point de chute.Ce sera un camping à 8 km de Tournus où, là aussi, on nous indique un coin à l’abri des intempéries. Finalement, on aime bien la tente entre 4 murs ! On continuera peut-être à Charavines à mettre la tente au milieu du salon…Notre second camping…il y a de la place…
La prochaine fois, on vous parlera de Tournus qu’on a pris le temps de visiter également. Ce soir on dort à Chalon-sur Saône, dans un petit hôtel bien douillet. Bon, minuit 26. Demain on a vélo.
Elle propose 700 kms de voyage vélo au bord de l’eau répartie en 23 étapes, de Lyon à Luxembourg, pensée pour les curieux de nature et de culture ainsi que pour les gourmands. Elle traverse 3 régions, 7 départements, 2 métropoles, 15 villages classés, et 3 sites inscrits à l’UNESCO.
La Voie Bleue est une partie d’un réseau « itinéraire vélo » qui relie l’Europe du Nord à la Méditerranée. Au sud de la Voie Bleue, on retrouve la Viarhôna qu’on a parcourue il y a quelques années.
On pense poursuivre après Luxembourg sur l’euro vélo 5 direction la Belgique jusqu’à Bruxelles. Cela nous fait une jolie balade de 1100 km all inclusive sans compter le retour car pour l’instant, on ne sait pas encore comment on revient. On a le cerveau lent. Mais chaque chose en son temps.
On s’est dit que le programme nous convenait bien. Au gré des rives de la Saône, remplacée plus haut par le canal des Vosges, la Moselle lui succédant, on se voit déjà le nez au vent, enfin surtout sous la pluie d’après la météo annoncée, pédaler à la rencontre de villages charmants, de musées, de poulets de Bresse à la crème, de canaux, d’abbayes, d’escargots de Bourgogne, d’endroits sympas où s’asseoir, dans l’herbe au bord de la rivière, ou au bar du village….Plutôt au bar s’il pleut.
Pour l’hébergement, on a une tente, on s’est inscrits sur le site WS ( Warmshowers) mais on ne rechignera pas non plus si on peut dormir dans un joli gîte, même si on sait que le camping sous la pluie, ça crée des souvenirs !
Demain matin, le train de Voiron à Lyon puis direction Thouassey.
Avant de parler pour la dernière fois de la Sicile et de Palerme en particulier, précisons qu’on a passé la frontière cet après midi et que ce soir, on dort chez Guillaume qui nous accueille de manière fort sympathique par le biais du site Warm Showers. A Gênes, on a dormi dans une auberge de jeunesse où, descendant du ferry qui n’a démarré qu’à 5 heures du matin, on est arrivés à l’hébergement à plus de minuit! Heureusement qu’il y a un accueil H24! On a appris, pour la jeune fille disparue. Suicide. Elle a laissé un mot.
Aujourd’hui, notre dernière étape italienne était magnifique et bien pensée pour les cyclistes. Quasiment une voie cyclable sur 80 km tout le long de la mer, à côté de la voie piétonne. La cerise sur le gâteau, un tunnel juste pour les vélos et en prime, de la musique ! Tutto bene.
On n’aura finalement passé que dix jours en Sicile qui méritent bien plus, mais on aura eu, malgré tout, le temps d’apprécier la cuisine variée du pays notamment celle qui vient de la mer et servie avec des parts copieuses qui satisfont les cyclistes affamés. Les nombreux contacts sympathiques avec les gens nous laisseront de bons souvenirs ainsi que la ville pittoresque, colorée, grouillante, attachante de Palerme.
Des spaghettis au poulpe.Boules de riz fourrées de légumes, de viandes ou de poissons.
Nos pas nous ont menés au marché Ballaro découvrir des étals bien achalandés et des camelots qui ne manquaient pas de coffre ! A la base, l’Italien est une personne plutôt sonore. Alors un camelot italien…d’ailleurs les plus grands chanteurs d’opéra viennent de ce pays.
Le bonjour du poulpe!De nombreuses pancartes écrites en arabe, en hébreu et en italien.Devant la cathèdrale de Palerme.
