CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 3. Séoul en quelques clics

Le monde occidental se tourne de plus en plus vers la culture coréenne. Les marques de téléphone, de téléviseurs sont déjà depuis un moment dans nos maisons, les Kia,Hyundai dans nos garages, mais c’est maintenant l’heure de gloire, surtout auprès des plus jeunes, du cinéma coréen, des séries , des mangas, de la K pop, du Gangnam style…et de la langue coréenne . L’apprentissage du chinois en France laisse peu à peu sa place au coréen. Il y a une quinzaine d’années, un jeune rêvait de New York. Aujourd’hui c’est de Séoul.

Séoul, 11 millions d’habitants. Corée du Sud, dixième puissance mondiale. On ne peut plus l’ignorer.

On comprend que les jeunes aient envie, comme Ludivine notre voisine dans l’avion, de venir étudier dans cette ville mixant tradition et modernité. Nous y avons passé quatre jours entre visites et balades dans les différents quartiers.

La Corée ancienne est bien présente avec ses nombreux palais à visiter.
Ici le palais Gyeongbokgung, le plus important des cinq palais construits sous la dynastie JOSEON, celle qui a tenu le pouvoir de 1392 à…1897. Quand même ! Construit en 1395, détruit par les Japonais en 1592, reconstruit au XIXe pour à nouveau être presque entièrement détruit au début du XXe siècle par qui ? Par l’occupant japonais. C’est un peu le même schéma pour chaque palais.

Mais où est Charlie ??? Dans les hauteurs. C’est le chef.
Un des nombreux pavillons.
Relève de la garde aux couleurs du pays et au son du drum
Une chaleur écrasante pour la relève de la garde qui fera place à une forte pluie tant attendue.
Le hanbok est le costume traditionnel coréen.
Des boutiques louent des costumes aux touristes qui bénéficient ainsi de la gratuité des entrées dans les palais.
Des princesses… connectées. Ici dans le musée national.
De nombreux dieux représentés dans les angles des toits chassent les mauvais esprits et protègent les résidents du palais.
Les notables.
La tradition, c’est aussi les nombreux temples bouddhistes dont Jogyesa Temple.
La roue du Dharma.
Au cœur de Séoul, Bukchon, village aux maisons traditionnelles.
Une pause bien méritée.
Le rêve de Pierre s’est réalisé.
Partout sur la planète. Les yeux baissés. Un écran et deux pouces.
Le métro. Impeccable.
Portes vitrées qui protègent les voyageurs des chutes volontaires ou non sur les voies de métro. En boucle dans les rames, des vidéos expliquent quoi faire en cas de fumée suspecte, d’incendie, de pertes de téléphone, de vols (rarissime là-bas). Toute personne peut être celle qui va utiliser l’extincteur en attendant les secours. Elles rappellent également les règles de comportement dans les transports.
Grosse fatigue pour le voisin…
Balade fraîcheur le long du fleuve Han.
Des piscines sont installées l’été au cœur de la ville pour la plus grande joie des enfants et des papas. Les mamans observent.
Le roi Sejong , un roi qui a beaucoup aidé au développement de son pays et qui a créé l’alphabet coréen.

On est allés à la frontière des deux Corée (s) mais ce sera pour la prochaine fois. Depuis trois jours, on est partis sur la voie cyclable des quatre rivières qui traverse le pays jusqu’au sud. Super ! On vous racontera tout ça.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 2. Nos premières tribulations.

Enfin des nouvelles !

Il est ici 18h40 mercredi 9 août. J’ai commencé cet article hier soir et le termine maintenant. C’est notre dernier soir à Séoul, ville qu’on a visitée à pied, en bus et métro. On part demain matin vers Guri sur la Voie des quatre rivières. Ce sera normalement une étape de 79 km principalement le long de la Han river. On a fait une demande pour être hébergé chez un WS (Warmshowers) mais pas encore de réponse. Sinon, ce sera notre premier camping.

Mais retour vers le passé.

Survol du Caucase.
La flaque est ce qui reste de la mer d’Aral.

Les Tribulations… L’arrivée…

Et pourtant on avait l’impression d’être bien préparé. Mais ce ne serait plus l’aventure si les choses se déroulaient comme on le pensait…. On n’a pas été déçus. Vous dire que la première journée a été difficile est un doux euphémisme.

Mais tout d’abord, des photos de ce très bel aéroport de Séoul, construit en 2001, sur une île mais proche du continent.

