Article 5. Sur le terrain (Pierre)

Lundi 24 janvier.

Ce lundi, je vais pour la première fois sur les lieux de vie livrer du bois. Nous partons à trois avec le fourgon chargé de sacs de 8 kg de bûches et de trois brouettes. Premier arrêt à moins de 1 km du hangar. Un grand terrain nu le long de la voie ferrée. Au milieu, une sorte d’étang. Léna, une volontaire qui est là depuis plusieurs mois, m’explique que la municipalité a fait creuser le terrain pour qu’il soit noyé quand il pleut…Il y a quand même quelques tentes de migrants le long de la voie ferrée qui, elle, est un peu surélevée. De l’autre côté du terrain, un bosquet dans lequel j’aperçois des tentes. Nous chargeons les brouettes et partons vers le bois. On y entre par un petit sentier.

Il n’a pas plu depuis plus d’une semaine mais le terrain est très boueux, des planches ou des toiles sont placées à certains endroits pour pouvoir passer. Il y a cinq groupes de tentes dans la boue avec des déchets partout. On voit dans chaque groupe, les traces d’un foyer sur un endroit un peu plus sec. C’est là qu’on doit laisser le bois.

Dès qu’on s’approche, quelques migrants viennent à notre rencontre pour nous demander les sacs dont ils ont besoin. On leur demande le nombre de personnes présentes et on fait une proposition généralement inférieure à ce qu’ils souhaitent. Il faut négocier en anglais, parfois en français, avec quelques mots d’arabe ! Léna se débrouille très bien, elle est connue de presque tous les migrants. Elle explique qu’on n’a pas assez de bois pour tout le monde et qu’il faut partager. Discussion, sourires, le contact est bon, pas d’agressivité, quelques paroles échangées, pas de plaintes. Ils répondent volontiers à mes questions, un peu de leur histoire, un peu de leur espoir, pas de résignation, beaucoup de dignité.

Nous faisons plusieurs voyages avec nos brouettes. De l’autre côté du terrain, le long de la voie ferrée, le terrain est moins boueux, les tentes sont très serrées et toujours des déchets partout, quelques sacs- poubelles éventrés, la municipalité refuse de les ramasser.

Les obliger à vivre dans ces conditions, c’est une façon de les déshumaniser.

Nous ferons d’autres sites. Toujours les mêmes conditions, des rencontres intéressantes. A la fin de la distribution, à 12h30, nous aurons livré 142 sacs de bois de 8 kg.

Article 4. Sur le terrain

Avant de parler de notre première journée de distribution auprès des migrants, voici une photo de cuve que remplit régulièrement CFC. Les migrants n’ont pas accès à l’eau. Ils n’ont que ces points d’eau. L’un des conseillers municipaux ( celui avec une belle cravate rouge sur les vidéos de Zemmour) a fait fermer des vestiaires qui permettaient aux migrants d’aller prendre une douche de temps en temps .

Ma première distribution sur le terrain. (Mireille).

Ce matin, les cageots étaient prêts, préparés par l’équipe d’hier. Le matin, il n’y a plus qu’à ajouter le frais, à l’abri dans les conteneurs qui, sinon, serait grignoté la nuit par des rats. Cela a d’ailleurs été le cas d’un pain abandonné. On ajoute une clémentine par personne et un poivron pour quatre. Du pain.

Ensuite, par ordre de distribution selon les zones, on charge les cageots dans le fourgon ainsi que trois brouettes puis on s’en va dans les zones à desservir. On ne peut pas faire tous les endroits tous les jours. Pas assez de vans, de bénévoles, d’autres associations comme le Secours Catholique leur servent également des repas.

Il n’y aura pas des photos de migrants par respect pour eux sauf si un jour, des circonstances particulières le permettent.

Comme ils sont disséminés un peu partout, certains groupes sont dans des fossés, d’autres dans des coins un peu boisés. On rejoint les différents lieux avec les cageots dans les brouettes. Je ne pensais pas qu’on allait aussi loin sur les sentiers . Tous remercient, certains se présentent.

Depuis une semaine, on n’a pas eu une goutte de pluie et il y a de la boue où ils vivent. On imagine en cas de pluie…

Quand on revient, on croise deux employés de la sous préfecture qui viennent vers nous, de façon correcte, pour nous dire que demain ils vont tout raser par ici et que la police sera sûrement là. Aucune agressivité de leur part « ils font leur boulot, pas de solution, c’est aux politiques de faire quelque chose, surtout pas Lepen, encore moins Zemmour , à la place des migrants, on ferait pareil qu’eux, regardez les rats, c’est pas une vie… » On est tous d’accord. On doit prévenir l’ONG HRO pour qu’ils viennent demain voir si tout se passe conformément à la loi.

