Japon Article 17. Derniers jours sur l’île de KYUSHU

C’est toujours difficile de choisir un itinéraire, surtout dans un pays lointain. On aurait pu rester trois mois à pédaler seulement à Kyushu et faire l’impasse sur les autres îles . Mais on est trop curieux pour ça et ce serait vraiment frustrant ne pas remonter jusqu’à Tokyo en faisant un détour par l’île de Shikoku. Comme on aime bien les cartes papier, on vient d’acheter une nouvelle carte du Japon pour tracer un itinéraire propre et sans ratures de notre parcours sur l’île de Kyushu. Hier mercredi 20 septembre, on a traversé le sud de la mer de Seto, mer intérieure lovée entre les îles de Kyushu qu’on vient de quitter, de Honshu, celle sur laquelle on vient d’arriver, la plus grande et de Shikoku.

En grossissant la carte, on voit SHIMONOSEKI où on a débarqué hier, écrit juste au-dessus de KITAKYUSHU.

Du parc national de Aso vers la ville de Aso où on passera la nuit.

Aso restera pour nous cette belle histoire.

L’idée est de passer seulement la nuit à Aso pour repartir le lendemain vers Yufuin, jolie ville réputée pour son lac et ses onsen. On se présente dans une guest house, complet, on roule vers une autre qui, selon internet, est ouverte. Elle est fermée. Mais il y a une terrasse, une porte coulissante qui ouvre sur une cuisine. Ça nous suffit. On va juste poser notre tente sur la terrasse.

Sur la droite, un vieil homme accroupi près du bâtiment, occupé à ramasser de l’herbe. Il nous a jeté un coup d’œil sans bouger. On sort nos affaires et la tente. Faut-il aller lui parler ou non ? On n’est pas sûr qu’il ait un lien avec l’auberge. On va le voir, on lui fait comprendre qu’on va dormir sur la terrasse, on a tout ce qu’il faut etc. Pas vraiment de réaction de sa part. On a préparé la tente, on va manger ce qu’on a acheté.

Après avoir mis l’herbe dans sa voiture, il passe à un autre travail. Il y a du bazar dehors et dans des salles annexes. La nuit tombe. On est samedi soir. On se dit qu’il travaille encore à son âge pour arrondir sa retraite, il a au moins 70 ans. On est à quelques mètres de lui, il vide lentement une petite salle avec sa brouette sans faire attention à nous . On est maintenant occupés à regarder l’itinéraire du lendemain quand, après environ une heure, l’homme nous fait signe d’approcher. Et là on comprend. On comprend que depuis une heure, le vieil homme vide la salle pour nous ! Il vient de balayer la pièce, a installé des palettes pour qu’on pose nos matelas. On ne sait pas comment le remercier, on a juste des biscuits qu’il refuse. Il nous apporte une lampe, nous donne son numéro de téléphone et demande le nôtre. Il est tout sourire, nous demande d’où on vient. Il repart avec sa voiture. La nuit est tombée depuis longtemps. Acte gratuit de pure gentillesse. Merci Monsieur.

YUFUIN.

La journée de Aso à Yufuin aura été la plus difficile à vélo. Une descente à 50 à l’heure. Plus de 1700 m de dénivelé et très chaud. Mais cela en valait la peine.

Torii sur le lac Kunrin
Le mont YUFU reconnaissable à ses deux sommets.
Le titre anglais nous a donné envie d’essayer. Japonese Burger. La viande est toujours excellente.
Séances Selfies…

Notre premier Onsen.

C’est quoi un onsen ? Des Nippons sans nippes et dans l’eau.

Plus sérieusement, ce sont des bains chauds, intérieurs ou extérieurs, dont l’eau provient de sources volcaniques, souvent réputée pour ses vertus thérapeutiques. On y va nu comme un ver. Ils sont parfois mixtes, ou séparés homme femme, ou bien familiaux. Ils peuvent être privatisés. Tous les âges sont concernés. Pour l’instant, les deux onsen qu’on a fréquentés n’avaient rien d’extraordinaire. Un bassin intérieur dans lequel on s’assoit ou on s’allonge et on ne bouge pas, on n’est pas là pour faire un crawl. Le bassin extérieur était plus joli avec des roches autour et vue sur des bambous.

À l’entrée, on loue une serviette. On passe dans une salle où chacun se déshabille discrètement ( Pierre était chez les hommes, moi chez les femmes) et prend sa douche. De petites cloisons nous séparent un peu. Shampooing et savon à volonté. Puis, on rejoint, l’air dégagé, comme si on marchait tous les jours à poil devant un public, le bassin où on se cale dans un coin. L’eau est très chaude. C’est très calme. Le onsen est assez petit, on est sept femmes. En Amérique du Sud, les hot springs étaient le lieu de rencontres entre amis, de bavardages, c’était assez bruyant. On était en maillots de bain. Ici, si quelqu’un parle, c’est à voix basse. Sérénité.

Je repère vite trois femmes : grand-mère, mère et fille. Je regarde les bambous. Et puis j’entends la mamie dire : America? Ah, ça doit être pour moi. Non française. Alors elle s’approche…et me touche gentiment l’avant-bras gauche. Admiration. Je savais que j’avais un avant-bras gauche canon. Elle me dit des choses qui sont sûrement très gentilles mais auxquelles je ne comprends rien et ce n’est pas grave. Après une bonne demi-heure, j’en ai assez de barboter. Sèche cheveux, très belle salle de repos avec tatamis, télé. Cool.

A Yufuin, chaque hôtel a pratiquement son onsen personnel et gratuit pour les clients. De toute façon, c’est très peu cher. Le onsen est vraiment intégré à la culture japonaise.

Extérieur nuit…dans une rue de Yufuin.
Les plats sont reproduits en synthétique dans les vitrines des restaurants. Plus vrais que nature.

Ce soir on voit des nouilles qui montent et qui descendent…mais bon, on a beaucoup pédalé aujourd’hui…

Japon Article 16. Invitation chez des Japonais

Merci Emmanuelle d’avoir joué et bravo à Meriem pour la bonne réponse – mais tu es allée au Japon, ça aide!

La consigne est bien faite pour les parapluies.

Photos prises entre Yanagawa et Kikuchi. De belles grimpettes. 68 km.

En français dans le texte.
Les sous-bois. Sur quatre kilomètres, une vraie patinoire. On n’a pas l’impression mais on peine à rester debout et pousser les vélos. Décomposition des feuilles + pluie = danger. En Corée, je suis tombée avec le vélo deux fois sur des trottoirs. Égratignures de cour d’école.
Fougères bleues et vertes.

On roule maintenant d’ouest en est sur l’île de Kyushu pour rejoindre le parc national de ASO. Depuis Yanagawa, une étape d’un soir à Kikuchi permettra de faire le trajet en deux jours. Quand la journée commence, le temps est maussade et on est sûrs de rien. Mais finalement le temps s’est amélioré et il est temps désormais de chercher un lieu de bivouac.

Dans la campagne avant Kikuchi, rien ne nous plaît, on est maintenant à l’entrée de la ville. Une première hésitation sur les hauteurs. On se dit qu’on va voir plus loin, dans l’un des parcs de la ville. Et puis on tombe sur les bords d’une rivière. Coup de cœur. Installation. Toilette et lessive dans la rivière.

Pierre.

Ça y est. On a prévu soirée lecture. J’ai commencé un roman d’un écrivain japonais dans l’avion et j’en suis toujours aux 20 premières pages. Je suis bien calée dans mon siège au bord de l’eau quand Pierre me dit : on a de la visite. Le livre se referme pour je ne sais combien de jours…Ami ou ennemi ?

C’est la première fois que notre bivouac est aussi visible. On a des maisons dans le dos et des promeneurs nous voient du pont d’où Pierre a pris la photo. Risque 1 : se faire déloger . Risque 2 : se faire inviter.

Je me retourne. C’est un homme tout sourire, ne parlant pas un mot d’anglais, qui arrive une bouteille à la main. On penche plutôt pour le risque 2. Nos applis traducteurs ne veulent pas traduire mais avec des verres à la main, on se comprend. Enfin surtout Pierre car je ne bois pas d’alcool.

Le vin est un rosé japonais. Avec sa main, Také nous fait comprendre que le vin français est tout en haut de la toise, juste au-dessous il situe le vin italien et au ras du sol….le vin japonais. C’est un Japonais qui le dit . Pierre lui dit que son rosé n’est pas si mauvais.

Také, c’est son nom, ne peut pas croire qu’on va dormir dans cette tente. Je lui fais la visite des lieux. C’est assez rapide . Deux matelas et deux duvets. L’essentiel. Il nous demande ce qu’on va manger. On sort un assortiment de japonaiseries achetées dans la rue. On sent qu’il a déjà pitié. Sa maison est juste derrière. On est invités. Il passe des coups de fil et nous fait comprendre qu’il s’en va et qu’on va le rejoindre. Entre temps, un couple arrive vers nous. Matt est américain et Yumi japonaise, elle parle couramment l’anglais. Ce sont des amis de Take. On ne va plus se quitter jusqu’au lendemain après midi.

