Dixième et Dernier article. KHIVA

Et soudain on se dit qu’on n’a pas beaucoup parlé des gens du pays. Nestorius,Tamerlan, Ulugh Beg, Zoroastre, c’est bien mais les Ouzbeks contemporains croisés tous les jours, c’est mieux!

Jeunes beautés ouzbèkes.

C’est vrai qu’on voit principalement des femmes aux longs cheveux noirs mais pourtant, dans la région de Khorezm dont la ville principale est Khiva, le type a longtemps été des personnes plutôt blondes aux yeux clairs. On a croisé plusieurs fois des jeunes et des moins jeunes avec les yeux bleus ou verts. Résultats des invasions perses, grecques avec le Grand Alexandre, arabes, mongoles puis russes depuis 1868, les gens sont beaux et gracieux, parfois les yeux bridés et les pommettes saillantes, parfois le type plus caucasien.

Le khanat de Khiva a longtemps vécu essentiellement du commerce des caravanes, du tissage des tapis et du commerce d’esclaves, ce dernier expliquant les différences physiques. Pendant la seconde guerre mondiale, des centaines de milliers de familles russes et de nombreux orphelins de guerre ont été accueillis en Ouzbékistan. D’où l’accélération de la russification dans le pays. En 1943, des Allemands installés de longue date en URSS ont été accusés de sympathie pour l’ennemi et déportés vers l’Ouzbékistan. Brassage des populations.

Actuellement, 130 ethnies cohabitent en Ouzbékistan.

Que ce soit entre eux ou avec nous, on a toujours vu les personnes souriantes, détendues, cools. Les enfants et les jeunes nous demandent souvent en anglais d’où on vient, de faire un selfie, toujours avec beaucoup de sympathie et de respect.

La veille de notre départ, on sort pour boire un dernier thé et se coucher tôt et on ne rentrera que deux heures plus tard, happés par un groupe de danseurs. Filles voilées ou non dansent avec les garçons dans les rues où dans des restaurants.

Notre dernière soirée.
Mais c’est Sheerazade la plus belle !
Chapeau carré noir brodé porté par les hommes.
De génération en génération, cette famille fabrique des marionnettes…
Ici Djamila, la poupée, souvent accompagnée de Abdullah. On a craqué…deux sont désormais Charavinoises.
Notre super guide Zamira à Khiva.

KHIVA.

Comment pouvait-on revenir d’Ouzbekistan et passer sous silence cette merveilleuse ville, celle qui mérite vraiment le nom de ville des Mille et une nuits ?

Elle est, comme Samarkande et Boukhara, l’un des principaux carrefours des routes de la Soie. Selon Zamira, ce n’est pas l’ouverture des voies maritimes qui a entraîné le déclin commercial de la ville car le pays est loin des océans, mais au XIXe siècle, l’apparition du chemin de fer.

Dès le VIe siècle avant JC, on découvre des traces des premières caravanes. On construit des doubles remparts. Pour se protéger, on ne fait au départ qu’une seule porte. Les trois autres sont ajoutées au XIXe siècle.

En 1220, l’état de Khorezm est anéanti par Gengis Khan.

Au XVIIe siècle , c’est l’Arabe Muhammad-khan qui en fait une des plus belles villes du pays, l’un des grands centres éducatifs et religieux de l’état.

Les caravanes seront pillées par les Russes. Mais ensuite, ce sont les Turkmènes qui pilleront les caravanes des Russes.

En 1717, Pierre le Grand s’intéresse au pays pour y trouver de l’or.

En 1740, le Shah Perse de l’époque détruit une grande partie de la ville qui passe de 40 hectares à 26 hectares. Une centaine de monuments est classée aujourd’hui grâce aux restaurations entreprises en 1967. Il est actuellement interdit de construire de nouvelles maisons à l’intérieur des remparts. Le nouveau Khiva, ville moderne, est située à l’extérieur.

En 1873, Khiva est prise par les occupants russes, soldats disciplinés aux armes modernes, et le Khanat de Khiva est finalement dissous en 1919. La région de Khorezm est divisée entre la RSS ouzbèke et la RSS Turkmène. La principale conséquence de la domination soviétique fut la collectivisation forcée de l’agriculture et la conversion massive à la culture du coton.

En 1920, le peuple paie beaucoup d’impôts pour la Russie mais on voit à cette époque des relations socioculturelles nouvelles, des échanges commerciaux entre marchands russes et ouzbeks, le développement de l’éducation pour tous, développement des industries, des chemins de fer et par conséquent, un rapide développement socioéconomique de la région.

Les femmes et le voile dans l’Histoire:

Sous le zoroastrisme, elles sont libres.