Mais c’est principalement le Palais des Normands, appelé aussi Palais Royal qui nous aura marqués. Il était la résidence des rois et le siège du pouvoir politique. Il abrite toujours aujourd’hui le siège de l’assemblée régionale sicilienne. Une splendeur, sa Chapelle Palatine, qui a été construite au XII e siècle sur ordre et pour l’usage de ….Roger ! Roger II, premier roi normand de Sicile (…. pour ceux qui auraient des lacunes).
Le même Palais présente également des expositions d’art contemporain. J’en ai apprécié plusieurs (peut-être aussi grâce à la musique envoûtante qui accompagnait les œuvres). En revanche sur Pierre, aucun effet.
Les murs ont des oreilles.La Cène…comme on ne l’a jamais vue…mais qu’on reconnait au premier coup d’oeil.
C’est à partir de la place appelée « quatro canti » que le coeur de la ville se divise en quatre quartiers.
Une superbe fontaine. Entre l ‘Italie et la Sicile, on n’est pas dépaysés.
Mais le sujet qui nous a beaucoup intéressés et sur lequel on a énormément appris est celui de la Mafia et surtout des mouvements NoMafia. On a passé trois heures passionnantes avec Chloé qui fait partie du mouvement depuis une vingtaine d’années et qui organise des walking tours dans Palerme sur ce sujet pour sensibiliser les touristes également. Son asso s’appelle » Addiopizzo », le pizzo étant, non pas la pizza au masculin, mais l’impôt mafieux.
Ce logo orange pour inciter les clients à aller chez les commerçants qui ont su dire non aux mafieux.Personnalités abattues par la mafia.Cette photographe est connue pour avoir pris en photo les crimes commis par la mafia.Marches du palais de justice. Sur ces marches, le nom des juges tués par la mafia pour avoir fait honnêtement leur travail. A droite, on aperçoit le nom du juge Falcone.Des flyers pour dissuader les commerçants de payer un tribut aux mafieux.
« Tout un peuple qui paie le pizzo est un peuple sans dignité ».
Mais en trois heures, Chloé nous a donné tellement d’informations que ce serait trop difficile pour nous de ne pas faire d’erreurs ou d’impasses sur un sujet aussi complexe, alors, on préfère vous donner le site qui vous expliquera tout en détails et sans erreurs. Il suffit de taper Addiopizzo. Merci wikipedia.
Autre association à Palerme.Les amoureux de Peynet en Italie..
On a quitté l’Italie avec 2700 km dans les jambes jusqu’à Nice, de belles images pleins la tête mais toujours heureux de retrouver la France. A bientôt.
Mais d’abord un fait dramatique qui, on espère, va bien se terminer.
Alors que je suis à écrire cet article à 23 h15 par terre dans le port, adossée à un grillage, on devrait être déjà installés sur le pont du ferry à effectuer la traversée de Palerme à Gênes. On vient d’apprendre que le bateau n’est pas prêt de partir. Une jeune fille de 20 ans a disparu entre son embarquement à Gênes et l’arrivée du bateau à Palerme. C’est son frère qui a donné l’alerte. Ils s’étaient endormis dans leur cabine et à son réveil, sa sœur avait disparu. La police est sur le bateau. Celui sur lequel on devait embarquer. Un vigile nous a dit qu’on ne partirait pas avant 5 heures du matin…Les gens prennent leur mal en patience dans les voitures, on est les seuls à vélo. On vient de nous distribuer une bouteille d’eau et un sachet de biscuits.
Mais pour l’instant, retour sur ces derniers jours siciliens…
Massive la cathédrale de l’extérieur.
L’étape de Cefalù était la dernière en Sicile avant d’atteindre Palerme. On savait que c’était un bel endroit où, malheureusement, on n’y passerait qu’une nuit mais vu le peu de temps qui nous restait, c’était mieux que rien.
Encore une fois, c’est la cathédrale qui attire en premier lieu les regards de tous les voyageurs. Cathédrale de style arabo-normand construite au XII e siècle. Mais pourquoi Normand ? C’est à cause de Roger. On en entend parler régulièrement depuis notre arrivée en Sicile. Le roi Roger II, Normand, est le fondateur du royaume de Sicile. La façade, les tours, le cloître sur le côté qui est actuellement fermé, sont de style normand.