Také nous a vus de sa maison. Maison blanche dans laquelle on va passer la soirée.

Maison très moderne, très spacieuse et confortable. Sur la table, c’est l’apéro. Il faut qu’on goûte à tout. Il y a longtemps qu’on n’a pas autant mangé. On a apporté nos victuailles. Bien minces. Et puis ça sonne à la porte. Un ami à lui, hilare, débarque avec une dizaine de bières, des trucs à manger. Puis quelques minutes plus tard, c’est sa femme qui se joint à nous. Et on recommence : oui on dort sous la tente. La toilette ? Dans la rivière. Les toilettes ? Dans la rivière. Chaque réponse provoque des gloussements d’admiration et en même temps, comme nous l’explique Matt qui vit au Japon depuis une dizaine d’années, pour eux, c’est inconcevable. Unbelievable. Le copain de Take nous voit déjà attaqué par des chiens et des moustiques. On confirme pour les moustiques. Mais on a un spray. Et les chiens ? C’est moi qui les mords. Lui est mort de rire.

Matt, Yumi et Také. Pour l’instant, encore peu de choses sur la table.
Kiri San son copain est arrivé…c’est lui qui proposera de nous emmener en voiture avec nos vélos pour passer la journée ensemble.
Filets de poisson divins. On n’a jamais mangé de poisson aussi bon. Ce qui ressemble à des haricots est du soja. Comme alcools, trois bouteilles de vin rouge français, du saké évidemment, et des bières.
…puis sa femme Michiko.
Des crabes à l’apéro. Ça change des chips mais c’est moins facile à manger. Heureusement que ça ne se mange pas avec les baguettes…Eux qui aiment les peaux blanches…je suis aussi cuite que mon crabe.

Také veut absolument qu’on dorme dans le salon qu’on aperçoit derrière moi. On le remercie mais on a préparé nos affaires dehors.

On rit, ils boivent, je suis au thé vert qu’il me sert avec des glaçons. L’une des premières questions des Japonais en général est l’âge. Pierre fait tout le temps son petit effet avec ses 74 ans. Et là, Take regarde Pierre et dit un truc en Japonais traduit par Yumi en anglais que je traduis à Pierre qui n’a pas compris. « Také te trouve joli. Il aime bien ton…nez. Il trouve qu’il est beau. » Pierre: Hein mon nez ? Il est beau ? Du coup , il n’arrête plus de se le toucher en riant ! Bon, il n’a pas fait son coming out. Ça fait bien deux heures maintenant que tout le monde passe du vin aux bières et Pierre me dit qu’il faut qu’il mange car ça fait des mois qu’il n’a rien bu. Il y a de quoi faire sur la table. Také a une entreprise qui fabrique des baguettes. Il nous en offre.

Yumi et Matt m’annoncent que Také m’a préparé…un bain ! J’imagine en France…des gens que tu invites pour la première fois chez toi et à l’heure de l’apéro…allez, au bain !!! FURO en japonais. Très chaud. Je remercie mais je me suis déjà lavée dans la rivière. Pour eux, c’est inimaginable. Je finis donc dans une super salle de bains où m’attend une baignoire avec des tas de boutons. Je n’y touche pas, j’ai peur de faire des bêtises….ou de m’électrocuter. Ce qui serait aussi une bêtise. S’affiche la température : 43 degrés. J’adore. Encore plus écrevisse. Ça change de l’eau de la rivière. Pierre me succédera.

Kiri San demande ce qu’on a prévu demain. Le parc national de Aso. Cris d’orfraies. Mais c’est hyper dur à vélo ! Le plus haut volcan du Japon ! Et voilà qu’il propose de nous emmener avec nos vélos dans sa voiture. Matt et Yumi viendront également passer la journée avec nous. C’est d’accord. Ne pas rater une occasion de partager des moments avec des gens du coin. Rendez-vous demain matin pour passer la journée ensemble. On ne reverra pas Také parce qu’il se lève à 4 heures pour aller travailler. Merci Také pour ton sens de l’hospitalité.

C’est drôle, quand on y pense, la manière dont se font les rencontres. Normalement, on avait un contact Warmshowers à Kikuchi , couple de cyclovoyageurs qui a écrit un livre sur leur périple de deux ans à vélo mais c’est le week-end et ils sont absents ! C’est ainsi que notre bivouac au bord de la rivière nous a permis de faire ces belles rencontres…

Le lendemain matin, Kiri San est venu à 8 heures à notre bivouac pour prendre nos vélos et nos sacoches. Il nous offre le petit déjeuner ( french toasts!) chez Yumi et Matt.

Matt et Yumi. Un couple adorable. Beaucoup d’humour, de gentillesse et de culture. Ils ont un café qui ouvre chaque matin de 7 h à 10h. On espère bien qu’un jour, leur route passera par chez nous.

En attendant 10 heures, l’heure de fermeture de leur café, Shodo, un moine bouddhiste zen, ami du groupe, nous a rejoints. Il parle anglais. Et nous voilà partis visiter le temple dont il a hérité. C’est comme ça au Japon.

Il chante le Sutra de la grande sagesse…que j’ai connu par cœur, mais aujourd’hui j’ai des lacunes. En effet, j’ai pratiqué le zen en France pendant 18 ans avec un maître japonais, Taisen Deshimaru, qui a fait connaître le zen en Europe et fondé de nombreux dojos. Shodo sait qui il est. Pierre n’en revient pas. J’ai des photos sur mon téléphone. Je me demande si Shodo a dit qu’il connaissait Deshimaru seulement pour me faire plaisir, alors je lui montre une autre photo d’un moine Zen et lui demande : Tu le connais ? Qui est-ce ? Et il me sort le nom de Kodo Sawaki sans hésitation, maître qui a formé Deshimaru au Japon. Je n’ai plus de doute. Il sait qui il est.

Et nous voilà partis à deux voitures pour le Mont Aso. Grâce à eux, on ira à plusieurs points de vue qu’on n’aurait jamais pu faire seuls à vélo. Trop éloignés les uns des autres.

Le voyant est vert. Selon l’activité du volcan, l’accès peut être interdit. Les abris en cas de projection de lave.
Aso est un complexe volcanique qui regroupe une quinzaine de cônes volcaniques.
La caldeira mesure 25 km sur 18 km.
Au cœur du cratère, soufre et fumerolles. Ici le Naka daké avec un diamètre de 600 m , 160 m de profondeur où se trouve un lac acide.
Le volcan mesure 1592m.
En noir, Shodo le moine, à gauche Kiri San, sa femme avait des trucs à faire à Kikuchi et derrière, Yumi.
On voulait inviter tout le monde pour les remercier. Impossible. Shodo avait déjà payé pour nous.
On n’est pas prêts de les oublier !

On se quitte dans l’après-midi. Un grand merci à chacun d’entre eux. On descend nos vélos et sacoches de la voiture et on commence à pédaler direction la ville de Aso à 13 kms où on espère trouver une auberge de jeunesse.

Dans la descente, un petit air du Puy Pariou en moins penché.

Quelle chance d’avoir eu le privilège de partager ces moments ! Cela a été possible parce qu’à vélo on est accessible et qu’on est dans des contrées peu touristiques. On sait bien que les relations sont complètement différentes dans les grandes villes cosmopolites. À très bientôt.

Japon Article 15. Japon côté pratique

Il est vrai que débarquant de Corée, le Japon ne nous apparaît pas comme une autre planète. C’est toujours l’Extrême-Orient, d’où de nombreuses similitudes. Mais surtout, bien que nous ne parlions pas le japonais, notre vie n’est pas très compliquée.

Alors le Japon ? Cher ou pas cher ?

Beaucoup diront : le Japon est cher. Pour les cyclistes venus au Japon, la vie n’était pas chère…et on est d’accord avec eux . Évidemment, tout dépend de la façon dont on voyage. C’est la même chose en France. Une nuit au Formule 1 ou au Martinez à Cannes ne coûte pas la même chose ! Dans nos constats après six jours seulement au Japon, la vie est même moins chère qu’en France. On changera peut-être d’avis plus tard.

On sait qu’on est sur l’île de Kyushu, qui n’est pas l’île la plus touristique et donc pas la plus chère de l’archipel. Le prix d’un café n’est pas le même au Trocadéro qu’à Voiron. On se méfiait car la Corée étant particulièrement bon marché, on regardait de très près la conversion euros/ yens mais pour l’instant, on est agréablement surpris.

