On voulait choisir un joli symbole pour décider de notre point de départ lyonnais. On a opté pour la statue de « l’homme qui se porte lui-même ». Elle est située sur la rive de la Saône en face du Palais de justice aux 24 colonnes juste à côté de la passerelle.



Notre journée pédalage à partir de Lyon a commencé plus tard que prévu pour des histoires de train. Train pour Lyon en retard, puis train qui arrive en gare dans lequel on est plusieurs à s’engouffrer, pour se retrouver à St André Le Gaz …Terminus ! On l’a tous pris avec le sourire en faisant remarquer au contrôleur que les annonces à Voiron auraient pu nous dire que ce train n’allait pas jusqu’à Lyon. Gentiment, il nous a expliqué que c’était des annonces pré enregistrées mais que dans 20 minutes un autre train arriverait. Rien de grave. On prend le temps. Enfin pour cette première journée, surtout le temps froid, humide, pluvieux , qui nous oblige parfois à sortir les capes de pluie quand l’averse devient trop importante.
La sortie de Lyon nous permet de côtoyer les guinguettes qui ont fait le charme, et le font encore, des bords de Saône.




Les cyclistes attirent les cyclistes. Sur la route, un jeune cycliste nous interpelle, Pierre va réparer sa pédale. On lui parle d’atelier vélo à Lyon où il peut apprendre à l’entretenir. Dans une commune, une vieille dame roule plus vite pour nous rejoindre et nous indiquer un chemin étroit invisible aux non initiés qui nous permet de relier la Voie Bleue sans rester sur la route. Tellement contente de nous avoir été utile! Et nous, contents qu’elle soit contente.
On passera la nuit au camping de Trévoux, où la gérante nous proposera de nous installer sous un grand barnum étant donné l’état du ciel. On est ravis, cela nous coupe du vent et de la pluie éventuelle qui va qui vient depuis ce matin.
Une jeune stagiaire est à ses côtés, on sent qu’elle débute, elle vient de Chine. Alors je lui parle de son pays, des montagnes sacrées bouddhistes, des pains de sucre de Guilin, de la Mongolie intérieure. Elle s’esclaffe, car comme très souvent, nous, voyageurs étrangers, avons visité davantage de choses dans leur pays qu’eux mêmes. Quand je lui sors les quatre mots chinois que je connais : bonjour, merci, ça va, manger, elle est aux anges et commence à me parler chinois. La gérante est morte de rire car le matin même, elle lui a dit : tu sais, c’est pas ici que tu vas avoir l’occasion de parler chinois ! C’était son premier jour de stage .
On a choisi Trévoux pour son cœur médiéval et ses centres d’intérêt. Mais ce sont d’abord les personnes qu’on rencontre qui la rendent sympathique. Cette librairie née de la volonté et de l’investissement de ses habitants, ces nombreux potiers, sculpteurs dans les rues des arts qui nous parlent de leur passion avec brio.

Des reconversions qui leur ont donné le bonheur et l’envie de transmettre ce bonheur aux élèves de tous âges qui viennent des communes alentour pour travailler la pierre. Quitter des emplois de bureau pour prendre le risque de la création. Une médiathèque très active, des bords de la rivière aménagés pour les enfants, les promeneurs, les sportifs.






Et puis surtout, Trévoux est célèbre pour ses imprimeries installées dans un couvent désaffecté de la ville fin XVIIe siècle. Ici ont été imprimées les premières éditions du Dictionnaire et du Journal de Trévoux célèbres dans toute l’Europe du XVIIIe siècle.

Cette petite ville a été dotée d’un parlement ! Lequel a donné à ce petit territoire tous les attributs d’un véritable état. Mais porque? Parce qu’en 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne et c’est la Saône qui sert de frontière entre le royaume de France et l’Empire.
La ville s’est enrichie grâce au péage fluvial et à un atelier de fabrication de monnaie. Mais aussi, et ce n’est pas un détail, se développe à Trévoux l’industrie de la filière en diamant. Kesako ? On vous dit tout. Un gars de Trévoux (Trévoltien donc) a réussi à percer le diamant et donc, il a pu fabriquer des filières en diamant qui étaient quasi inusables et se sont répandues dans le monde entier en particulier pour la fabrication des fils en tungstène des ampoules électriques. Je ne sais pas si c’est grâce à lui qu’on a inventé le fil à couper le beurre…Mais en tout cas l’affaire à bien fructifié.



Et puis le lendemain, journée venteuse de 80 kms environ sur des chemins de halages, sentiers, petites routes de campagne agréables.
















La prochaine fois, on vous parlera de Tournus qu’on a pris le temps de visiter également. Ce soir on dort à Chalon-sur Saône, dans un petit hôtel bien douillet. Bon, minuit 26. Demain on a vélo.




















































































































































































































