CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 7. Andong

Bel endroit et grosse bêtise

Il va falloir attendre un peu pour la bêtise…

De Danyang à Andong, la jonction semblait difficile à vélo d’après nos lectures et les autochtones car on passait d’une vallée à une autre en changeant de rivière avec un gros dénivelé et toujours une grosse chaleur. 

En fait de « quatre rivières » il s’agit plutôt de fleuves mais le mot anglais « river » ne fait pas la distinction entre les deux d’où certaines confusions. Ce n’est pourtant pas la même chose. Ah ces Anglais ! C’est comme le mot Hair. La traduction peut être « cheveux » ou « poils ». Se faire couper les cheveux ou les poils ne donne quand même pas le même résultat ! Bon, cessons ces divagations linguistiques.

On a donc pris un train, comme on avait prévu de le faire initialement. Ce ne fut pas simple car ils ne prennent pas les vélos contrairement à ce que nous disait le gars du touriste information la veille. A la gare, le jeune au guichet, puis sa cheffe nous montraient un document de plusieurs pages écrits en Coréen qu’on ne sait toujours pas lire: « c’est notre règlement, on ne prend pas les vélos ». Mais les Français ont l’habitude de remettre en cause les règlements…, et après une vingtaine de minutes, ça a marché! On ne saura jamais exactement l’argument qu’on a avancé qui les aura fait changer d’avis. A la fin, ils étaient quatre sur l’affaire et c’est tout sourire que l’une des jeunes femmes est venue nous dire qu’exceptionnellement, le Boss a approuvé. On n’en finit pas de nos courbettes et remerciements. L’affaire est dans le sac et les vélos dans le train. Tout ça pour moins d’une heure de trajet.

Comme dans le métro, l’accès aux voies est protégé…

…et tout est parfaitement briqué dans la salle d’attente. Après notre départ, un employé viendra jeter un coup d’œil. 

On avait passé brillamment l’épreuve du train. Nous attendait la seconde épreuve à Andong : un hébergement. On ne s’est pas ennuyé ce jour-là. Comme souvent, si on décide de dormir en Guest house, on repère une adresse sur le téléphone, on réserve ou pas, et on s’y rend. La plupart du temps, on peut au moins y laisser les bagages, avec de la chance, on a déjà accès à la chambre, à la douche et on repart visiter. On se rend dans la Guest house qui propose des dortoirs de quatre places pour 17€ petit déjeuner inclus. On a de la peine à trouver le lieu car c’est imbriqué dans des ruelles mais on finit par y arriver. Comme cela arrive parfois, c’est ouvert mais personne à cette heure là, on laisse nos sacoches, on écrit un petit mot, une mamie nous a montré l’entrée. Elle téléphone et nous tend l’appareil. Je dis à l’homme que je viens de réserver sur Booking.com. Il me demande mon âge et celui de Pierre. C’est sympa de vouloir nous souhaiter notre anniversaire. Et là je tombe des nues: pas après 38 ans !!! Sidérée je lui en demande la raison. Il sera en boucle à me répondre : c’est dans notre règlement. Je lui dis que ça s’appelle de la discrimination ! Et la prochaine fois c’est si on est Noirs ? Si on est trop gros ? Et je finis par raccrocher. 

On repart vers la Guest house où Yang notre copain singapourien est descendu. Il avait demandé pour nous le matin mais c’était complet, mais maintenant on se retrouve dans une chambre familiale au prix le plus bas. On passe la soirée ensemble. On lui raconte notre histoire et, à notre grand étonnement, il a souvent vécu ça et surtout en Europe et en Australie ! Quand il a posé la question à ces hôtels qui refusent des gens âgés ( le refus concerne les dortoirs uniquement) , on lui a donné trois raisons : souvent, les vieux ronflent ! Lui, épais comme un papier de cigarette, ne ronfle pas. Les vieux peuvent être gênés par le bruit que font les jeunes. Yang leur avait répondu que dans ce cas, c’est au client de décider s’il prend le risque ou non d’avoir du bruit et la troisième raison, plus floue, de vieux prédateur prêt à sauter sur tout ce qui bouge. On ne savait qu’il fallait avoir un certain âge pour être délinquant sexuel….c’est seulement après 38 ans. On a signalé à Booking.com la discrimination faite par cet hôtel. Pas de réponse. On a eu la chance finalement de rester deux nuits dans Gotaya guest house, super pour une trentaine d’euros. Yang nous quitte pour descendre plus vers le sud, on se reverra peut-être plus loin.

Un des parcs de Andong

Quand on visite ce parc, on n’a pas encore trouvé l’hébergement. On se dit qu’on reviendrait bien dormir ici. Mais on pense que le parc ferme probablement et on est à une vingtaine de kilomètres du cœur de la ville. 

Portes faites de lattes de bois derrière lesquelles sont collées des feuilles de papier de Corée. On se casse moins la tête pour l’arrière de la maison.

Mais pourquoi Andong en dépit du fait que cette ville se situe sur la voie des quatre rivières ( fleuves!)? 

Ce qui amène principalement le touriste à Andong est son village traditionnel classé par L’UNESCO depuis 2010 comme patrimoine mondial dont les maisons sont très bien conservées, son histoire avec la famille Ryu dont les membres ont vécu ici pendant 600 ans, dont deux célèbres, l’un étant un grand savant confucéen et l’autre premier ministre pendant l’occupation japonaise fin du XVI e siècle. On vient pour le village mais on vient également pour ses masques. Un musée ( c’est bien, il y fait frais !) à l’entrée du village présente plus de 250 masques coréens et étrangers. Chaque jour à 14 h, un spectacle met en scène quelques personnages masqués. Certains disent qu’on peut s’en passer, que c’est uniquement pour les touristes. C’est vrai mais le spectacle nous a plu, même si on n’a pas tout compris.

 En cuir, en corde, en bois, en peau…

On aime bien les yeux dans les mains. Comme ça, il peut avoir les yeux dans sa poche …

La pauvre veuve tend sa sébile pour obtenir quelques wons.

Le moine débauché. Là-bas aussi…

L’ivrogne.

Pune, symbole de la beauté : ovale du visage, sourcils en forme de croissant, nez aquilin , petite bouche mais aussi petite vertu. Elle est concubine, chanteuse, voire plus si affinités. Nous on voyait les couleurs de Blanche Neige et on se disait qu’elle avait grossi…

Le savant.

Mais il fait tellement chaud à passer entre les murs de pierre qu’on écourte la balade dans le village. On fait la connaissance de deux Français, Marc, photographe et son copain Philippe venu le rejoindre pour trois semaines en Corée. 

Quatre vieilles femmes montraient comment on repassait le linge autrefois. En tapant dessus. Trois ont lâché l’affaire. Il doit faire 40° et avec leurs masques…il reste la plus vaillante qui nous a vus arriver. Merci Madame.

Les maisons les plus anciennes ont des toits de chaume…

Puis de tuiles…du ciment bouche les extrémités. On ne sait pas ce qu’ils utilisaient auparavant.

Un zelkova, espèce d’orme, de 600 ans. 

Chacun écrit un vœu sur son papier…

…et va l’accrocher parmi les milliers d’autres.

Mais notre meilleure idée fut de suivre le conseil d’un Français rencontré à notre guesthouse, Vincent, amoureux de la Corée, son septième voyage ici, et d’aller visiter l’école confucéenne de Dosan Seowon sous les auspices de SongSuk, guide à mi-temps sur le site. 

Ce site et celui des masques sont exactement à l’opposé l’un de l’autre, 24 kms de chaque côté de la ville et ça grimpe. On les a faits sur deux jours différents.

Voilà SongSuk, ancienne prof d’anglais, qui nous a appris beaucoup de choses sur l’école confucéenne et son pays. On a beaucoup de mal à croire qu’elle a 67 ans. Son attention et sa gentillesse vis-à-vis de nous dans quelques heures seront incroyables. 

Le site est superbe. On est maintenant sur la rivière Nakdang.

Un arbre qui a connu, paraît-il, l’époque, XVIe siècle, où a vécu le fondateur de cette école, Lee Hwang, dont le portrait orne les billets de 1000 wons. 

1000 wons = 70 centimes. Pour convertir, on divise le nombre qu’on voit par 10000 et on multiplie par 7. La plupart des guesthouses sont autour de 40 000 wons ( 28 €).

C’est le hanok, maison traditionnelle coréenne. Qu’a t’elle de particulier ? On vit l’hiver à l’intérieur, l’été sur les estrades extérieures et les pièces sont situées autour d’une cour centrale. On voit l’entrée du foyer qui permettait de déposer les braises et ainsi chauffer la maison par le sol. 

Le Dosan Seowon, c’est un vaste complexe de salles de classe, de dortoirs, de bibliothèques, d’un sanctuaire où repose l’esprit du Maître. C’est ici qu’on formait le gratin coréen : érudits et grandes familles. 