Hébergement

On a dormi deux nuits en hôtel (52€ et 46 €) avec toujours les accessoires de toilette fournis, bouteilles d’eau fraîche, yukata ( kimono d’intérieur), café et thé avec bouilloire et petit déjeuner compris. Les produits de toilette ne sont pas des mini portions.

La même chose en Corée.

Les trois autres nuits en bivouac c’est cadeau ! On aime bien quand ça ne nous coûte rien car l’idée est quand même, une fois de temps en temps, de s’offrir un ryokan (auberge traditionnelle japonaise ), d’expérimenter un hôtel capsule etc. Ce soir, pluie menaçante, on dort chez l’habitant pour…21 € la chambre. Et on est au Japon.

Des lits jumeaux.

La nourriture.

On ne mourra ni de faim ni de soif au pays des Nippons.

C’est le pays des Konbini. Les supérettes qu’on trouve à tous les coins de rue. On peut y acheter des aliments, des plats préparés, papeterie, hygiène, mais aussi utiliser machines à café, internet, photocopieuses, fax ! Le fax est encore très utilisé au Japon, distributeurs de billets (pour nous, ça ne fonctionne pas partout). Parfois des tables pour consommer sur place. Quatre poubelles différentes pour le tri des déchets dans chaque magasin.

Pour le moment, on ne rachète pas de bouteille de gaz prise à la frontière, car vu le prix de ce qu’on achète…on se régale pour 5 ou 6€ et on peut faire chauffer les plats dans les konbinis. On achète tout prêt. Fainéants.

Bouteille d’eau de 2 litres achetée hier, fraîche, qu’on verse dans nos gourdes : 70 centimes !

Distributeurs. Heureusement, on n’y trouve pas seulement des sodas qu’on ne boit pas mais également différentes sortes de cafés froids ou thé. De l’eau fraîche. Ces affreuses machines se voient même dans les coins les plus reculés. Jamais abîmés. C’est pas beau mais ça peut dépanner.

Et le vélo dans tout ça ?

Le principal point de vigilance est qu’on roule à gauche. La Corée roule à droite. Le second est l’emplacement des feux. Comme en Amérique du Sud, ils sont situés de l’autre côté de la route, au-dessus de la chaussée. On trouve notre chemin grâce aux navigateurs car rien n’est indiqué pour les cyclistes. Les panneaux routiers sont en japonais, et récrits en alphabet latin. Pour les touristes qui louent des voitures, ils ne sont pas perdus. Quant à la signalisation, une bande blanche reste un stop, le sens interdit est le même qu’en Europe, une flèche reste une flèche. Pas de difficulté particulière. Et les conducteurs font très attention à nous. On les remercie régulièrement en nous inclinant sur le vélo. Pas trop quand même pour ne pas tomber.

Aperçus de nos premiers jours.

Fukuoka, port et ville d’un million quatre cent mille habitants a été très agréable à parcourir en tant que cyclistes. Quartiers avec petites échoppes où on peut manger dans la rue et quartier très moderne. On a eu la chance d’avoir notre auberge de jeunesse juste à côté du plus grand parc de la ville, fréquenté par de nombreux joggers, cyclistes et marcheurs. Si on était restés une deuxième nuit, on y aurait planté la tente.

Deuxième petit déjeuner japonais : la soupe, le riz avec une sorte de radis noir repeint en jaune et du tofu… mouais. Si avec ça on ne maigrit pas….

Un musée de l’art dans ce parc avec des statues asiatiques bien sûr mais également de nombreux peintres européens comme Dali, Van Gogh, Chagall, Miró, Collin…photos interdites.

Reproduction d’une œuvre célèbre qui se trouve sur une île dans la mer de Seto.
C’est une question bleue de M Dum. : A quoi servent ces drôles de consignes à l’entrée du musée ? Réponse au prochain article. Même ceux venus au Japon ont le droit de jouer !

Un quartier construit sur la mer, le Marizon. Des restaurants, des boutiques, des salles pour mariages, une chapelle.

Les Torii sont les portails qu’on trouve à l’entrée des temples Shintoïstes. Ils symbolisent le passage du monde profane au monde sacré. Le rouge a la réputation de repousser les mauvais esprits. Nous, on voit plutôt ça orange.

Les marchands du Temple. Cette fois-ci, chacun peut écrire ses délires, euh…ses désirs, sur des planchettes qui seront ensuite suspendues.

On en a déjà parlé mais quitter la ville est toujours un vrai bonheur. Une fois sortis de cette grande métropole, ce qui demande beaucoup de temps, on pédale enfin dans une belle campagne où on retrouve les rizières et où on admire l’architecture encore traditionnelle de nombreuses maisons japonaises, certaines au cœur des villages, d’autres au milieu des rizières.

Beaucoup de sculptures d’arbustes. Art topiaire nippon.

On aimerait bien être invités à pénétrer à l’intérieur.

Depuis notre arrivée au Japon, on a seulement rencontré deux Français. Le tourisme se focalise principalement autour de Tokyo, Kyoto et Hiroshima. Ici, les gens sont encore un peu surpris de voir deux cyclistes occidentaux et cherchent souvent à entrer en contact avec nous. Toujours d’une politesse incroyable. Timidité et curiosité. On pensait les femmes plus réservées mais trois fois, ce sont elles, d’un certain âge, qui sont venues nous voir pour échanger. L’une voulait simplement savoir de quel pays on était, l’autre, rencontrée dans une zone forestière et en pleine côte, nous donnait des conseils pour la route à suivre et la dernière, sur un parking de grande surface, très heureuse d’échanger quelques phrases en anglais avec nous et, nous remerciant, en se prosternant bien sûr, d’avoir pris le temps de parler avec elle.

Après Fukuoka, direction sud. Et puis, les grandes plages, spots de surf, de jet skis…vers Karatsu.

On retrouve pour l’instant les mêmes températures qu’en Corée et d’après un couple de Français rencontrés lors de notre bivouac à Karatsu , les Japonais eux-mêmes sont surpris de telles températures. Le réchauffement climatique, c’est pour tout le monde.

Karatsu, une belle ville côtière dominée par son château.

Première balade à pied par la plage de notre bivouac au château.
Construit de 1602 à 1608. Entièrement détruit en 1872. Le château surnommé Château de la grue dansante (pas celle de Poclain …) a été entièrement reconstruit en 1966. Trop neuf pour nous.
C’est le lieu qu’on a choisi pour planter notre tente. On y restera deux nuits.
Devant le chapeau de Napoléon .
C’est là que passeront deux Français en voyage au Japon pour la sixième fois ! Un séjour de trois semaines tous les deux ans.
Vue de notre porte.
Vue du château. Notre tente est sur la plage au fond à gauche.
A cet instant, Pierre ne sait pas encore qu’un robot arrive dans son dos pour nous servir. Une petite musique l’accompagne (le robot, pas Pierre). On avait déjà vu ça en Corée. Comment supprimer des emplois….
Parfois le navigateur nous fait passer près des voitures. On n’aime pas ça. Ce n’est pas souvent mais ça arrive.
C’est mieux que la route mais on n’avance pas.
Bivouac dans un parc. Les toilettes extérieures toujours impeccables d’une grande surface juste à côté nous permettent de faire…notre toilette. Toujours toilettes au siège chauffant, douchettes, savon. Miroir.
Parfois tuiles vernissées.
Les trottoirs sont souvent très larges et en l’absence de réelle piste cyclable, on est autorisé à y rouler. Partout des bandes en relief pour les personnes non voyantes.
Ici on remarque que le riz est plus jaune qu’en Corée. On ne sait pas si c’est une autre espèce ou si c’est une question de maturité…on va se renseigner…
Sur la route, de Karatsu à Yanagawa.

Yanagawa est appelée la Venise de Kyushu. Notre avis : Oui parce qu’elle est quadrillée de canaux. Non parce qu’il n’y a ni palais ni ponts (nippons!) remarquables.

Pas de doute. On est au Japon. Photos de mariage.
Shoji et tatami.
On reparlera du shintoïsme dans un autre article.
Le pays des origamis. Les derniers qu’on a vus étaient à …Pont à Mousson !
Notre gondolier…beaucoup d’explications mais tout en japonais. En revanche, il a bien chanté.
On est les seuls occidentaux dans tous les bateaux.
Repas typique japonais : concombre, salade verte, macédoine, porc avec chou fermenté, riz, bouillon au tofu et melon. Très bon. Petites quantités. On a payé 25 € pour deux personnes.
On s’est faits des copains sur la barque. Trois étudiants de Kobe, en balade pour la journée. Trois styles différents.
De belles suspensions faites dans la région en l’honneur de la naissance d’une fille !
A force de manger uniquement des algues et du radis noir, même les ours n’ont pas de ventre !
Fruits du Ginckgo biloba. On les appelle les abricots dorés.
Tous les jours dans les campagnes, aigrettes et hérons cendrés s’envolent à notre passage. Il a fallu qu’on soit en barque pour pouvoir en photographier un. Ce sont les oiseaux qu’on voit le plus avec les corbeaux.

