Autant vous le dire tout de suite. La Marche n’aura pas lieu, ce n’est pas un scoop. A l’heure qu’il est, tout le monde le sait.
Vendredi 13 ! Jour de chance ???
Dans l’article 2, je disais qu’on attendait des informations…finalement, le départ prévu à 7h en car à partir des hôtels ne se fera pas….de nouvelles infos nous disent de nous organiser par nous-mêmes pour rejoindre Ismailia entre 13h30 et 16h. La ville est à 1h30 du Caire. Pas plus de 3 par taxi pour ne pas attirer l’attention…ce qui donne à réfléchir puisque cela signifie que des dizaines de taxis vont prendre la route vers une destination où il n’y a rien à voir…sauf aller vers le nord Sinaï, zone fortement contrôlée. Nous sommes dans notre taxi avec C, la jeune Lyonnaise qui est « la fille d’une amie ». Deux péages ( qu’on appellera Check point) qu’on passera avec brio.
On est contents, on arrive vers 13h, avant l’heure du rendez-vous. Il fait très chaud, et, devant la Youth Hostel, lieu du rendez-vous, moins de dix personnes sont présentes, éparpillées. On prend nos distances avec le groupe et, comme on a faim, on se dirige vers un resto « PICNIC ». A l’intérieur, un couple et deux hommes comme clients et des serveurs. Au passage, une autre Marcheuse française nous a rejoints. On va pour s’asseoir à une table quand deux hommes en civil entrent derrière nous et nous disent qu’ils doivent contrôler les passeports. Pierre et C. ressortent avec l’un d’eux pour le fameux contrôle et moi je suis attablée avec Rania. Tous les sacs à dos sont près de nous. L’homme en civil nous demande les passeports. Je fais l’andouille ( j’aime bien), on vient boire et manger – ce qui est vrai – et on me demande mon passeport ! Rania et moi demandons à boire, mais non, les passeports. On finit par les donner…. Je ne savais pas à ce moment-là que je ne le reverrai jamais !!!
On nous refuse toujours un verre d’eau. Le serveur me dit que « it’s closed » alors que je vois passer deux milkshakes dans son dos pour le couple assis plus loin qui se demande bien pourquoi on refuse un verre d’eau à deux femmes d’un certain âge. Je me déplace vers le bar où un autre serveur évite de me regarder, gêné. Il me fait signe que c’est le boss qui décide, et le boss, visiblement, il ne connaît pas la soif! Je dis bien haut qu’on est des touristes, pourquoi ne peut-on pas manger et boire dans un restaurant ??? Le couple n’interviendra pas pour nous aider mais les deux autres clients si. Même si on ne comprend pas l’arabe, on voit bien qu’ils veulent qu’on nous serve à boire. Ce qui finira par se faire.
Aussitôt le verre d’eau avalé, l’homme qui nous a pris nos passeports nous fait signe de le suivre. On marche vers le lieu de rendez-vous devant le Youth Hostel. Je ne veux pas parce que tous les sacs ( de 4 personnes) sont restés à l’intérieur du restaurant. Il me dit qu’on nous les apportera plus tard. C’est vrai. Je retrouve Pierre, C. et des gens de plus en plus nombreux. On cherche l’ombre des deux arbres. On restera là quatre heures environ. Jusqu’au lendemain matin, on partagera des fruits secs apportés pour la Marche. Une femme de la Marche ira négocier pour nous des bouteilles d’eau que la police nous distribuera.



Mais bientôt, trois minibus stationnent devant le groupe et les flics sortent des sièges où ils s’installent. Le blanc c’est salissant.



Nous sommes tous arrivés sur le territoire égyptien de façon légale. Avec passeport et visa. Les regroupements sont interdits en Égypte mais, et ce n’est pas un hasard évidemment, ce sont les forces de police qui nous obligeaient à nous regrouper.
Dans la charte signée par tous les Marcheurs vers Gaza, il était bien spécifié que la Marche ne se ferait que si les organisateurs obtenaient les autorisations légales de l’Egypte. À cette heure, nous y croyons de moins en moins puisque tout le monde s’est fait voler le passeport par la Police…un comble. Alors que, encore une fois, on n’a rien fait d’illégal.
Le chef de la police s’adresse à nous : on vous comprend, nous aussi, on est pour la cause palestinienne, il faut juste monter dans les minibus et on vous rendra vos passeports. On comprend vite qu’ils veulent nous remmener au Caire. Personne n’a envie de ça. On croit encore que, une fois récupérés les passeports. On pourra peut-être partir vers El Rachi d’où doit débuter la marche.
Je passe à côté du bus rouge, des policiers empoignent et portent un homme qui crie pour le mettre de force dans le bus….c’est Pierre !!! Je ne l’avais jamais entendu crier et comme les flics cachaient l’homme qu’ils traînaient…je n’en reviens pas. Pierre, malgré lui, se retrouve dans le bus rouge. Je monte avec lui. Petit à petit, tout le groupe finit réparti entre les trois minibus.
Comme personne ne veut monter, les forces égyptiennes commencent à saisir les personnes et à les mettre de force dans les bus.



On découvrira qu’il y a eu davantage de violence aux deux Check points qu’on avait passés facilement.
Nous étions une soixantaine à avoir atteint la limite de la zone autorisée, Ismailia, mais des centaines de Marcheurs ont été bloqués dès le Check point 1 et le Check point 2.
À plus tard. On ne savait pas encore en cet après-midi du vendredi 13 qu’on se retrouverait le soir et toute la nuit….à l’aéroport afin de récupérer les passeports.
Suite bientôt. Pierre et moi rentrons comme prévu le 22 juin au matin à Lyon.
Salut les amis
je vois que ce n’est pas une partie de plaisir et que vous n’avez pas pu organiser cette marche, la police égyptienne vous en ayant empêché. J’espère quand même qu’on ne vous empêchera pas de rentrer en France sain et sauf
Bises à tous les deux
Jean Christophe
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