De la verdure partout et de larges bancs où il est possible de s’allonger. On a résisté sinon on aurait fait toute notre nuit…

Après un voyage très agréable et la joie d’avoir retrouvé rapidement nos bagages, deux hôtesses tout sourire, nous attendent avec nos cartons de vélos posés sur un chariot. L’une d’entre elle est perplexe et curieuse de savoir à quoi sert le crochet qui se trouve à l’arrière de nos sacoches. On lui explique que c’est un système de fixation pour empêcher la sacoche de décoller, geste à l’appui. J’en rajoute un petit peu. Pliée en deux, elle pensait que c’était un robinet ! Bienvenue en Corée où depuis cinq jours, nous constatons l’extrême gentillesse des gens vis-à-vis de nous et des touristes en général.

On sort sur le parking couvert pour prendre le temps de remonter tranquillement nos vélos. On s’est posé à 7 heures du matin à peine et il fait déjà très chaud. Et humide. Mais bon, on le savait.

On savait aussi que l’aéroport construit sur une île, était rattaché au continent par deux ponts : l’un pour les voitures, l’autre pour les trains. Mark, notre hôte nous avait précisé dans un mail qu’il était impossible de rouler à vélo dès l’aéroport mais qu’on pouvait rejoindre sa ville en accédant au premier ou dernier wagon de chaque train avec nos vélos prêts à rouler. Cool. On a déjà entré son adresse dans notre GPS. Mark accueille chez lui des Couchsurfers. Dans deux petites heures, on sera chez lui. Enfin c’est ce qu’on croit.

Cartons et films ont bien résisté.

Le remontage terminé, on cherche où sauter dans un train. Une hôtesse nous dit que ce n’est pas possible avec nos vélos. On lui parle des deux wagons qui acceptent les vélos remontés. Oui….mais seulement le week-end. Alors un bus? Elle nous fait signe d’aller demander. Gentiment, les chauffeurs regardent nos montures d’un air navré et nous disent que ce n’est pas possible. Ils nous parlent alors de grands taxis d’un air qui sous-entend que cela va coûter cher. Si on avait connu le reste de la journée, on aura dit oui au grand taxi…..Un chauffeur suggère de prendre un bateau. Ok. Il est où le bateau ? D’un bras droit évasif indiquant une directive évasive, nous voilà partis vers …des entrées de parking. Non, ça doit être derrière.

Une chape de plomb nous tombe dessus à la sortie de l’aéroport, mais on est contents d’avoir trouvé une route, enfin non, ça ressemble plutôt à une entrée d’autoroute. D’ailleurs, très vite, un employé nous fait signe de nous arrêter, tu m’étonnes, et il téléphone….à la police. On explique qu’on cherche un bateau pour rejoindre le continent puisqu’avec nos vélos, on ne peut pas prendre les ponts. Et là, il aurait fallu filmer cette scène surréaliste : les policiers nous escortent en voiture, toutes sirènes hurlantes, sur l’autoroute ! Ils roulent lentement pour ne pas perdre leurs deux cyclistes français sortis tout droit de l’avion. On se voit déjà sortis d’affaire: on saute dans un bateau puis on pédale jusque chez Mark. Et là, on se repose deux jours. Dans nos rêves.

Tout en pédalant, on cherche la mer. Mais après environ une dizaine de kilomètres, les deux policiers nous font comprendre qu’ils ne peuvent pas quitter leur territoire. On doit continuer tout droit et tourner à gauche vers un lieu qui sonne à notre oreille française comme « Kotopeu ». Merci les keufs, on ne doit plus être très loin…Tout le problème est de savoir jusqu’où il faut aller tout droit et Quand il faut tourner à gauche. Les panneaux sont écrits en langue coréenne sous les deux formes alphabétiques mais rien ne ressemble à Kotopeu qu’on ne verra d’ailleurs jamais. Évidemment qu’on a mis les GPS mais ils nous baladent et là, il est maintenant 11h, on est toujours sur une quatre voies et, si on parlait coréen, on demanderait : Elle est par où la mer ? Les quelques Coréens qui nous doublent en voiture veulent bien nous aider mais ne comprennent pas ce qu’on cherche.

Après mûres réflexions, on s’est dit qu’étant sur une île, en continuant tout droit, on finirait bien par arriver à la mer un jour ou l’autre ! En effet, on est maintenant en début d’après-midi, on va bientôt fondre, et on arrive à la mer…à marée basse ! Nous on voudrait la mer avec de l’eau et un bateau, si possible ! …Un havre de verdure aménagé avec des bassins s’offre à nous. Un petit paradis en plein cagnard. Des femmes me font signe de venir me tremper les pieds et un homme demande à Pierre son âge. Quand Pierre le lui dit, il pousse des cris d’admiration et s’incline très bas. Déjà un fan club. Je commence à remplir ma gourde à un robinet lorsque l’homme me fait signe de le suivre. J’imagine une boutique mais il sort de sa voiture une bouteille d’eau minérale fraîche et toute neuve . Merci Monsieur.

