Article 3. Trek au pays des Kirghizes.

Jusqu’au Lac SONG KUL.

A plusieurs reprises au Kirghizstan puis en Ouzbékistan, nos pas se mêleront à ceux des marchands et des chameaux qui ont sillonné la route de la Soie, ou plutôt les routes de la Soie. Elles partaient de Constantinople – Istanbul aujourd’hui – et se terminaient en Chine à Xian, célèbre pour son armée de guerriers en terre et ancienne capitale.

Chacun sa route, chacun son chemin, en fonction d’un conflit, d’une calamité naturelle. Au nord, des cavaliers nomades attaquaient les caravanes et les points de ravitaillement étaient rares. Au sud, on craignait plutôt les cols enneigés et les déserts. L’aventure quoi.

Pourquoi la route de la Soie ?

Parce que les Chinois avaient d’énormes besoins en chevaux pour faire face aux vilains cavaliers nomades qui venaient les attaquer. La soie servit de monnaie d’échange, facile à transporter, légère, exotique. Du made in China très tendance. Puis l’import- export se développa et les Chinois firent venir à dos de chevaux et de chameaux de Bactriane des métaux précieux, du verre teinté, des noix, des fruits méditerranéens, du raisin. En échange, l’occident achetait non seulement la soie, mais aussi la porcelaine, le papier, le thé, le gingembre, la rhubarbe, des épices, du bambou et des parfums…d’orient.

Mais les marchandises voyageaient rarement d’un bout à l’autre de la route. Au départ, il s’agissait surtout de trocs entre nomades et groupes sédentaires puis la monnaie a permis des transactions commerciales de plus en plus lointaines.

Notre premier spot Route de la Soie sera celui de Balasagun, célèbre pour la tour Burana qui fut fondée par les Karakhanides vers le XI e siècle. Kesako ? Une dynastie qui régna dans le coin pendant 400 ans. La tour de Burana mesurait à l’origine 45 m de hauteur contre 25 m aujourd’hui suite à un tremblement de terre. Elle est actuellement l’un des plus anciens minarets de l’Asie Centrale qui appartenait à la mosquée de Balasagun, l’un des centres commerciaux les plus importants de la route de la Soie du nord.

Très beau site au pied des monts Alaa- Tau.
On y grimpe et il y fait noir comme dans un four.
La base est ornée de savants motifs géométriques de briques.
Des statues funéraires veillent aux alentours.

Et puis on est partis marcher dans le canyon de Konorchok, où les plissements rougeoyants des roches en forme de citadelles nous rappelaient les Castillos des quebradas en Argentine.

Et puis des cairns, comme partout en montagne.
Partie technique de l’ascension accompagnée de bonnes rigolades.
On découvre ce jour-là les festins auxquels on aura droit chaque jour du périple. Hospitalité et générosité. On s’est tous dit à la fin des deux semaines qu’on n’avait pas dû perdre un gramme. Notre hôtesse est assise entre Brigitte au large sourire et Renée. Les deux premiers hommes, Sacha et Vladimir assurent nos transferts en minibus. Très sympas, ils feront réellement partie de l’équipe. À chaque fois, la table sera couverte dès le début de mets salés mais aussi de bonbons et de confitures. Un rêve pour les gamins gourmands. On a appris aujourd’hui en Ouzbékistan qu’effectivement, la maîtresse de maison ne doit pas laisser d’espace vide sur la table des invités.

Petite balade matinale pour Pierre et moi dans le village de Kyzart où nous avons passé la nuit. Il ne fait pas chaud. On sait que le lac qui nous attend sera gelé.

A chacun son moyen de transport.
L’avenue principale.
Mur en adobe. ( briques de terre crue).
Les Kirghizes, sous la pression soviétique des années 1920, vont passer du nomadisme à une vie sédentaire. L’esthétique extérieure des maisons n’est pas vraiment une priorité. L’une des plus belles maisons du village.
Un peu rustico le puits.
On the road…
Matthieu, notre guide français, tout sourire, adorable.
Brigitte va au charbon pour chauffer l’eau de son thé.
Mausolée au bord de la route mais c’est surtout un nombre incroyable de cimetières qu’on croisera, beaucoup plus nombreux que les villages. On en a compris la raison. Les nomades et leurs yourtes se déplacent. Pas les morts. Ou alors rarement.
Nos sympathiques chauffeurs transfèrent nos bagages sur cinq chevaux.
Les chevaux et leurs cavaliers  guideront les chameaux jusqu’aux alpages.
Vladimir le grand.  Sacha le petit.
Pour nous, début de la montée vers le col de Tuz Ashuu, à 3400m, qui ne sera pas sans difficultés à cause des passages très enneigés où l’on s’enfonce parfois jusqu’aux genoux. Mais à ce moment-là, on ne le sait pas encore.
Un de nos cavaliers qui s’occupera des chameaux.
Tulipes sauvages.
Nos quatre cavaliers. Régulièrement, les chevaux aideront des membres du groupe à terminer une étape. Ce jour-là aura été l’une des deux journées les plus difficiles du trek.
On est encore tout sourire.
Chacun prend sur soi pour arriver au col.
Et puis c’est la difficulté d’avancer dans la neige quand on s’enfonce et qu’on n’a pas de raquettes !
On dirait qu’il ne fait pas chaud…we did it.
Comme prévu, le lac est gelé. Et nous aussi. On dormira sous une yourte.
La salle de bains…sans eau. Cette année, on a le robinet. Un début.
Le mess où on prendra nos repas. On est déçu que le groupe soit scindé en deux, à 500 m environ les uns des autres.
On se tient chaud dans la tente. On écoute Noursultan notre jeune guide. On passera la soirée à chanter, en alternant chants kirghizes et français pendant que séviront des rafales de vent nous apportant la neige sur le campement.
Magnifiques photos bleu nuit de Françoise. A la lueur de la lampe torche, Brigitte et moi rejoignons notre nid que nous espérons douillet. La journée a été épuisante pour tout le monde.
On peut faire une fête. Les voisins ne seront pas dérangés.
Matin blanc.

Le lendemain, ce sera la rencontre avec Damir le chamelier, sa famille et ses chameaux. Mais ça, ce sera une autre histoire.

2 commentaires sur “Article 3. Trek au pays des Kirghizes.

Laisser un commentaire