Arrivée de l’Islam qui s’est développé facilement parce que celui qui se convertissait payait moins d’impôts. Ça motive. Pour les femmes : le voile.

Sous les Russes en 1929: plus de voile. Mais cela ne s’est pas fait facilement. Les premières femmes qui se sont dévoilées ont été tuées par leurs maris ou leurs frères. Voyant cela, toutes les autres femmes ont alors jeté leurs voiles dans le feu ! Elles avaient gagné. Ils ne pouvaient pas les tuer toutes ! Femmes et Mères Courage.

On a l’impression de se balader dans un immense château de sable…sans la mer.
Oasis de verdure.

Dans les années 60, les Bolcheviques ont réussi l’émancipation de la femme ouzbek. Plus aucune femme ne porte le voile, elles reçoivent toutes la même éducation que les garçons.

En 1990, Khiva est la première ville d’Asie Centrale à être inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Mais les premières années de l’indépendance font partir la main d’œuvre qualifiée russophone, l’emprise de l’Islam se renforce…Rien n’est simple…

De nombreux films sont tournés ici et tout est fait pour préserver l’atmosphère orientale des contes des mille et une nuits.

L’une des entrées de la vieille ville.
La citadelle d’Ark, petite ville dans la ville où se trouvaient soldats, ateliers, quartier des femmes, cultes, salles de réception.
Mosaïques ou majoliques ???

Depuis deux semaines, on entend parler de ces deux techniques utilisées pour l’habillage des monuments. Mais quelle est la différence ?

La mosaïque utilise des fragments de pierres colorées ou de marbre qui sont assemblés pour former des motifs.

La majolique est composée de plaques de céramiques épaisses. Chaque pièce va être peinte, numérotée et cuite puis fixée avec un clou en son centre. Quel travail !

Assemblage pour majoliques. Dans la partie supérieure, on voit les clous rouillés, les chiffres arabes en noir afin de mettre en ordre les morceaux. Restauration du bas de mur, il n’a plus besoin de clou.
Ils appellent cela des auvents. Des sortes de préaux fermés sur trois côtés, aux couleurs apaisantes, tournés vers le nord afin d’éviter les fortes chaleurs.
La résidence du Khan.
La niche principale reçoit généralement le Coran qui protège les membres de la famille.
Bijoux ouzbeks. Ils sont offerts aux femmes pour enlever le mauvais œil. Ils sont en or, en argent, en turquoise et le corail vient d’autres pays.
La Mosquée de JUMA est célèbre pour ses 227 colonnes uniques. Les riches finançaient une colonne et ainsi participaient à la construction de la mosquée. Des actionnaires en quelque sorte.

Dans la ville…

On est souvent à se promener au pied d’un mur et on se dit que cela doit être agréable l’été. Autour de Khiva, seulement le désert. Très froid l’hiver, très chaud l’été. Mais pourquoi des bâtons là-haut ? Pour faire croire aux mauvais esprits que le bâtiment n’est pas terminé et qu’il ne faut pas venir s’y installer.

Comment voir sans trop se faire voir.

La polygamie nous fait toujours sourire mais on oublie qu’elle avait une fonction sociale. A cette époque, beaucoup d’hommes étaient partis à la guerre et souvent, n’en revenaient pas. Il restait donc de nombreuses femmes célibataires qui, bien sûr, ne travaillaient pas et n’avaient aucun revenu. De plus, de nombreux enfants étaient orphelins.

La loi musulmane permit alors aux hommes d’avoir au maximum quatre femmes qui, ainsi, se trouvaient à l’abri du besoin et pouvaient s’occuper des orphelins. (Sourate 04. Verset 3 ). Les concubines recevaient un salaire et elles s’occupaient des enfants.

Voilà. Ce voyage en Asie Centrale nous a permis d’admirer d’autres architectures, d’apprendre beaucoup, d’entendre autrement les sons du monde, de rencontrer de nouvelles cultures. Qu’est-ce que cela fait du bien !

Vue de notre chambre.

Au revoir la Route de la Soie.

3 commentaires sur “Dixième et Dernier article. KHIVA

  1. Merci de m’avoir fait revivre mon voyage en Ouzbekistan , un pays contrasté, et envoutant.

    Merci Mireille pour tes commentaires très fouillés et aboutis. J’avoue avoir appris encore une foule de choses qui m’ont passionnée.

    Merci surtout de nous faire partager tous ces fabuleux moments.

    A très bientôt.

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  2. magnifique voyage où on a senti à chaque fois votre enthousiasme. Très belles découvertes. Vous avez rencontré de belles personnes. Merci pour ces fabuleux partages.

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