En croisant l’Info bus, certains me serrent la main . Ce sont plutôt des Soudanais sur ce site mais avant de remonter dans le van, un jeune Afghan vient me voir et se présente, toute sa famille a sauté dans son pays. Il me demande quelques expressions en français mais il veut aller en Angleterre. Un autre vient voir Marie, ma collègue. Il ne peut pas prendre de nourriture car il n’a plus de tente. On va contacter l’association qui s’en occupe pour qu’elle intervienne avant la nuit. Il est déjà 17h45.

Quand on passe avec les brouettes, une dame nous dit gentiment « ça muscle ! », on sourit. Marie me dit qu’une fois un chasseur faisait exprès de tirer très près d’elle. Une autre fois, deux autres bénévoles étaient dans un van qui faisait des soubresauts, puis s’arrêtait. Ils ont fini par lever le capot, des fils étaient coupés, une croix gammée était dessinée et posée sur le moteur….ambiance….Mais on sait aussi que des Calaisiens ouvrent leur porte pour que certains migrants puissent avoir une douche par semaine…espoir…

Article 3. Autres associations qui aident les migrants.

On découvre pour l’instant le fonctionnement des autres associations autour de nous et on est loin d’avoir tout saisi en une semaine. On complètera les infos au fur et à mesure qu’elles nous parviendront.

L’association Infobus.

Son but est de permettre aux migrants de recharger leurs téléphones, d’accéder au wifi, d’obtenir des cartes SIM. Elle travaille 5 jours par semaine , se rend sur les différents lieux de vie et leur offre un thé pendant les 2h30 de chargement.

Project Play.

Chaque jour de la semaine, des bénévoles se rendent auprès des enfants pour leur proposer des jeux, des activités manuelles, leur proposer des livres. Cette semaine, on va essayer d’en savoir plus….

L’épisode ZEMMOUR .

Il a vite été su mercredi dernier qu’Eric ZEMMOUR venait à Calais , pas pour soutenir les migrants bien évidemment mais pour rencontrer les forces de l’ordre. Certains bénévoles ont donc essayé de protester contre son programme à Calais.

Nous avons rapidement appris qu’il était dans un restaurant face à l’hôtel de ville de Marck, banlieue calaisienne. Les manifestants l’attendaient devant le restaurant avec quelques panneaux et slogans du type « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos. » « Plus d’amour, moins de ZEMMOUR » (on aime bien). »

Un journaliste venait de nous dire que la voiture d’Eric Zemmour était garée juste devant, qu’on allait le voir bientôt sortir…eh bien non, après de longues minutes, on a appris qu’il était sorti par une autre issue. Zemmour ou L’exfiltré. .

On a assisté aux reproches faits par son directeur de campagne en direction des journalistes qui se faisaient remonter les bretelles.« S’ils sont venus , c’est parce que l’un d’entre vous a parlé ! Il n’y a que vous qui saviez le lieu du rendez-vous ! Du coup, on ne veut plus que vous nous suiviez ! Terminé! ».

Il est quand même assez étonnant de comprendre qu’un candidat déclaré à la présidence de la république prenne des rendez-vous en cachette place de la mairie…clandestinement….

Nous découvrons peu de temps après dans la presse que les manifestants, dont nous faisions partie, étaient « des militants d’extrême-gauche agressifs et dangereux ».

On ne le savait pas. Voilà donc l’étiquette dont on se retrouve affublé si on n’est pas pro Zemmour. Intéressant !

« Levez-vous pour défendre ce en quoi vous croyez, même si vous êtes seul à le faire ».

Week-end de repos . Page Nature.

Page Culture

Hier, à Calais, on a assisté à une pièce de théâtre jouée dans un lieu qui était autrefois les abattoirs de la ville et qui est devenu un centre culturel avec salle de spectacles, restaurant et librairie. Un peu dans l’esprit du Lieu Unique à Nantes, ancienne biscuiterie nantaise (LU) transformée en spot culturel.

Aujourd’hui dimanche, découverte de Boulogne sur Mer .

Crypte de l’église Notre Dame qui redevient cathédrale le temps d’une messe célébrée par l’évêque

De très belles représentations de personnes dont la technique s’appelle la grisaille faite à partir de pigments de charbon.

et sa ville fortifiée avec son château-musée très intéressant.