Et n’oubliez pas : À quoi servent ces consignes ?

JAPON Article 14. Arrivée au Japon

Dernières vues de Busan.
On n’a pas fini d’entendre parler de Busan qui se dit prête pour l’expo universelle 2030.

Un petit récapitulatif sur la Corée pour les cyclistes.

Environ 1700 km parcourus à vélo sur 27 jours pédalés et 36 jours en tout dans le pays. Dénivelé total: on ne sait pas. On le voit juste chaque jour et à chaque jour suffit sa peine…

1 trajet d’une heure en train pour rejoindre Danyang. 1 trajet en bus vers Gwangju.

Zéro crevaison pour nos deux vélos. Merci Schwalb Marathon !

Pierre: 6 déraillements. Mireille : 1 déraillement mais 2 vis de selle cassées.

À notre grande surprise, on n’aura pas rencontré d’autres cyclos voyageurs. Une fois, un Italien, en arrivant à Busan, sur le bord de la route deux minutes, qui arrivait du Japon.

La Corée : un très beau pays à faire à vélo, de magnifiques itinéraires sans grosses difficultés, des gens tellement sympas. Le plus difficile à supporter pour nous a été la chaleur.

TRAVERSÉE DE LA CORÉE AU JAPON du 8 au 9 septembre.

On pensait traverser la mer du Japon dans la journée avec la compagnie Queen Beetle. Mais au guichet, la fille nous apprend que si nos bagages incluant les vélos font plus de 30 kg, on n’embarque pas. De 20 à 30kg, on paie un surplus mais au-delà, le billet est annulé. On n’a aucun moyen de savoir quel poids on a exactement, on ne veut pas prendre de risques, et puis ce ferry arrive en fin de journée, et nous on préfère arriver le matin. On a donc décidé de prendre l’autre compagnie qui fait la traversée de nuit, le New Camellia. On a pris la formule la moins chère, en dortoir. Quatre catégories de prix. Arrivée vers 7 heures le lendemain matin. Pas de restaurant, on part à 22h30 mais possibilité de monter de la nourriture à bord. On est dans le port maritime depuis 16 h et on a embarqué ã 19h30. Petit déjeuner japonais à régler le lendemain.

A Busan, la compagnie maritime a confisqué notre bouteille de gaz.

Au revoir Busan.
Et voilà le dortoir. Le futon est plié, petite couverture et le pavé marron est l’oreiller. Le casier au-dessus sert à ranger ses affaires.
On aura de la chance car on aurait pu être onze et on sera trois avec un petit papi tout discret qui s’est installé à l’autre bout du dortoir. Le lendemain matin, il avait disparu. On a dû trop ronfler…

Sur le bateau, on a fait la connaissance de deux cyclistes coréens avec lesquels on a passé la soirée. Ils n’ont que deux jours pour pédaler et le troisième pour rentrer à Busan. 125 km par jour. Que du muscle et de l’entraînement en club. Bravo !

Photo qu’ils nous ont envoyée du mont Aso où on doit aller.
Premier petit déjeuner japonais : toujours le Kimchi ( chou fermenté), des alevins, une coupelle de haricots très durs, une soupe d’algues et bol de riz. C’est pas mauvais mais un quart d’heure plus tard, on a faim et on rêve de tartines grillées beurrées ( demi-sel bien sûr).
Soleil levant au Pays du Soleil Levant. île de Kyûshû, la plus au Sud.

A la douane, côté japonais, je pensais que l’homme allait me parler du contenu de mes sacoches et il me dit: French ? Yes. Rugby ? No. Yes. France win against New Zealand. Ah ! C’est comme ça qu’on a appris qu’on avait gagné ! Cool le douanier.

Une nouvelle aventure commence. Et pour l’instant, elle commence très bien.

Bivouac de la nuit dernière et de ce soir à Karatsu, sud de Fukuoka. On est actuellement dans un salon d’hôtel pour le wifi afin de taper cet article et on repart maintenant à la lampe frontale vers la plage retrouver notre sweet home. À bientôt.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 13. Corée et Coréens (2)

Toute médaille, même celle de l’excellence, a un revers. L’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Ce n’est jamais aussi simple. Les points négatifs qu’on va décrire ne signifient pas qu’on pense que c’est mieux ou pire dans nos pays occidentaux. À chacun de se faire son opinion.

Ce qu’on écrit maintenant vient de ce que des gens d’ici nous ont dit et de nos lectures sur la Corée, notamment le livre très intéressant : « La Corée du Sud en 100 questions. La tyrannie de l’excellence. » De Juliette Morillot. Parce qu’on lit aussi. Si jamais des Coréens nous lisent et ne sont pas d’accord, faites le nous savoir et merci d’avance ! C’est ça l’esprit critique !

La gentillesse et l’aide dont on a été témoins…oui.

Mais on est Blanc. On a la bonne couleur. Qu’on le veuille ou non, qu’on en soit conscient ou non, c’est très souvent un avantage. Il y a l’attrait de l’Occidental. En Corée du moins. Yang, d’origine chinoise, était moins enthousiaste que nous sur l’aide apportée. À Séoul, quand il demandait un renseignement, la personne parfois continuait son chemin sans s’arrêter.

Le confucianisme. Le respect de la hiérarchie, de la famille, des codes. Cela implique qu’il faut aussi savoir remercier ses supérieurs, accepter des brimades, graisser la patte du professeur pour que le fiston ait toutes les chances de réussir. Corruption. A tous les niveaux.

Fragilisation du « il faut obéir à ton supérieur » depuis le terrible drame du Sewol, ferry qui a fait naufrage en 2014. 476 passagers dont 325 lycéens et 15 profs. Chacun attend des ordres de ses supérieurs qui n’arrivent pas. Des négligences à toutes les étapes. La Corée refuse l’aide du Japon et des USA. Le capitaine se sauve ( condamné par la suite) , les profs disent aux élèves d’attendre dans les cabines…alors que l’eau envahit déjà le navire. Les parents qui ont leurs enfants au téléphone leur disent d’obéir à leurs profs. La mort en direct de leurs enfants. Seuls ceux qui ont désobei en refusant de retourner dans le bateau et en sautant dans les bateaux de secours ont survécu.

Le système scolaire. Excellent ? Le meilleur du monde ? À quel prix? Après la journée de cours, la majorité des élèves suit des cours le soir. Pas des cours de rattrapage. Des cours d’avance. Pour être le meilleur, pour être dans les élus. Du coup, certains dorment en classe car trop fatigués et ils connaissent déjà le programme de la journée. L’autre jour on en parlait avec un Coréen et on lui disait: en Corée que souhaite un parent à son enfant ? Il a répondu : un bon métier, gagner beaucoup d’argent. Nous on a dit qu’il nous semblait que la réponse la plus répandue en France serait : qu’il soit heureux. Ça l’a fait sourire.

Résultat : énormément de suicides chez les jeunes Coréens. Le jour de l’examen, équivalent du bac, un truc de fou, tout le pays retient son souffle : les taxis sont réquisitionnés par de nombreuses familles pour être sûres d’être à l’heure. Les horaires des avions sont décalés pour ne pas perturber ! Les familles partent au temple. Ce jour-là, les gamins planchent 9 heures d’affilée sur….des QCM ! Que de la mémorisation. Heu….c’est quoi, développer une pensée ? Donner son avis ? Avoir un esprit critique? Voltaire et Descartes ne sont pas Coréens.

L’économie. Oui, les Coréens travaillent énormément….et boivent énormément. Il faut évacuer la tension qu’il y a au travail, la frustration, le harcèlement ou la honte que peut infliger le supérieur. Il semble que certaines choses soient aujourd’hui condamnables. Exemple.

Il y a quelque temps, une charmante fille à papa, vice présidente de la compagnie Korean air, a fait revenir un avion à son point de départ parce que, selon elle , les cacahuètes étaient mal servies ! Elle a obligé le steward à se mettre à genoux devant elle, insultes etc. Mais finalement, l’opinion s’est rebellée et elle a abandonné son poste avec, je crois, des condamnations. Quand même, la présentation des cacahuètes…c’est important…non mais…où va t’on….

Les Chaebols, ce sont les plus grosses entreprises du pays qui sont toujours dirigées par des membres de la famille, comme Samsung, Hyundai, SK Group, et LG. Un pouvoir énorme.

Hier on a appris que les Coréens auraient un jour férié de plus en octobre pour relancer l’économie. Aujourd’hui, en arrivant sur le parc maritime de Jinhae, on a cru que c’était fermé. Quasiment que nous. On est en semaine. Tout le monde travaille.