Et puis on quitte le lieu après avoir remercié chaleureusement SongSuk et on remonte sur nos vélos pour les 24 kms retour sous une petite pluie qui nous plaît bien. L’heure de la bêtise approche…en général, on en fait au moins une par voyage. C’est un minimum mais parfois c’est Pierre. Aujourd’hui c’est mon tour. On rentre à bonne allure, il est 17 h environ, le retour est plus facile que l’aller. On passe à l’accueil régler la deuxième nuit, c’est Pierre qui paie, on monte dans la chambre. Rituels du soir : Douche, lessive de la journée, lecture des téléphones, transfert des photos etc. Besoin de mes lunettes. Lunettes dans le sac. Petit sac qu’on utilise lors des balades à la journée. Où est mon sac? Dedans, ma double pochette en tissu avec passeport, cartes bancaires, argent liquide. J’ai dû le poser à l’accueil. C’est Pierre qui a payé donc je ne sais pas si je l’avais. Rien à l’accueil. La jeune fille de l’accueil regarde avec moi. Je remonte et dis à Pierre que je l’ai sans doute oublié sur le site de l’école confucéenne. Ou bien qu’il a été volé à l’accueil. J’ai une idée. SongSuk nous a pris en photo au départ. On verra si je suis rentrée avec. J’explique la situation à SongSuk qui m’envoie ces photos. 

Pas de sac ! Je suis contente de savoir qu’il n’a pas été volé à l’accueil mais il est tard et on est à 24 km du site. Tout sera fermé.

On a bu un verre avec SongSuk, échangé nos coordonnées, je suis revenue vers les vélos avec les gourdes. Je ne mets jamais mon sac au sol, en voyant cette photo, je suis certaine de l’avoir posé sur le bord de la jardinière.

SongSuk propose de nous rejoindre à notre guesthouse. Elle téléphone à la dame qui nous a servi à boire. Elle aussi a quitté le site. Non elle n’a rien trouvé à notre table. Pour le reste elle va se renseigner. Elle rappelle SongSuk plus tard. Ils ont trouvé un sac qui a été mis en sécurité …mais deux touristes ont perdu un sac aujourd’hui ! On saura demain à 9h. La personne qui travaille dans le café sur le site, propose de m’emmener demain matin en voiture mais restant travailler là-bas, je devrais prendre un bus pour revenir. On veut partir ensuite, cela risque d’être long, je prendrai un taxi. Avec un grand sourire, on me rend mon sac. C’est bien le mien. J’ouvre ma pochette : passeport, cartes bancaires, tous les papiers sont là. Ah, la pochette plastique avec les billets a disparu, somme assez conséquente puisqu’on paie beaucoup en espèces, bon l’essentiel c’est d’avoir récupéré les papiers….Je vide complètement mon sac, je retrouve la pochette plastique avec tous les billets dedans. L’argent a bien été vu mais rien n’a été pris 

Quand les Coréennes de la guesthouse apprennent la nouvelle, tout le monde saute de joie et applaudit. On aurait dit qu’il s’agissait de leurs affaires. SongSuk me dit que ça arrive à tout le monde d’oublier quelque chose. Un grand Merci à l’esprit confucéen de la Corée.

Photo envoyée à SongSuk dès le lendemain.

Ce soir mardi, on a roulé 710 km depuis le début. 

À bientôt pour un prochain article sur le bivouac qui a suivi cette journée, mais là c’est déjà assez long comme ça.

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CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 6. Détour vers Danyang

On savait qu’on se compliquait un peu la vie en quittant pour quelque temps la piste cyclable des quatre rivières, mais la difficulté en valait vraiment la peine. Ce sont les plus beaux paysages qu’on aura vus en Corée jusqu’à présent.

Pourquoi difficulté ? Parce que sur les routes, des panneaux indiquent Danyang dans des directions différentes et quand on essaie de se renseigner, les gens nous demandent : Danyang truc ou Danyang machin? On n’en sait rien. Danyang beautiful et, avec des photos du Danyang qui nous intéresse, la situation s’améliore rapidement. Mais on est plus souvent à partager la route avec les voitures.

On traverse ensuite un parc national de toute beauté, le Worak San National Park. On avait presque oublié que la Corée c’est 70% de montagnes , et là, on est au cœur du sujet. Que de la grimpette. Même en partant tôt, on pédale jusqu’à environ 15 h pour une cinquantaine de kilomètres. On a remarqué qu’on met beaucoup plus de temps que celui prévu par notre GPS. S’il nous indique 4h pour 45 kms, on mettra facilement deux heures de plus.

Mais comment font-ils pour être si lents? Ils sont très mauvais !!! Petits joueurs ! Sûrement. On ne s’entraîne pas assez le reste de l’année à faire des côtes. Et puis:

Première raison, on s’arrête pour boire souvent. Bilan carbone : 0 . Bilan H2 / 0 : 1,5 litre toutes les deux heures, et puis on prend des photos, on s’arrête pour voir certaines curiosités, pour se reposer, pour manger, pour échapper à la chaleur, pour écouter ses ischions qui déclarent forfait. Pour tenir sur la durée. On prend le temps. Ou c’est le temps qui nous prend…Et puis qui veut aller loin………

En général, le matin, on ne sait pas où on va dormir le soir. L’indépendance de la toile de tente. Ça c’est bien. On n’a pas de pression. Parfois on fait moins que l’étape qu’on avait prévue. Et alors ? Pas grave. Question rythme, Pierre dit que je suis meilleure que lui sur le plat et dans les descentes, mais dans les côtes il reste The Boss. Alors quand je n’en peux plus dans les côtes, je crie : je vais faire une photo ! Ce qui signifie en langage très très intérieur (je m’arrête sinon je vais crever …).

Voilà les paysages qui nous accompagnent en cette belle montée vers Danyang.

On voit le mot brunch et tout le monde descend ! Original : bacon, œufs, saucisses sur…..gaufre et crème fouettée. Ça passe très bien. Et devant un tel panorama…on se fait parfois violence pour repartir.
De temps en temps, il faut bien faire les touristes…ils adorent nous encadrer.
Heureusement on ne manque jamais d’eau même s’il n’y a plus les installations de la voie cyclable des quatre rivières. On a une gourde filtrante qu’on n’utilise pas, l’eau est potable partout.
On ne se rend pas vraiment compte du dénivelé sur les photos.
Le sommet du parc Worak San .
Ça arrive aux meilleurs….Parfois la bête veut se cabrer du fait des 15 kg dans les sacoches.
Une église à une vingtaine de kilomètres avant Danyang. Lutrins et autel en verre.
On y a ses petites habitudes…
Au fond de l’église…eau bénite?
L’arrivée à Danyang. On a changé de rivière. C’est maintenant la rivière Namhan.
La chaleur humide sans doute…
On est le 15 août, journée nationale de la libération de Corée. Victoire sur le Japon. Les villes sont décorées et les drapeaux fleurissent aux coins des rues.
On dort quand même mieux dans un vrai lit ! Guest house très sympa où on fera la connaissance d’une famille française dont l’aîné vient étudier 4 mois en Corée, un couple de Hollandais qui fait le tour du monde en travaillant dans chaque pays visité, trois jeunes scouts nous expliquant les déboires du Jamboree vécus comme une Honte nationale par la Corée et Yang, voyageur Singapourien dont on reparlera.

Le marché quotidien de la ville.

Des crêpes aux blettes et au chou.
Confitures de figues.
La dame ne dort pas, elle regarde une vidéo et nous son étalage.
Petite princesse au pays des bulles.

Mais pourquoi Danyang ?

Dans la vie, notre attention se pose parfois sur une peinture, une sculpture, une photo, une musique et on se dit voilà, je ne sais pas encore où ça se trouve mais ça, il faut absolument que j’aille le voir. Quoiqu’il en coûte. On peut sur un coup de tête faire des centaines de kilomètres un soir pour découvrir ce nouveau groupe qui vient de chanter un truc génial à la radio dont le nom est Rita Mitsouko et que personne encore ne connaît, tomber sur la photo d’un Bouddha de marbre blanc thaï et se mettre à sa recherche, aller à la Haye embrasser du regard dans un moment d’intimité suspendu la Jeune fille à la perle, changer ses plans et faire la queue des heures pour admirer à Naples le Christ Voilé dans la transparence du marbre. Alors pourquoi fallait-il absolument venir à Danyang?

Pour ça. Trois rochers dans une rivière.

Les DODAMSAMBONG PEAKS. (Moyen mnémotechnique : le dos d’âne sent bon….avec un accent chantant ça fonctionne ).

La légende. Un couple vivait autrefois à Danyang et n’arrivait pas à avoir d’enfants. Le mari décida alors de prendre une maîtresse qui, elle, accoucha. Après la naissance, la maîtresse maltraita l’épouse. Un comble. Ce qui ne plut pas aux Dieux du coin. Pour les punir, les trois furent changés en pierre. Au centre, le mari évidemment, à droite, la femme, à gauche, la maîtresse. On se demande quand même pourquoi la femme est punie !