Article 2. Découverte du bénévolat à Calais

Après notre rapide installation dimanche chez Véronique, dans la commune de St Inglevert, à une quinzaine de kilomètres de Calais , nous avons entamé lundi notre première semaine de bénévolat à l’Auberge des Migrants. Dans cet entrepôt, pas de migrants, mais de nombreux bénévoles qui s’activent dans la bonne humeur et la cordialité pour répondre aux besoins des migrants qui vivent actuellement dehors.

La visite des lieux nous est commentée par Sidonie, coordinatrice des bénévoles venant donner de l’aide un mois maximum. Ceux qui restent davantage sont accueillis par une autre personne.

On découvre, grandeur nature, les associations dont on a appris l’existence sur internet. D’abord celles qui s’occupent de l’alimentation :

RCK (Refugees Community Kitchen) prépare actuellement 1500 repas quotidiens distribués sur différents lieux de vie. C’est là que je passerai ma première journée occupée à couper patates, carottes, salades, butternuts, entourée de 16 autres personnes concentrées sur des tâches similaires ou plus complexes. Les deux responsables , Hollandais, sont au top. Sérieux et efficacité jusqu’à la touche finale, laissant une cuisine parfaitement propre…pour mieux reprendre dès le lendemain, de 9h à 17h. 1 heure de pause le midi. Deux tours sont organisés pour la distribution aux migrants sur les sites, la plupart correspondant souvent à différentes nationalités.

CFC ( Calais Food Collective). Finalement cette association sera mon choix à partir du deuxième jour. On prépare des cageots de nourriture qui seront livrés en camion par nos équipes auprès des migrants qu’eux-mêmes cuisineront à leur guise sur des feux. CFC a préparé 170 000 repas au cours de l’année 2021!

Pierre travaille pas loin de moi, à couper du bois avec l’association Woodyard. 14 tonnes de bois par semaine sont ainsi répartis sur chaque lieu où vivent les migrants principalement soudanais, érythréens, Afghans, Irakiens, Iraniens. Heureusement qu’il n’est pas tout seul avec sa hache ! En les regardant travailler, je dirais qu’il y a autant de jeunes femmes que d’hommes à fendre les bûches.

Collective aid. Tout ce qui est donné par des associations ou des particuliers et qui est non alimentaire se retrouve ici. Tentes, couvertures, duvets, vêtements etc. sont triés de façon drastique. Certaines bénévoles ont un mètre de couturière à la main, mesurent tel tee-shirt , le plient et le rangent sur la bonne étagère. Tout est répertorié avec précision.

Tout est acheté grâce aux dons faits par des entreprises ou particuliers. D’autres associations donnent également leurs surplus alimentaires.

Depuis lundi, on a fait trois formations afin de mieux comprendre ce qui se vit ici. La première formation concernait l’histoire des différents mouvements migratoires à Calais et les sites géographiques. La seconde nous a fait réfléchir sur ce qu’est la vulnérabilité, les attitudes à avoir ou à éviter à travers des situations concrètes. La troisième formation était une formation antirépression pour que chacun connaisse ses droits face à certaines violences policières.

Bon, on part travailler mais demain et dimanche, c’est repos !

CALAIS. Article1 Bientôt le départ.

Comment nous est venue l’idée d’aller donner un peu de notre temps à Calais, auprès des migrants ?

Un gros coup de ras-le-bol, de colère, de tristesse. Encore et encore…les reportages, les chiffres, les naufrages, les morts, les violences, l’indifférence.

Et nous, au lieu de rester assis devant ce triste spectacle, on pourrait déjà se lever et chercher sur internet s’il existe des associations qu’on contacterait pour voir si on peut être utile à quelque chose.

C’est ce qu’on a fait et, très vite, on est arrivés sur le site « Auberge des Migrants » qui héberge différentes assos françaises, franco-britanniques et britanniques. L’Auberge des Migrants existe depuis 2008! Sorte de parapluie qui regroupe huit associations dans le même entrepôt dont l’objectif est de coordonner les actions en faveur des migrants.

Leur but est d’apporter aide matérielle et alimentaire. Aucune subvention publique. Elles ne fonctionnent qu’avec des dons. On a lu le profil des assos avec lesquelles on peut travailler comme bénévoles, mais on préfère attendre d’être sur place pour choisir – ou être choisis – en fonction des besoins.

