Article 2. Premières nouvelles du Kirghizstan!

Ce n’est qu’à la fin de notre périple de deux semaines au Kirghizstan qu’on peut enfin donner des nouvelles.

On voulait un pays à l’abri du tourisme de masse qui nous parle de la route de la soie, où l’authenticité a encore un sens, où les paysages sont d’immenses terres parcourues par des milliers de chevaux, de chèvres, de marmottes, seulement délimitées par d’immenses chaînes de montagnes, telles les Monts Tian Shan. Nous avons été comblés. Dans ce monde-là, pas de réseau. Et c’est tant mieux.

Hier soir 10 mai, on a quitté le pays comme prévu pour rejoindre l’Ouzbekistan et il nous sera impossible, faute de temps, de retracer dans le détail les deux semaines que nous venons de vivre. Mais, en une phrase, ce trek au pays des Kirghizes puis la transhumance chamelière vécue auprès de Damir et de sa famille ont été une expérience exceptionnelle et pleine d’émotions.

Mais reprenons dans l’ordre.

Pour la première fois depuis la création de ce blog on voyage avec un groupe de 9 personnes et cette fois-ci s’est posée la question du On. Comment restituer les choses vécues, vues, entendues, apprises durant ces quatre jours quand l’expérience est différente pour chaque membre de ce groupe ? Le plus simple est que le On représente notre point de vue, celui de Pierre et moi et non pas un compte-rendu collectif. Cependant, si une autre personne du groupe a envie de prendre « la plume », on le lui proposera avec plaisir.

Alexandre, au centre, a été notre guide la première journée. On aperçoit Matthieu, premier homme derrière à partir de la gauche, qu’on avait rencontré sur le stand de Terres Oubliées à Lyon et qui nous accompagnera tout au long du voyage.

L’arrivée à Bichkek dans la nuit.

Dès la première matinée, après une arrivée à l’hôtel vers 3h du matin, mise en jambes dans le parc ALA ARTCHA à une trentaine de kilomètres de Bichkek, la capitale. Un 400 m de dénivelé qui nous a menés à 2400 m d’altitude, sous le pas rapide et décidé d’Alexandre, guide local, parlant un français parfait, ravi de nous faire découvrir son pays et très fier, l’après-midi, de nous montrer sa ville, Bichkek.

Parc d’Ala ARTCHA . On comprend vite qu’on marchera souvent dans la neige au cours du voyage.
On montera jusqu’à 2400 m ce jour-là.
Au pays des léopards des neiges et des marmottes…

On aurait pu s’épancher sur la capitale pour les nostalgiques des constructions soviétiques, mais on a beaucoup plus intéressant à raconter. Les grands espaces qui nous séduisent par exemple. Quelques mots cependant sur Bishkek. C’est une capitale plutôt tranquille, connue pour être la ville la plus verte d’Asie centrale. Le Kirghizstan connaît un climat continental et des plus de 40 degrés, ce qui rendent les rangées de peupliers et les nombreux parcs très appréciés l’été.

L’ été ? Pas pour nous. Mais on le savait. Les dates du voyage ont été choisies en fonction de la transhumance et comme nous cheminerons souvent au-delà de 2500 m, ce sera encore l’hiver.

Manas, le héros national qui a su unifier les quarante tribus du pays. Sa vie et sa lignée sont célébrées à travers une longue tradition orale appelée l’épopée de Manas, qui serait le plus long poème épique du monde. 500 000 vers ! C’est un peu l’Odyssée de l’Asie centrale. Il faut plusieurs journées pour déclamer en entier ses vers qui racontent les exploits de Manas, de son fils Semetey et de Seitek son petit-fils. Comme toute tradition orale, il est difficile de connaître la date du début des récits mais la version écrite complète a été publiée dans les années 1920.
Devant le musée historique.
Dans une famille qui nous a accueillis le temps d’un repas, l’un des jeunes fils nous en a fait vivre un extrait, chapeau traditionnel sur la tête. Même si les paroles nous sont restées étrangères, l’intensité de son chant et la conviction mise dans chacun de ses gestes nous ont fortement impressionnés.
Contrairement à d’autres pays du coin, Lénine n’a jamais été déboulonné au Kirghizstan. Il reste le grand frère. La relation avec l’ancienne Union soviétique et aujourd’hui avec la Russie nous a été plusieurs fois dépeinte. Sujet très intéressant. On essaiera de trouver le temps d’en parler.

Et puis une femme. Véritable héroïne au Kirghizstan. Kurmanjan Datka.

Surnommée «  la tsarine de l’Alaï » ou «  la Reine du Sud  », elle est née en 1811 et décédera à 95 ans. L’air des grands espaces sans doute. Une rebelle. D’abord elle refuse d’épouser l’homme qu’on lui a choisi. Le dirigeant local du Khanat de Kokand aime sa nature fougueuse et la prend pour femme. Quand il sera assasssiné, les autres khans ( seigneurs) la reconnaîtront comme dirigeante et Générale. Organisant des mouvements de résistance, elle comprendra plus tard l’inutilité de lutter contre un pays aussi grand et fort que la Russie et persuadera son peuple d’accepter la domination russe. Apparemment, ils ne lui en veulent pas. Bien au contraire.

Au marché d’Osh à Bichkek. Appelé ainsi parce la plupart des marchands venaient de cette deuxième ville du pays.

Un grand moment avec cet homme amoureux de la France et de son équipe de foot à travers les âges. Sur sa calculette défilent les dates marquantes des exploits de nos joueurs dont il connaît par cœur les noms.
Heureux également d’évoquer nos hommes politiques les plus célèbres…tout ça sans parler le français.
Des céréales ….
Et des épices…
Le riz… celui-ci, très ancien, enrobé d’argile pour une meilleure conservation, est à l’origine de toutes les autres formes de riz. C’est ce qu’on a compris.
Présentation originale de petits fromages complètement déshydratés, permettant une conservation de plusieurs mois. Ils se sont souvent invités sur nos tables.
Section viande et tripailles. Des intestins à l’air. C’est la partie du marché qui nous a le plus surpris. L’odeur du sang et la présence de gras sous toutes ses formes nous ont parfois un peu soulevé le cœur. Malgré une propreté irréprochable. (Photo de Chantal).
Le billot.
Des fruits secs sous toutes les formes.
Du pain tellement beau qu’on hésite à le manger.
La population kirghize est musulmane à environ 83%. Ici, la très belle mosquée de Bishkek.
La plus grande mosquée d’Asie centrale inaugurée en 2018 par les présidents Kirghize et Turc.
Notre unique soirée à Bichkek.

Nous pensions maigrir un peu avec les kilomètres parcourus, mais rien n’est moins sûr car chaque repas ressemblait à un festin, table aussi belle que bonne et copieuse. On a connu un après-midi où l’on a enchaîné trois repas, chaque famille voulant nous faire honneur…l’hospitalité de l’Asie centrale n’est pas une légende.

Un repas pris dans un restaurant de standard moyen. Alexandre qu’on ne verra que pour cette journée, Dimitri, un de nos deux chauffeurs pour les transferts, Chantal notre blonde, Brigitte la Toulousaine à côté de Pierre.
Françoise en admiration devant les tentures, Gilbert et Renée, amis de Bernard et Anne, nos quatre Alsaciens.
Le plafond reprend les symboles présents dans les yourtes.
Et ce ne sont que les entrées.
Les tapis de feutre typiques du pays.
Habillage des murs.
Rouleaux de tissu aux couleurs chatoyantes.
On est bien arrivés en Orient.

À bientôt. Aujourd’hui, première journée en Ouzbékistan.

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