Japon Article 37. Le FUJI SAN (partie 2).

Le quatrième lac, le lac KAWAGUCHI, à 831 m d’altitude, sera, avec le lac MOTOSU, celui qu’on aura admiré le plus puisqu’on aura planté la tente sur ses rives. Il est l’un des plus fréquentés par les touristes, japonais et étrangers, en cette saison automnale pour le reflet qu’il offre du Mont Fuji.

Le volcan ne fume pas. Seulement quelques nuages encore présents.

C’est la partie des lacs où nous croiserons le plus des touristes car c’est le terminus de la ligne de chemin de fer. Ensuite ils louent des vélos à la journée pour profiter de paysages extraordinaires sur les belles routes cyclables du coin. Dans la ville du même nom, au bord du lac, des centaines de touristes se promènent dans un grand marché artisanal. On va boire un café et la patronne, nous voyant à vélo et chargés comme des mules, nous offre deux paquets de biscuits. Arigato ozaimas.

Auprès du Fuji, rive nord-est, on vient de trouver notre lieu du bivouac mais c’est encore trop tôt pour s’y installer.
Bivouac installé mais on sent que c’est peut-être le dernier. Le lendemain, on se réveille entourés de gelée blanche. A 9h, il fera 2 degrés et on n’est pas équipé pour gravir l’Everest! En théorie, nos duvets sont prévus pour un froid maximal de zéro degré. Habillés avec damart et leggings, on sentait quand même le froid. On n’aura jamais rangé les affaires aussi vite. Sur le vélo on est bien car chacun sait que pédaler c’est se réchauffer !
Le lendemain, vers 6h. Presque en noir et blanc.
A l’aube, de courageux Japonais font de l’aviron sur le lac. Pas visibles ici.
Fuji rose.

Et puis l’apothéose. Plus un seul nuage sur la montagne sacrée. On parcourt la dernière petite quarantaine de kilomètres et on atteint, toujours sous le soleil, le dernier des cinq lacs, le plus grand et le plus haut, le Lac YAMANAKA, à 982 m d’altitude.

Merci. Merci aux Kamis du Fuji de nous avoir permis de voir le Fuji aussi beau.
L’ascension ne se fait que les mois d’été. On aperçoit ici certains sentiers.
Avec un macha tea et un café on fête la fin du tour du Fuji.
Je leur fais écouter…le Lac des Cygnes évidemment…ils ont bien aimé, mais ils connaissaient déjà.

Depuis, nous avons rejoint HAKONE à 52 kms du dernier lac pour 1200 m de dénivelé positif et aujourd’hui, c’est le déluge ! Quelle chance on a eue …

Article 36.      LE    FUJI SAN (partie 1)

Dans nos incontournables du Japon il y avait le mont Fuji, appelé de façon erronée Fuji Yama par les Occidentaux, suite à un problème d’idéogramme. Pour les Japonais il est le FujiSan, montagne sacrée emblématique de leur pays.

Nos incontournables comprenaient  le tour du Fuji en suivant la route des cinq lacs , mais chacun sait qu’en montagne, tout dépend de la météo et celle-ci s’annonçait plutôt maussade. On est en novembre avec des températures d’automne et un ciel souvent couvert. Une ville étape est Fuji qu’il faut vite quitter pour Fujinomiya, beaucoup plus agréable et où se trouve le Fujisan World Heritage Center qui vaut vraiment le détour.

Quelques vues de Fujinomiya.

Mi novembre au Japon se déroule ShichiGoSan, une coutume qui célèbre la bonne croissance des enfants de 7,5 et 3 ans. Ils se rendent en famille au temple Shintô le plus proche habillés en kimono. On remercie les Dieux de leur protection et on les prie pour que cela continue. Ces âges correspondent à des rites en quelque sorte.

A  partir de 3 ans, on laisse pousser les cheveux des enfants. À partir de 5 ans, les garçons peuvent porter le hakama, pantalon large des hommes. À partir de 7 ans, les filles peuvent porter un obi large comme les femmes.

Dans un sanctuaire shintoïste.

De la forme d’un cône inversé qui se reflète dans l’eau, le Fuji World Héritage Center  présente tous les aspects du Fujisan en nous faisant suivre une allée en forme de spirale qui se termine en vue panoramique sur la montagne sacrée.

Un randonneur virtuel grimpe à nos côtés.
Et voilà la vue panoramique sur le Mont Fuji. Génial. Rien à voir. Il est là mais il se cache.

Nous voilà partis à l’office de tourisme pour plus d’informations sur la route des cinq lacs. L’hôtesse confirme les prévisions météo. Pluie pour les deux jours à venir sur les premières heures de la journée et de l’autre côté du Mont, il fait beaucoup plus froid. En revanche, après la pluie, l’autre face se recouvre souvent de neige. Elle nous dit qu’à partir de Fujinomiya, la route ne fait que monter. On sait, on est en montagne. La route des lacs ne représente que 125 kms en tout. Pour elle, il est préférable de ne faire que l’aller retour vers le dernier lac. Déception. Pas de chance. On a eu tellement de belles journées avec ciel bleu. Et on raterait le Fuji…pô juste. Mais on est des tenaces.

On bivouaque dans le parc du temple à Fujinomiya puis on décide de faire ce qu’on avait prévu. Never give up. Et la météo se trompe parfois. On fera le tour des cinq lacs en roulant d’ouest en est et en passant au nord du Fuji.

L’étape du jour est de rejoindre le premier lac, le lac MOTOSU. Une quarantaine de kilomètres et 1100 mètres de dénivelé positif . Pendant trois jours, on ne lâchera quasiment pas le Fuji du regard.

Il ne pleut pas. On trouve que le temps s’éclaircit. Espoir.
La route est parfois partagée avec les voitures, parfois sur des sentiers qui sentent bon l’automne.
On dévie légèrement de notre parcours pour suivre les nombreux Japonais venus admirer de superbes chutes d’eau.
Avec le Fuji en arrière plan.

On est en altitude et on sait qu’il y a un camping sur les bords du lac Motosu. Cela nous permettra d’avoir une douche chaude après cette journée de grimpe. A partir de 15h maintenant, il fait froid.