Sous le Christ, Marie entourée d’anges aux ailes bien amidonnées.On retrouve le Christ Pantocrator et l’art byzantin.
On sait que cette cathédrale est un exemple exceptionnel de syncrétisme culturel entre cultures Occidentales , Byzantines et Islamiques mais on n’en sait pas tellement plus.
Au coin de la rue, un B and B pour matous.Et le nôtre qui est très bien aussi en plein cœur de la ville, 40 € la nuit où on peut se faire à manger. Bonheur…Des mots de remerciements de nos prédécesseurs.Palmiers aux belles dattes.On espère que demain matin le chauffeur ne confondra pas la marche arrière avec la marche avant ! Confiance….Le lavoir médiéval. Quartier bouclé pour cause de tournage du film « le lions de Sicile » dont on voit le livre dans toutes les bonnes librairies de la cité.
Du détroit de Messine l’archipel des éoliennes n’est plus très éloigné.
On avait prévu de passer une nuit sur l’île de Stromboli mais nous en passerons trois à cause du mauvais temps. On savait qu’il y avait un risque, déjà visible la veille sur l’île de Lipari, mais si on voulait voir Stromboli et pédaler ensuite jusqu’à Palerme, il fallait tenter.
Stromboli est la plus éloignée. Le bateau a fait des escales à Vulcano, Lipari et Panarea avant de nous déposer à bon port. On aime bien la traduction Isolé en italien pour le mot îles. Ça colle bien à la réalité.
Ciel déjà bien menaçant sur Panarea.Un premier arrêt bref au plus petit port du monde, Ginostra, où vit, juste au-dessus, une quarantaine de personnes…on espère qu’ils ont des voisins sympas…Le bateau passe d’abord à Ginostra, en haut sur la carte, puis contourne le volcan dans le sens des aiguilles d’une montre, pour nous emmener au Port, Porto. À droite, on voit la Sciara del Fuoco, lieu d’écoulement de la lave, qu’on ira voir au plus près qui soit autorisé. Du village, on ne voit pas le cratère. Il faut aller sur les flancs de la montagne.Les moyens de transports locaux qui sillonnent le village de Stromboli.On découvre le village de Stromboli, avec ses paroisses de San Vincenzo et San Bartolo. Environ 400 personnes vivent là à l’année. D’après l’une des habitantes, les gens s’entendent bien et s’entraident. Une femme d’une quarantaine d’années a fait des études en Italie et a choisi de revenir ici parce que c’est là que vit sa famille. Une autre femme évoque le volcan, la main sur le cœur.L’île possède une école où les enfants y restent jusqu’à l’âge de 14 ans. Ils ont trois classes : les petits, le primaire et le collège. En tout, il y a une cinquantaine d’enfants. Ensuite, les jeunes sont internes à Lipari ou Milazzo. Cela fait penser aux écoles sur les îles bretonnes. Difficile de faire des photos pendant le voyage car nous sommes toujours à l’intérieur du bateau et il faut rester assis.
On fait la connaissance d’un couple canadien, Réjean et France, arrivé sur le même bateau et dormant au même endroit que nous, avec qui on sympathise et qui part avec nous à la recherche de la même chose, ce qui n’est pas très étonnant. Pour faire du shopping, il vaut mieux choisir une autre destination…
Notre idée était de faire en soirée soit l’ascension du volcan, soit une balade en bateau qui permet de voir les éruptions permanentes du volcan. Ne pas perdre de temps car la météo peut être pire le jour suivant. Passer la nuit sur l’île nous permettra de faire l’ascension le matin si ce soir on choisit bateau. Notre retour est prévu à 16h 15 le lendemain.
Notre terrasse.
