Article 2. Premiers tours de roue.

On voulait choisir un joli symbole pour décider de notre point de départ lyonnais. On a opté pour la statue de « l’homme qui se porte lui-même ». Elle est située sur la rive de la Saône en face du Palais de justice aux 24 colonnes juste à côté de la passerelle.

Notre journée pédalage à partir de Lyon a commencé plus tard que prévu pour des histoires de train. Train pour Lyon en retard, puis train qui arrive en gare dans lequel on est plusieurs à s’engouffrer, pour se retrouver à St André Le Gaz …Terminus ! On l’a tous pris avec le sourire en faisant remarquer au contrôleur que les annonces à Voiron auraient pu nous dire que ce train n’allait pas jusqu’à Lyon. Gentiment, il nous a expliqué que c’était des annonces pré enregistrées mais que dans 20 minutes un autre train arriverait. Rien de grave. On prend le temps. Enfin pour cette première journée, surtout le temps froid, humide, pluvieux , qui nous oblige parfois à sortir les capes de pluie quand l’averse devient trop importante.

La sortie de Lyon nous permet de côtoyer les guinguettes qui ont fait le charme, et le font encore, des bords de Saône.

On va déjeuner chez Bocuse.
Enfin, presque. Devant chez Bocuse. Radis, fromage, mandarines. Cuisine nouvelle.
Le panneau nous amuse, la pluie moins. On ne craint pas l’excès de vitesse ! Il y a de la marge, nous on roule autour de 19 à l’heure. La première partie n’est pas très agréable, près de la route sur la voie cyclable, mais ce sera seulement sur la première vingtaine de kilomètres en sortant de Lyon.

Les cyclistes attirent les cyclistes. Sur la route, un jeune cycliste nous interpelle, Pierre va réparer sa pédale. On lui parle d’atelier vélo à Lyon où il peut apprendre à l’entretenir. Dans une commune, une vieille dame roule plus vite pour nous rejoindre et nous indiquer un chemin étroit invisible aux non initiés qui nous permet de relier la Voie Bleue sans rester sur la route. Tellement contente de nous avoir été utile! Et nous, contents qu’elle soit contente.

On passera la nuit au camping de Trévoux, où la gérante nous proposera de nous installer sous un grand barnum étant donné l’état du ciel. On est ravis, cela nous coupe du vent et de la pluie éventuelle qui va qui vient depuis ce matin.

Une jeune stagiaire est à ses côtés, on sent qu’elle débute, elle vient de Chine. Alors je lui parle de son pays, des montagnes sacrées bouddhistes, des pains de sucre de Guilin, de la Mongolie intérieure. Elle s’esclaffe, car comme très souvent, nous, voyageurs étrangers, avons visité davantage de choses dans leur pays qu’eux mêmes. Quand je lui sors les quatre mots chinois que je connais : bonjour, merci, ça va, manger, elle est aux anges et commence à me parler chinois. La gérante est morte de rire car le matin même, elle lui a dit : tu sais, c’est pas ici que tu vas avoir l’occasion de parler chinois ! C’était son premier jour de stage .

On a choisi Trévoux pour son cœur médiéval et ses centres d’intérêt. Mais ce sont d’abord les personnes qu’on rencontre qui la rendent sympathique. Cette librairie née de la volonté et de l’investissement de ses habitants, ces nombreux potiers, sculpteurs dans les rues des arts qui nous parlent de leur passion avec brio.

Des reconversions qui leur ont donné le bonheur et l’envie de transmettre ce bonheur aux élèves de tous âges qui viennent des communes alentour pour travailler la pierre. Quitter des emplois de bureau pour prendre le risque de la création. Une médiathèque très active, des bords de la rivière aménagés pour les enfants, les promeneurs, les sportifs.

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Et puis surtout, Trévoux est célèbre pour ses imprimeries installées dans un couvent désaffecté de la ville fin XVIIe siècle. Ici ont été imprimées les premières éditions du Dictionnaire et du Journal de Trévoux célèbres dans toute l’Europe du XVIIIe siècle.

Cette petite ville a été dotée d’un parlement ! Lequel a donné à ce petit territoire tous les attributs d’un véritable état. Mais porque? Parce qu’en 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne et c’est la Saône qui sert de frontière entre le royaume de France et l’Empire.

La ville s’est enrichie grâce au péage fluvial et à un atelier de fabrication de monnaie. Mais aussi, et ce n’est pas un détail, se développe à Trévoux l’industrie de la filière en diamant. Kesako ? On vous dit tout. Un gars de Trévoux (Trévoltien donc) a réussi à percer le diamant et donc, il a pu fabriquer des filières en diamant qui étaient quasi inusables et se sont répandues dans le monde entier en particulier pour la fabrication des fils en tungstène des ampoules électriques. Je ne sais pas si c’est grâce à lui qu’on a inventé le fil à couper le beurre…Mais en tout cas l’affaire à bien fructifié.

Voilà à quoi ressemblaient les filières en diamants dont le trou servait à fabriquer des fils métalliques.
On a fait attention…

Et puis le lendemain, journée venteuse de 80 kms environ sur des chemins de halages, sentiers, petites routes de campagne agréables.