Il y a de l’argent en Corée mais pas pour les personnes âgées . Enfin, les premières retraites sont apparues seulement depuis les années 1990. Alors, depuis Séoul, on voit des petits vieux ramasser des cartons ou du plastique pour gagner quelques wons. La société ne les voit pas. Autrefois, les enfants s’occupaient des parents. C’est passé de mode et les parents ne veulent rien demander aux enfants dont certains connaissent le chômage. Pour les mamies, il y a aussi la prostitution aux abords de quelques parcs à Séoul. Incroyable. Et pourtant c’est cette génération qui a travaillé le plus dur avec seulement 3 jours de vacances dans l’année !!! On espère qu’ils avaient beau temps….

On ne sait pas si la Corée est le premier pays à utiliser le feu vert…

…et le feu rouge aux passages pour piétons . Si tu dépasses d’un pied, le feu te réprimande ! Big brother is Watching you.

Et savez vous pourquoi des feux à cet endroit ?????

Eh bien parce que le monde ne lève plus les yeux ! On regarde le portable !!! Alors les feux sont au sol.

« Faut-il pleurer ?

Faut-il en rire ?

Je n’ai pas le cœur à le dire, chantait l’ami Ferrat. »

Ça m’a donné un coup de blues cet article.

Bon, allez, depuis le jour de la selle cassée, deux très belles journées auprès de la baie de Jinhae avec vue sur des îles.

Le vélo comme ça, j’aime bien.

Demain Busan.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 12. Corée et Coréens (1)

L’heure est au bilan sur notre voyage en Corée puisque c’est après demain vendredi 8 septembre au soir que nous prendrons le bateau de nuit pour nous réveiller au Japon.

Mais auparavant , quelques photos de marché dans un village traversé.

CHANGWON, grande ville à une soixantaine de kilomètres de retour vers Busan. Nous y sommes restés deux nuits.
L’être humain. Humilité. Justice. Honnêteté. De la grande littérature !
Le temple Daegwangsa.
Au loin la baie de Jinhae vers laquelle nous pédalerons.
Une bambouseraie.
De nombreux Ginkgo biloba en Corée,reconnaissables aux feuilles en éventail, et connus pour avoir été le premier arbre à repousser après l’explosion de la bombe à Hiroshima. Il peut vivre plus de 1000 ans.

Notre expérience de la Corée.

On a beaucoup apprécié ce pays et ses habitants. Face à deux Français parlant deux mots de coréen et pas un de plus, on a plusieurs fois décrit leur incroyable disponibilité et gentillesse à nous aider et à échanger. Un dernier exemple de galère. Seulement une petite de temps en temps…mais ça stimule l’instinct de survie.

Eungwang nous avait prévenus que le retour vers Busan n’était pas encore vraiment pensé pour les cyclistes…Le jour où on s’est quittés, effectivement, on a beaucoup roulé le long des routes pour voitures sous la pluie. Et, à nouveau, dans une côte, la vis de ma selle se casse !!! On avait fait remarquer que la nouvelle vis était plus fine que l’ancienne mais notre réparateur n’avait que celle-ci. Mais là, la situation est plus compliquée que la première fois.

Je ne peux pas du tout conduire mon vélo car, comme on n’a avec nous qu’une sacoche puisque les autres nous attendent à Busan, je n’ai pas la grande sacoche transversale sur laquelle m’asseoir. Et puis en pleine côte, l’exercice aurait été difficile. Le long d’une voie rapide à deux fois trois voies, sous la pluie bien sûr – sinon ce serait moins drôle – avec des voitures qui foncent à toute allure….la fête.

Du bord de la route, ma selle à la main, la jambe gauche qui saigne suite à un bon coup de pédale dans le tibia, un petit œuf de pigeon s’est formé sous le genou, je n’ai pas mal mais ça fait son petit effet, je cherche à arrêter un pickup, véhicule qu’on voit souvent. L’idée est d’y mettre au moins mon vélo et de se faire déposer à la prochaine ville qui est à 8 kms environ. Mais même s’il le voulait, s’arrêter est quasi impossible.

On décide alors de rouler les vélos jusqu’aux prochains feux. Un van est garé, le gars est vraiment désolé mais son van est chargé. Feu rouge. Un pickup sur la voie du milieu. Je m’avance. Le gars baisse sa vitre, me voit la selle à la main, sourit, se gare, saute du véhicule, attrape nos deux vélos pour les mettre à l’arrière. Je lui montre sur le gps où se trouve un atelier vélo mais visiblement, il sait où il va. Il est presque 12h30.

Il s’arrête devant un atelier vélos. On commence à le remercier pensant qu’il va partir. Mais non. Il rentre dans la boutique avec nous. Ce qui est incroyable pour nous, Français, et on aura vu ça plusieurs fois, la porte du magasin de vélos est grande ouverte…et le propriétaire est parti déjeuner !!! La confiance. On est trois à circuler dans la boutique, personne pour s’inquiéter. Notre chauffeur trouve un numéro de téléphone et l’appelle. Il ne repartira que quand l’autre sera arrivé. Afin de remercier les gens qui nous aident, on a fait faire, avant de partir, des cartes de visite, et j’ai acheté des porte-clefs avec une tour Eiffel. C’est tellement peu pour dire merci mais il est très content. Après Fifibrindacier, Mimicudacier. Oui Pierre, c’est drôle.

Alors La Corée.

Tout d’abord, sa couleur. Que ce soit dans le métro à Séoul ou dans les rues des villes de province, les vêtements de couleur unie dominent. Noir, blanc beige sont les trois couleurs les plus répandues. Viennent ensuite le gris et le jean.

Pour mettre des mots pouvant caractériser ce qu’on a modestement perçu depuis quatre semaines il y a la confiance. On ne nous demande jamais les passeports; on peut laisser nos vélos sans crainte n’importe où; sur les sites touristiques on prête aux visiteurs des parapluies sans aucune garantie de retour; quand on rentre dans une boutique, il n’y a souvent personne. Dans les parcs, les gens laissent leurs sacs sur un banc, leurs chaussures pour marcher pieds nus.

Le bien-être. Les gens sont cools et il nous semble que beaucoup de choses sont mises en place pour que les personnes soient bien. Partout, des parcs, des jardins où souvent de la musique est diffusée, des balancelles, des fontaines, de l’art partout, des appareils de sport utilisés quotidiennement surtout par des personnes âgées, des bains de pied, des soufflettes pour se débarrasser de la poussière à la sortie des parcs, des brumisateurs devant les gares, à certains arrêts de bus. Un pays propre.

On voit très rarement des personnes en surpoids.
Les soufflettes.
Des écuelles à disposition.
Des petites touches perso. aux arrêts de bus…

L’aide qu’on a reçue. L’esprit du confucianisme. Sans précipitation ni agacement, la plus complète possible. La curiosité de savoir d’où on vient, ce qu’on fait à vélo. À chaque fois, des gens heureux d’échanger avec des étrangers.

Un pays pas cher. De belles chambres pour des tarifs allant de 21 à 40 €, en dortoir de quatre c’est encore moins cher, un repas au restaurant pour une moyenne de 8€, très peu d’entrées à payer pour les visites. Des supérettes partout où on achète des makis pour l’équivalent de 1€.

Ce qu’on a appris.

La Corée aux résultats incroyables.

L’économie. En 1960, son PIB est celui du Kenya. En 2020, celui de l’Italie ! Le salaire moyen actuel est de 2270 €, 1% d’écart avec la France. Actuellement, ils travaillent en moyenne 425 h de plus par an que les Français. Ils ont 15 jours de vacances dont seulement la moitié sera effectivement prise. Quasiment tout ce qu’on voit est de marque coréenne.

L’éducation. Pays le plus scolarisé du monde. 70% des 24 à 35 ans ont suivi une formation d’enseignement supérieur.

Très bon système de santé, énorme réseau de transports. Du wifi partout.

Mais….Évidemment il y a plusieurs Mais. L’ autre Corée. Next time.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article11. Le Sud de la Corée du Sud

T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul.

Mais nous , on a voulu voir Gyongju et on a vu Gwangju. Question de prononciation. Manque de maîtrise de la langue. Pas encore bilingue.

L’idée était de prendre le bus pour aller vers le nord de Busan à Gyeongju (sur la carte on avait écrit Train de nuit) et de redescendre le long du littoral à vélo jusqu’à notre départ le 8 septembre pour le Japon. A la durée du voyage dans le bus, 3 h au lieu de 1 h, on a vite compris que quelque chose clochait. En fait on se dirigeait vers l’est, ce qui, finalement, allait nous permettre de rejoindre à vélo la superbe baie de Suncheon, programmée au départ. Tache violette. Savoir s’adapter. Sinon pleurer.