Le Motosu est le seul lac qui ne gèle pas l’hiver car sa profondeur atteint 138m.
Dimanche 12 novembre. Vue de notre camping. Il est 16h. On n’a pas eu la pluie annoncée mais il fait très froid et on a un vent terrible.
La vue de cet endroit est celle représentée sur les billets de 1000 yens .
On est très heureux de ce que veut bien nous dévoiler la montagne sacrée.

Lundi 13. Vue de notre tente. Il est 6h. Un froid de canard.

Ciel de peintures flamandes …
Et cratère bien visible.
Dans le camping, on est les seuls occidentaux. Les Japonais sont très bien organisés pour camper. Une grande tente avec des lumières et sur le devant, sous un auvent, un brasero où ils préparent leur barbecue. Ce qui est étonnant, c’est que, contrairement à la France, on voit de luxueux 4×4 ou voitures de sport dont les propriétaires sont sous une simple toile de tente alors qu’ils auraient les moyens d’aller dans de beaux hôtels.
Lever du soleil.
Merci au vent terrible qui nous a permis de voir le cône parfait.

C’est au cours de cette matinée qu’on rencontre Yuki l’artiste et qu’on partage un petit déjeuner chez elle. Elle habite près du lac SHOJI qui est le plus petit des cinq lacs.

Lac Shoji.
Voilà ce que les Japonais appellent Momiji. Les feuilles rouges. Depuis des siècles, c’est une pratique très courante au Japon de chercher les plus belles nuances des feuilles d’automne.
Et le ciel est de plus en plus bleu.
On a toujours un sac de déchets sur nos sacoches. On aime beaucoup. Le Japon est sûrement l’un des pays les plus propres au monde et on ne voit jamais de poubelles ! Alors tout le monde garde précieusement ses détritus jusqu’au prochain Konbini (supérette) qui, lui, a des poubelles de tri.
Heureusement qu’on nous avait annoncé de la pluie !
Ici le Lac SAI qui semble être relié au lac Kawaguchi tant il est proche.
Pause déjeuner sur la plage du lac Sai. De l’autre rive.

La suite dans un autre article sinon impossible de le publier. Trop long.

Japon Article 35. GENTILLESSE DES JAPONAIS

On ne le souligne peut-être pas assez mais les étrangers reçoivent un accueil incroyable. On échange avec d’autres Français quand on en rencontre et on dit tous la même chose : quel accueil, ça va être dur de rentrer !

Le jour où j’ai passé des heures au téléphone avec le service technique d’Orange (pour rien, ça ne fonctionne toujours pas) on était chez Philippe et Yue et Philippe expliquait à Pierre que, un tel problème ici au Japon, est réglé dans les deux heures et que le lendemain matin, un technicien vient chez vous pour s’excuser du désagrément causé !

En Amérique du Sud, on avait fait la connaissance d’un Écossais, Johnny, qui avait bien roulé sa bosse autour du monde et travaillé dans plusieurs pays dont le Japon. Il nous avait dit : les Japonais sont les plus gentils du monde. Notre Bob Morane, lui, ici depuis quarante ans, nous dit que c’est simplement la peur du gendarme qui fait que…pas de vol, pas d’agression. Une garde à vue de 28 jours (24 heures en France) ça calme ! Oui mais. Dans les exemples qu’on a vécus, aucun n’était obligé de faire ce qu’il a fait pour nous. Il n’avait rien à gagner si ce n’est d’être pour toujours gravé dans notre mémoire. Et nous on appelle ça de la Gentillesse.

Le jour où on a roulé vers Shizuoka fut l’une des rares journées pluvieuses du matin jusqu’au soir. Et maintenant il commence à faire froid. Dans une ville, on s’arrête sur un trottoir pour enfiler nos capes de pluie, les anoraks ne suffisent plus. Un mécano sort alors du garage situé juste derrière nous et nous fait signe de venir nous mettre à l’abri. Ils sont tous au travail. Cela ne fait pas cinq minutes qu’on est là que l’un d’entre eux nous apporte une tasse de thé. Ils ne nous poseront aucune question, ne nous reverront jamais. De la gratuité.

Le soir à Shizuoka, on décide d’aller dans un izakaya, genre de bistrot où on boit et mange pour pas cher.

Le patron.

On se retrouve assis au comptoir auprès d’un unique autre client. Deux jeunes femmes nous rejoindront plus tard. Ce client va nous demander si on a déjà goûté à tel plat, telle brochette…et à chaque fois, il fait signe au patron de nous servir. Et c’est lui bien sûr qui paiera notre addition. Merci Monsieur pour ces bons moments partagés.

Il y a longtemps que les filles suivent notre conversation. La plus proche est venue en France visiter Paris et le Mont saint Michel.

Actuellement, on termine le tour des cinq lacs autour du mont Fuji. Hier lundi, on s’arrête en face d’un lac, devant un centre qui présente des céramiques, peintures sur soie etc. On sera reçus par Yuki, artiste de 77 ans, qui nous relatera bon nombre de ses voyages artistiques en Amérique du Sud, en Afrique noire, en Asie, en Europe dont la France plusieurs fois….

La veille, elle organisait un concert de musique africaine. C’est avec intérêt qu’on suit son parcours à travers ses vieux albums.

Elle fait des céramiques et de la peinture sur différents supports. De la France elle se souvient de Strasbourg, Nice où elle a exposé, Avignon, mais aussi la Polynésie. Elle avait un boyfriend au Sri Lanka, mais, me dit elle, l’œil malicieux, l’amour est compliqué … Je lui dis que je pense qu’elle en avait un dans chaque pays, ça l’a fait rire.

Et on s’est retrouvé à table pour un copieux petit-déjeuner avec une amie à elle qui fait également des céramiques et son fils de 29 ans qui veut aller un an en Australie.

Yuki peint sur des stores, des ombrelles, des tableaux, des vêtements.
Son atelier est à l’étage.
Elle a habité de nombreux endroits et possède plusieurs maisons.
Les confitures sont faites maison. De son jardin ? La Terre est mon jardin me dit-elle.
Une magnifique personne.

L’accueil des Japonais comme des Coréens n’est pas une légende. Qu’on en prenne de la graine, nous Européens.

Japon Article 34. Du lac BIWA à la côte Est

Terminé le lac BIWA. Il faut rejoindre la côte est.

Il y a des villes qui ne sont que des étapes pour y passer une nuit et continuer à tracer la route. Ce fut le cas de Nagoya, grande ville futuriste industrielle où on pédale le nez en l’air pour admirer les gratte-ciel.