Le bar de Montmerle s’est préparé, en même temps que la Voie Bleue s’installait dans l’Ain, à recevoir joliment les cyclistes seuls ou en famille. La portion de Voie qui passe ici ne date que du mois dernier. Une cour très colorée avec une vraie cabane de sorcière ! Elle nous fait penser à la maison des grands parents de Charlie dans Charlie et la chocolaterie…pour ceux qui connaissent…
La Voie Bleue n’est pas complètement terminée. On comprend que c’est un investissement pour les communautés de communes.
On suppose que c’est l’imprimeur qui a fait une coquille !!! Pardon St Ex. Ton texte reste magnifique.
Des observatoires. J’y dormirai bien mais ils sont toujours sur l’autre rive.
Éclaircie
Arrivée à Mâcon sous la pluie. Juste l’envie de boire un café.
Et de saluer Lamartine dans sa ville natale.
Les points kilomètres indiquent le nombre de kilomètres de la Saône navigable entre ce point et Lyon. Le ciel nous presse de trouver rapidement un point de chute.
Notre second camping…il y a de la place…

La prochaine fois, on vous parlera de Tournus qu’on a pris le temps de visiter également. Ce soir on dort à Chalon-sur Saône, dans un petit hôtel bien douillet. Bon, minuit 26. Demain on a vélo.

LA VOIE BLEUE. De Lyon à Luxembourg

ARTICLE 1. LE PARCOURS.

Elle propose 700 kms de voyage vélo au bord de l’eau répartie en 23 étapes, de Lyon à Luxembourg, pensée pour les curieux de nature et de culture ainsi que pour les gourmands. Elle traverse 3 régions, 7 départements, 2 métropoles, 15 villages classés, et 3 sites inscrits à l’UNESCO.

La Voie Bleue est une partie d’un réseau « itinéraire vélo » qui relie l’Europe du Nord à la Méditerranée. Au sud de la Voie Bleue, on retrouve la Viarhôna qu’on a parcourue il y a quelques années.

On pense poursuivre après Luxembourg sur l’euro vélo 5 direction la Belgique jusqu’à Bruxelles. Cela nous fait une jolie balade de 1100 km all inclusive sans compter le retour car pour l’instant, on ne sait pas encore comment on revient. On a le cerveau lent. Mais chaque chose en son temps.

On s’est dit que le programme nous convenait bien. Au gré des rives de la Saône, remplacée plus haut par le canal des Vosges, la Moselle lui succédant, on se voit déjà le nez au vent, enfin surtout sous la pluie d’après la météo annoncée, pédaler à la rencontre de villages charmants, de musées, de poulets de Bresse à la crème, de canaux, d’abbayes, d’escargots de Bourgogne, d’endroits sympas où s’asseoir, dans l’herbe au bord de la rivière, ou au bar du village….Plutôt au bar s’il pleut.

Pour l’hébergement, on a une tente, on s’est inscrits sur le site WS ( Warmshowers) mais on ne rechignera pas non plus si on peut dormir dans un joli gîte, même si on sait que le camping sous la pluie, ça crée des souvenirs !

Demain matin, le train de Voiron à Lyon puis direction Thouassey.

Article 25.   Palerme

Avant de parler pour la dernière fois de la Sicile et de Palerme en particulier, précisons qu’on a passé la frontière cet après midi et que ce soir, on dort chez Guillaume  qui nous accueille de manière fort sympathique par le biais du site Warm Showers. A Gênes, on a dormi dans une auberge de jeunesse où, descendant du ferry qui n’a démarré qu’à 5 heures du matin, on est arrivés à  l’hébergement à plus de minuit! Heureusement qu’il y a un accueil H24! On a appris, pour la jeune fille disparue. Suicide. Elle a laissé un mot.

Aujourd’hui, notre dernière étape italienne était magnifique et bien pensée pour les cyclistes. Quasiment une voie cyclable sur 80 km tout le long de la mer, à côté de la voie piétonne. La cerise sur le gâteau, un tunnel juste pour les vélos et en prime, de la musique ! Tutto bene.

On n’aura finalement passé que dix jours en Sicile qui méritent bien plus, mais on aura eu, malgré tout,  le temps d’apprécier la cuisine variée du pays notamment celle qui vient de la mer et servie avec des parts copieuses qui satisfont les cyclistes affamés. Les nombreux contacts sympathiques avec les gens nous laisseront de bons souvenirs ainsi que la ville pittoresque, colorée, grouillante, attachante de Palerme.

Des spaghettis au poulpe.

Nos pas nous ont menés au marché Ballaro découvrir des étals bien achalandés et des camelots qui ne manquaient pas de coffre ! A la base, l’Italien est une personne plutôt sonore. Alors un camelot italien…d’ailleurs les plus grands chanteurs d’opéra viennent de ce pays.

Le bonjour du poulpe!

De nombreuses pancartes écrites en arabe, en hébreu et en italien.
Devant la cathèdrale de Palerme.

Mais c’est principalement le Palais des Normands, appelé aussi Palais Royal qui nous aura marqués. Il était la résidence des rois et le siège du pouvoir politique. Il abrite toujours aujourd’hui le siège de l’assemblée régionale sicilienne. Une splendeur, sa Chapelle Palatine, qui a été construite au XII e siècle sur ordre et pour l’usage de ….Roger ! Roger II, premier roi normand de Sicile (…. pour ceux qui auraient des lacunes).