La région mériterait d’y rester au moins une semaine car il y en a pour tous les styles : des heures de rando dans les parcs nationaux, du parapente, de la tyrolienne, du skywalk ( fermé quand on y était), des balades sur le fleuve…

Nous on a choisi le temple bouddhiste Guinsa habité par 500 moines.

Une nonne chante un sutra.
On ne connaît pas l’histoire mais ça semble drôle.
L’un est gardien du temple…

L’autre, c’est Yang. 76 ans. Né à Singapour de parents chinois, il a été pendant treize ans officier sur des navires. Ensuite, il fut dans le contrôle de la sécurité des bateaux. Régulièrement, il visite le monde avec son sac à dos, dort en dortoir et termine la découverte de son cent trente cinquième pays avec la Corée. Il a fait tout le tour de la France il y a quelques années en stop et connaît toutes nos grandes villes….avant de parcourir l’Allemagne en achetant un billet de train à 9€ valable 1 mois ! Un sacré phénomène.

Le midi au temple, le repas est gratuit pour les visiteurs.

Depuis le Covid, des plexiglas séparent les personnes.

De loin on trouvait cet arbre étrange.
Les feuilles sont en papier. On trouvait ça surprenant…

…et le soir, magnifique ! Mais en Corée, chaque ville est une débauche de lumières un peu gênante à l’heure des économies d’énergie.

On a commandé un seul plat toujours présenté dans de nombreuses coupelles. À notre air effaré, notre voisine de table prend les choses en main et nous explique comment faire. Tout un art. Avec Yang, bien sûr.
Danyang une très belle étape.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 5. La voie cyclable des quatre rivières.

Tout cycliste ayant envie de cycler au pays du matin calme (ou clair ou frais) a entendu parler de cette route permettant de relier Séoul à Busan, ville du sud-est. Elle fait environ 633 kilomètres mais parfois on la quitte pour aller voir un site un peu plus loin. La difficulté dans ce cas est quelquefois de la retrouver.

Voilà. On n’a jamais trouvé mieux comme carte ! Mais on se débrouille…Aujourd’hui on est arrivés au-dessus de l’étiquette en rouge : Saejae Bike Path. On est à Danyang, point rouge au départ de la rivière qui forme de grands méandres. En fait, on a fait un petit écart pour venir à Danyang car la région est magnifique et beaucoup de sites à visiter .

Quand on lit que la Corée est une destination pour le vélo, c’est vrai. De belles pistes cyclables, des tunnels uniquement pour nous , des aires de repos, des petites pharmacies de secours, des toilettes propres, des points d’eau, du matériel de réparation….de nombreuses gargotes où manger. Une sorte de passeport des 4 rivières s’achète au départ de la route, à composter de coups de tampon, tampons situés dans des cabines  téléphoniques anglaises réparties tout au long des voies. L’idée est de certifier que la voie a bien été parcourue…un peu comme la credentiale des pèlerins. On n’a pas le carnet mais quand on voit une cabine, on y va de notre petit coup de tampon sur un bloc-notes. On s’amuse.

Et maintenant tout ça en images.

Parfois, un tronçon de la route a un thème…

Quand je regarde ces photos, on dirait que le temps est tout le temps pluvieux. On a eu une seule vraie journée complète de pluie qui commençait ainsi, deuxième jour après Séoul.

Et là, après une nuit à l’hôtel, tu ouvres la porte et tu penses : Pourquoi j’ai pris option vélo ?

La journée suivante a débuté aussi par deux petites heures pluvieuses et le temps s’est amélioré. Il faut dire qu’après la pluie, la température baisse de trois ou quatre degrés et là, tout le monde revit.

On n’a pas encore vu de camping, sauf celui-ci qu’on trouvait très bien, avec tentes aménagées mais c’était dans la journée et de toute façon, il était complet pour le soir.

À l’intérieur, micro-ondes, bouilloire et futon. À côté, le coin repas. Mais bon, ce n’était pas pour nous.

En douze nuits, on a dormi dans quatre petits hôtels sinon, en dehors des nuits chez Mark, on trouve très facilement des coins sympas pour bivouaquer.

Notre chambre d’un soir. Il faisait tellement chaud qu’on n‘avait pas monté la tente. À côté, des équipements de sports qu’on trouve un peu partout dans le pays.
Vue du bivouac.
Pierre a déjà ramassé ses affaires. Les moustiques n’aiment pas les manches longues. Il est 6 h00. On va remballer. Les premiers Coréens viennent faire leur sport.
Un autre bivouac. On se dit: c’est moche. Ils auraient pu se mettre sur l’herbe. Mais on pense que ce sont des stèles funéraires et on ne veut froisser ni les gens d’ici-bas, ni les gens de l’au-delà. Mieux vaut garder de bons rapports avec tout le monde. On s’est mis là pour la vue !

Et la vue, c’est ça.

Quand on a quitté la route principale pour trouver un coin tranquille, on suivait une rivière depuis un moment mais on ne s’attendait pas à trouver des maisons de pêcheurs sur une boucle de cette rivière. Ils y ont passé la nuit et nous voyaient sûrement.
Au menu : soupe bien épicée….on transpire encore un peu plus..
Et le lendemain. Il est 5h30. On préfère rouler avant les fortes chaleurs.
Autre bivouac. À côté des sanitaires, dans un parc aux nombreux points d’eau, la lessive sèche sur l’herbe. Les gens qui passent nous disent bonjour.
Et toujours de très belles vues sur la rivière Han.
Ça sent le départ.
Un dernier coup d’œil avant le départ.

Mais comment sait-on si on est sur la voie cyclable ? Nos regards cherchent régulièrement ces  types de panneaux :

Le texte est sûrement très instructif mais nous ne nous intéressons qu’au logo aux 4 couleurs qui représentent sans doute les rivières. Et puis le 4 dans le titre. On a trouvé ça tout seuls. On est fiers.
Ici avec le vélo, c’est encore plus parlant.

Les paysages sont de plus en plus beaux : toujours la rivière Han, ses pêcheurs, ses ponts. De l’autre côté, des champs de maïs, de piment, des oignons et de l’ail, des vergers, des plantes qui ressemblent à des haricots mais qui n’en sont pas, et maintenant des rizières.

On s’est arrêtés pour comprendre. Ce sont bien des pêchers …
…avec un tuteur au centre d’où partent des bandes qui relèvent les branches.
Et chaque fruit est enveloppé pour le protéger peut-être du soleil ? Des insectes ?
Et les pêches sont énormes. Pas très bonnes.
Scène de la vie quotidienne.

Et toujours ces gestes de gentillesse envers nous.

Un vieux monsieur dans une station service à qui on demande si c’est la bonne route pour Danyang, Danyang ? On irait au bout de la terre qu’il ne serait pas plus surpris. Il nous répond puis  revient avec deux bouteilles d’eau fraîche.

Plus tard, au bord d’une route, on veut acheter des fruits. La dame nous les lave, se tourne vers son mari pour le prix, mais il nous faut signe que comme on est à vélo, c’est cadeau !

Une femme travaillant dans un centre d’informations au cœur d’un parc vient nous voir, nous interroge sur notre voyage et nous offre une orange. Elle est ravie de savoir que la Corée nous plaît.

Ce matin-là, on a bivouaqué mais pas bu de café. On s’arrête dans une boutique. Le monsieur nous fait signe de nous asseoir, il appelle sa femme qui se déplace avec deux béquilles. Ils veillent à ce qu’on soit bien, ils ne parlent pas un seul mot d’anglais mais avec les noms de villages et de villes plus quelques gestes, on arrive à se comprendre. si. Il connaît un mot en anglais pour nous demander : La France ? Happy ? Que lui répondre ??? Nous on n’est jamais Happy…

Et là, dans ces moments-là, on sait pourquoi on voyage à vélo.

Une fois de plus, on n’a pas pu payer notre café. Le sens de l’hospitalité.

Encore ce matin, après le bivouac, la dame qui tient la supérette sait qu’on a dormi dans le parc. C’est elle qui met l’argent dans le distributeur de café en nous souhaitant bonne route. Et combien de fois déjà, des personnes nous ayant donné un renseignement qu’elles jugent finalement incomplet, sortent de leur boutique pour nous rattraper et compléter ce qu’elles nous avaient dit et tout ça, avec un grand sourire.

Mais pourquoi autant de guerres dans le monde ?

La prochaine fois, on vous emmène sur la route qui nous a menés jusqu’à Danyang. Fabuleux !

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 4. Frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud.

On est aujourd’hui mardi 15 août et on roule depuis jeudi dernier principalement sur la voie cyclable des quatre rivières en direction du sud. Tout va bien, quel beau pays. Mais avant d’expliquer en détail notre vie de cyclistes sur les routes coréennes, revenons sur cette dernière journée passée à Séoul. Un peu d’Histoire.