On aurait pu marcher dans le ciel mais on a fait un autre choix pour l’après-midi passé dans cette ville.
On a choisi le Musée interactif des sciences. Malheureusement, comme en de nombreux endroits, tout est en japonais. Pas d’audio guide en anglais.
Formation d’une tornade de 9 mètres de haut. Pas besoin de traduction. On a compris.
On voulait assister à une séance dans le plus grand planétarium du monde mais il faut attendre trois heures les prochaines disponibilités et les séances sont seulement en …japonais.
Des jeunes répètent une danse.
Au moins un spectateur…

Les grosses industries automobiles sont dans cette région. On passe pas loin de Toyota, nom d’une ville, pas d’une famille.

Sartre s’est trompé. L’enfer, c’est pas les autres. L’enfer, ce sont les tunnels. Pour les cyclos surtout. Même s’il y a une voie spéciale vélos comme sur cette photo, le bruit est tel qu’on a l’impression que les camions nous arrivent dessus.

Le lac de Hamana ko près de Hamamatsu.

Et puis à cet endroit, on a fait la rencontre d’un Français dont le profil se situe entre Bob Morane et Cizia Zykë (Oro) pour ceux qui connaissent. Grand baroudeur, le mot est faible, borderline dans beaucoup de domaines, on n’écrira pas sur sa vie car on ne voudrait pas que cela lui cause des ennuis. Pas de photos non plus. On en parlera avec ceux que cela peut intéresser. Mais cela a été une super rencontre.

Chaque agriculteur peut vendre ses produits sans payer de taxes. Il peut même livrer en magasins toujours sans taxes à condition de le faire lui-même. Pas de transporteur ni de revendeur.
Après les rizières…les théières. Non les champs de thé à perte de vue.
L’homme redessine les allées.
Cela fait plusieurs fois qu’on voit des photographes attendre l’arrivée de trains. Parfois, ils restent longtemps et partagent un thé pour se réchauffer.
On ne trouve pourtant pas la vue extraordinaire.

Quelques passages difficiles avant d’arriver aux cultures de thé. Pierre fait un passage à l’opinel.

L’heure du déjeuner.

On commence à voir des girafes et des Kouign Amann au Japon, c’est sans doute dû à la fatigue…

Nos premiers Fuji . Avant le vrai.

Et puis Shizuoka, une très belle ville où on a fait la connaissance d’un couple français originaire de Mulhouse qui accueille bénévolement des étudiants étrangers. Ils sont venus voir l’une de leurs anciennes pensionnaires.

Le cinéma nous manque. On se dit que ce serait rigolo d’aller voir un film français en japonais. On regarde les affiches et on tombe sur…

Mais à cette date on sera déjà loin. Chabadabada, ça doit être rigolo en japonais…

Japon Article 33. Le lac BIWA

Quitter Kyoto en faisant le tour du lac BIWA était pour nous une évidence. On aime les lacs. Surtout celui de Paladru en Isère. BIWA est le plus grand lac d’eau douce du Japon. C’est le troisième plus vieux lac du monde après le lac Baïkal et le lac Tanganyika. Enfin, c’est ce qu’on a lu.

Mais le premier jour a été décevant car on a pédalé environ quatre heures avant d’atteindre les rives du lac. Quatre heures à traverser une banlieue sans intérêt, on trouve ça un petit peu long. Les jours à vélo se suivent mais ne se ressemblent pas. Un peu plus loin le long d’une route, échanges rapides avec deux hommes français dont l’un, qui vient depuis douze ans au Japon, cherche autour du lac s’il n’y a pas une maison à vendre. Plus loin, en bordure du lac, on verra de superbes maisons, dont certaines avec des noms français. C’est vrai qu’on n’est pas loin de Kyoto.

De jolis petits ports de plaisance.
Le lac mesure 64 km de long et 23 km de large mais, alors qu’on pensait le suivre au plus près sur toute sa longueur, les routes secondaires ou pistes cyclables s’en éloignent souvent. Une profondeur maximale de 103 m.
Quand on peut l’admirer, on est contents.
Le premier soir, on a biwaqué (!) et un couple âgé de Japonais est venu parler avec nous de notre voyage à vélo. La dame parlait très bien l’anglais, ce qui favorise grandement les échanges linguistiques. Maintenant, la toilette au grand air est terminée. Pas assez braves.
Toujours de magnifiques araignées qu’on évite d’inviter dans notre tente.
On ne se lasse pas des fondateurs de temple représentés en pèlerins mendiants.
On est bien toujours au Japon.
On s’est arrêtés dans un temple qu’on trouvait sympa quand une dame, celle qui nous prend en photo et qui parle anglais, nous invite à entrer, à aller nous rafraîchir puis nous offre des gâteaux et des boissons. Aujourd’hui, c’est un peu nous, les pèlerins mendiants. Les Bouddhistes font souvent des offrandes, ça rapporte des points…euh…c’est bon pour leur karma. Et nous on aime les offrandes. Sur la photo, d’autres visiteurs dont le couple avec un enfant handicapé que le papa porte. Un couple charmant.

Et puis, on est arrivés à l’extrémité du lac, la partie la plus belle.

Le lac fournit l’eau potable pour quinze millions d’habitants. Japon. Pays d’eau de forêts et de montagnes.
On était à l’abri pour le bivouac mais l’intérieur du double toit est souvent mouillé à cause de la condensation. On pense alors à sortir la tente le midi pour la sécher et c’est vite fait. Il fait encore très beau.
À Nagahama, au pied de son château, une fête de village réunit des artisans vendant des produits locaux et moins locaux puisqu’il y a des broderies bulgares…et normandes !
Partout dans le monde, les enfants adorent grimper aux arbres.
Pique-nique en famille ou entre amis.
Pour notre deuxième nuit autour du lac, on a squatté une aire de jeux. On aime beaucoup notre salon qui ne manque pas d’air. Mais on se retrouve dans un festival de roulements de train. À notre droite, le Shinkansen, ex rival du TGV, et à notre gauche, des trains de marchandises. Toutes les dix minutes environ. On plaint les habitants du village.

La nuit, c’est-à-dire vers 18h, on fait un tour dans le village. Pas âme qui vive. Pas une ombre aux fenêtres. Pas un son de voix ne nous parvient. Comme partout, les rideaux épais ou bien des stores sont toujours fermés et préservent l’intimité des familles.