Le même Palais présente également des expositions d’art contemporain. J’en ai apprécié plusieurs (peut-être aussi grâce à la musique envoûtante qui accompagnait les œuvres). En revanche sur Pierre, aucun effet.

Les murs ont des oreilles.
La Cène…comme on ne l’a jamais vue…mais qu’on reconnait au premier coup d’oeil.

C’est à partir de la place appelée « quatro canti » que le coeur de la ville se divise en quatre quartiers.

Une superbe fontaine. Entre l ‘Italie et la Sicile, on n’est pas dépaysés.

Mais le sujet qui nous a beaucoup intéressés et sur lequel on a énormément appris est celui de la Mafia et surtout des mouvements NoMafia. On a passé trois heures passionnantes avec Chloé qui fait partie du mouvement depuis une vingtaine d’années et qui organise des walking tours dans Palerme sur ce sujet pour sensibiliser les touristes également. Son asso s’appelle » Addiopizzo », le pizzo étant, non pas la pizza au masculin, mais l’impôt mafieux.

Ce logo orange pour inciter les clients à aller chez les commerçants qui ont su dire non aux mafieux.
Personnalités abattues par la mafia.
Cette photographe est connue pour avoir pris en photo les crimes commis par la mafia.
Des flyers pour dissuader les commerçants de payer un tribut aux mafieux.

« Tout un peuple qui paie le pizzo est un peuple sans dignité ».

Mais en trois heures, Chloé nous a donné tellement d’informations que ce serait trop difficile pour nous de ne pas faire d’erreurs ou d’impasses sur un sujet aussi complexe, alors, on préfère vous donner le site qui vous expliquera tout en détails et sans erreurs. Il suffit de taper Addiopizzo. Merci wikipedia.

On a quitté l’Italie avec 2700 km dans les jambes jusqu’à Nice, de belles images pleins la tête mais toujours heureux de retrouver la France. A bientôt.

Article 24. Cefalù

Mais d’abord un fait dramatique qui, on espère, va bien se terminer.

Alors que je suis à écrire cet article à 23 h15 par terre dans le port, adossée à un grillage, on devrait être déjà installés sur le pont du ferry à effectuer la traversée de Palerme à Gênes. On vient d’apprendre que le bateau n’est pas prêt de partir. Une jeune fille de 20 ans a disparu entre son embarquement à Gênes et l’arrivée du bateau à Palerme. C’est son frère qui a donné l’alerte. Ils s’étaient endormis dans leur cabine et à son réveil, sa sœur avait disparu. La police est sur le bateau. Celui sur lequel on devait embarquer. Un vigile nous a dit qu’on ne partirait pas avant 5 heures du matin…Les gens prennent leur mal en patience dans les voitures, on est les seuls à vélo. On vient de nous distribuer une bouteille d’eau et un sachet de biscuits.

Mais pour l’instant, retour sur ces derniers jours siciliens…

Massive la cathédrale de l’extérieur.

L’étape de Cefalù était la dernière en Sicile avant d’atteindre Palerme. On savait que c’était un bel endroit où, malheureusement, on n’y passerait qu’une nuit mais vu le peu de temps qui nous restait, c’était mieux que rien.

Encore une fois, c’est la cathédrale qui attire en premier lieu les regards de tous les voyageurs. Cathédrale de style arabo-normand construite au XII e siècle. Mais pourquoi Normand ? C’est à cause de Roger. On en entend parler régulièrement depuis notre arrivée en Sicile. Le roi Roger II, Normand, est le fondateur du royaume de Sicile. La façade, les tours, le cloître sur le côté qui est actuellement fermé, sont de style normand.

Sous le Christ, Marie entourée d’anges aux ailes bien amidonnées.
On retrouve le Christ Pantocrator et l’art byzantin.

On sait que cette cathédrale est un exemple exceptionnel de syncrétisme culturel entre cultures Occidentales , Byzantines et Islamiques mais on n’en sait pas tellement plus.

Au coin de la rue, un B and B pour matous.
Et le nôtre qui est très bien aussi en plein cœur de la ville, 40 € la nuit où on peut se faire à manger. Bonheur…
Des mots de remerciements de nos prédécesseurs.
Palmiers aux belles dattes.
On espère que demain matin le chauffeur ne confondra pas la marche arrière avec la marche avant ! Confiance….
Le lavoir médiéval. Quartier bouclé pour cause de tournage du film « le lions de Sicile » dont on voit le livre dans toutes les bonnes librairies de la cité.

Il est minuit. On n’a aucune nouvelle.

Article 23. STROMBOLI…quand tu nous tiens…

Du détroit de Messine l’archipel des éoliennes n’est plus très éloigné.

On avait prévu de passer une nuit sur l’île de Stromboli mais nous en passerons trois à cause du mauvais temps. On savait qu’il y avait un risque, déjà visible la veille sur l’île de Lipari, mais si on voulait voir Stromboli et pédaler ensuite jusqu’à Palerme, il fallait tenter.

Stromboli est la plus éloignée. Le bateau a fait des escales à Vulcano, Lipari et Panarea avant de nous déposer à bon port. On aime bien la traduction Isolé en italien pour le mot îles. Ça colle bien à la réalité.

