Article 3. SAMARKANDE

De Tachkent à Samarkande, 332 kms . On a mis un peu plus de deux heures en train.

Quand on pense route de la Soie on pense Samarkande. Et Samarkande, c’est Tamerlan. Dans la famille Tamerlan, je voudrais les fils, les petits-fils, les professeurs, l’un des maîtres spirituels, le tonton. On se demande comment on a pu vivre jusqu’à aujourd’hui sans connaître Tamerlan, sa vie son œuvre…

Après, ce n’est pas une famille facile. Parfois le fils tue le père car papa en a trop fait pour les sciences et oublie les credos musulmans en buvant trop de vin lors de la circoncision de l’un de ses fils. Ulugh Beg, petit-fils de Tamerlan tué par son fiston Abdul- Latif. Et pourtant c’était un gars bien. Le père, pas le fils. On en reparle…

Tamerlan est à l’Ouzbékistan ce que Manas est au Kirghizstan. Le héros national. La comparaison s’arrête là car Tamerlan a fait édifier les monuments qui font, depuis le XIV e siècle, l’attrait et la grandeur de Samarkande. Pour les Kirghizes et pour les autres voisins, il a aussi tué des milliers de gens. Personne n’est parfait. Tout dépend de quel côté on lit l’Histoire.

Tamerlan.

Bien avant Tamerlan, ici appelé AMIR TEMUR, Samarkande était un carrefour de la route de la soie entre les routes de la Chine, de l’Inde et de la Perse et par conséquent déjà très célèbre. Du VIe au XIIIe siècle, elle était plus peuplée qu’aujourd’hui.

Difficile de retranscrire tout ce qu’on a appris sinon on va rater l’avion lundi, mais on va tenter de parler de ce qui nous a marqués.

LE REGISTAN. Cela veut dire « place sablonneuse » en tadjik. C’était le centre marchand de la Samarkande du Moyen Âge.

Le REGISTAN. C’est le joyau de la ville. Trois édifices grandioses. Il s’agit de trois madrasas qui sont parmi les plus anciennes au monde. Heureusement que Gengis Khan est passé cent ans plus tôt car il avait détruit les madrasas antérieures. Les Soviétiques ont su les protéger et les restaurer.
La Madrasa Ulugh Beg. C’est la plus ancienne des trois. 1417-1420. Les deux autres datent du XVIIe siècle. Construite par Ulugh Beg, petit-fils de Tamerlan, roi érudit et astronome, elle a reçu tout le gratin scientifique de l’époque qui donnait des conférences sur les maths, la géométrie, la logique, les sciences humaines et la théologie. C’était la madrasa la plus réputée d’Asie Centrale. Plus d’une centaine d’élèves y étudiaient.

Ulugh Beg…on a un faible pour lui. Un souverain réellement passionné par les sciences, l’histoire, la théologie, la poésie, la musique, la médecine mais surtout par l’astronomie. C’est ainsi que la capitale choisie par son grand-père, Samarkande, devint ville de science et de culture. Ulugh Beg fit construire un observatoire qui abrita ses découvertes scientifiques et des inventions dont un sextant.

Sa statue devant l’observatoire qu’il avait fondé.

Quand le guide nous parlait du sextant inventé par Ulugh Beg, on s’imaginait un sextant qu’on pose sur une table mais quand on a vu ce qu’il en reste, c’était un morceau de 11 mètres de long et trois étages de haut ! Son diamètre était de 84 m ! Il a été construit sous terre pour le protéger des tremblements de terre.

Après avoir fait tuer son père, le vilain Abdul-Latif fit raser complètement cet observatoire pour effacer la mémoire de son père. (faites des mômes…).

Pour l’époque, Ulugh Beg , souverain et touche-à-tout, était un anticonformiste et un avant – gardiste qui se fit rapidement des ennemis chez les Ayatollahs du moment. Surtout quand il a osé dire: « Les religions se dissipent comme le brouillard, les empires se démantèlent, mais les travaux des savants demeurent pour l’éternité. » Et tout ça au XVe siècle. Pour avoir dédaigné la religion et la guerre, il a été tué. L’intolérance n’est pas une nouveauté….

La madrasa TILLA KARI, Moins haute mais plus longue, on aperçoit la mosquée et sa coupole bleue. 1646-1660. Elle remplace un caravansérail qui a été détruit.

Splendeurs.

La mosquée de cette madrasa est bleue et or pour symboliser la richesse de la ville. Le plafond est recouvert de feuilles d’or.
Les lignes concentriques donnent l’illusion d’une coupole alors que le plafond est plat.

Les principaux motifs de décoration sont des sourates comme sur la plupart des édifices.
Madrasa Chir Dar. 1619-1636. Elle remplace un autre édifice détruit. Toute représentation vivante est interdite par l’Islam afin d’éviter d’adorer l’image d’un humain ou d’un animal ( le veau d’or !) donc on décrit des animaux étranges, mythiques avec des soleils zoroastriens et ça passe. Les Russes firent fermer les madrasas à partir de 1920 et celle-ci servit de prison aux musulmans qui s’opposaient à eux…avant d’être exécutés.
La fête des lumières à Samarkande tous les soirs en saison.
Au pays des mille et une nuits.

L’autre grand site est celui de GOUR ÉMIR qu’il faut appeler maintenant AMIR TEMUR pour plus de respect. Mausolée de Tamerlan construit par son petit-fils préféré,Muhamad Sultan.

En noir le cercueil de Tamerlan dont le corps n’est pas dedans mais dans la crypte. Ici c’est pour les pèlerins. A sa tête son maître spirituel, son professeur, de la famille dont Ulugh Beg.
Partout beauté des édifices .

Affaire à suivre…

2 commentaires sur “Article 3. SAMARKANDE

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