Ici une photo ancienne. On est toujours surpris de constater à quel point l’intérieur des maisons doit être invisible de l’extérieur. On avait campé pas loin de cette maison, la croyant vide. Cette maison est habitée et située devant un lac ! On n’est pas trop pour les baies vitrées par ici.

Alors on a photographié des êtres de pierre.

Le gardien du temple ne semble pas apprécier notre balade nocturne. On n’a plus qu’à rentrer dans notre tente…et à compter les trains pour nous endormir.
Le lendemain, on sait à nouveau pourquoi on aime pédaler. On retrouve le contact physique avec la campagne japonaise et ses beaux paysages. Le son humble du pneu sur le chemin, l’air un peu frais du matin sur le visage et sur la tête à travers les ouvertures du casque, la sensation du pied qui appuie sur la pédale, le silence environnant. Il est 7 h 30 du matin. La route nous appartient.
Finalement, on quittera le lac au niveau de Hanagawa pour avancer vers le nord-est car on se retrouve sur de banales routes secondaires d’où on ne voit plus le lac. Nous sommes devenus très exigeants. De plus on sait que l’autre rive est moins belle alors on décide de rouler vers le Fuji San et sa région des lacs. Pas pour tout de suite.

Japon Article 32. Notre KYOTO

Pour nous Kyoto est une ville phare. Arriver à Kyoto signifie qu’on a déjà pas mal pédalé sur le sol japonais depuis Fukuoka le 10 septembre. On sait que c’est La ville de tous les superlatifs, plus admirée que Tokyo et on est très heureux d’y être.

Après des débuts difficiles parce qu’on n’arrivait pas à trouver un hébergement ( week-end prolongé et début d’automne, demandes sur Couchsurfing et Warmshowers restées sans réponse) et que des trombes d’eau accompagnées de coups de tonnerre nous ont accueillis dans l’après-midi , on a pu, dès le lendemain, commencer à apprécier l’incontournable capitale historique, intellectuelle, culturelle du Japon. Le mot KYOTO signifie capitale même si tout le monde sait qu’elle ne l’est plus aujourd’hui.

KYOTO DODO.

Dehors. Tu cherches une chambre d’hôtel. Il pleut. Tu es sous un abri sommaire dans la ville. Tu veux te connecter à Airbnb et créer un compte car Booking n’en finit pas aujourd’hui d’être désolé et a décidé de ne pas confirmer tes réservations. Ça bloque. Un compte Airbnb existe déjà. C’est vrai mais on ne l’a pas utilisé depuis des années. On veut refaire et alors là, il faut que tu prouves que tu n’es pas un robot. Ok. Tout le monde connaît. Tu coches des feux, une girafe, des motos…mais là, Airbnb, trop fort !!!

Tu vois sur ton écran de téléphone, entre les gouttes, un labyrinthe avec une bestiole jaunâtre à peu près de la même taille que des triangles jaunes. Et là, quand tu as lu vite fait la consigne, tu comprends qu’il faut faire correspondre le nombre qui apparaît à gauche, 3 par exemple, avec le nombre de parts de fromage que le rat peut choper dans le labyrinthe, 3 fromages. Ça fait rêver….Et c’est long…très long…et on a toujours une erreur ! Et il faut réessayer…on n’y voit goutte, c’est le cas de le dire. On relit la consigne. On n’avait pas compris ! C’est le nombre Possible de parts de fromage que le rat peut manger ! Donc si le nombre est 3 à gauche et que tu vois 4 fromages accessibles dans le foutu labyrinthe, c’est bon, il faut valider ! C’est tellement petit qu’après une demi-heure, on ne voit plus la différence entre le rat et les fromages …on ne peut pas agrandir l’image…on n’a jamais réussi …finalement on doit être des robots…qui se gèlent sous leur cape de pluie.

Le gag. Tu t’es fait seulement une cinquantaine de kms pour arriver tôt à Kyoto et profiter de la ville et tu te retrouves sous la pluie à compter des fromages et des rats pour accéder au site Airbnb !!! Vingt minutes de plus et on devenait dingues… Hallucinant. A croire qu’ils ont déjà trop de clients. Quand je pense qu’il y a un gus qui a été payé pour inventer ça. Bon, en faisant du porte à porte hôtel et guest house, on a fini par trouver. Le centre d’information touristique ne nous donnait que les contacts des hôtels les plus chers.

KYOTO VELO

On est restés quatre jours complets et on a pu faire changer un pneu sur chaque vélo en passant commande dès notre arrivée à Kyoto. Le pneu arrière de Pierre montrait depuis un certain temps des signes d’usure plus qu’avancée mais à chaque fois, dans les ateliers vélos, ils n’avaient jamais les dimensions de nos pneus. Mon pneu arrière avait été changé avant le départ, j’ai maintenant un pneu neuf à l’avant. On a encore quelques kilomètres à faire pendant ces cinq dernières semaines.

On ne savait pas que changer nos pneus lui procurerait autant de joie ! Pour nous c’est d’autant plus drôle que trois jours avant, quand on s’est arrêtés pour passer commande, le gars de la photo était plutôt timide et réservé, parlant très peu l’anglais. Pierre n’était pas sûr du tout qu’il ait passé notre commande et comme on n’avait rien versé…on est aussi contents que lui d’avoir deux beaux pneus Schwalb Marathon qui, surprise, réfléchissent dans le noir ! Moralité : Il en faut pneu pour être heureux …
On aura fait trois logements différents sur les cinq nuits à Kyoto dont le dernier, une guest house avec chambre minuscule mais bien située où on sera tout seuls les derniers jours. La photo montre la ruelle des petits restos qui entouraient notre deuxième logement.

KYOTO HISTOIRE

Capitale, Kyoto l’a été plus de 1000 ans, de 794 jusqu’en 1869, quand l’empereur Meiji s’installa à Tokyo (ex Edo) pour se démarquer des Shoguns qui avaient établi leur puissance à Kyoto . Le Shogun était le général suprême des armées qui, à plusieurs reprises, profita de sa puissance et s’empara également du pouvoir politique. Ville très bien conservée, elle n’a pas été bombardée pendant la seconde guerre mondiale, et pourtant !!! Elle était en tête de liste ! Mais le secrétaire d’état américain à la guerre y avait passé son voyage de noces 30 ans plus tôt et en avait gardé un très bon souvenir….heureusement…on décida alors d’enlever Kyoto de la liste et de la remplacer par…Nagasaki. Cette anecdote est d’ailleurs relatée dans le film Oppenheimer. (Merci Erwan de me l’avoir rappelé).