De chez Mark, on aperçoit la frontière. Les montagnes sont en Corée du Nord.

La frontière entre les deux Corées est ce qu’on appelle ici la DMZ, zone démilitarisée qui mesure presque 250 kms de long et 2 km de no man’s land de chaque côté du 38° parallèle. Facile à se rappeler pour les Isérois. La frontière est à une quarantaine de kilomètres seulement de Séoul ! Elle est très surveillée des deux côtés, on s’en doutait un petit peu.

Il n’était pas question pour nous de venir en Corée sans aller voir de près cette triste page d’Histoire qui a bouleversé la vie de millions de Coréens. Mais on sera déçu de ne pas pouvoir visiter le point le plus intéressant de la frontière (la JSA) puisqu’il vient de fermer à cause de tensions récentes entre le Nord et les USA. Comme on est des têtus, on se rendra sur un autre site de DMZ, à la Odusan Unification Tower, où se situe l’observatoire de Dora ( nom du mont où il est construit), qui est un musée avec vue panoramique sur la Corée du Nord qu’on peut voir à travers des jumelles.

Le long de cette frontière, des tunnels, appelés tunnels d’agression, découverts par la Corée du sud entre 1970 et 1990, ont été creusés par les Nord Coréens pour envahir le sud. On voulait visiter le tunnel 3, le plus proche de nous, mais il fermait à 15h, pas assez de temps ! Malgré tout, on était contents de ce qu’on a vu et appris à la frontière.

Devant l’observatoire, un autel dédié aux Coréens forcés de quitter leur maison pendant la guerre de Corée et d’être déplacés. Toute personne peut venir se recueillir et prier.
En particulier lors de la nouvelle année, quand chacun fait résonner le drum, en pensant aux familles séparées, le moment est chargé d’émotion nous disait Mark qui est venu y assister. Il est appelé le Drum pour la Réunification.

En fait, aujourd’hui, cette zone inhabitée est un très bel endroit où la biodiversité a repris le dessus. Elle est le point de confluence du fleuve Han et de la rivière Imjin. De ce point de DMZ, on ne voit pas de soldats nord coréens.

En étant de longs moments à regarder avec les jumelles, on a vu seulement un homme sur un vélo. Le gars doit travailler dans le coin et en connaître les dangers quand on sait que toute la zone est truffée de mines, de barbelés, de souterrains et de miradors. On s’entraîne pour le Mur de Berlin huit ans plus tard.
Côté sud.
Statue de Cho Man Sik, ardent défenseur de l’indépendance pendant l’invasion japonaise. Il a encouragé la jeunesse dans la voie de l’éducation et renforcé la presse nationale. Après la libération, il a oeuvré pour la réunification de la Corée mais comme on ne peut pas plaire à tout le monde, il a été tué par Kim II Sung, le père du président actuel.

Mais pourquoi y a-t-il deux Corées ?

Petit rappel. La Corée est colonisée officiellement par le Japon depuis 1910. A la conférence de Yalta, Roosevelt et Staline récupèrent le gâteau pour se le partager après la capitulation japonaise et il est décidé que la partie au nord du 38° parallèle sera sous le joug soviétique tandis que le sud passera sous protection américaine. En 1947, l’ONU organise des élections libres mais le Nord les boycotte et les élections auront lieu dans le Sud seulement. En 1948, le Sud se choisit des dirigeants, se proclame indépendant, et devient la République de Corée. De son côté, le Nord se nommera la république populaire démocratique de Corée. Mais, finalement, le Nord refusant ce partage, franchit avec 600 000 soldats la ligne de démarcation. Séoul est envahie. On est en 1950. C’est le début de la guerre de Corée qui se terminera en 1953 (mort de Staline). C’est cette année-là qu’on construit la zone de démarcation.

Dans le musée.

La Corée réunifiée…l’observatoire de Dora est surmonté d’une colombe.
Même si on ne lit pas le Coréen, cette carte est intéressante et facile à comprendre. En rouge, les chiffres de la Corée du Nord, en bleu ceux du Sud. De haut en bas, la population, l’espérance de vie (13 et 12 ans d’écart !), le PIB, les échanges commerciaux, l’industrie automobile et enfin celle du numérique. On se débrouille pas mal en coréen…
Et puis les artistes qui rêvent d’un même ciel, d’un même pays.

Le lendemain, on quittait Séoul pour reprendre notre périple à vélo…

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 3. Séoul en quelques clics

Le monde occidental se tourne de plus en plus vers la culture coréenne. Les marques de téléphone, de téléviseurs sont déjà depuis un moment dans nos maisons, les Kia,Hyundai dans nos garages, mais c’est maintenant l’heure de gloire, surtout auprès des plus jeunes, du cinéma coréen, des séries , des mangas, de la K pop, du Gangnam style…et de la langue coréenne . L’apprentissage du chinois en France laisse peu à peu sa place au coréen. Il y a une quinzaine d’années, un jeune rêvait de New York. Aujourd’hui c’est de Séoul.

Séoul, 11 millions d’habitants. Corée du Sud, dixième puissance mondiale. On ne peut plus l’ignorer.

On comprend que les jeunes aient envie, comme Ludivine notre voisine dans l’avion, de venir étudier dans cette ville mixant tradition et modernité. Nous y avons passé quatre jours entre visites et balades dans les différents quartiers.

La Corée ancienne est bien présente avec ses nombreux palais à visiter.
Ici le palais Gyeongbokgung, le plus important des cinq palais construits sous la dynastie JOSEON, celle qui a tenu le pouvoir de 1392 à…1897. Quand même ! Construit en 1395, détruit par les Japonais en 1592, reconstruit au XIXe pour à nouveau être presque entièrement détruit au début du XXe siècle par qui ? Par l’occupant japonais. C’est un peu le même schéma pour chaque palais.

Mais où est Charlie ??? Dans les hauteurs. C’est le chef.
Un des nombreux pavillons.
Relève de la garde aux couleurs du pays et au son du drum
Une chaleur écrasante pour la relève de la garde qui fera place à une forte pluie tant attendue.
Le hanbok est le costume traditionnel coréen.
Des boutiques louent des costumes aux touristes qui bénéficient ainsi de la gratuité des entrées dans les palais.
Des princesses… connectées. Ici dans le musée national.
De nombreux dieux représentés dans les angles des toits chassent les mauvais esprits et protègent les résidents du palais.
Les notables.
La tradition, c’est aussi les nombreux temples bouddhistes dont Jogyesa Temple.
La roue du Dharma.
Au cœur de Séoul, Bukchon, village aux maisons traditionnelles.
Une pause bien méritée.
Le rêve de Pierre s’est réalisé.
Partout sur la planète. Les yeux baissés. Un écran et deux pouces.
Le métro. Impeccable.
Portes vitrées qui protègent les voyageurs des chutes volontaires ou non sur les voies de métro. En boucle dans les rames, des vidéos expliquent quoi faire en cas de fumée suspecte, d’incendie, de pertes de téléphone, de vols (rarissime là-bas). Toute personne peut être celle qui va utiliser l’extincteur en attendant les secours. Elles rappellent également les règles de comportement dans les transports.
Grosse fatigue pour le voisin…
Balade fraîcheur le long du fleuve Han.
Des piscines sont installées l’été au cœur de la ville pour la plus grande joie des enfants et des papas. Les mamans observent.
Le roi Sejong , un roi qui a beaucoup aidé au développement de son pays et qui a créé l’alphabet coréen.

On est allés à la frontière des deux Corée (s) mais ce sera pour la prochaine fois. Depuis trois jours, on est partis sur la voie cyclable des quatre rivières qui traverse le pays jusqu’au sud. Super ! On vous racontera tout ça.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 2. Nos premières tribulations.

Enfin des nouvelles !

Il est ici 18h40 mercredi 9 août. J’ai commencé cet article hier soir et le termine maintenant. C’est notre dernier soir à Séoul, ville qu’on a visitée à pied, en bus et métro. On part demain matin vers Guri sur la Voie des quatre rivières. Ce sera normalement une étape de 79 km principalement le long de la Han river. On a fait une demande pour être hébergé chez un WS (Warmshowers) mais pas encore de réponse. Sinon, ce sera notre premier camping.

Mais retour vers le passé.

Survol du Caucase.
La flaque est ce qui reste de la mer d’Aral.

Les Tribulations… L’arrivée…

Et pourtant on avait l’impression d’être bien préparé. Mais ce ne serait plus l’aventure si les choses se déroulaient comme on le pensait…. On n’a pas été déçus. Vous dire que la première journée a été difficile est un doux euphémisme.

Mais tout d’abord, des photos de ce très bel aéroport de Séoul, construit en 2001, sur une île mais proche du continent.