Dès qu’on est installés, c’est à dire dès qu’on a jeté notre sac sur le lit, on part dans le village à la recherche d’un guide. Il est déjà 16h 30. Notre hébergeur est sceptique. Demain il va pleuvoir. On crève de chaud sur nos vélos depuis des semaines et demain il va pleuvoir !!! Sacré Eole, dieu responsable des tempêtes selon les Grecs. Pour tous les écrivains de l’Antiquité, Stromboli était le siège des damnés, la porte de l’enfer. On choisit des endroits sympas…
Rapidement, on tombe sur une agence avec un guide qui parle à peu près le français. Son collègue est occupé à démonter la pancarte qui indique les ascensions. Ça sent la fin de saison. Sans aucune hésitation, il annonce la couleur: aucun guide ne partira ce soir, le temps est trop mauvais. Demain matin non plus. Peut-être demain après-midi à 15h30. Oui mais nous on repartira à cette heure. Enfin, à ce moment-là, c’est ce qu’on croit.
Mais au fait, pourquoi un guide ? Qu’est-ce qu’il est permis de faire sur le Stromboli ?
On n’est pas au Puy de Sancy. Le Stromboli est un volcan en activité permanente depuis l’Antiquité qui expulse trois à sept fois par heure, de la lave incandescente. Il mesure 2000 m en tout mais seuls 920 m sont au-dessus du niveau de la mer. Il y a quelques années, on pouvait y grimper jusqu’à 900 m avec un guide. Mais il y a eu des accidents dont le dernier date de 2019. À cette époque, le randonneur pouvait monter seul jusqu’à 400 m et, pour aller plus haut, devait prendre et payer un guide. Aujourd’hui, on ne peut pas dépasser les 290 m. La montée accompagnée d’un guide permet d’aller seulement à 400 m. Il vaut mieux respecter la règle sinon :On ne peut pas dire qu’on ne sait pas. Panneau situé aux 290 m.
Réserves d’eau.
Je propose qu’on fasse l’ascension tous les quatre. On s’achète vite fait un truc à manger là haut, on met ce qu’on a de plus chaud mais avant, on décide de repasser par le port voir un peu l’ambiance. On tombe sur un capitaine qui nous propose de faire le tour en bateau jusqu’à la « pente du feu ». Finalement, on opte pour le tour en bateau, on verra après. Sa petite embarcation bouge beaucoup, la mer est bien formée, pas de gilet de sauvetage. J’ai le mal de mer mais la situation est contrôlée. « Capitan professionnal » n’arrête t’il pas de répéter…ouais…on espère…
Il n’y a pas de coulée de lave, cela n’arrive pas tout le temps, mais on voit bien les éruptions et des projections au-dessus du cratère. Rouge sur le fonds noir. Les photos ne donneront rien. Le bateau bouge, le vent souffle mais c’est beau et on est contents. On entend le grondement du volcan. Des explosions plus puissantes envoient des projections jusqu’à 500 m de hauteur 2 à 5 fois par an et tous les 5-10 ans, des explosions paroxystiques énormes. Les dernières datent de 2003 puis 2007. En 2019, deux grosses explosions avec coulées de lave ont tué un randonneur. D’où la nouvelle réglementation. Certains grimpent quand même en douce de l’autre côté et vont plus haut, dont un Français qui vient depuis une dizaine d’années régulièrement. Nous, on respecte le règlement.Le bateau est derrière nous. Réjean et France, en retraite, qu’on espère bien revoir en France.
On rentre après, fatigués, où on pique-niquera ensemble sur la terrasse de notre hébergement. La même chose, dans la nuit, avec les moustiques en plus.
Le lendemain, des coulées de boue ont envahi les rues. Des morceaux se sont effondrés. Notre logeur nous dira qu’il n’a pas vu ça depuis cinquante ans. Au loin, le Strombolicchio, un îlot des îles éoliennes. Le bébé du Stromboli. On peut y faire de la plongée ainsi qu’à Stromboli. Pierre râle un peu de temps en temps. Bah oui, on patine un peu mais plus on monte, plus c’est facile. On a un vent de ouf. Sommet en ligne de mire et traces anciennes de passage de lave. La fameuse pente de feu. 700 m de large. Beau toboggan qui se prolonge sous l’eau. Tous les quarante ans environ, la lave coule jusqu’à la mer. Dans ces cas là, l’eau bout. Pierre dit que les habitants viennent ramasser les crevettes cuites le lendemain….Aujourd’hui on est plutôt dans l’humidité.
Entre les panneaux qui indiquent le village et la pente de feu. Avec le vent, mes chaussures seront sèches pour le lendemain.