Ciel déjà bien menaçant sur Panarea.
Un premier arrêt bref au plus petit port du monde, Ginostra, où vit, juste au-dessus, une quarantaine de personnes…on espère qu’ils ont des voisins sympas…Le bateau passe d’abord à Ginostra, en haut sur la carte, puis contourne le volcan dans le sens des aiguilles d’une montre, pour nous emmener au Port, Porto. À droite, on voit la Sciara del Fuoco, lieu d’écoulement de la lave, qu’on ira voir au plus près qui soit autorisé. Du village, on ne voit pas le cratère. Il faut aller sur les flancs de la montagne.

Les moyens de transports locaux qui sillonnent le village de Stromboli.
On découvre le village de Stromboli, avec ses paroisses de San Vincenzo et San Bartolo. Environ 400 personnes vivent là à l’année. D’après l’une des habitantes, les gens s’entendent bien et s’entraident. Une femme d’une quarantaine d’années a fait des études en Italie et a choisi de revenir ici parce que c’est là que vit sa famille. Une autre femme évoque le volcan, la main sur le cœur.
L’île possède une école où les enfants y restent jusqu’à l’âge de 14 ans. Ils ont trois classes : les petits, le primaire et le collège. En tout, il y a une cinquantaine d’enfants. Ensuite, les jeunes sont internes à Lipari ou Milazzo. Cela fait penser aux écoles sur les îles bretonnes. Difficile de faire des photos pendant le voyage car nous sommes toujours à l’intérieur du bateau et il faut rester assis.

On fait la connaissance d’un couple canadien, Réjean et France, arrivé sur le même bateau et dormant au même endroit que nous, avec qui on sympathise et qui part avec nous à la recherche de la même chose, ce qui n’est pas très étonnant. Pour faire du shopping, il vaut mieux choisir une autre destination…

Notre idée était de faire en soirée soit l’ascension du volcan, soit une balade en bateau qui permet de voir les éruptions permanentes du volcan. Ne pas perdre de temps car la météo peut être pire le jour suivant. Passer la nuit sur l’île nous permettra de faire l’ascension le matin si ce soir on choisit bateau. Notre retour est prévu à 16h 15 le lendemain.

Notre terrasse.

Dès qu’on est installés, c’est à dire dès qu’on a jeté notre sac sur le lit, on part dans le village à la recherche d’un guide. Il est déjà 16h 30. Notre hébergeur est sceptique. Demain il va pleuvoir. On crève de chaud sur nos vélos depuis des semaines et demain il va pleuvoir !!! Sacré Eole, dieu responsable des tempêtes selon les Grecs. Pour tous les écrivains de l’Antiquité, Stromboli était le siège des damnés, la porte de l’enfer. On choisit des endroits sympas…

Rapidement, on tombe sur une agence avec un guide qui parle à peu près le français. Son collègue est occupé à démonter la pancarte qui indique les ascensions. Ça sent la fin de saison. Sans aucune hésitation, il annonce la couleur: aucun guide ne partira ce soir, le temps est trop mauvais. Demain matin non plus. Peut-être demain après-midi à 15h30. Oui mais nous on repartira à cette heure. Enfin, à ce moment-là, c’est ce qu’on croit.

Mais au fait, pourquoi un guide ? Qu’est-ce qu’il est permis de faire sur le Stromboli ?

On n’est pas au Puy de Sancy. Le Stromboli est un volcan en activité permanente depuis l’Antiquité qui expulse trois à sept fois par heure, de la lave incandescente. Il mesure 2000 m en tout mais seuls 920 m sont au-dessus du niveau de la mer. Il y a quelques années, on pouvait y grimper jusqu’à 900 m avec un guide. Mais il y a eu des accidents dont le dernier date de 2019. À cette époque, le randonneur pouvait monter seul jusqu’à 400 m et, pour aller plus haut, devait prendre et payer un guide. Aujourd’hui, on ne peut pas dépasser les 290 m. La montée accompagnée d’un guide permet d’aller seulement à 400 m. Il vaut mieux respecter la règle sinon :On ne peut pas dire qu’on ne sait pas. Panneau situé aux 290 m.

Réserves d’eau.

Je propose qu’on fasse l’ascension tous les quatre. On s’achète vite fait un truc à manger là haut, on met ce qu’on a de plus chaud mais avant, on décide de repasser par le port voir un peu l’ambiance. On tombe sur un capitaine qui nous propose de faire le tour en bateau jusqu’à la « pente du feu ». Finalement, on opte pour le tour en bateau, on verra après. Sa petite embarcation bouge beaucoup, la mer est bien formée, pas de gilet de sauvetage. J’ai le mal de mer mais la situation est contrôlée. « Capitan professionnal » n’arrête t’il pas de répéter…ouais…on espère…

Il n’y a pas de coulée de lave, cela n’arrive pas tout le temps, mais on voit bien les éruptions et des projections au-dessus du cratère. Rouge sur le fonds noir. Les photos ne donneront rien. Le bateau bouge, le vent souffle mais c’est beau et on est contents. On entend le grondement du volcan. Des explosions plus puissantes envoient des projections jusqu’à 500 m de hauteur 2 à 5 fois par an et tous les 5-10 ans, des explosions paroxystiques énormes. Les dernières datent de 2003 puis 2007. En 2019, deux grosses explosions avec coulées de lave ont tué un randonneur. D’où la nouvelle réglementation. Certains grimpent quand même en douce de l’autre côté et vont plus haut, dont un Français qui vient depuis une dizaine d’années régulièrement. Nous, on respecte le règlement.Le bateau est derrière nous. Réjean et France, en retraite, qu’on espère bien revoir en France.