De la verdure partout et de larges bancs où il est possible de s’allonger. On a résisté sinon on aurait fait toute notre nuit…

Après un voyage très agréable et la joie d’avoir retrouvé rapidement nos bagages, deux hôtesses tout sourire, nous attendent avec nos cartons de vélos posés sur un chariot. L’une d’entre elle est perplexe et curieuse de savoir à quoi sert le crochet qui se trouve à l’arrière de nos sacoches. On lui explique que c’est un système de fixation pour empêcher la sacoche de décoller, geste à l’appui. J’en rajoute un petit peu. Pliée en deux, elle pensait que c’était un robinet ! Bienvenue en Corée où depuis cinq jours, nous constatons l’extrême gentillesse des gens vis-à-vis de nous et des touristes en général.

On sort sur le parking couvert pour prendre le temps de remonter tranquillement nos vélos. On s’est posé à 7 heures du matin à peine et il fait déjà très chaud. Et humide. Mais bon, on le savait.

On savait aussi que l’aéroport construit sur une île, était rattaché au continent par deux ponts : l’un pour les voitures, l’autre pour les trains. Mark, notre hôte nous avait précisé dans un mail qu’il était impossible de rouler à vélo dès l’aéroport mais qu’on pouvait rejoindre sa ville en accédant au premier ou dernier wagon de chaque train avec nos vélos prêts à rouler. Cool. On a déjà entré son adresse dans notre GPS. Mark accueille chez lui des Couchsurfers. Dans deux petites heures, on sera chez lui. Enfin c’est ce qu’on croit.

Cartons et films ont bien résisté.

Le remontage terminé, on cherche où sauter dans un train. Une hôtesse nous dit que ce n’est pas possible avec nos vélos. On lui parle des deux wagons qui acceptent les vélos remontés. Oui….mais seulement le week-end. Alors un bus? Elle nous fait signe d’aller demander. Gentiment, les chauffeurs regardent nos montures d’un air navré et nous disent que ce n’est pas possible. Ils nous parlent alors de grands taxis d’un air qui sous-entend que cela va coûter cher. Si on avait connu le reste de la journée, on aura dit oui au grand taxi…..Un chauffeur suggère de prendre un bateau. Ok. Il est où le bateau ? D’un bras droit évasif indiquant une directive évasive, nous voilà partis vers …des entrées de parking. Non, ça doit être derrière.

Une chape de plomb nous tombe dessus à la sortie de l’aéroport, mais on est contents d’avoir trouvé une route, enfin non, ça ressemble plutôt à une entrée d’autoroute. D’ailleurs, très vite, un employé nous fait signe de nous arrêter, tu m’étonnes, et il téléphone….à la police. On explique qu’on cherche un bateau pour rejoindre le continent puisqu’avec nos vélos, on ne peut pas prendre les ponts. Et là, il aurait fallu filmer cette scène surréaliste : les policiers nous escortent en voiture, toutes sirènes hurlantes, sur l’autoroute ! Ils roulent lentement pour ne pas perdre leurs deux cyclistes français sortis tout droit de l’avion. On se voit déjà sortis d’affaire: on saute dans un bateau puis on pédale jusque chez Mark. Et là, on se repose deux jours. Dans nos rêves.

Tout en pédalant, on cherche la mer. Mais après environ une dizaine de kilomètres, les deux policiers nous font comprendre qu’ils ne peuvent pas quitter leur territoire. On doit continuer tout droit et tourner à gauche vers un lieu qui sonne à notre oreille française comme « Kotopeu ». Merci les keufs, on ne doit plus être très loin…Tout le problème est de savoir jusqu’où il faut aller tout droit et Quand il faut tourner à gauche. Les panneaux sont écrits en langue coréenne sous les deux formes alphabétiques mais rien ne ressemble à Kotopeu qu’on ne verra d’ailleurs jamais. Évidemment qu’on a mis les GPS mais ils nous baladent et là, il est maintenant 11h, on est toujours sur une quatre voies et, si on parlait coréen, on demanderait : Elle est par où la mer ? Les quelques Coréens qui nous doublent en voiture veulent bien nous aider mais ne comprennent pas ce qu’on cherche.

Après mûres réflexions, on s’est dit qu’étant sur une île, en continuant tout droit, on finirait bien par arriver à la mer un jour ou l’autre ! En effet, on est maintenant en début d’après-midi, on va bientôt fondre, et on arrive à la mer…à marée basse ! Nous on voudrait la mer avec de l’eau et un bateau, si possible ! …Un havre de verdure aménagé avec des bassins s’offre à nous. Un petit paradis en plein cagnard. Des femmes me font signe de venir me tremper les pieds et un homme demande à Pierre son âge. Quand Pierre le lui dit, il pousse des cris d’admiration et s’incline très bas. Déjà un fan club. Je commence à remplir ma gourde à un robinet lorsque l’homme me fait signe de le suivre. J’imagine une boutique mais il sort de sa voiture une bouteille d’eau minérale fraîche et toute neuve . Merci Monsieur.

Après cette halte réparatrice, on continue de rouler vers le port. On roule parallèle à une ancienne voie ferrée transformée en vélo rail. Enfin le port avec des bateaux qui font la traversée. Il est entre 13h30 et 14h.

C’est bon, on a de la place.

Mais on n’est pas arrivés…d’ailleurs, aussi incroyable que cela puisse paraître, on n’arrivera jamais chez Mark ce jour-là. En sortant du bateau, il nous restait une quinzaine de kilomètres. On y croit, on traverse différents quartiers, une heure après, il nous en reste 25, une heure après, Pierre reconnaît des rues où on est déjà passé. On est en fin d’après-midi. On envoie un sms à Mark pour lui expliquer nos soucis. Il nous dit qu’on a au moins encore 20 kms à faire.

On est aussi rouges que les piments qui sèchent dans les rues…

La nuit arrive, on sait qu’on doit traverser un fleuve qu’on ne traverse jamais. Error. Not found nous disent nos gps. On téléphone à Mark pour s’excuser, il est trop tard pour ce soir. On finira par dormir dans un hôtel à Incheon, la ville proche de l’aéroport! Il faudra attendre 21h avant de trouver un hôtel.Très bien et pas cher. On aura roulé environ 12h sans atteindre notre but. Les Bidochon en Corée. On a faim mais on a encore plus envie de dormir. Cela fait exactement 36 h qu’on a quitté notre lit. Une douche et un lit. On est au Paradis.

Premier petit déjeuner au pied de l’hôtel. La journée commence bien.

Le lendemain, on rentre à nouveau l’adresse. Allez, on y croit. On y sera pour midi. Encore dans nos rêves. On voit bien les panneaux Séoul mais Mark habite au nord-ouest de la capitale. Locus MAP semble vouloir faire un effort et indiquer la bonne direction. On est bien partis…Jusqu’à ce qu’un cycliste local nous rattrape pour nous dire que cette route est dangereuse et qu’il vaut mieux suivre la voie cyclable et passer le long de la rivière. On l’a enfin trouvée, la foutue rivière. La route est magnifique mais depuis un certain temps maintenant, notre GPS, indifférent à la beauté du site, ne veut pas modifier son itinéraire ! Jamais connu ça. Je bidouille des onglets, rien n’y fait. C’est visiblement pas notre jour. Il veut qu’on fasse demi tour. Mais on suit notre cycliste sympathique qui, sans le savoir, nous égare pour la fin de la journée et finit par partir.

Quand on vous dit que la voie cyclable est belle…mais elle nous éloigne de notre point de chute.
Régulièrement, on voit de grandes estrades où s’étendent les cyclistes. On apprendra qu’il a fait 36°! Mais ils ne sont pas morts, on les a vus repartir.

Sur les voies cyclables, de nombreux endroits où il est possible de boire et de manger. On rencontre des cyclistes coréens attablés qui se mettent tous autour de notre carte papier…mais sans trop éclairer notre lanterne. Quand soudain, ils sont tout émoustillés de nous dire que ce cycliste qui vient d’arriver habite la ville de Goyang , là où on doit se rendre ! Il sera notre ange gardien jusqu’à la fin. Charmant, attentionné, il nous conduira jusqu’au pied de notre immeuble.

Xon, notre ange gardien. En mode camouflage.
Xon, sans sa tenue camouflage, qui passera environ trois heures avec nous. On le prenait pour un étudiant. Il a 45 ans.
La gargote au bord de la route où on mangera notre premier bimbimbap, plat de riz avec viande et légumes. Mais Xon ne veut rien manger, juste boire un coca. Un grand Merci à lui.

Avec la chaleur, l’humidité et une nouvelle selle, nos ischions ont beaucoup souffert, enfin surtout les miens. Pour Pierre, ça se passe plutôt à l’avant. J’ai acheté la selle de mes rêves, la Brooks avec trou au milieu pour éviter la pression du périnée, et en caoutchouc qui, soi-disant, n’a pas besoin d’être rodée. J’en doute un peu. Après deux jours, les deux zones ischioniques ont comme deux ampoules ouvertes qu’il a fallu colmater avec des rondelles de tulle gras. D’habitude, on met les rustines sur nos chambres à air….bon, on n’a pas fait de photos….