Les tâches des bénévoles sont nombreuses :

Cela peut être cuisiner les 1000 repas distribués quotidiennement, ou bien préparer des sacs d’aliments, de boîtes pour des repas que les migrants se feront eux-mêmes sur des feux de bois. Bois qu’il faut couper, transporter, dispatcher. Trier des objets, des tentes, des couvertures, des vêtements. Participer aux maraudes nocturnes qui veillent au respect et à la protection des plus jeunes en particulier. Des observateurs qualifiés vérifient également si les interventions de la police se font bien en toute légalité…

On a, bien sûr, téléphoné pour se présenter et donner nos disponibilités. Ayant d’autres contraintes, on va à Calais un mois, de mi-janvier à mi-février. On a trouvé sur la liste fournie par l’Auberge des Migrants un hébergement chez Véronique, enseignante à la retraite, qui habite à un quart d’heure de Calais.

Nous quittons Charavines samedi matin 15 janvier, la voiture pleine de toiles de tente, de sacs de couchage, de couvertures, de chaussures et de vêtements chauds donnés par des personnes au grand cœur qui nous entourent ! Un grand MERCI à elles !

Et à très bientôt !

Index pour la Vélodyssée

Ordre des articles.

Velogoodtrip sur la Velodyssée.

Nos débuts sur la Vélodyssée.

Article 2. Balade le long du canal de Nantes à Brest.

Article 3. Canal vers Nantes.

Article 4. Dernier jour sur le canal.

Article 5. La Loire Atlantique.

Article 6. Nos débuts en Vendée.

Article 7. Littoral.

Article 8. Vendée et Charentes maritimes

Article 9. L’île d’Oléron où la lumineuse.

Article 10. D’Oléron à Biscarrosse.

Article 11. Direction Cap-Breton

Article 12. Cap-Breton ou Capbreton.

Article 13. Bayonne.

Dernier article. Le sud-ouest.

Dernier article. Le sud-ouest

Quand vous lirez cet article, on aura terminé la Velodyssée. Le temps pluvieux et venteux qui aura accompagné la dernière journée roulée entre Biarritz et Hendaye ne nous a pas incités à faire des visites et certains sites sont fermés, on est dimanche ! Mais même sous la pluie, la côte Atlantique était superbe.

Tout d’abord Biarritz, l’impériale, où le soleil était encore avec nous.

On a vraiment été conquis par cette région et cette ville en particulier et la décision est prise de revenir dans le coin passer une semaine.

Église orthodoxe au loin.


En 1920, 25% de la population de Biarritz parlait russe.

Les Romanov et les aristocrates russes venaient ici en villégiature. Comme nous. Mais pas dans les mêmes hôtels.

De l’autre côté de la grande plage, vers Port-Vieux.

De nombreux escaliers stylisés permettent de rejoindre régulièrement les différentes plages.

Port-Vieux . On a roulé depuis le phare au loin.
Le Rocher à la Vierge.
On aperçoit la passerelle qui permet l’accès au rocher à la Vierge.
Collection automne 2021 pour notre dernière journée de la Velodyssée.

Très peu de photos car la pluie et surtout le vent rendent la chose difficile.

Le vent a soufflé à 80 à l’heure.
On a seulement déjeuné à St Jean de Luz et on a repris la route.
Entre St Jean de Luz et Hendaye, la plage du fort de Socoa.

Nous avons donné les premiers coups de pédales le jeudi 8 septembre et nous terminons la Vélodyssée le dimanche 3 octobre. Avec les variantes, on a pédalé 1450 Km.

On passe en Espagne.

Une pensée et de grosses bises à Laurence et Albert, un couple d’Annecy, rencontré via Warmshowers, qui a fait la suite de la Velodyssée sur l’euro vélo 1, c’est à dire la partie Espagne et Portugal. Et ils ont terminé aujourd’hui à Lisbonne! Même jour que nous. On fêtera ça !

Laurence et Albert.…On dirait que vous aviez plus de soleil que nous….

Ce nouveau périple nous a confortés dans notre idée que le voyage à vélo, bon pour la santé du cycliste et de la planète, reste la meilleure façon de découvrir de nouveaux territoires et de voir autrement ceux que nous connaissons déjà. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la philo du voyage à vélo, on avait trouvé un article très complet qui a été publié sur ce blog le 1 novembre 2019.

Demain visite d’une amie à Toulouse et retour à Charavines mardi.

Article 13. BAYONNE

Aperçu de la Cathédrale Sainte Marie d’une des jolies places de la ville.
Son chœur magnifique. Presque autant de saintes que de saints représentés. Pour une fois.
Château -Vieux, ancienne forteresse médiévale. Vauban n’a pas pu s’empêcher d’y faire quelques retouches.
Les Halles

Et puis, au détour d’une tapisserie…..