Avant de se précipiter vers Suncheon, nous allons découvrir Gwanju, au nord de Suncheon, très peu fréquenté par les étrangers. La ville est tristement célèbre pour un soulèvement d’étudiants qui demandaient la démocratisation du gouvernement et qui s’est terminé par un massacre perpétré par l’armée. Des morts et des disparitions. C’était le 18 mai 1980. On dit que ce soulèvement est resté un traumatisme pour le pays. C’est le Tien An Men coréen. La Corée du Sud n’avait connu que des régimes autoritaires depuis la fin de la Guerre de Corée. Le pays devint démocratique en 1988.

Elle est appelée la Cloche de la Démocratie sur la place du même nom.

On peut voir le long de la rue où le massacre a eu lieu des stèles de commémoration.

Journée de pluie alors Gwangju aura été pour nous l’occasion d’arpenter le centre culturel asiatique, un peu l’équivalent de Beaubourg, de l’art et des livres. De grands espaces où des jeunes viennent travailler.

Dans l’une des immenses salles, une musique envoûtante accompagne les changements de tableaux sur tous les murs.

On a eu du mal à partir.

Dans une autre salle, Pierre va peindre le tableau.

Trop fort.
Très souvent, les restaurants proposent des barbecues au centre des tables.
La jeune femme ne nous quitte plus et va nous couper la viande en petits morceaux. Un régal pour 7€ par personne…l’ensemble des plats.
Petite hotte individuelle.
La première fois, on a cherché longtemps les gobelets..
Ça tient , même pour boire plusieurs fois.
Et dire que nous on a toujours peur que nos écrans prennent l’eau!

De Gwangju à Suncheon, nous pédalerons dans la journée 95 kms entre rizières et rivières, retenues d’eau, et toujours un nombre de ponts incalculables. La Corée : des montagnes, du vert, de l’eau et des ponts.

On l’a bien mérité.
Et sur la route de Suncheon, des jeunes nous font goûter des friandises.
Enrobés de pâte de riz, certains bonbons sont fourrés aux graines de sésame, d’autres aux haricots rouges sucrés. C’est leur grand truc. Si on m’avait dit qu’un jour….Et bien c’est très bon.
Quand on arrive près de la baie de Suncheon, on découvre d’abord d’immenses jardins qui ont été mis en place en 2013 pour protéger la baie. Cette année, une expo type les Floralies. On laisse nos vélos à l’entrée.
C’est le pont du rêve. 140 000 enfants de 16 pays différents ont concouru pour décorer ce pont.
Les jardins contiennent plus de 5 000 000 de plantes et plus de 800 000 arbres. On n’a pas tout vu !
Le jardinier se repose.
Sous serre.
De la tête au pied, il y a de la place pour tout le monde.
Le pied.
Près des jardins à la Française, un café dans lequel on mangera un pain au chocolat, avec comme musique de fond « je t’aime moi non plus » version Jane Birkin. Quand on repassera dans l’allée, on s’envolera avec Goldman. Mais la serveuse est Ouzbek et n’en revient pas que je lui dise merci en russe.
On retrouve la ville de Nantes près de la baie. On comprend que c’est un bateau-lavoir nantais qui a fait partie d’une exposition et qui a été transformé en café par la suite.

Et puis on prend le SkyKub sur quatre kilomètres pour rejoindre la baie de Suncheon.

Montée vers l’observatoire de Yongsan pour une vue panoramique sur la baie.
On peut y observer 140 espèces d’oiseaux. On fera un tour en bateau pour les voir de plus près. 22 km2 de marécages dont la plus grande concentration de roseaux de toute la Corée.

Nous allons longer à vélo une bonne partie de la journée la baie jusqu’à Yeosu plus au sud.

Villages aux toitures encore traditionnelles.
La tête dans le riz.

A Yeosu, nous dormons chez Eungwang, 27 ans, via le site Warmshowers. Un super accueil et ce matin petit déjeuner coréen : soupe de poissons et bol de riz. Délicieux. Eungwang qui travaillait aujourd’hui samedi, a pris le temps de nous accompagner sur les premiers kilomètres de cette nouvelle journée pour bien nous aiguiller. Hier soir, échanges autour de la Corée et de la France qu’il a parcourue lors d’un tour d’Europe à vélo il y a quelques années. On apprend que le service militaire dure 18 mois, qu’il est officier, que les Coréens ont deux semaines de vacances par an mais qu’ils peuvent réussir à avoir parfois un jour par mois de plus de congé. Ils travaillent cinq ou six jours par semaine, selon le métier. Eungwang nous a expliqué, que question pistes cyclables, la Corée a développé plusieurs axes nord-sud, dont celui des quatre rivières mais que traverser dans la largeur est, pour le moment, plus difficile. Le lendemain, on n’a pas été déçus!

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 10. BUSAN aux multiples facettes.

Busan. Deuxième ville du pays après Séoul. Le plus grand port de Corée. Cinquième port mondial pour le trafic de conteneurs. Une ville démesurée et 3 660 000 habitants. Quand on est arrivés à la borne des 4 rivières, on a programmé une guesthouse assez centrale, pas chère et le GPS indiquait 12 kms pour la rejoindre. Du port au terminal de bus, 20 kms ! Certains quartiers sont à flanc de colline. Une immense toile d’araignée.

Premières impressions.

Quand on est cyclovoyageur, c’est pour rouler à son rythme dans des endroits tranquilles, un peu retirés, près de la nature, seul ou à deux, et les arrivées dans les grandes villes sont souvent une épreuve. On a connu plusieurs cyclistes qui systématiquement évitaient les villes. Pas nous. Ce serait se priver d’une grande partie du pays et de sa culture puisqu’aujourd’hui, l’urbanisation du monde abrite 55% des Terriens. MAIS.

Les premiers coups de pédale dans les grandes villes sont toujours source de stress et d’agression pour nos sens. On quitte le calme, la lenteur, le silence, la sécurité pour se retrouver dans des embouteillages, le bruit, les gens, les pots d’échappement, des routes à plusieurs voies dont parfois on peine à comprendre par où on va bien pouvoir passer, les chaussées à partager avec les automobilistes, des feux, des directions qu’on ne peut pas prendre parce que c’est interdit aux vélos ou bien parce qu’on est gênés pour tourner . Mais jamais en Corée, il n’y a eu le moindre souci avec un conducteur. Très respectueux. Mais dès qu’on a trouvé l’hébergement, on range les vélos, on est heureux de marcher, de prendre le bus ou le métro si besoin.

Busan, comme toute grande ville, nous a malmenés les premières heures parce qu’en plus, on arrive en pleine chaleur et qu’on retrouve des côtes pour aller dans certains secteurs. Comme la ville est très étendue, il faut beaucoup de temps pour se rendre d’un secteur à un autre. Mais c’est une ville également très attractive.

Ville incroyable. D’un côté de grands axes de circulation où les grosses voitures coréennes règnent en maître, des arrondissements hyper modernes avec néons et immeubles futuristes, puis des quartiers populaires aux petites rues avec très peu de voitures, pleins de vie comme le nôtre , et un quartier célèbre, Gamcheon, tout en couleurs où habitaient autrefois les réfugiés de la guerre de Corée dans des bidonvilles réhabilités en 2009 par les villageois eux-mêmes ainsi que des artistes. Aujourd’hui c’est un incontournable pour les touristes où on retrouve avec surprise un personnage que le monde entier lit et nous envie…

Et puis Busan, c’est la mer. La mer qui travaille avec ses dockers, ses ports, le plus gros marché de poissons du pays, la mer qui repose avec ses longues plages de sable, ses nombreux chemins de randonnée, la mer qui amuse avec son skywalk, ses téléphériques, ses spectacles. Si je devais étudier en Corée, je préférerais Busan à Séoul pour la mer omniprésente. Mais bon. Je ne vais pas étudier en Corée.

Un samedi soir à Busan. Hip-hop, spectacle de drones. Tous les samedis, un thème différent.

Le haut des tours change de couleur, le pont également.

En arrivant à Busan, on a d’abord pensé camping …qu’on a trouvé…

….et vite fui ! Il fait autour de 38° à l’ombre et l’ombre, il n’y en a pas. Pas un arbre ni une salle commune. En fait le camping est juste à côté du port maritime d’où partent les ferrys pour le Japon. Les gens n’y passent qu’une nuit s’ils ne peuvent pas faire autrement. Nous on peut faire autrement !

On a finalement choisi une guest house où on restera quatre nuits. On y reviendra la veille de notre traversée pour le Japon. Ça y est, on a les billets. Ce sera le 8 septembre.

Notre sèche linge. Le toit de la guesthouse.
Pour 28€ la chambre, on a en plus de la chambre cet espace avec dosettes de café, bouilloire, micro ondes et lave linge gratuit à gauche avec lessive fournie. Toutes les chambres des motels ont la clim et un trousseau dans lequel on a tous les accessoires de toilette. C’est un peu plus cher le week-end mais le gérant nous a laissé les quatre nuits au même prix. On commence à s’habituer à toutes ces marques de gentillesse….on va être très exigeant de retour en France…

Notre quartier.