Il faut être…motivée.Le belvédère.290 m
Le point le plus haut autorisé. Les fumées prennent des couleurs variées. Grises, bleutées, jaunes.
Quand ça sent le soufre à Stromboli, c’est un signal d’alarme pour les habitants qu’une éruption importante se prépare. Plusieurs points de surveillance et d’observation se trouvent sur l’île. On redescend sur le village. Il n’y a pas d’eau douce sur l’île. L’eau est dans des citernes amenée en bateau. Scooters et voiturettes qui livrent dans les ruelles.
Le lendemain, on a du soleil et la mer nous semble calme mais on apprend très vite qu’il n’y aura pas de bateau avant demain…peut-être.. On refait l’ascension avec Réjean, France préfère rester au village. Et là, les photos sont plus belles.
La Sciara del Fuoco. On a un vent de ouf. La fameuse pente de feu. 700 m de large. Beau toboggan qui se prolonge sous l’eau. Tous les quarante ans environ, la lave coule jusqu’à la mer. Pas aujourd’hui. Dommage.C’est quand même plus beau le lendemain sous le soleil !Les cabris du Stromboli.
Et pour nous….la plus belle photo.
Le nectar des Dieux.
Le Malvasia. Le Nectar des Dieux. Raisins blancs. En France, il est connu sous le nom de Malvoisie.
Au printemps 1949, Rossellini tourne le film Stromboli avec Ingrid Bergman dans cette maison . L’été, ils passent parfois le film mais on est hors saison. Il y a des avantages mais aussi des inconvénients. On n’a pas vu le film Stromboli. Donc, pour la petite histoire, Rossellini tombe amoureux de son actrice Ingrid Bergman. Ça roucoule au pied du volcan mais monsieur est marié à une dame au tempérament…volcanique qui vient, chaque soir, pendant le tournage, insulter son infidèle de mari. Ambiance à l’italienne…on se dit que les gens de l’île devaient bien rigoler….
Pierre, qui n’a pas voulu prendre sa cape de pluie, se prend maintenant pour un cormoran. Il croit sécher plus vite comme ça….surtout ne pas contrarier…
Cieux apaisés pour notre deuxième soirée. Apéro sur la terrasse d’un couple de Français et de leur fille dont on a fait connaissance dans l’après-midi. Être coincés sur l’île leur a fait rater leur avion de retour. Ils rentreront avec un peu de retard. Résignation avec le sourire. Les Canadiens sont là aussi bien sûr. On se retrouve à 7 h le matin pour prendre le bateau et poursuivre chacun son chemin. Grâce à la petite famille française qui est restée deux semaines sur trois des îles éoliennes, on a appris beaucoup de choses et cela nous donne envie de revenir plus longtemps.
De retour à Milazzo, on récupère nos sacoches et nos vélos laissés dans l’hébergement et c’est reparti pour l’étape suivante, Capo d’Orlando.
Les conséquences des deux nuits supplémentaires à Stromboli nous mettent devant un dilemme rapidement résolu. On ne veut pas rater notre bateau du 11 novembre. Soit on pédale les 159 km restant entre Capo d’Orlando et Palerme et on n’aura pas le temps de visiter la capitale de la Sicile. Soit on prend un train entre ces deux villes, on pourra s’arrêter, visiter et dormir à Céfalu, et il nous restera deux jours et demi pour visiter Palerme avant de prendre le bateau de 23 h le 11 novembre. C’est la deuxième option qu’on a choisie et on ne regrette pas car on a passé une journée très intéressante aujourd’hui, jeudi 10 novembre, à Palerme. Mais le prochain article vous fera d’abord découvrir Céfalu, un très bel endroit.
On va d’Italie en Sicile…, la Sicile n’est plus l’Italie ?
Alors, Italienne ou pas la Sicile ?
Oui, c’est la plus grande région de la république italienne.
Oui Mais… elle est l’une des cinq régions autonomes de l’Italie. On vous laisse chercher les quatre autres, certaines faciles, d’autres beaucoup moins.
On retrouve les paysages du sud de la Botte, la même sympathie des gens. Beaucoup se débrouillent pas mal en français. Au restaurant, comme dans le sud, on comprend à quoi correspond le total qu’on a à payer, ce qui est plutôt agréable.