Quand la petite histoire rencontre l’Histoire et le cinéma à travers Monuments Men.

Cette tapisserie – presque 3m sur 3m- est une œuvre anonyme du XVIe siècle. Témoignage exceptionnel sur la manière de se vêtir et de se coiffer au pays basque à cette époque. On l’appelle :
Trois groupes de femmes

Comme de nombreuses autres œuvres pendant la seconde guerre mondiale , elle a été volée par les nazis en avril 1941. Göering l’a faite transporter en Allemagne chez lui. Mais avant le transfert, les œuvres volées étaient stockées au musée du Jeu de Paume. C’est Rose Valland , employée par ce musée, qui prit le risque de noter les origines des collections et leur destination précise en Allemagne.

On identifie la tapisserie volée Bayonne en juin 1952 grâce aux notes de Rose Valland.

Elle est ramenée à Paris puis en 1973, elle quitte Paris pour un château en Gironde.

Il faudra attendre 2001 ! Pour qu’elle revienne à BAYONNE et trouve sa place dans le musée basque de la ville . Une absence de 70 ans.

Rose Valland a reçu la légion d’honneur et la médaille de la Résistance pour ses faits…d’arts.

Question : Mais pourquoi ont-ils mis Cate Blanchett , une Américaine, pour jouer le rôle de Rose Valland !!!

Tableau de Perico Ribera. On dirait que le visage de la femme est une photo. Mais on adore aussi le street art.

Et on a trouvé que ce boulanger avait de l’humour…

Le soir on a dormi dans un refuge pour pèlerins de St Jacques. Il n’y avait personne et on fait accueil jacquaire chez nous alors Yvette nous a acceptés. Tarif: 10€ par personne avec petit déjeuner inclus.

Avec Yvette, dans le refuge tout neuf qui était un ancien garage.
Juste à côté. Pas de curé, bar fermé.
Le lendemain matin. Il est 7h30, on quitte le refuge. La seule contrainte est que le petit déjeuner est à 7h . Pas gênant, on aura ainsi une grande journée à Biarritz.
Le jour se lève , premiers coups de pédales.
Au revoir Bayonne.

Article 12. Cap-Breton ou Capbreton

Un petit peu d’ HISTOIRE.

Avant de pratiquer le surf, on pratiquait la chasse à la baleine de la fin du XIIe siècle au début du XVIIe siècle. La pêche se faisait à partir de chaloupes appelées pinasses. Rien ne se perd, tout se transforme chez la baleine ! Les fanons, le lard pour l’huile servant à s’éclairer, les os, la peau, la chair. Les pêcheurs offraient à l’église le morceau de choix : la langue ! En espérant que Dieu s’en souvienne et les protège des périls encourus.

Dès le XIIIe siècle, les Capbretonnais ont tenté de fixer leurs dunes vagabondes. Ils ont commencé à planter des oyats, des pins maritimes et de la vigne.

L’économie s’est développée autour de « l’arbre d’or », le pin mais également le chêne-liège pour les bouchons !

En 1858, Napoléon III a eu la bonne idée d’ordonner la construction du port de Capbreton. Il faut dire qu’il passe tous ses étés avec l’impératrice Eugénie dans le coin à Biarritz et que depuis déjà quelques années, les bains de mer sont à la mode. Effets bénéfiques de l’eau, l’air et le soleil. Au départ, bourgeois et aristos viennent pour des raisons de santé : Maladies infantiles, tuberculose, rhumatismes et séquelles de traumatisme. Et puis, finalement, on est venus juste pour le plaisir. Biarritz et Cap-Breton deviennent les stations principales du littoral atlantique. Les établissements médicaux étaient nombreux, certains, devenus inutiles, travailleront désormais avec des sportifs de haut niveau.

Aujourd’hui, l’attractivité de Cap-Breton repose principalement sur les sports de glisse. Des spots de surf, pour tous niveaux, sont mondialement connus et accueillent pas mal de compétitions. On était étonnés du nombre de jeunes Allemands croisés autour des clubs de surf. Ce sont leurs vacances.

Le by-pass hydraulique, kesako ?

C’est un système de transfert hydraulique de sable unique en Europe qui permet de prélever du sable sur une plage pour le redistribuer, via une conduite souterraine, vers une plage qui en a besoin. Déjà 13 ans que ça existe. Pas bête.