C’est ainsi qu’il est très agréable de circuler dans les quartiers aux maisons basses traditionnelles et d’échapper aux grandes tours de béton et gratte-ciel même si la ville a une Kyoto Tower reliée à une gare hyper moderne de 500 mètres de long, avec restaurants, hôtel de luxe, magasins et vue panoramique. En fait il y a peut-être un quartier futuriste mais on n’en sait rien car on ne peut pas aller partout. Quoiqu’il en soit, Kyoto fait partie des grandes villes incroyablement peu bruyantes. Les Japonais ne sont pas des gens sonores et le nombre important de voitures électriques participe à cette tranquillité. D’ailleurs, quand elle était capitale, Kyoto s’appelait HEIAN-KYO dont le sens est « Capitale de la paix et de la tranquillité ».

Vue de la Kyoto Tower et du quartier moderne de la ville.
Kyoto Tower : 131 m de haut. Elle peut résister à des typhons de 90 m/seconde et aux tremblements de terre.
Dans la gare.
La Kamo, belle large rivière qui scinde Kyoto en deux dont les deux rives sont largement fréquentées le dimanche et en soirée par les cyclistes et les promeneurs. Beaucoup de vélos en location à tous les coins de rue.

Kyoto est une grande et belle ville très cool où se côtoient quand même 1 500 000 habitants. Des centaines de temples et sanctuaires à visiter, 200 Trésors nationaux, 1600 Trésors culturels. Pléthore de musées. Too much. Il faut aussi juste savoir se promener et aller admirer les superbes jardins japonais et aller manger au marché.

Balade au célèbre marché Nishiki.
Grillés ou cuits à la vapeur, les morceaux de crabes étaient délicieux.
Bébés pieuvre…on n’a pas pu…on préfère les pommes d’amour…
Le macha thé. Un régal bien battu avec du lait. Dans le petit pot à lait, du sucre liquide.
De grandes allées piétonnes couvertes.

KYOTO VISITES

Les temples.

Souvent classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des milliers de touristes viennent les admirer.

La pagode du temple Kiyomizu- dera.
On est dimanche et de nombreux Japonais sont venus allumer un bâton d’encens et se promener dans les parcs environnants.
Des temples on ne montre que l’extérieur car il n’y a pas grand chose à voir à l’intérieur. Un autel et des coussins sur les tatamis pour les pratiquants éventuels.
La Kyoto Tower au centre.
Temple aux lanternes.
Quartier Gion, le quartier traditionnel des salons de thé et des geishas. On voit surtout des touristes. J’ai vu une geisha dans la rue qui se dépêchait d’entrer dans une maison, je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo. Elle n’a pas voulu. Je respecte.
Un quartier qui soigne son look mais ici tout est business.
Les Noren, rideaux à plusieurs pans qui ornent le haut des portes.
Une semaine environ après cette photo, en bivouac, on a vu une lune qui n’existe pas dans notre ciel. Elle était coupée en deux horizontalement, le bas était plein. Ici, le temple Kenninji.
On a fait la rencontre d’un Français très sympathique, Stéphane, venu quelques jours au Japon pour son travail avec qui nous avons partagé deux soirées. De beaux moments. Il n’a qu’un défaut, il habite en Côte d’Ivoire! On ne va pas se recroiser tout de suite…

Et puis le sanctuaire de FUSHIMI INARI. L’endroit est magnifique mais des milliers de touristes. Trop pour nous.

Inari est le kami des céréales, du commerce et le gardien des maisons.

30 000 torii sur 5 km à flanc de colline. On est torifiés pour un moment.
Jizo Bosatsu, le Dieu qui protège les voyageurs et les enfants…d’où les bavoirs.
On retrouve les shimenawas, corde sacrée faite de torsades en paille de riz. Auparavant c’était fait avec du chanvre mais trop cher. Le tressage manuel est fait uniquement par des artisans japonais ou par des membres du temple.
30 000 torii à repeindre. Il a même peint son teeshirt. Arrivé au dernier torii, on recommence…
Les Gohei sont les banderoles de papier utilisées pour repousser les esprits malveillants. Les pliages diffèrent selon les sanctuaires.
Des torillons. Ceux-ci sont vendus comme souvenir car, rappel, un torii est une porte qui permet de passer du monde profane au monde sacré, il faut donc une certaine hauteur.
Beaucoup de Japonaises et de Japonais s’habillent en…Japonais le dimanche.
Très drôle ce renard ! Il est le messager d’Inari, protecteur des récoltes…et des enfants lui aussi.
Même le renard a droit à son bavoir.
Le Pavillon d’Argent ou le temple Ginkakuji. Les murs devaient être recouverts de feuilles d’argent…mais ça n’a pas été fait.
Résidence d’un Shogun au XV e siècle devenu temple zen à sa mort.
Les lignes ne sont pas systématiquement circulaires. Tout dépend de ce que le paysagiste a voulu symboliser.
Comme toujours, le jardin sec est complété par …
Un jardin humide et mousseux.

Et puis le Pavillon d’Or. Le KinkakuJi, temple bouddhiste, reflète ses murs recouverts de feuilles d’or dans l’étang qui l’entoure.

Chaque étage a son style : palais pour le rez-de-chaussée, maison de samouraïs pour le premier étage, temple zen pour le deuxième .
Mais, comme souvent, on ne peut pas rentrer. Entièrement reconstruit en 1955.
Très intéressante visite au musée du samouraï et du Ninja. Les Samouraïs, équivalents de nos chevaliers avec un code d’honneur très strict. Les ninjas, des espions qui s’infiltraient, sabotaient, tuaient.
Les masques et les moustaches servaient à effrayer l’ennemi.
Dans la rue.
Une jolie Japonaise en kimono dans un coffee shop.

KYOTO SPECTACLE

Loin du monde des geishas et de la cérémonie du thé, on est allés voir un spectacle contemporain extraordinaire.