On rentre après, fatigués, où on pique-niquera ensemble sur la terrasse de notre hébergement. La même chose, dans la nuit, avec les moustiques en plus.

Le lendemain, des coulées de boue ont envahi les rues. Des morceaux se sont effondrés. Notre logeur nous dira qu’il n’a pas vu ça depuis cinquante ans. Au loin, le Strombolicchio, un îlot des îles éoliennes. Le bébé du Stromboli. On peut y faire de la plongée ainsi qu’à Stromboli. Pierre râle un peu de temps en temps. Bah oui, on patine un peu mais plus on monte, plus c’est facile. On a un vent de ouf. Sommet en ligne de mire et traces anciennes de passage de lave. La fameuse pente de feu. 700 m de large. Beau toboggan qui se prolonge sous l’eau. Tous les quarante ans environ, la lave coule jusqu’à la mer. Dans ces cas là, l’eau bout. Pierre dit que les habitants viennent ramasser les crevettes cuites le lendemain….Aujourd’hui on est plutôt dans l’humidité.

Entre les panneaux qui indiquent le village et la pente de feu. Avec le vent, mes chaussures seront sèches pour le lendemain.

Il faut être…motivée.

Le belvédère.
290 m

Le point le plus haut autorisé. Les fumées prennent des couleurs variées. Grises, bleutées, jaunes.

Quand ça sent le soufre à Stromboli, c’est un signal d’alarme pour les habitants qu’une éruption importante se prépare. Plusieurs points de surveillance et d’observation se trouvent sur l’île. On redescend sur le village. Il n’y a pas d’eau douce sur l’île. L’eau est dans des citernes amenée en bateau. Scooters et voiturettes qui livrent dans les ruelles.

Le lendemain, on a du soleil et la mer nous semble calme mais on apprend très vite qu’il n’y aura pas de bateau avant demain…peut-être.. On refait l’ascension avec Réjean, France préfère rester au village. Et là, les photos sont plus belles.

La Sciara del Fuoco. On a un vent de ouf. La fameuse pente de feu. 700 m de large. Beau toboggan qui se prolonge sous l’eau. Tous les quarante ans environ, la lave coule jusqu’à la mer. Pas aujourd’hui. Dommage.
C’est quand même plus beau le lendemain sous le soleil !
Les cabris du Stromboli.

Et pour nous….la plus belle photo.

Le nectar des Dieux.

Le Malvasia. Le Nectar des Dieux. Raisins blancs. En France, il est connu sous le nom de Malvoisie.

Au printemps 1949, Rossellini tourne le film Stromboli avec Ingrid Bergman dans cette maison . L’été, ils passent parfois le film mais on est hors saison. Il y a des avantages mais aussi des inconvénients. On n’a pas vu le film Stromboli. Donc, pour la petite histoire, Rossellini tombe amoureux de son actrice Ingrid Bergman. Ça roucoule au pied du volcan mais monsieur est marié à une dame au tempérament…volcanique qui vient, chaque soir, pendant le tournage, insulter son infidèle de mari. Ambiance à l’italienne…on se dit que les gens de l’île devaient bien rigoler….

Pierre, qui n’a pas voulu prendre sa cape de pluie, se prend maintenant pour un cormoran. Il croit sécher plus vite comme ça….surtout ne pas contrarier…

Cieux apaisés pour notre deuxième soirée. Apéro sur la terrasse d’un couple de Français et de leur fille dont on a fait connaissance dans l’après-midi. Être coincés sur l’île leur a fait rater leur avion de retour. Ils rentreront avec un peu de retard. Résignation avec le sourire. Les Canadiens sont là aussi bien sûr. On se retrouve à 7 h le matin pour prendre le bateau et poursuivre chacun son chemin. Grâce à la petite famille française qui est restée deux semaines sur trois des îles éoliennes, on a appris beaucoup de choses et cela nous donne envie de revenir plus longtemps.

De retour à Milazzo, on récupère nos sacoches et nos vélos laissés dans l’hébergement et c’est reparti pour l’étape suivante, Capo d’Orlando.

Les conséquences des deux nuits supplémentaires à Stromboli nous mettent devant un dilemme rapidement résolu. On ne veut pas rater notre bateau du 11 novembre. Soit on pédale les 159 km restant entre Capo d’Orlando et Palerme et on n’aura pas le temps de visiter la capitale de la Sicile. Soit on prend un train entre ces deux villes, on pourra s’arrêter, visiter et dormir à Céfalu, et il nous restera deux jours et demi pour visiter Palerme avant de prendre le bateau de 23 h le 11 novembre. C’est la deuxième option qu’on a choisie et on ne regrette pas car on a passé une journée très intéressante aujourd’hui, jeudi 10 novembre, à Palerme. Mais le prochain article vous fera d’abord découvrir Céfalu, un très bel endroit.

Article 22. La Sicile et les îles éoliennes

On va d’Italie en Sicile…, la Sicile n’est plus l’Italie ?

Alors, Italienne ou pas la Sicile ?

Oui, c’est la plus grande région de la république italienne.