Il est environ 18h…du deuxième jour ! Enfin, on arrive chez Mark, sacré baroudeur , mais ce serait le sujet d’un article à lui tout seul ! Avec nous, un autre couple. Davi est brésilien, Catarina est portugaise. Ils font un tour du monde de trois ans et sont dans leur deuxième année.

La chambre où on a passé 5 nuits. On ne pouvait pas espérer mieux en étant hébergé chez Mark. Thanks a lot.

Voilà. Il est 22h49. On essaie de partir tôt demain mais il est annoncé de fortes pluies. À plus tard pour vous parler de Séoul.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 1.

LES PRÉPARATIFS

Pierre et moi partons pour un voyage de quatre mois à vélo en Corée du Sud et au Japon.

L’idée première était de rejoindre l’Extrême-Orient en train mais la Russie ne facilitant pas les choses en ce moment, c’est en avion, avec nos vélos et nos sacoches, qu’on se posera à Séoul, en Corée du Sud, départ de Lyon le mercredi 3 août. On a prévu 5 semaines dans ce pays avant de prendre un bateau dans le détroit de Corée direction le Japon vers le 7 septembre où on pédalera 3 mois, temps maximal sans besoin de visa. Un avion nous ramènera de Tokyo à Lyon le 7 décembre, si tout va bien.

QUELS PRÉPARATIFS?

On est d’abord très papier! Les guides, les romans, les magazines, les dictionnaires culturels, les cartes…Tout ce qui fait qu’on est déjà en voyage avant le voyage. On découvre de nombreux incontournables, tellement d’incontournables qu’il faut ensuite estimer les distances à parcourir à vélo, de tel endroit à tel autre, les enregistrer dans une application qui calcule le temps nécessaire selon le dénivelé et qui, parfois, nous oblige à revoir nos ambitions à la baisse, sinon on est repartis pour une année…trajets prévus qu’on suivra ou pas, selon la météo, les conseils, les typhons, les rencontres, les tremblements de terre, notre santé , bref…la réalité du moment.

Les romans japonais sont partis chez d’autres lectrices…

Après le papier, il y a bien sûr internet et les expériences des cyclistes relatées sur leurs blogs. Mais surtout, ce qu’on a beaucoup apprécié lors de ces préparatifs, c’est de pouvoir rencontrer des copains et des copains de copains qui sont allés dans ces pays. Dans l’ordre chronologique, un grand Merci à Danièle et Michel, grands baroudeurs en tandem depuis des dizaines d’années qui ont parcouru 5000 kms au Japon, à mon amie Meriem qui a eu la chance d’être accueillie avec son mari dans des familles japonaises et coréennes, et à Philippe qui a pris le temps de venir nous voir en Isère pour nous donner mille et un tuyaux sur le voyage à vélo- camping là-bas . Au plaisir de se retrouver pour un debriefing!

A 8900 kms de Paris… En été, 7 heures de décalage. Quand il est midi à Paris, il est 19 h à Séoul. On aperçoit au sud de la Corée BUSAN d’où on prendra le bateau pour l’île de Kyushu à Fukuoka, notre point d’arrivée au Japon. On a prévu de passer une petite semaine sur l’île de Jeju avant de rejoindre les côtes nippones.

Comme GPS, on utilisera KOMOOT et LOCUS MAP. Une fois sur place, Google Maps semblant avoir quelques défaillances, ce sera en Corée NAVER MAP.

Et les préparatifs matériels…Pas grand chose puisqu’on a déjà tout ce qu’il faut en vêtements et matériel de camping. Il a fallu trouver deux grands cartons de vélos pour emballer les nôtres. On emporte le minimum. Tout tient dans trois sacoches chacun. On est contents.

Alors la Corée ?

On ne parlera pour l’instant que Corée du Sud. Petit pays de 450 km du nord au sud en ligne droite et de 230 km de large, le pays été nommé au XIXe siècle par les explorateurs et les orientalistes « Pays de l’élégance matinale », puis « Royaume de la Sérénité du matin » et enfin, on a fait plus simple, on s’est accordé ensuite sur la traduction « Pays du matin calme » ou même si certains pencheraient plus pour « matin clair « et même « matin frais » !!! Nous, matin calme, ça nous va bien pour le moment…Matin frais, on en rêvera car on arrive à la saison chaude et humide.

On aperçoit le gros trait vert au nord, frontière entre les deux Corée(s). Le point bleu tracé dessus situe la DMZ, Zone coréenne démilitarisée, qu’on ira visiter.

La Corée du Sud, c’est 80% de montagnes mais aussi 2413 km de littoral. Ce qui nous intéresse se trouve plus en montagne qu’au bord de la mer…. Le mollet devrait être pas mal sollicité…

En attendant, les sacoches sont prêtes. Il n’y a plus qu’à démonter les vélos…

Article 15. Bruxelles fin du périple

Arrivée à Bruxelles, notre point final. Notre camping est à quelques centaines de mètres de l’atomium.
À notre grande surprise, on sera au maximum trois tentes et nous aurons même le camping pour nous tout seuls. C’est à 8 kms du centre mais ce n’est pas cher.

Réponse à la devinette. Quel est le lien entre ces deux photos ?

L’arrivée à Bruxelles à vélo est un vrai plaisir. Des voies cyclables entourées de verdure, de plans d’eau. Toute la ville est bien pensée pour les deux-roues et les voitures s’arrêtent automatiquement au bénéfice du vélo. C’est sécurisant.

On a fait le choix de rester quatre jours complets à Bruxelles et de zapper les Ardennes car trop de tentations auxquelles nous n’avons pas voulu résister ! Et ne pas résister, qu’est-ce que ça fait du bien. Surtout ne pas résister à l’appel de l’art et de la culture. En plus, c’est très bon pour la santé !

C’était d’ailleurs le thème de HAPPINESS exposition qui a été mise sur pied au Palais de la Dynastie sur l’une des grandes places de la ville par Studio Irma, un groupe d’artistes néerlandais suite à l’augmentation de problèmes de santé mentale en Europe due au coronavirus, à la guerre, à la situation économique. Différentes manières existent de contrer les pensées négatives, et l’art est l’une des solutions. Ne nous en privons pas.

Ces artistes ont travaillé avec des scientifiques, spécialistes du bonheur, afin de valider leurs intuitions : la couleur rend heureux, aménager des espaces dans la cité permet les échanges, le sens qu’on donne à ce que l’on fait est plus important que l’acte de faire en lui-même, et de l’art oui, et de l’art partagé, encore mieux. Le philosophe hongrois Popper dont on n’avait jamais entendu parler disait : « Ce ne sont pas le monde et la réalité autour de nous qui importent, mais le monde et la réalité en nous. »

On sait que l’art, fréquenté de manière passive ou active, rend heureux. Il fait reculer l’hormone du stress. L’exposition relate des expériences faites dans des villes qui ont travaillé sur l’architecture, les couleurs pour diminuer le taux de dépression des habitants. Dans les récentes structures mises en place un peu partout dans le monde, des arches, des niches, des bancs aux formes originales, permettent aux gens de se réunir et de se parler. Des études ont démontré que des espaces aux couleurs chatoyantes non seulement rendent plus heureux mais facilitent les apprentissages.

Des couleurs sur fonds musical qui défilent sur 360°.

À Tirana en 2000, Albanie, la capitale était tombée dans un état de délabrement extrême suite à la chute du communisme, de la pauvreté et du crime organisé. Le maire, diplômé d’une école d’art, décida de repeindre des maisons du centre ville en couleurs vives. Les gens, peu à peu, ont cessé de jeter leurs détritus dans la rue, sont sortis et se sont réunis davantage. Des cafés et des fleuristes ont rouvert, le taux de criminalité a commencé à baisser.

Nous sommes allongés sur des coussins pour admirer les tableaux changeants. Plutôt rare comme position pour une visite d’expo…
Comme dans l’un des pavillons du Futuroscope, nous sommes parfaitement intégrés au film présent aussi au plafond et au sol.
Ici on entre dans un espace où on passe à travers les gouttes….de lumière. On peut les toucher. La musique me rappelle les années New Age.
.

Alors Bruxelles. Bruxelles ma belle, comme chantait Dick Annergan. Selon nous, elle n’a pas la beauté d’une ville comme Paris ou Rome, mais elle a de nombreux coins qui doivent la rendre très agréable à vivre, surtout pour les jeunes avec beaucoup de points culture et moins d’agitation que la vie parisienne. Dixit des jeunes qui y vivent.

Quand le voleur attrape le policier…
La pagode japonaise. Le musée des arts d’extrême-orient est malheureusement fermé temporairement.