Après cette halte réparatrice, on continue de rouler vers le port. On roule parallèle à une ancienne voie ferrée transformée en vélo rail. Enfin le port avec des bateaux qui font la traversée. Il est entre 13h30 et 14h.

C’est bon, on a de la place.

Mais on n’est pas arrivés…d’ailleurs, aussi incroyable que cela puisse paraître, on n’arrivera jamais chez Mark ce jour-là. En sortant du bateau, il nous restait une quinzaine de kilomètres. On y croit, on traverse différents quartiers, une heure après, il nous en reste 25, une heure après, Pierre reconnaît des rues où on est déjà passé. On est en fin d’après-midi. On envoie un sms à Mark pour lui expliquer nos soucis. Il nous dit qu’on a au moins encore 20 kms à faire.

On est aussi rouges que les piments qui sèchent dans les rues…

La nuit arrive, on sait qu’on doit traverser un fleuve qu’on ne traverse jamais. Error. Not found nous disent nos gps. On téléphone à Mark pour s’excuser, il est trop tard pour ce soir. On finira par dormir dans un hôtel à Incheon, la ville proche de l’aéroport! Il faudra attendre 21h avant de trouver un hôtel.Très bien et pas cher. On aura roulé environ 12h sans atteindre notre but. Les Bidochon en Corée. On a faim mais on a encore plus envie de dormir. Cela fait exactement 36 h qu’on a quitté notre lit. Une douche et un lit. On est au Paradis.

Premier petit déjeuner au pied de l’hôtel. La journée commence bien.

Le lendemain, on rentre à nouveau l’adresse. Allez, on y croit. On y sera pour midi. Encore dans nos rêves. On voit bien les panneaux Séoul mais Mark habite au nord-ouest de la capitale. Locus MAP semble vouloir faire un effort et indiquer la bonne direction. On est bien partis…Jusqu’à ce qu’un cycliste local nous rattrape pour nous dire que cette route est dangereuse et qu’il vaut mieux suivre la voie cyclable et passer le long de la rivière. On l’a enfin trouvée, la foutue rivière. La route est magnifique mais depuis un certain temps maintenant, notre GPS, indifférent à la beauté du site, ne veut pas modifier son itinéraire ! Jamais connu ça. Je bidouille des onglets, rien n’y fait. C’est visiblement pas notre jour. Il veut qu’on fasse demi tour. Mais on suit notre cycliste sympathique qui, sans le savoir, nous égare pour la fin de la journée et finit par partir.

Quand on vous dit que la voie cyclable est belle…mais elle nous éloigne de notre point de chute.
Régulièrement, on voit de grandes estrades où s’étendent les cyclistes. On apprendra qu’il a fait 36°! Mais ils ne sont pas morts, on les a vus repartir.

Sur les voies cyclables, de nombreux endroits où il est possible de boire et de manger. On rencontre des cyclistes coréens attablés qui se mettent tous autour de notre carte papier…mais sans trop éclairer notre lanterne. Quand soudain, ils sont tout émoustillés de nous dire que ce cycliste qui vient d’arriver habite la ville de Goyang , là où on doit se rendre ! Il sera notre ange gardien jusqu’à la fin. Charmant, attentionné, il nous conduira jusqu’au pied de notre immeuble.

Xon, notre ange gardien. En mode camouflage.
Xon, sans sa tenue camouflage, qui passera environ trois heures avec nous. On le prenait pour un étudiant. Il a 45 ans.
La gargote au bord de la route où on mangera notre premier bimbimbap, plat de riz avec viande et légumes. Mais Xon ne veut rien manger, juste boire un coca. Un grand Merci à lui.

Avec la chaleur, l’humidité et une nouvelle selle, nos ischions ont beaucoup souffert, enfin surtout les miens. Pour Pierre, ça se passe plutôt à l’avant. J’ai acheté la selle de mes rêves, la Brooks avec trou au milieu pour éviter la pression du périnée, et en caoutchouc qui, soi-disant, n’a pas besoin d’être rodée. J’en doute un peu. Après deux jours, les deux zones ischioniques ont comme deux ampoules ouvertes qu’il a fallu colmater avec des rondelles de tulle gras. D’habitude, on met les rustines sur nos chambres à air….bon, on n’a pas fait de photos….

Il est environ 18h…du deuxième jour ! Enfin, on arrive chez Mark, sacré baroudeur , mais ce serait le sujet d’un article à lui tout seul ! Avec nous, un autre couple. Davi est brésilien, Catarina est portugaise. Ils font un tour du monde de trois ans et sont dans leur deuxième année.