Oui Mais… elle est l’une des cinq régions autonomes de l’Italie. On vous laisse chercher les quatre autres, certaines faciles, d’autres beaucoup moins.

On retrouve les paysages du sud de la Botte, la même sympathie des gens. Beaucoup se débrouillent pas mal en français. Au restaurant, comme dans le sud, on comprend à quoi correspond le total qu’on a à payer, ce qui est plutôt agréable.

Les îles Éoliennes

On a prévu d’aller aux îles éoliennes, au moins celle du Stromboli, en fonction du temps qui nous reste avant la traversée vers Gênes du vendredi 11 novembre. On apprend assez vite qu’en basse saison, les ferries pour les îles ne partent que de Milazzo, ville qu’on cherche à rejoindre le plus tôt possible.

Mais il va falloir choisir. Les îles éoliennes sont un archipel de nombreux îlots, principalement de sept îles volcaniques, surgies il y a environ 200 000 ans au gré d’éruptions successives. Les sept îles sont Alicudi, Filicudi, Salina, Lipari, Vulcano, Panarea et Stromboli qui barbotent dans la mer Tyrrhénienne. Nous irons sur deux îles : Lipari et Stromboli.

Nous passerons une journée à Lipari, l’île la plus grande et la plus peuplée. On louera une voiture pour avoir le temps de faire tout le tour de l’île et profiter de ses panoramas grandioses.

Tout d’abord, la commune de Lipari avec plus de 12000 habitants.

Toujours des ruelles étroites mais propres !
En voiture cette fois, on prend de la hauteur.
Plus on monte, plus c’est superbe . Il pleut souvent donc beaucoup de végétation.
Vue sur l’île de Salina.
Vue sur Vulcano.

Trop tard pour évoquer Stromboli, où on est restés coincés à cause du mauvais temps. Ce sera pour le prochain article. A cause de ce retard, on termine en train le périple sicilien pour pouvoir visiter Palerme ces trois derniers jours.

Article 21. Les derniers jours en Calabre

Nos derniers jours à pédaler en Calabre n’ont été qu’émerveillement pour une côte à chaque tournant sublime. Quitter les hauteurs nous ont fait vivre des kilomètres de descente sur une belle route asphaltée où, tellement heureux de prendre de la vitesse, plus de 40 à l’heure, on n’avait pas envie de s’arrêter pour prendre des photos. Les cyclistes peuvent comprendre le bonheur réel de vivre de telles descentes. On sourit aux anges, un moucheron coincé entre chaque dent, et là on sait pourquoi on aime le vélo. Plus la descente est belle et longue, plus l’adrénaline monte. Bonheur absolu. Tant que notre santé le permettra, nous nous souhaitons encore de beaux voyages à vélo.

Des kilomètres de plage, des montagnes qui plongent dans la mer, îles méditerranéennes.

De Charybde en Scylla. Da Cariddi a Scilla en italien.

Et puis on arrive dans une région mythique, envahie par les Grecs, chantée par Homère et ses sirènes. On n’avait pas fait le rapprochement au départ à cause de l’orthographe ! On sait qu’on va traverser une ville qui se nomme Scilla. Ok. Et puis on découvre qu’en français, et en latin, c’est Scylla ! Excités par notre découverte, on se dit qu’il faut qu’on aille sur le fameux rocher….et on revoit nos classiques…merci à Sylvain Tesson qui, grâce à son « un été avec Homère » nous a fait redécouvrir l’Illiade et l’Odyssée l’année dernière.

La formule est précisément Tomber de Charybde en Scylla.

L’expression est liée au milieu marin et à la mythologie. Deux monstres qui font périr les navigateurs. Charybde est un gouffre qui menace les embarcations et, alors qu’elles tentent d’y échapper, elles vont droit sur Scylla, énorme rocher contre lequel elles peuvent se fracasser… Une tête bien pensante a fait remarquer qu’il serait plus adéquat de dire : Tomber de Scylla, puisque c’est la montagne, en Charybde, puisque c’est le trou.

Nous dirons avec nos termes d’expert en linguistique que Tomber de Charybde en Scylla signifie: Aller d’un emmerdement à un autre encore plus grand. Ainsi expliqué, tout le monde en comprend le sens.

Aujourd’hui le rocher est relié au continent.

Il est surmonté du château Ruffo Di Scilla. Surtout intéressant pour le panorama. On est vraiment gâtés.
Vue à partir du château.
Le petit port au pied du rocher avec une brochette de restos.
Au revoir Scilla. The road must go on…in Sicilia.

Article 20. Une journée pas facile…

Quitter Tropea fut sportif, très sportif quand, à peine après avoir dit au revoir à notre gentille Sylvana et son super petit déjeuner, vous tombez sur ce panneau:

Ça fait déjà une demi-heure que la vie n’est pas facile avec les côtes et vous comprenez que ça ne va pas s’arranger. Il va falloir pédaler raide et en plus on va recevoir des pierres . Ça donne envie de retourner se coucher.