On a découvert la ville à vélo, qui permet de sillonner les différents quartiers de cette ville très étendue qui nous faisait pédaler plus de 8 kms entre notre mini camping et le quartier européen. Ville grouillante, aux nombreux espaces verts, des terrasses partout, il faut dire que le soleil nous accompagnera ces quatre jours.

Du vert et du verre.
Un jardin parmi d’autres en pleine ville.

La Grand Place ruisselant de superbes monuments et bondée de touristes, pour nous c’est trop de trop, on préfère des coins plus tranquilles, mais Bruxelles a aussi ses quartiers peu entretenus, pauvres, notamment autour de la gare du Midi d’où on repartira le dimanche matin .

C’est dans ce quartier que je me suis fait voler mon téléphone en fin de journée, le dernier jour samedi 6 mai. Les faits. Comme toujours, quand on entre acheter nos quelques courses pour manger, l’un de nous deux reste auprès des vélos. C’est moi qui suis dans la supérette. Quand je reviens, mon téléphone n’est plus sur son support. Pierre n’en revient pas. Un moment, il a tourné le dos aux vélos pour me parler trente secondes à travers la vitre…cela n’a pu se faire qu’à ce moment-là. Comme nous dira le policier qui, un peu plus tard, enregistrera notre plainte, ils savent faire, c’est leur métier. J’avais pourtant un vieux modèle de téléphone mais, comme il dit, même en tirer 20 ou 30 euros, c’est toujours ça de gagner.

Toutefois, Bruxelles reste pour nous une ville très attractive. Si si. Comme mon téléphone qui l’était aussi… attractif. Et comme nous précise le policier tout jeune et tout gentil et tout désolé pour nous, on aurait pu se faire voler n’importe où, même à Paris. Bah oui… ça doit sans doute être rassurant de savoir qu’on peut se faire voler partout dans le monde… au moins pour ça, c’est l’égalité. Quelle chance. Bon, c’est désagréable mais c’est mieux qu’un accident. Continuons les visites.

Sur notre route, entre le centre-ville et notre camping, on traversait ce quartier sur lequel on s’est renseigné…
Un ancien quartier portuaire, l’ancienne gare maritime, devenue galerie marchande, avec dj, restaurants et salles de sport. Tout en bois. Magnifique.
On a mangé de vraies frites belges. Cuites dans la graisse de bœuf. Pas sur la photo…déjà mangées…

Découverte de l’univers du peintre belge Magritte, univers tellement large que certaines de ses œuvres ne ressemblent pas à du Magritte. Après un penchant pour la veine impressionniste, il devient dadaïste, fait des pubs, rencontre les surréalistes français, joue avec la réalité et l’image que nous en avons. Le fameux : Ceci n’est pas une pipe ! Il aime les symboles, les mythes, l’humour. Pour résumer le bonhomme, Pierre dit: un touche à tout artistique difficile à cerner.

Mais Bruxelles, c’est bien sûr, l’une des capitales de l’Europe !

C’est ainsi que, depuis Schengen, on poursuit les visites des instances européennes. On a consacré la moitié d’une journée dans l’ensemble du quartier européen où on a plus précisément parcouru le parlement européen et le parlementarium. On était un peu perdus entre le rôle du Parlement de Strasbourg que j’ai visité il y a …. 44 ans quand j’étais étudiante – je viens de prendre un coup de vieux- et celui de Bruxelles.

On a révisé. Les six valeurs fondamentales de l’UE: le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit, le respect des droits de l’homme y compris ceux des minorités. Quand on repense aux conditions de vie des migrants à Calais, on voit que l’Europe peut faire beaucoup mieux ! Pays le plus peuplé de l’Europe : l’Allemagne avec 83 millions d’habitants, et Malte, le plus petit avec 500 000 personnes. 24 langues officielles. L’Union européenne a reçu le prix Nobel de la Paix en 2012.

Autant tout le monde connaît le visage d’Ursula van der Leyen, présidente de la Commission européenne, autant celui de la présidente du Parlement européen passe moins dans les médias. Elle s’appelle Roberta Metsola et est élue pour 2 ans et demi. Maltaise.

Les équipes parlementaires se réunissent et travaillent à Bruxelles. Dans l’hémicycle, vus de la place de la Présidente, les partis s’échelonnent des partis les plus à gauche jusqu’aux partis les plus à droite. Les députés de chaque pays sont donc répartis selon leur appartenance politique et bossent avec leurs homologues européens. Ils sont 702 députés qui nous représentent, nous les 450 millions de citoyens de l’Union européenne. On comprend la kyrielle d’hôtels qui poussent dans le quartier! Lors de la dernière élection, l’âge des députés allait de 24 ans à 82 ans. Mais alors Strasbourg ? Ils s’y rendent 12 semaines par an pour présenter et faire valider leurs décisions lors des réunions plénières.

Le Parlementarium est un musée qui retrace les grands événements de cette Europe et les interactions entre les pays. On a trouvé très touchantes des centaines de photos affichées qui évoquent notre histoire commune, heureuses ou dramatiques mais toujours belles dont parfois, le lieu ou le nom de la personne nous échappent mais qui nous sont familières. Woodstock, Milosevich jugé, la conquête spatiale, la brebis Dolly, Tien An Men, Jean Paul II embrassant le sol etc. On aime bien cette phrase d’Omar Sy : « Nous n’avons pas la même mémoire des événements mais nous partageons la même Histoire. Retenons ce qui nous réunit. » Merci Omar.

Structure métallique qui symbolise tous les pays de l’Union européenne. Si l’une des lames bouge, tout l’ensemble se met en branle.
Bravo les jeunes.
Élections au suffrage universel direct des députés européens tous les cinq ans.

Mais ce qui nous aura vraiment marqué de nos déambulations bruxelloises est la découverte tout-à-fait fortuite du musée Banksy pas prévu à notre programme initial. C’est en passant dans une rue et en voyant une longue file d’attente de jeunes devant un bâtiment surmonté du nom BANKSY que l’on s’est dit: mais ça nous dit quelque chose. France Inter bien sûr. Le plus célèbre artiste d’art urbain d’origine anglaise qui se cache sous un pseudonyme. L’histoire dit qu’on ne sait pas qui il est réellement.

Après avoir beaucoup taggé à la bombe, il utilise principalement le pochoir et termine à la main. On éprouve beaucoup d’émotions devant certaines de ces œuvres. Il graffe sur les murs du monde entier, images humoristiques, graves, poétiques, grinçantes, avec ou sans slogans, et ce depuis les années 90. Comme de nombreux graffeurs, il détourne parfois un tag déjà existant sur le mur. Ses messages sont souvent en lien avec l’actualité. Il vient de dessiner 7 œuvres autour de Kiev.

Ce qu’on n’avait encore jamais vu lors d’une vente aux enchères : l’œuvre s’est auto détruite sous les yeux médusés du public et de l’acheteur. Banksy avait caché un système de broyeur à l’intérieur du cadre. Banksy, contre la spéculation, le capitalisme. C’est un pacifiste.
L’espoir ?
Un ange. Avec un gilet pare-balles.
L’enfant croit qu’il neige. Ce sont les cendres du feu d’à côté. Pollution de l’air.
BANKSY a souvent représenté les petites gens. Ceux qu’on met souvent sous le tapis.
Si on inversait les rôles…
Une vieille dame qui éternue et qui perd son dentier.
L’amant…en position délicate.
Humour noir. Pauvre toutou.
Garde tes pièces. Je veux le changement.
Contrôle d’identité en Israël.
Déjà l’idée d’envoyer des fleurs plutôt qu’une grenade, on trouvait ça bien. Mais quand on découvre que cette fresque, le lanceur de fleurs, a été faite dans les rues de Jérusalem, elle a encore plus de force.
Nymphéas détournés
Une pause clope chez les glaneuses. Une glandeuse ?
Les héros suite au covid.
A Paris. Une fillette recouvre d’une tapisserie rose une croix gammée. A proximité d’un centre d’accueil des réfugiés. L’œuvre a été vandalisée.
À Paris. La cape aveugle le cavalier. Quel cavalier ? Quel aveuglement ?
La jeune fille triste. Suite aux attaques du Bataclan, Banksy a fait cette œuvre sur la porte par laquelle certains survivants ont fui. La porte a été volée puis retrouvée. Les voleurs ont été arrêtés et condamnés.
Le monde qu’on leur propose.
On n’a plus le droit de rêver ?
En Louisiane. En hommage aux victimes de l’ouragan Katrina où les digues, construites pour protéger la population, ont laissé passer l’eau.
Fait en Ukraine.
En Ukraine. Quand on sait que Poutine pratique le judo…David et Goliath.
Critique de la consommation…
Mobile lovers
Pessimisme ? Fillette triste, seule, en détresse. Ce ballon qu’elle tient ne restera peut-être pas accroché à la phrase NO FUTURE? Un petit côté The Kid de Charlot.
Sur un abri bus
Le radeau de la Méduse aujourd’hui.
S’évader grâce à l’écriture et la lecture.
Une pensée pour la Planète des Singes. Riez bien maintenant, mais un jour, c’est nous qui dirigerons..