Spectacle génial, mêlant le hip-hop, la magie, le jonglage, le mime, mettant en scène des robots qui, grâce à une poupée, vont découvrir les sentiments et s’humaniser.
C’était à se demander au début du spectacle si on n’avait pas affaire à de vrais robots. Un ancien décor d’usine truffé de trouvailles extraordinaires, 1h 30 non stop de danses de prouesses techniques et de poésie.
Tous les acteurs de chaque catégorie, selon le jour de la représentation. Excellents. Si on était restés plus longtemps à Kyoto, on serait retournés le voir.

BOÎTES À FEU

Ou ce qui peut arriver quand on ne sait pas où on va.

Dans un des temples de Kyoto où se trouve aussi un cimetière, nous voilà partis à la recherche du musée qui est dans la même enceinte. Un grand escalier nous invite à suivre une dame qui le gravit. Un large hall, puis une grande salle où se trouvent des rangées de coffres . Je dis à Pierre que ce sont peut-être des consignes . Mais elles sont splendides, laquées avec des dorures…on arrive dans un hôtel de luxe ? Bizarre. Et là, quand on voit un homme ouvrir l’une des petites portes, s’incliner, agiter une clochette et prier, on comprend que non ce ne sont pas des consignes mais …un columbarium !!! Des niches pour conserver les urnes funéraires. En fait, si. Ce sont des consignes mais des consignes très longue durée…Des boîtes à Feu.e.s…

Ce soir on dort à Kikugawa…on se rapproche du Fuji San!

Japon Article 31. Vers KYOTO

Après avoir remonté la baie d’Isé, on a longé le lac Biwa qu’on retrouvera après notre séjour à Kyoto pour en faire le tour. Comme le logo de camping était indiqué sur notre GPS, on a voulu expérimenter un vrai camping japonais. Mais il n’y avait qu’un bloc sanitaires et pas de douches. Le site était très beau et gratuit. Finalement ce n’était pas un camping tel qu’on l’entend, mais seulement un terrain où on peut planter sa tente. Un campground en anglais. Seuls des Japonais étaient là, à distance respectable les uns des autres, en couple ou en individuels, dans une belle tranquillité.

On a bu un café chez lui, très intéressé par notre voyage.

Et puis quand on roule, on a le temps d’admirer des plaques…de goût.

Une cyclovoyageuse japonaise, la deuxième qu’on rencontre. Bravo les filles ! Quel chargement. En route pour six mois du Nord au sud du Japon.
Comment gagner de la place devant sa maison…merci Toyota.
A l’heure du déjeuner sur l’herbe.
On ne résiste pas à un champ de cosmos.
Un film présente l’histoire du roman.
On aime beaucoup. Et puis c’est facile à lire et à écrire.

Uji est également le lieu du premier temple zen fondé par Dogen qui a importé le Zen de Chine ( Chan) et qui a créé la branche Soto Zen.

On a passé au moins deux heures à tourner en rond dans Uji, vallonée bien sûr, parce qu’il n’y avait aucune indication de ce temple et les gens à qui on s’adressait n’avaient visiblement jamais entendu parler de Dogen … Je pestais…ils savent tous où se trouve la Tour Eiffel mais pas le temple de Dogen qui est chez eux !!! C’est la dame de l’accueil du musée du Genji qui nous a éclairés.

Temple Koshoji. Beau, simple où différentes activités sont proposées comme de l’introduction à la méditation, la calligraphie, la poterie, le chant etc.

Avant Kyoto, on s’est arrêtés visiter Uji, très jolie petite ville, célèbre pour un musée dédié au premier roman japonais considéré sans doute comme le premier roman psychologique au monde et écrit par une femme vivant à la cour impériale, Murasaki Shikibu. En français, il est appelé « le dit du Genji » . Écrit au XIe siècle, ce roman fleuve retrace la vie politique et amoureuse d’un prince de la cour, le Genji. L’Obs en avait publié quelques pages dans son numéro sur la littérature japonaise. Le musée est magnifique mais les photos sont interdites.53⁵

Sur l’autre rive de la Ujigawa, un autre temple qui attire les foules.
Les oiseaux se mettent dans les rapides pour attraper plus facilement les poissons.
Byõdõ- in, l’autre temple où on rencontrera un couple charmant de Taïwanais vivant à Vancouver.

Prochain article : KYOTO la Bellissime.

Japon Article 30. La baie d’Isé

Pour tout cruciverbiste, c’est d’abord la réponse attendue à la définition : Baie du Japon. En 3 lettres……ISE.

I comme Incontournable. S comme Sublime. E comme Étonnant.

Derrière ces trois lettres se cache une baie qui est l’une des perles du Japon. On le pensait avant de venir mais on aurait pu être déçu par la réalité. Beaucoup de choses à découvrir sur Isé tant par le travail des hommes, l’artisanat, les légendes, les sites naturels, culturels et ludiques, les croisières que par ses illustres femmes plongeuses. On se disait qu’on pourrait passer 1 mois sur Isé seulement et qu’on n’aurait pas tout vu.

Quand on a préparé notre itinéraire assis à une table chez nous, on savait bien qu’il ne serait pas possible de tout faire mais il y avait sur la carte des lieux incontournables, à voir absolument. Isé et les Ama, femmes plongeuses en faisaient partie.

Mais d’abord Isé (en japonais on prononce Issé) ce sont des paysages .

Des kilomètres de sentiers de randonnée.

Des légendes qui nous font pédaler de côte en descente d’un site à un autre, car la péninsule de Mie mesure quand même presque 6000 km2, mais c’est toujours une belle surprise.

Meoto Iwa. Les rochers mariés. Ils sont reliés par ce qu’on appelle un shimenawa , une corde sacrée faite en paille de riz, qu’on trouve dans tout bon sanctuaire Shintoïste. Les Meoto Iwa sont un symbole de bonheur conjugal et de fertilité.

Les rochers représentent l’union dans le mariage de l’homme, rocher plus large surmonté d’un torii, et de la femme. On remplace plusieurs fois par an la corde qui pèse quand même plus d’une tonne. Les liens du mariage sont parfois pesants !

Les cormorans font partie du décor.
Toujours très seyant le Hakama. Cette tenue était portée par les nobles à l’époque médiévale et notamment par les Samouraïs.
C’est l’heure du balayage chez les Shinto.
Toujours de petits supports vendus pour être accrochés auprès du sanctuaire. Au verso, on y écrit une demande, un remerciement…
Petits shimenawas qu’on peut mettre chez soi.