Les îles Éoliennes
On a prévu d’aller aux îles éoliennes, au moins celle du Stromboli, en fonction du temps qui nous reste avant la traversée vers Gênes du vendredi 11 novembre. On apprend assez vite qu’en basse saison, les ferries pour les îles ne partent que de Milazzo, ville qu’on cherche à rejoindre le plus tôt possible.
Mais il va falloir choisir. Les îles éoliennes sont un archipel de nombreux îlots, principalement de sept îles volcaniques, surgies il y a environ 200 000 ans au gré d’éruptions successives. Les sept îles sont Alicudi, Filicudi, Salina, Lipari, Vulcano, Panarea et Stromboli qui barbotent dans la mer Tyrrhénienne. Nous irons sur deux îles : Lipari et Stromboli.
Nous passerons une journée à Lipari, l’île la plus grande et la plus peuplée. On louera une voiture pour avoir le temps de faire tout le tour de l’île et profiter de ses panoramas grandioses.
Tout d’abord, la commune de Lipari avec plus de 12000 habitants.
Toujours des ruelles étroites mais propres !En voiture cette fois, on prend de la hauteur.Plus on monte, plus c’est superbe . Il pleut souvent donc beaucoup de végétation. Vue sur l’île de Salina.Vue sur Vulcano.
Trop tard pour évoquer Stromboli, où on est restés coincés à cause du mauvais temps. Ce sera pour le prochain article. A cause de ce retard, on termine en train le périple sicilien pour pouvoir visiter Palerme ces trois derniers jours.
Nos derniers jours à pédaler en Calabre n’ont été qu’émerveillement pour une côte à chaque tournant sublime. Quitter les hauteurs nous ont fait vivre des kilomètres de descente sur une belle route asphaltée où, tellement heureux de prendre de la vitesse, plus de 40 à l’heure, on n’avait pas envie de s’arrêter pour prendre des photos. Les cyclistes peuvent comprendre le bonheur réel de vivre de telles descentes. On sourit aux anges, un moucheron coincé entre chaque dent, et là on sait pourquoi on aime le vélo. Plus la descente est belle et longue, plus l’adrénaline monte. Bonheur absolu. Tant que notre santé le permettra, nous nous souhaitons encore de beaux voyages à vélo.
Des kilomètres de plage, des montagnes qui plongent dans la mer, îles méditerranéennes.
De Charybde en Scylla. Da Cariddi a Scilla en italien.
Et puis on arrive dans une région mythique, envahie par les Grecs, chantée par Homère et ses sirènes. On n’avait pas fait le rapprochement au départ à cause de l’orthographe ! On sait qu’on va traverser une ville qui se nomme Scilla. Ok. Et puis on découvre qu’en français, et en latin, c’est Scylla ! Excités par notre découverte, on se dit qu’il faut qu’on aille sur le fameux rocher….et on revoit nos classiques…merci à Sylvain Tesson qui, grâce à son « un été avec Homère » nous a fait redécouvrir l’Illiade et l’Odyssée l’année dernière.
La formule est précisément Tomber de Charybde en Scylla.
L’expression est liée au milieu marin et à la mythologie. Deux monstres qui font périr les navigateurs. Charybde est un gouffre qui menace les embarcations et, alors qu’elles tentent d’y échapper, elles vont droit sur Scylla, énorme rocher contre lequel elles peuvent se fracasser… Une tête bien pensante a fait remarquer qu’il serait plus adéquat de dire : Tomber de Scylla, puisque c’est la montagne, en Charybde, puisque c’est le trou.
Nous dirons avec nos termes d’expert en linguistique que Tomber de Charybde en Scylla signifie: Aller d’un emmerdement à un autre encore plus grand. Ainsi expliqué, tout le monde en comprend le sens.
Aujourd’hui le rocher est relié au continent.
Il est surmonté du château Ruffo Di Scilla. Surtout intéressant pour le panorama. On est vraiment gâtés.Vue à partir du château.Le petit port au pied du rocher avec une brochette de restos. Au revoir Scilla. The road must go on…in Sicilia.