En fait, ce jour-là, on découvre, les trois premières heures de la journée,  qu’on peut faire du vélo sans pédaler et surtout sans être dessus…et c’est très chiant. Très vite, on n’arrive plus à pédaler tellement la pente est raide. Alors on pousse, parfois encouragé par des automobilistes qui sourient ou bien nous interpellent : è duro !!! La Calabria !!! Si si…on est d’accord. Pourquoi j’ai voulu faire du vélo …la voiture c’est bien aussi…ou lire dans son hamac…

De profil, ça donne le derrière qui pointe vers Tropea, le buste parallèle au sol, les bras tendus à pousser l’engin et le nez quasiment en appui sur le guidon. Très classe. Il fait déjà bien chaud et on sue à grosses gouttes. On est le 1er Novembre. Belle journée pour mourir d’épuisement. Me revient la chanson de Benabar, c’est une belle belle journée pour pleurer qui devient vite, c’est une belle belle journée pour crever. Ça nous amuse. Faut bien s’occuper l’esprit pendant qu’on pousse. Et deux heures à pousser, c’est long !

Alors on se dit pour se consoler qu’après la côte vient la descente et que là, on va se faire plaisir. Bah non, car la descente est aussi raide que l’était la montée et on est sur du chemin avec des gravillons. Malgré le changement de mes patins de freins la veille, mes freins ont leurs humeurs. Pierre comme moi sommes obligés de descendre à pied en marchant à côté de nos montures. Trop de pente.

Bon, on finit par quitter les chemins parce que cela devient vraiment impraticable :

Alors, dotés d’un bel optimisme, on se dit que ça ira mieux plus loin, sur les pistes cyclables et là, voilà la piste cyclable :

Le lave linge, les matelas, les poubelles, on ne risque pas de rouler dessus. En revanche, les milliers de bouts de verre partout. Merci mes pneus Schwalb Marathon !

Il y en a qui confondent piste cyclable et décharge. L’autre jour, un rat énorme est passé devant mon vélo. Au moins 3 kgs. Pierre me dit que j’aurais dû lui rouler sur la queue, que cela aurait fait un bon civet pour le soir….ça l’amuse encore… Moi je pense qu’il m’aurait mordu…le rat…pas Pierre.
Sur cette photo, on a été obligés de faire demi tour à cause des bouts de verre et on a pris la route des voitures. Il y a des jours, il vaudrait mieux choisir poterie ou macramé….

Même sur la route partagée avec les voitures, on ne peut pas relâcher son attention. En arrivant en bas de la pente…
Allez, une belle photo pour terminer prise à Palmi où on dort ce soir et où on rencontrera Manuela, Allemande dont c’est le premier voyage à vélo.

Le compte à rebours est enclenché pour notre retour puisque nous avons les billets de traversée De Palerme à Gênes le samedi 12 novembre. Ensuite, il faudra pédaler quatre ou cinq jours jusqu’à Nice puis on prendra un train retour maison. Ce soir, on dort en Sicile.

On quitte la Botte Italienne où on a roulé 2350 km.

Article 19. La Calabre et les Calabrais

On découvre à la fois le côté aride de la région et sa côte grandiose. Quel beau pays que l’Italie!

Paysages pour moutons…
…et leur berger.
Disparaître dans les vagues après la chaleur qu’on a connue !
On dormira dans une cabane.
Nuit à Crotone dans un bungalow sur la plage pour le prix d’un camping. Les campings sont désormais fermés.

Et puis il y a ses habitants. On se croirait dans un autre pays que celui des régions plus au nord tellement le comportement des gens vis-à-vis de nous a changé. Souriants, amusés, curieux, ils nous parlent et nous questionnent même si notre pauvre italien reste une barrière. Mais la langue ne fait pas tout. Le plus important est l’envie. Entre français, anglais, italien et gestes on parvient à se comprendre.

Ici, un barman qui nous prend en photo pour nous montrer et montrer nos vélos à son club. Là, trois hommes qui veulent en savoir davantage sur notre voyage et qui demandent où est la voiture. Une dame qui veut absolument nous donner de l’eau fraîche. Merci. On vous aime.

Et puis il y a Tropea, ville juchée sur un promontoire face à la mer Tyrrhénienne. C’est la saint Trop’ du coin. L’été, les plages sont bondées. La particularité est que la plage est très en contrebas de la ville.

Murs de soutènement gigantesques qui supportent immeubles, maisons et anciens palais.
L’intérieur de la ville est superbe. Encore une ! On n’est pas surpris de lire que l’Italie est le pays qui compte le plus de sites classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

A Tropea, à la hauteur de la beauté de la ville, on se retrouve chez Sylvana qui fait B and B chez elle. Elle ne sait pas quoi faire pour qu’on soit bien. A peine la douche prise, elle nous propose de faire une machine. Elle nous fera un superbe petit-déjeuner pas prévu. Dans nos échanges, elle nous dit que les Italiens du sud trouvent aussi que ceux du nord sont froids et distants.

Sylvana qui, malheureusement, a arrêté le vélo et le karaté à cause de problèmes de dos et de genoux. Le lendemain, elle veut absolument qu’on parte avec des fruits, des bouteilles fraîches, un litre de sauce tomate…mais à vélo, la bouteille en verre de sauce tomate, non merci Sylvana !

La nuit chez Sylvana. On dort et soudain, elle frappe à la porte de notre chambre. Forcément surpris, on se lève et on ouvre la porte. Elle est avec son téléphone à la main. On apprend le mot « Terremoto ». A ses gestes, on a compris. Tremblement de terre. On n’a rien senti. Les journées à vélo font bien dormir. Elle a reçu une notification sur son portable. Elle s’excuse mais s’il y a à nouveau une secousse, il faudra descendre. Ok. On se rendort aussitôt. Le lendemain, on apprend que la secousse était de magnitude 5.1 et qu’un homme est mort en Calabre à cause de la secousse. Cela arrive fréquemment. Les volcans ne sont pas loin. Le Stromboli est juste devant.