Busan, à 2 heures de bus du centre, c’est aussi le temple Yonggunsa perché sur des rochers mais, fait rarissime, situé devant la mer.

Le site est magnifique.
Enfin un moine, un vrai, qui psalmodie tout seul.
Bling bling Bouddha
Les Coréens écrivent souvent des vœux sur des cœurs, des feuilles. Ici les feuilles de figuier sont le symbole du Bouddha puisque c’est sous un figuier qu’il a eu le satori en Inde près de Bénarès.

Très beau mais pour nous, trop de dorures, trop de touristes, trop de pacotilles, trop de trop. On va vite trouver un chemin côtier et partir au hasard le long de la mer et je ne résisterai pas à piquer une tête toute habillée, c’était trop tentant ! Mais au fait….dans quelle mer ? L’affaire est politique. Pour les Coréens, il s’agit de la East sea, la mer orientale ou mer de l’est mais pour les Japonais, c’est la mer du Japon.

Les Coréens se baignent tous en combinaison de plongée, les enfants aussi. Et pourtant, qu’est-ce qu’elle est bonne ! On n’a vu personne nager. Ça barbote.

Quartier Songdo

Busan a aussi sa sirène, mignonne devant…
Mais quand on voit sa queue….au secours Andersen!
On le trouve courageux le garçon.
La Corée est le pays des tours. Comme dans de nombreux pays asiatiques, les quartiers traditionnels ont été rasés pour loger tout le monde à la verticale. La densité de population coréenne est 5 fois supérieure à celle de la France. Les Coréens rêvent de vivre dans ces tours dont les appartements sont très bien conçus. Et vue imprenable.

Au début, ça nous amusait de voir les numéros des immeubles si haut perchés. Tiens, le facteur fait sa tournée en hélico ! Mais c’est ingénieux car visible de loin alors que le pied des tours est dissimulé par des parcs ou jardins.

Photo antérieure à Busan.
Balade en téléphérique au-dessus de l’eau. Les œufs sans la Bastille (là il faut être Isérois…).
Pierre , comme tous les passagers, a eu le droit à une sucette. Plaisir fugace.

Et voilà le quartier aux mille couleurs de Gamcheon.

Avant dans les années 50 c’était ça :

Comme Matera en Italie ou bien Communa 13 à Medellin, les habitants sont devenus fiers de ce qu’ils ont fait de leur quartier.

La mer n’est jamais loin.
Des allées étroites où vivent toujours les habitants.
Du linge qui sèche, c’est la vie qui est là.
Cœurs de vœux. Vœux de cœur.

En céramique.
On a fatigué la dame.

Mais ce personnage que le monde lit et nous envie…

Mais oui, le petit Prince sur toutes les coutures…Un panneau explique qu’il a fait une halte au village de Gamcheon au milieu de son voyage pour venir le contempler.

File d’attente pour faire les photos.
On se croirait à Lyon !
Dans le village, raviolis farci
Le soir dans notre rue. Soupe d’amandes. De jolies couleurs mais l’ensemble est fade.

Le lendemain, Jachali Market. Que des produits de la mer.

Moules et palourdes sont énormes.
Objet Flottant Non identifié . On n’a pas goûté.
Une rebelle. Elle a compris.
Repas pris au marché. Comme la veille, c’est joli le poisson cru mais c’est fade.
Tous les étals sont impeccables.
Au sud de la ville, un superbe endroit.
Le skywalk pour quelques frissons.
Cette côte en plein cœur de Busan dont on retrouve les tours…
…des deux côtés.

Au fait, le propriétaire du passeport vélo m’a répondu !

Dear Ms. Mireille

Welcome to Korea !!!

I hope you have a good riding tour in Korean beautifu ways along rivers, and mountains.

I appreciate your kind and honest mail for the bike passport.

Unfortunately I lost my passport on the way of Andong dam.

Congratulations on your completion of the Grand Slam in Korean riding ways.

You can keep the passport as a good memory in Korean riding tour.

But, please delete my personal information(Address, Biith date, Pnone no. etc) in the passport.

I think you and your husbund have the good choice of the riding tour.

I hope you have the wonderful tour in the next place of Japan.

Good luck and Happy !!!

Il avait bien perdu son passeport des quatre rivières mais il me dit de le garder en souvenir de notre voyage à vélo en Corée.

Un quartier russe/ ouzbek dans…Chinatown. Sur une seule rue. Ça parle russe dans tous les coins.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante…

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 9. Fin de la Voie des quatre rivières

Depuis vendredi, nous sommes arrivés à Busan, ville marquant la fin de la voie des quatre rivières mais pas la fin de notre périple en Corée puisque nous traverserons seulement le 8 septembre vers le Japon. On aurait pu aller d’abord visiter la ville de Gyeongju à l’est de Daegu mais on a préféré terminer la voie des quatre rivières direction Busan, qui finit en beauté. Faire le choix de Busan maintenant va nous permettre de laisser des sacoches ici et de voyager plus léger, en étoile, pour ces derniers jours en terre coréenne.

Sur le bord du chemin…

Pierre souffre beaucoup de la chaleur. Pauses bien appréciées.

Mais tout d’abord, parlons de ces trois derniers jours avant Busan. Via Couchsurfing, on fait la connaissance de Bo Kyu chez qui nous avons été hébergés à Daegu dans son appartement. Homme charmant de 75 ans (il en fait 10 de moins), drôle et cultivé, Bo Kyu nous a reçus comme on reçoit des amis de longue date. Après une journée d’une centaine de kilomètres sous une chaleur accablante, il comprend vite tous nos besoins. Bo Kyu est un homme qui a beaucoup voyagé et continue notamment en parcourant l’Asie centrale par la route de la Soie. Il repart en septembre. Entre vélo, golf et natation, il garde la forme !

L’arrivée étant compliquée, Bo Kyu est venu à vélo à notre rencontre. Il sent qu’on a besoin de souffler avant de poursuivre jusque chez lui alors on s’arrête dans un coffee shop et nous offre boissons et friandises.
Impossible de lui offrir le restaurant pour le remercier de nous héberger, c’est nous qui sommes ses invités. Soupe avec tranches de viande coupées très fines. On s’est régalés.

C’est avec regret mais avec un ami en plus que nous poursuivons le chemin en souhaitant vraiment nous retrouver en France ou ailleurs. We keep in touch.

Plus loin, sur la route, la belle voix grave d’un vieux moine résonne au son d’un mokugyo (percussion en bois utilisée dans les temples) et on se dit qu’on va la suivre. Ce n’est pas difficile car la voie cyclable rejoint la voix du moine. On longe le temple.

Kannon, la déesse de la compassion. Son petit nom en japonais. Sinon, c’est Guanyin en chinois ou Avalokitesvara en Hindi. Kannon, c’est quand même plus simple.
Toujours un drum.
On ne sait pas s’il téléphone ou s’il a mal aux dents.
Tout mignons les moinillons.
Ça change des trois singes.
Ce qui est dommage, c’est qu’on ne voit jamais les moines dans les temples chanter les sutras ou méditer. La voix entendue depuis des kilomètres sort d’un haut-parleur et on ne verra jamais le chanteur.
On est repartis vers les hauteurs.

Une pause café, le client derrière nous voit nos vélos et part acheter deux boîtes de gâteaux dans une épicerie. Il retraverse la rue pour nous les offrir car, nous dit-il, il ne faut pas manquer d’énergie! On lui dit qu’on pensera à lui en les mangeant ! Ça le fait rire.

Le lendemain, le temps est pluvieux. C’est le jour où on devrait atteindre Busan. Mais finalement non. Au moment de pousser pour amorcer une côte, bing, je sens que ma selle n’est plus d’accord et j’ai des pièces métalliques qui tombent sur la chaussée. J’ai cassé ma selle ! Non, pas vraiment. C’est la vis de fixation de la selle qui s’est cassée en deux. Évidemment dans la campagne sous la pluie. Fine la pluie, mais quand même.

Ce qui reste de la vis est évidemment trop court.

Pierre avait des vis dans sa trousse de réparation mais trop courtes, les vis! Dans les dix minutes qui suivent, quatre cyclos arrivent et s’arrêtent. Le plus jeune nous indique tout de suite un magasin de vélos à moins de 2 kms. Je vais rouler sans selle comme font les gamins, en m’asseyant sur mes sacoches du porte-bagages. Ça roule. Il pleut de plus en plus, le mécano ne nous fera pas payer la réparation et on restera dormir sur place.

Le lendemain sera une très belle journée, la dernière sur la Voie des quatre rivières.