Banksy. A consommer sans modération.

Évidemment, on n’allait pas manquer le musée du chocolat très complet sur le sujet. Il se visite et surtout, il se goûte !

La Belgique, c’est aussi le pays de la bande dessinée. Centre très intéressant installé dans les anciens magasins Waucquez , créés par le célèbre Horta, fondateur de l’art Nouveau.

Même si on ne pratique pas la BD, on est toujours contents de croiser les personnages célèbres des albums connus dans le monde entier…

Superbe bâtiment Art Nouveau.

Et il y a les petits nouveaux qui méritent tout notre intérêt…

Notamment Petit Poilu.

Un héros sans parole mais avec beaucoup d’idées. Tous les thèmes sont abordés , certains légers, d’autres plus sérieux. Chaque album est prétexte à découvrir les émotions à travers les rencontres de compagnons joyeux ou farouches et Petit Poilu, grâce à elles, apprend l’empathie et grandit…d’un poil. Vivement que j’ai 3 ans !

Quelques mots sur l’atomium.

Construit pour l’exposition universelle de 1958, il culmine à 102m , se compose de neuf sphères, dont six accessibles au public. Le message était : l’atome pour la Paix. À cette époque, l’acier et le fer symbolisent le développement économique. On va également utiliser de l’aluminium. Son nom est un mot-valise : atome/ aluminium. Il représente la structure d’un cristal de fer. Par un ascenseur qui était le plus rapide de son temps, on parvient au dernier niveau pour admirer la vue sur les environs, des expositions temporaires dans certaines sphères.

Une dixième sphère cette nuit là.

C’est la fin de ce voyage. Quand vous lirez cet article, on sera rentrés en Isère depuis hier. Dimanche, on a pédalé 58 kms dont 40 sous la pluie dans les Ardennes pour franchir la frontière franco-belge ou plutôt belgo-française. Heureux de ce qu’on a fait et contents de rentrer. Comme à chaque fois. Lundi, ce fut journée train, quatre trains TER qui prennent les vélos, 12 heures en tout, de Reims à Voiron.

À très bientôt…pour un prochain velogoodtrip

Article 14. Namur

On a beaucoup apprécié Namur, sa citadelle l’une des plus grandes d’Europe, ses ruelles, l’ambiance, ses maximes sur les portes des boutiques, ses caramels, ville dont les habitants sont réputés pour leur lenteur. C’est eux qui nous le disent. D’où leur symbole, le petit-gris.

On est logé dans un apparthôtel qui nous revient au même prix que l’auberge de jeunesse namuroise. Chambre très spacieuse et voilà la cuisine. En plein cœur de la ville.

On y rencontrera un couple formidable, d’origine asiatique, restaurateurs à La Rochelle, venu manger les vraies frites belges !
Des petites rues pavées,
Le quartier Confluence eh oui, comme à Lyon, mais ici on est au point de rencontre de la Sambre et de la Meuse. La partie arrondie s’appelle le Nid, lieu d’expositions et de rencontres.
On se demande où ne passe pas le Camino de Compostella.

Vues de l’enceinte delà Citadelle.

Art déco.
Pour nous c’est la place des escargots.
On est tombé sur un fan de films français.
Ça nous rappelle des souvenirs…
Première fois qu’on voit ça dans une cathédrale ! Où sont passés les petits lumignons à la flamme vacillante??? Coup de blues. Bientôt un distributeur d’hosties, sauce ketchup ou bbq.

Et puis les maximes qui mettent du baume au cœur. À vous de choisir…ou pas. Nous on les aime toutes.

On est très sensibles à celle-ci.

Bon c’est tout parce que Bruxelles nous attend pour cette troisième et dernière journée. Tant de choses à voir…

Article 13. Luxembourg-ville…

Comme on dit ici pour distinguer le nom du pays de celui de sa capitale. Tout d’abord, on a trouvé un super camping à 5 kms de Luxembourg où le temps d’une soirée, on a fait la connaissance d’un charmant couple de cyclistes qui vient de Trévoux et qui débute la Vois bleue du Nord au Sud. Leur périple s’annonce sous des auspices plus ensoleillés que le nôtre, bonne route à eux.

Au plaisir de se retrouver du côté du lac. Gabriella et Laurent.
La super idée du camping : comme des mini coffres-forts pour y charger nos batteries et téléphones sans craindre de vol.

Le premier jour, on a sillonné la ville à vélo qui s’étend sur plusieurs plans, une ville basse et une ville haute, sur les rives de la Pétrusse et de l’Alzette et tout ça relié par des viaducs et des ascenseurs vertigineux. Autant dire que la ville connaît des hauts et des bas! Le second jour, on prendra le bus à la porte du camping qui nous déposera au cœur de la cité…et gratuitement. Tous les transports dans le pays sont gratuits. Mais pas l’eau. Quand j’ai demandé une carafe d’eau à la pizzeria, le serveur m’a dit gentiment que je devais arriver de France…ici la carafe est payante.

Comme une idée de village au cœur de la capitale. On a sillonné la ville en suivant un parcours fléché de trois heures, le parcours Wanzel qui retrace l’histoire du pays sur 1000 ans . On démarre sur des sites archéologiques, on suit les fortifications médiévales, puis espagnoles, puis celles de Vauban sous Louis XIV .
Le monde à l’envers et l’envers du monde….

Quelques vues de la vieille ville, le Grund.

Vauban est passé par là. On le retrouvera en Belgique.
Une échauguette ! Un de mes mots préférés.

La partie haute, celle de l’histoire de la noblesse et de la prospérité.

Le parlement du Luxembourg.
Il y a des métiers passionnants…
Le Monument du Souvenir. Il célèbre au départ le souvenir des soldats luxembourgeois tombés durant la première guerre mondiale. Aujourd’hui il est dédié aux soldats des deux guerres mondiales et de la guerre de Corée. Un homme assis veille son camarade blessé ou mort.

Tout là-haut, portée par l’obélisque, on l’appelle la femme en or ou femme dorée. Elle symbolise la paix et le patriotisme.
On n’a jamais vu autant de voitures de sport que depuis notre arrivée au Luxembourg. On a hésité mais finalement on préfère garder nos vélos…trop salissant.
La grande-duchesse Charlotte a régné sur le duché de 1919 à 1964 a été très aimée des Luxembourgeois.
Ils font des ascenseurs gigantesques, intérieurs et extérieurs. On a mesuré: 24m2, un studio parisien !
Ici c’est pour relier la ville basse. une partie du sol est transparente. L’ascenseur est en verre. Je demande si c’est bien fermé dans mon dos. Pas très fière…
Vue dégagée de l’ascenseur.

Dans le musée de la ville. On ne sait pas ce qu’elle fait là, elle a échoué ici , elle en avait marre de Copenhague. Elle a pris des couleurs depuis et elle a grandi.

Dans le musée de la ville, tout une partie consacrée à l’Europe.

Les armoiries du Luxembourg.
Encore une magnifique cathédrale pendant l’office. Cathédrale Notre Dame de Luxembourg. Du pur gothique.

Notre voyage à vélo nous mène, à travers trois villes, au cœur de l’histoire et du fonctionnement de l’Europe. Après Schengen, Luxembourg puis Bruxelles.

Et comme on n’avait pas assez marché et qu’on est toujours très curieux, on a pris la direction du quartier futuriste de la place de l’Europe, siège de toutes les grandes institutions.

C’est ici que sont assurées toutes les traductions de tous les documents, projets en cours, commissions, décisions en lien avec le Parlement européen…L’Europe des 27 pays travaille en 24 langues. Une vraie Tour de Babel. On est le 1er mai, c’est fermé.
Palais de la Cour de Justice de l’Union européenne construit dans les années 70 et entièrement rénové en 2000. C’est la partie publique de la justice. Vous et moi pouvons assister aux audiences. Puis les Trois Tours de la Cour de justice ont été édifiées : la Tour Erasmus, Montesquieu et Rocca. L’architecte est français. Mais il y a tellement de buildings dans le coin et comme tout était fermé, on ne les a pas repérées et on les a pas en photo ! On n’est pas toujours bons….Un vrai Manhattan le quartier européen.
Le pavillon Philharmonique de la ville.
Double rangée de colonnes autour de la rotonde.
Autre bâtiment sympa avec ses angles opposés qui semblent brisés.
Une banquette originale pour mieux admirer le ciel avant de quitter la ville le lendemain, direction Namur.

Pour de vrai, comme disent les enfants, on est aujourd’hui samedi 6 mai toujours à Bruxelles qu’on quitte en train demain pour Couvin, puis vélo pour rejoindre Reims.