Et puis, incroyable , trois femmes spécialistes du sauvetage côtier ont traversé sur un paddle destiné au sauvetage en mer en 2009 l’océan Atlantique à la force de leurs bras !!! Elles ont parcouru 5000 km en 54 jours depuis l’île de Cap-Breton au Canada jusqu’à Capbreton ici. Respect les filles !

On pensera à vous la prochaine fois qu’on barbotera dans le lac de Paladru…

Article 11. Direction Cap-Breton

On savait que la journée s’annonçait pluvieuse. On n’a vraiment pas été déçus. Il ne faut pas noircir le tableau, il y a eu des éclaircies qui nous permettaient d’enlever la cape de pluie…pour mieux la remettre un quart d’heure plus tard.

Ambiance.

Journée humide de 87 kms .

On sent que la photo fait des émules.

L’apothéose a été notre arrivée à Cap-Breton sous des trombes d’eau qui a attiré un « oh! Mon Dieu! » compatissant d’une passante abritée nous voyant passer sur nos vélos rincés. On venait de retirer les capes quand le ciel nous est tombé dessus.

Au début de la journée, quand on se disait encore que la météo pouvait se tromper, on avait réservé un camping pour le soir. Ça s’appelle l’optimisme. Mais la météo a tenu ses promesses : journée pluvieuse.

Alors sur un bout de trottoir capbretonnais, on a vite cherché un plan B. Pas de gîtes, chambres d’hôtes hors de prix, et puis on tombe sur : Maison de Notre Dame des Apôtres. Les Apôtres, ça nous va bien. Déjà qu’on a le Déluge , il n’y plus qu’à trouver où crècher…

Pas cher par rapport aux autres tarifs, 53€, on réserve et on paie sur internet. On a du mal car avec de l’eau plein les yeux, le téléphone qui n’aime pas l’eau, les doigts qui s’engourdissent, on se trompe parfois dans les numéros.

L’adresse est à 200 m d’où on se trouve, au cœur de la ville. C’est un signe. Et on tombe là-dessus :

Photo prise le lendemain sous le soleil. Et là on voit : maison de retraite ! On a encore le temps quand même ! Pas de sonnette, un portail tout rouillé qui semble daté de Mathusalem. Pas de nom. Un petit toboggan sur la droite me semble un petit peu anachronique. On se dit : on s’est fait arnaquer. Pas plus d’ Apôtres que de beurre en broche à cette adresse. Et un miracle se produit : le portail rouillé s’ouvre et un jeune homme avec une planche de surf en sort. Un apôtre d’aujourd’hui sans doute. Il se propose de nous aider et nous dit que quelqu’un va venir nous donner une chambre. Mais déjà, il nous fait entrer au sec dans un très grand hall. Sans attendre l’autorisation, on se permet de se faire un thé qui est à portée de main . C’était là pour ça.

On apprend que c’est un ancien couvent, puis ancienne maison de retraite avec un nouveau bâtiment sur l’arrière qui sert d’hébergement. C’est une communauté religieuse qui s’en occupe. Le jeune frère ou prêtre qui arrive est tout sourire et nous désigne une grande chambre avec coin salon. Voyant qu’on dégouline de partout – en même temps c’est vite vu – il nous apporte un petit radiateur électrique pour qu’on sèche nos vêtements. Au rez-de-chaussée, on peut aller à la bibliothèque, dans un salon où il y a des jeux, et puis il nous montre la cuisine qu’on peut bien sûr utiliser. Avec du matériel Charvet fabriqué dans notre village de Charavines !

Le lieu ressemble à une auberge de jeunesse. C’est aussi un centre de vacances, d’où le toboggan…

Le lendemain, on est tout reposés, nos affaires sèches, prêts à découvrir CapBreton. On passera la deuxième nuit au camping municipal, c’est moins cher et le soleil est revenu – mais on gardera un très bon souvenir de la maison de Notre Dame des Apôtres.

On a rencontré en début de journée un jeune cycliste suisse qui était passé par Prague et Berlin et qui avait trouvé ces deux villes très …ennuyeuses. On se demande comment il a trouvé sa journée sous les pins et sous la pluie pendant plus de 80 km !!!

Bruyères. Même sous la pluie c’est joli.

Pins, chênes-liège et arbousiers sont les arbres les plus rencontrés.
Beauté automnale.
Même si on ne l’a pas fait exprès, on est tout le temps sur le Chemin de St Jacques.

Cap-Breton. Elle méritait bien une journée de balade sous le soleil. Et nous aussi.