J’entends du saxo en passant près d’un pont. Il faut que j’aille voir. Et là, je découvre un homme qui joue pour lui tout seul. Il doit habiter dans les tours de l’autre côté de la quatre voies. Ici il ne dérange personne et c’est très beau.
On a toujours l’impression de croiser le GIGN sur les pistes. Les Coréens ne laissent, la plupart du temps, pas un cm de peau au soleil. Ils enfilent des manches comme nous des chaussettes de contention.
À nouveau, on retrouve des aires de repos sympas, c’est l’approche de Busan qui, sûrement, permet cela.
Bo Kyu avait raison : la fin des quatre rivières est magnifique. Il aurait été dommage de ne pas la faire.

Juste avant d’entrer dans la ville de Busan, une très longue voie verte nous fait rouler le long d’une quatre voies. On n’en peut plus du bruit des voitures. Il faut slalomer entre les piétons et s’arrêter régulièrement aux intersections. Mais on s’approche.

Ça sent l’écurie…

Enfin, on traverse un dernier pont, on trouve le dernier tampon et on voit qui? Le jeune qui s’était arrêté et nous avait indiqué le magasin de vélos une soixantaine de kilomètres plus tôt ! Incroyable. Il est arrivé la veille à Busan et repart chez lui. Il n’avait que peu de jours de congés et n’a pu faire que les trois dernières étapes.

Voici l’endroit précis qui marque l’arrivée…
…ou le départ pour ceux qui la font du Sud vers le Nord.

Pour en finir avec la voie des quatre rivières, j’avais parlé d’un passeport qu’on fait tamponner aux différentes étapes du chemin. Comme on ne l’avait pas acheté, je mettais les coups de tampon sur un petit bloc Rhodia. Et voilà que le soir du bivouac aux moustiques, je trouve sous un abri dans un tiroir, un passeport des quatre rivières ayant appartenu à un Coréen de 1963, qui a parcouru plusieurs voies cyclables de Corée en 2017 et 2018. Je l’ai gardé, et complété. C’est ce que je tiens à la main. Mais comme je n’aime pas garder quelque chose qui n’est pas à moi, je lui ai envoyé un mail, il y avait des cartes de visite à l’intérieur. S’il veut le récupérer, je le laisserai dans un hôtel à Busan. Sinon, je serai contente de le ramener en France.

À l’entrée de Busan on aura parcouru 977 km.
Sous un abri juste à côté, on enlève le couvercle et on met les pieds dans le plat. Quel délice ! Pour une fois que le lavabo est parterre…

À très bientôt pour vous parler de Busan où on sera restés quatre nuits.

CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 8. Bivouac et haute technologie

Après la journée passée à visiter le village de Hahoe de Andong, nous avons repris la route avec l’intention de bivouaquer dès qu’un endroit nous paraîtrait convenir.

Dans la région, ce sont des fous du vélo. Le lendemain, on visitera un musée du vélo incroyable qu’on découvrira par hasard.

Les cyclistes nous font souvent un petit signe de la main, un pouce en l’air ou bien nous invitent à boire un café. Rencontres éphémères mais qui font du bien. On n’a pas encore croisé un cycliste occidental depuis le début.

Depuis Danyang, on a changé de province et la voie des quatre rivières est plus sobre. Beaucoup moins de points d’eau, plus de gargotes où manger le long des voies, il faut être plus prudent. En fin de journée, on a pris un repas à la sortie du village des masques où on a rencontré une Luxembourgeoise venue apprendre…le Coréen.

Nous pédalons entre collines boisées à forte pente, rizières, élevages bovins, des kilomètres de serres. Un nombre incroyable de ponts souvent surmontés de structures imposantes éclairées le soir et souvent changeant de couleur. On ne compte plus les barrages rencontrés. Les côtes de 7 à 12% ne sont en général pas très longues. Tant mieux.

Bon. L’heure est à se poser.

Cet endroit nous semble parfait même si, pour une fois, il n’y a pas de point d’eau dans les sanitaires. Les gourdes sont pleines, on a déjà mangé. Trois bâtiments : le plus éloigné avec petite terrasse où on finira par s’installer est un bureau de gestion de la rivière, le bâtiment gris les sanitaires et la cabane sert au stockage du matériel. On peut lire les panneaux en coréen grâce à un jeune qui nous a fait découvrir Google Lens. On prend une photo du panneau et on demande la traduction du coréen en français.

Peu à peu, le ciel va s’assombrir et on craint la pluie. On se dit qu’il est plus judicieux de remballer la tente et de se mettre directement sous la tonnelle du bâtiment blanc.
C’est quand même drôle ce genre de panneau. Seul le titre est en anglais ! On est bien avancés. Mais on est persuadés que dans quatre ou cinq ans, tous les panneaux seront en anglais tellement la Corée a le vent en poupe.
On a le plaisir de voir la rivière même si elle est inaccessible.

En fait il ne pleuvra pas et il n’y a plus d’air. C’est seulement la deuxième fois depuis le début du voyage qu’on ne peut pas se laver. Bien sûr, on a des lingettes mais avec la chaleur, on est tout collants! Surtout les mains. Mais on ne veut pas se les laver avec l’eau des gourdes car on part du principe qu’il vaut mieux rester vivant les mains sales que mort de soif les mains propres. Et comme on ne sait pas quand on retrouvera de l’eau….Soudain, des centaines de cris de poulets en contrebas…on est juste au-dessus d’une exploitation ! Mais les gallinacés, ça finit par s’endormir…pas nous, parce que les moustiques prennent la relève.

Ils ont dormi toute la journée pour être en forme. C’est la nuit. On sent à peine une baisse des températures. Deux options : dans le duvet et là, on étuve à petit feu. N’oublions pas que ce sera l’automne quand nous serons au Japon donc duvet bien chaud. Ou bien: dormir dessus et là c’est la fête pour les moustiques. Pierre me nargue dans son sac à viande en soie mais les moustiques le piquent à travers. Et puis c’est lâche un moustique. Il attaque dans le dos, à travers le t-shirt. Trop heureux d’avoir cette nuit deux gros fruits exotiques bien juteux et dorés à souhait à se mettre sous la trompe ! Vers trois heures du matin, je décide d’aller promener mes moustiques sur la voie cyclable. Au moins ça occupe. Ça fait passer la nuit. Un petit peu. Mais c’est long quand même, une nuit de chaleur sans douche et pleine de moustiques avec 80 km dans les mollets et ailleurs. Si on m’avait dit le lendemain matin qu’on allait faire une journée de 100 kms sans avoir fermé l’œil de la nuit, j’aurais dit aux moustiques. Allez-y. Finissez nous. A consommer sur place. C’est du Bio made in France. Heureusement, nous ne savons pas ce que chaque journée nous réserve et c’est mieux ainsi.

Parce que le lendemain fut à nouveau une belle journée. À nouveau, la gentillesse du responsable du musée du vélo qui nous appelle, va nous guider, nous offre à boire, s’assure qu’on prenne la bonne route pour repartir.

On reste songeur….
Monter et descendre de ce vélo. Tout un art.
Vélos du futur.
Pour emmener les copines…
On se retrouve attablés avec un club de cyclistes.

La journée est bien avancée, le vent souffle de plus en plus, latéral, on veut une bonne nuit, à l’abri des poulets et des moustiques. Sur les conseils de ces deux cyclistes, on se retrouve dans un hôtel.

Pierre me dit : c’est pour ranger les vélos ? Bah non. C’est la chambre. On cherche le lit. La dame nous montre le placard. C’est la première fois qu’on dort sur un futon. Pas plus épais que notre matelas gonflable. Mais une douche, une Clim et pas de moustiques. Le Paradis.
Zen la chambre.

L’ART DE LA CLAQUETTE

On ne pénètre jamais dans une pièce en chaussures. On les laisse dehors ou dans le sas et on prend…une première paire de claquettes.

Ici sur une plaque magnétique.
Mais quand vous allez dans la salle de bain, une autre paire vous attend…
…qui n’est pas celle des toilettes…qu’on laisse bien sûr avant de sortir pour le prochain utilisateur des lieux.
On a pensé à un frigo….
Mais avec des cintres, ça s’appelle une penderie… qui sèche les vêtements.
Voilà qui remplace notre bon vieux rouleau de papier toilette. Mais sans la maîtrise, quelques surprises. Si vous vous levez avant d’avoir arrêté le jet qui fait vos ablutions intimes, le jet continue et prend de la hauteur ! En fait il y a un bouton pour le stopper qu’on n’avait pas encore trouvé. C’est comme ça qu’à l’aéroport, je suis sortie des toilettes avec le dos mouillé et là, sortie un peu précipitamment des wc, Pierre qui était devant la porte a été copieusement arrosé et m’a crié : mais rassieds toi ! On peut également régler la température de l’eau, de l’air de séchage et aussi du siège. Mais bon, on ne veut pas risquer des brûlures dans des zones déjà sinistrées…

Quand on vous dit qu’on ne s’ennuie pas…