Mais on se demandait pour quelle raison le lieu était envahi par des grenouilles.

De la marmaille par-dessus la tête et dans les pattes.
Non, ils ne prient pas les grenouilles. Effet d’optique.
Les gentilles grenouilles envoient de l’eau dans les bambous pour les ablutions.

On ne se le demande plus. On sait.

En Japonais, grenouille se dit Kaeru, qui signifie aussi « revenir ». C’est donc un porte-bonheur dans l’esprit populaire, qui fera revenir les êtres chers.

Superbes araignées. On ne sait pas si elles portent bonheur mais on les évite.
Parcs à huîtres. L’une des richesses de la région.
Rencontre éphémère avec deux cyclistes de la péninsule.

Et puis les Ama. Femmes plongeuses depuis plus de 2000 ans. Bon, ce ne sont plus les mêmes…

Ici, elles se mettent en scène pour montrer leurs techniques et le vêtement traditionnel mais aujourd’hui, elles plongent en combinaison Néoprène.
Elles plongent toujours en apnée pour pêcher algues et coquillages.

Ce sont des plongeuses professionnelles dont la moitié travaille dans cette région. Ce type de pêche aux ormeaux, turbos et algues par des plongeuses en apnée est une pratique très rare qu’on ne trouve qu’au Japon et en Corée du Sud. Moyenne d’âge : entre 60 et 70 ans.

Dans le musée des Ama.

On pouvait partager un repas avec elles dans une cabane après leur plongée et manger ce qu’elles avaient pêché.

Notre repas. Pas d’huîtres, dommage.
Le reste est pour les autres convives inscrits.

Elles ont fait leur danse traditionnelle. L’une d’entre elles a 82 ans et plonge encore à 20 m de profondeur…toujours en apnée.
Une Ama. La plus âgée, 92 ans et qui a plongé jusqu’à ses 80 ans. Elle a fait un petit cadeau à Pierre. Une Ama en porte-clés.

Dans le sud de Mie se trouve la baie d’Ago, lieu principal de la production de perles de culture. On en a compris le principe expliqué dans le musée de la perle. C’est l’une des richesses du coin. On peut acheter des perles partout.

Le principe de perliculture ou nacroculture :

D’abord pourquoi et comment se forme une perle dans une huître ?

Si un grain de sable pénètre dans une huître cela provoque une irritation. Comme dans la chaussure. Mais l’huître, elle, pour se protéger, va sécréter de la nacre pour entourer cet intrus et couche par couche cela va constituer une perle. C’est simple, il suffisait de provoquer et d’industrialiser ce phénomène. C’est M. Mikimoto- une île porte aujourd’hui son nom – qui a mis au point le procédé à la fin du XIXe siècle. On découpe le manteau (partie responsable de la fabrication de la nacre) d’une huître en petits tronçons, on en introduit un dans une huître perlière en même temps qu’une petite bille, le nucléon, c’est lui qui sera progressivement recouvert de nacre pour donner une perle. C’est tout simple ! En fait pas tant que ça. La culture des huîtres perlières est une activité délicate qui nécessite beaucoup de main d’œuvre, du personnel compétent et qui reste soumis aux aléas de la nature.

C’était impressionnant de voir au musée toutes ces perles en particulier les différentes couleurs : blanc, crème, crème rosée, rose, vert, bleu, gris et noir.

Au fait, quel est le QI d’une huître ?

Zéro, la pauvre. Pas de système nerveux, pas de cerveau. Pas de cerveau. T’as zéro.

La baie d’Ago au sud de la péninsule.
On est toujours au Japon…

Allez, au diable le vélo, on a acheté un galion espagnol…

Balade dans la baie d’Ago.
… Avec tout le personnel !

Et puis le soir, évidemment, dans un tel endroit, un bivouac s’imposait.

Depuis hier, on est arrivés à Kyoto pour quatre journées de visite au moins.

Japon Article 29. Le bivouac

Au départ, c’est un terme d’origine allemande ( Biwacht) lié à l’armée qui signifiait Campement temporaire des troupes en plein air ou bien Campement léger que les alpinistes installent en montagne pour passer la nuit.

L’essentiel y est toujours dans la définition d’un bivouac d’aujourd’hui. Campement sommaire, temporaire et léger qui permet de passer la nuit dans un milieu sauvage.

Bivouac en forêt la nuit avant d’atteindre les rives de la baie d’Isé.

La chambre avec, sur la bâche, le coin cuisine pas encore installé.
Papier peint de la chambre.
Salle de bain avec eau courante (mais pas l’eau chaude)

Pour nous, un bivouac réussi est un bel endroit découvert par hasard où l’on a assez de temps pour une installation sans précipitation, du temps pour la toilette avant que la température descende, du temps pour manger et ranger avant la nuit. La nuit tombée, on est déjà dans les duvets.

Ce bivouac en forêt, comme d’autres, a été un moment de bonheur absolu. Et on se demandait pour quelle raison. La lumière qui éclaire encore la tente, une forêt aérée où les arbres peuvent respirer sans se gêner et peut-être veiller sur nous, un sol tendre pour poser la tente , un torrent accessible pour la toilette, l’eau de cuisson et la vaisselle. Pas de vent. Des bruits naturels, reposants. Un coin de sérénité.

Les pieds dans l’eau, on s’est dit : Mais qu’est-ce qu’il nous manque ? Rien. Tout est là. L’essentiel. Ne pas s’encombrer d’inutile ni de superflu. Surtout quand on doit le porter. Dans les sacoches ou dans sa tête. Et on se dit qu’on a beaucoup de chance de connaître ces moments-là qui font le bonheur des randonneurs et des cyclovoyageurs.

Bien sûr que le voyage revient moins cher quand on dort dehors mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important est que le bivouac donne de la profondeur à l’instant. On renoue avec le simple, avec quelque chose d’animal, d’instinctif qu’on porte tous en soi. On vient de là. Pèlerinage aux sources. Ça doit être nos 5% d’ADN de papi Néandertal qui nous titillent régulièrement et qui nous rappellent que, oui, bien sûr, on est encore capable de se passer de temps en temps d’un canapé ou d’un ordinateur.