A une cinquantaine de kilomètres au sud de Tropea .

Article 18. ROSSANO et son trésor

Vendredi 28 octobre, une étape d’une cinquantaine de kilomètres nous attendait pour rejoindre la ville de Rossano et son trésor situé au Museo diocésano. On avait vérifié la veille dans notre guide que ce n’était pas le jour de fermeture et regardé les horaires. Le musée ferme à 12h30 et n’ouvre l’après-midi qu’à 15h30. Il est situé près de la cathédrale. On voulait faire la visite le matin et on visait l’arrivée sur Rossano vers 11h le temps de profiter du musée.

Au loin, Rossano la moderne, près de la mer qu’on a quittée tout à l’heure.

On a donc mis les bouchées doubles et on est arrivés à Rossano, pas loin de la mer vers 11 h. On met le gps pour aller au musée et, je lis, incrédule « 5 km. 42 min. » Il a pris un coup de chaud , le gps. On sait que c’est à côté de la cathédrale, elle ne peut pas être à 5 km du centre, et le centre, on y est ! Perplexes, on demande à un Indigène qui nous montre…Rossano…village perché…dans la montagne. Bah ici, c’est quoi ? C’est Rossano aussi mais la ville moderne. Foutue pour la visite du matin, trois quarts d’heure de plus, ce sera trop court. On change nos plans. On fait la grimpette au village sous un soleil de plomb, on se promène dans les ruelles et on ira voir le trésor l’après-midi. On dormira là-haut. On ne verra pas un seul autre vélo dans le village. Tu m’étonnes.

Une belle grimpette.
Devant la cathédrale, un super petit resto tenu par des gens très sympas.

Face à la cathédrale, une boutique de produits alimentaires proposait un menu touristique. Nous étions, semble-t-il, les seuls touristes dans le village . Le patron avait l’air sympa, le prix était correct. On y va. Ce fut notre meilleur repas depuis bien longtemps. Servi avec le sourire, beaucoup de commentaires, et un vin délicieux. La patronne nous a apporté des olives vertes d’un goût complètement nouveau pour nous. C’est agréable de trouver des commerçants accueillants qui sont fiers de leurs produits et qui ont envie de vous faire plaisir.

Aubergines, brocolis, pommes de terre et cabillaud. Extase.
Face à notre petit resto, la cathédrale.
La nouvelle eau bénite dans les églises.
Dans la Cathédrale, une magnifique icône byzantine datant du VI e si
Une ville qui a du cachet mais qui a besoin d’entretien.

Balade dans le village…des escaliers partout.

Le propriétaire de la chambre qu’on va occuper est en fauteuil roulant. On se dit que c’est une ville terrible pour lui. Il ne doit pas souvent descendre de l’étage où on l’a vu.

Mais le trésor ???

Il s’agit du Codex Purpureus Rossanensis.

Mais qu’est-ce qu’un Codex ?

C’est un ensemble de feuilles manuscrites reliées pour former un livre.

Ce manuscrit est un évangéliaire du VI e siècle qui compte 188 feuillets en parchemin pourpre (d’où son nom) écrit en Grec avec sur chaque page, les trois premières lignes en or, les autres en argent. Il se compose de l’Evangile de Matthieu et de presque la totalité de l’Evangile de Marc. Il devait probablement y avoir aussi les deux autres Évangiles. C’est l’un des plus anciens manuscrits grecs retrouvés. Il contient également 15 pages d’enluminures. Il aurait été écrit à Antioche en Syrie. Il a été découvert à la sacristie de la cathédrale de Rossano au XIXe siècle.

Comme à Matera, ce sont des iconodules qui ont fui l’empire byzantin devant les conquêtes sarrasines. L’iconoclaste, il détruit les représentations religieuses, l’iconodule, il les vénère. Et l’autre….ça le rend vénère.

Il est évidemment protégé par une vitre. Pour ne pas abîmé les pages, on en tourne une tous les trois mois ! On a fait le calcul pour vous, il faut 47 ans pour le voir en entier….motivé…

Heureusement, le musée a mis en place un écran vidéo sur lequel on peut tourner les pages.

Voici l’une des enluminures. Vous l’avez reconnu, il s’agit de la résurrection de Lazare.

Il existe seulement quatre autres Codex dans le monde. Un à Tirana en Albanie, un à Vienne en Autriche, un à St Petersbourg, et l’autre…à Paris, à la BNF.

Et on retrouve Saint Bruno, fondateur de l’Ordre des Chartreux !

Le lendemain, on roulait vers notre nouvelle destination quand nous avons repéré sur le trottoir un marcheur âgé au long cours. Un gros sac, le mollet costaud, les bâtons de marche. On l’interpelle. Il est français. Il marche depuis Venise, il va en Sicile. C’est son…quatorzième voyage à pied …Il a déjà parcouru 38000 kms….il va avoir 86 ans dans trois jours!

Alors RESPECT MONSIEUR HUBERT. ET UN TRÈS BON ANNIVERSAIRE.