La chambre où on a passé 5 nuits. On ne pouvait pas espérer mieux en étant hébergé chez Mark. Thanks a lot.

Voilà. Il est 22h49. On essaie de partir tôt demain mais il est annoncé de fortes pluies. À plus tard pour vous parler de Séoul.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 1.

LES PRÉPARATIFS

Pierre et moi partons pour un voyage de quatre mois à vélo en Corée du Sud et au Japon.

L’idée première était de rejoindre l’Extrême-Orient en train mais la Russie ne facilitant pas les choses en ce moment, c’est en avion, avec nos vélos et nos sacoches, qu’on se posera à Séoul, en Corée du Sud, départ de Lyon le mercredi 3 août. On a prévu 5 semaines dans ce pays avant de prendre un bateau dans le détroit de Corée direction le Japon vers le 7 septembre où on pédalera 3 mois, temps maximal sans besoin de visa. Un avion nous ramènera de Tokyo à Lyon le 7 décembre, si tout va bien.

QUELS PRÉPARATIFS?

On est d’abord très papier! Les guides, les romans, les magazines, les dictionnaires culturels, les cartes…Tout ce qui fait qu’on est déjà en voyage avant le voyage. On découvre de nombreux incontournables, tellement d’incontournables qu’il faut ensuite estimer les distances à parcourir à vélo, de tel endroit à tel autre, les enregistrer dans une application qui calcule le temps nécessaire selon le dénivelé et qui, parfois, nous oblige à revoir nos ambitions à la baisse, sinon on est repartis pour une année…trajets prévus qu’on suivra ou pas, selon la météo, les conseils, les typhons, les rencontres, les tremblements de terre, notre santé , bref…la réalité du moment.

Les romans japonais sont partis chez d’autres lectrices…

Après le papier, il y a bien sûr internet et les expériences des cyclistes relatées sur leurs blogs. Mais surtout, ce qu’on a beaucoup apprécié lors de ces préparatifs, c’est de pouvoir rencontrer des copains et des copains de copains qui sont allés dans ces pays. Dans l’ordre chronologique, un grand Merci à Danièle et Michel, grands baroudeurs en tandem depuis des dizaines d’années qui ont parcouru 5000 kms au Japon, à mon amie Meriem qui a eu la chance d’être accueillie avec son mari dans des familles japonaises et coréennes, et à Philippe qui a pris le temps de venir nous voir en Isère pour nous donner mille et un tuyaux sur le voyage à vélo- camping là-bas . Au plaisir de se retrouver pour un debriefing!

A 8900 kms de Paris… En été, 7 heures de décalage. Quand il est midi à Paris, il est 19 h à Séoul. On aperçoit au sud de la Corée BUSAN d’où on prendra le bateau pour l’île de Kyushu à Fukuoka, notre point d’arrivée au Japon. On a prévu de passer une petite semaine sur l’île de Jeju avant de rejoindre les côtes nippones.

Comme GPS, on utilisera KOMOOT et LOCUS MAP. Une fois sur place, Google Maps semblant avoir quelques défaillances, ce sera en Corée NAVER MAP.

Et les préparatifs matériels…Pas grand chose puisqu’on a déjà tout ce qu’il faut en vêtements et matériel de camping. Il a fallu trouver deux grands cartons de vélos pour emballer les nôtres. On emporte le minimum. Tout tient dans trois sacoches chacun. On est contents.

Alors la Corée ?

On ne parlera pour l’instant que Corée du Sud. Petit pays de 450 km du nord au sud en ligne droite et de 230 km de large, le pays été nommé au XIXe siècle par les explorateurs et les orientalistes « Pays de l’élégance matinale », puis « Royaume de la Sérénité du matin » et enfin, on a fait plus simple, on s’est accordé ensuite sur la traduction « Pays du matin calme » ou même si certains pencheraient plus pour « matin clair « et même « matin frais » !!! Nous, matin calme, ça nous va bien pour le moment…Matin frais, on en rêvera car on arrive à la saison chaude et humide.

On aperçoit le gros trait vert au nord, frontière entre les deux Corée(s). Le point bleu tracé dessus situe la DMZ, Zone coréenne démilitarisée, qu’on ira visiter.

La Corée du Sud, c’est 80% de montagnes mais aussi 2413 km de littoral. Ce qui nous intéresse se trouve plus en montagne qu’au bord de la mer…. Le mollet devrait être pas mal sollicité…

En attendant, les sacoches sont prêtes. Il n’y a plus qu’à démonter les vélos…