Et dormir dehors. Revenir à ce que l’homme a toujours connu. Dans l’histoire et les gènes de l’humanité. Se relier au ciel, à l’eau, à la terre. Bon, le feu on évite. Inconsciemment, l’instinct de survie est en alerte, le cerveau reptilien est toujours là. Un bruit non identifié dans la nuit et l’oreille se dresse. Mais on est vraiment des petits joueurs, on est loin d’être un Sylvain Tesson, « Une vie à coucher dehors » ou bien Sonia et Alexandre Poussin. Nous, on est vite rattrapé par les 95% de notre ADN qui réclament une vraie douche….le wifi….un bon lit. Mais c’est bien de pouvoir choisir. Et c’est un choix qui ne coûte pas cher. Il suffit juste de le décider.

En général, on ne fait pas plus de trois nuits de bivouac d’affilée. On a besoin du wifi et on est très contents de se retrouver dans une vraie chambre. On essaie de trouver l’équilibre qui nous permet de récupérer de la fatigue de la journée et de rester en forme. C’est quatre mois de voyage.

Un autre bivouac, le premier sur la baie d’Isé.

On s’apprête à tout mettre sous la tente quand il menace de pleuvoir…mais le ciel se retiendra.

Et puis le bivouac permet d’être présent pour assister aux plus beaux matins du monde…

Il est 5h41 du matin. Devant notre tente.
Pour qu’un ciel ciel flamboie, le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas?
Déjà 6h25…l’heure du petit-déjeuner.

On a oublié de prendre en photo un panneau sur la route de Koyasan qui mettait en garde les pèlerins contre…les ours ! On ne lit toujours pas le japonais mais on reconnaît bien un ours dessiné. On y pensait en forêt…pour le petit déjeuner, j’avais acheté du miel…pour l’amadouer…

Bon, 200 g…c’était peut-être pas assez.

Japon Article 28. Vers la baie d’Isé.

La conséquence attendue d’avoir grimpé jusqu’à Koyasan était, les jours suivants, la promesse tenue de belles descentes à plus de 50 à l’heure. Grisant. A en crier sa joie vers les corbeaux surpris.

Premier arrêt en quittant Koyasan. Chez Mima qui ouvrait sa boutique au moment où on passait. Un super petit déjeuner.

Sur les chemins à bicyclette.

Après avoir été fauché, le riz est mis en bottes sur des supports afin de bien sécher. Il sera ensuite battu pour en récupérer les grains.
Plusieurs fois, de loin, on apercevait ces grandes structures aériennes et on se demandait bien à quoi elles pouvaient servir…Surprise !
A jouer au golf sur trois niveaux ! Du golf en conserve. Mais personne sur le green pour rapporter les balles….mais comment font-ils ???

Le golf selon nous.

Ici visiblement, le but est de travailler son swing. Le trou on s’en fout.
Donc en premier, si tu ne veux pas rater le trou, ne fais pas de trous. En second, si tu ne veux pas te fatiguer à ramasser les balles, fais les revenir toutes seules. Par notre observation fine et exacerbée, on a tout compris…enfin presque.

Les balles de golf reviennent par la conduite métallique en gris jusqu’à …
…la grosse boîte en alu reliée au bâtiment par un tube en plastique dans lequel on aperçoit les petites balles s’agiter avant de remonter pour, à nouveau, se faire taper dessus. Mais comment les balles remontent-elles dans la conduite métallique qui fait toute la longueur du terrain ? Soit le green est incliné vers la conduite métallique ou bien elles disparaissent dans des trappes qui les conduisent inexorablement vers celle-ci . On ne sait pas…si vous avez des relations dans le golf. Nous on a vélo.

NARA

Ville qui été capitale du Japon de 710 à 794. C’est surtout pour nous la route qui va nous mener à la baie d’Isé. On y passera une journée et demie en dormant dans une guest house aussi belle qu’un hôtel et en plein centre, dans laquelle on fera connaissance de deux jeunes Français très sympas, Sofiene de Marseille parti de France depuis trois ans et travaillant à distance sur la création de logiciels et Quentin, en fin d’études informatique qui depuis toujours, rêvait de passer quelques mois au Japon. Ce qu’il est en train de faire.

Le cœur de Nara possède un immense parc où 400 daims, pas un de plus, se baladent nonchalamment entre les nombreux touristes.

Oui mais pourquoi des daims ? Parce que, selon la légende, le dieu Takemikazuchi que tout le monde connaît, serait entré dans la ville sur le dos d’un daim (dindin) blanc pour la protéger. C’est pourquoi les daims de Nara sont considérés comme sacrés.

Temple Gangoji qui nous plaît bien avec sa forme octogonale.

Mais on vient surtout ici pour voir Todaiji, la plus grande construction en bois du monde qui héberge un Grand Bouddha monumental en bronze.

Quinze mètres de haut. Assis dans un lotus en lotus.
La main droite ouverte, les doigts tendus vers le haut est symbole de protection et d’absence de crainte.
La main gauche sur les genoux et tournée vers le haut invite les hommes à être témoin de son Éveil.
Chaque pétale est finement ciselé.
Une foule incroyable dont de nombreux groupes scolaires. Vivement qu’on reparte dans nos campagnes japonaises…

À nouveau la campagne, les routes secondaires, les chemins…

Le chemin qu’on doit prendre, est visiblement peu entretenu. De plus en plus compliqué. Des troncs, ça se surmonte mais il faut regarder un peu plus loin.
Et la suite est impraticable. Pierre est allé voir à pied. Des troncs les uns sur les autres avec en prime sur le côté, une rivière au fond d’un ravin. Tout le monde fait demi tour. On a perdu plus d’une heure. On voulait de la campagne, on en a eue.
En fait, contrairement à la Corée, on voit très peu de cyclistes au Japon. Les gens sont stupéfaits d’apprendre qu’on voyage à vélo. Ils pensent à chaque fois qu’on relie deux ou trois villes et puis c’est tout.

On sait qu’on ne rejoindra pas la baie ce soir, il faut penser à trouver un bivouac. Au Japon en ce moment, il fait jour vers 5h30, l’heure où, généralement, on ouvre le premier œil. Mais la nuit tombe à 17h, ce qui nous oblige à chercher entre 15h30 et 16 h un bivouac quand on n’est pas dans du dur. Et les températures se rafraîchissent, normal, c’est l’automne et on est à la montagne. Le bivouac. Un beau sujet…

Au fait, ce soir on est à 2200 kms pour le Japon depuis le 10 septembre.