Article 4. Chameaux good trip !

La transhumance chamelière vécue au plus près de la famille kirghize a été une expérience unique et exceptionnelle et, quand on s’y est inscrits, on ne savait pas encore à quel point cela allait être vrai.

En effet, qu’un groupe restreint de touristes puisse accompagner le déplacement de troupeaux et partager le quotidien d’une famille de chameliers était organisé pour la première fois au Kirghizstan. L’agence Terres oubliées n’avait pu concrétiser ce projet l’an dernier, faute d’un nombre suffisant de participants. Expérience unique puisque la transhumance ne se fait qu’une fois par an et que, selon la réussite ou non de ce qui sera vécue par nous et la famille de Damir, elle sera reconduite l’an prochain…ou pas.

Pour la famille de Damir, c’est aussi une grande première. On peut déjà vous dire qu’on s’est tous quittés cinq jours plus tard, le cœur gonflé d’émotions, les yeux rougis et la femme de Damir en larmes.

DASTAN, notre guide pour le temps de la transhumance, en polo vert. Il parle un français parfait, connaît tout de notre culture française et de celle du Kirghizstan. Une gentillesse et une patience à toute épreuve. C’est lui qui a eu l’idée de monter ce projet et de le proposer à Terres Oubliées. Une très belle personne.
Damir lève son verre, sa femme Goultchat porte un foulard, la petite dame est sa sœur, le fils aîné, Saïd parle à DASTAN et fera partie du voyage.
Encore et toujours des repas fastueux.
Assezim, derrière Damir, belle jeune fille de 12 ans, nous a impressionnés par la concentration, le sérieux dont elle a fait preuve au cours de ces cinq jours. Elle secondait sa mère pour tout. La semaine du 1 au 9 mai est fériée dans le pays, elle était donc en vacances scolaires.

Nous voilà arrivés au village de Ak Moyun, dans la famille de Damir notre chamelier. L’accueil est très touchant. Il nous explique que cela fait longtemps que sa famille et lui se préparent à nous recevoir. Ils sont très honorés de savoir qu’on vient d’aussi loin pour découvrir leur pays et leur culture. Ils veulent qu’on se sente chez eux comme chez nous. Damir nous souhaite un très beau voyage dans son pays, que l’on reste en bonne santé et que le retour en France se passe bien.

La table a été poussée et la pièce se transforme en chambre pour les trois couples, les trois autres copines dormant dans une pièce à côté. Assezim nous aide à installer les matelas au sol.

Le matin, Goultchat trait une vache dans la cour derrière la maison. Le lait sera frais…et chaud.

Il fait très froid mais Goultchat est bras nus.
Toute la logistique passera par ce camion : transport de nos gros sacs, tentes, nourriture…des membres du groupe, parfois trop fatigués pour marcher, profiteront d’un transport motorisé.

Damir a hérité des chameaux par son père ainsi que ses frères. Mais comme ceux-ci vivent à Bichkek, c’est lui qui s’occupe du cheptel. Il ne reste dans tout le pays que 600 chameaux environ, aujourd’hui, Damir en possède une quarantaine. Les chameaux vivent dans cette région pour des raisons climatiques, ils se regroupent à trois ou quatre villages pour emmener les chameaux en transhumance.

Enfin on fait connaissance avec les chameaux à cinq kilomètres du village.
Ils sont aussi surpris et curieux que nous. Très distants au début de part et d’autre, on s’habituera progressivement à cohabiter.
Le troupeau que nous allons accompagner est composé  de chameaux, de chevaux, de vaches et de jeunes yacks. Il sera encadré par quatre cavaliers et deux chiens.
Un peu mou de la bosse. C’est normal, ils ont passé l’hiver et ont épuisé leurs réserves de graisse. Pas nous ! Avec tout ce qu’on mange ici …
Sourire en or. Très fréquent au Kirghizstan.
Les chevaux, une trentaine, restent assez groupés, ils sont en général devant. Les chameaux marchent assez vite, mais ils ont tendance à se disperser, les chameliers à cheval ne cesseront de les maintenir dans le droit chemin, bien aidés par Chantal et Bernard.

Les chameaux de Bactriane sont une espèce en voie de disparition car il est plus facile d’élever des vaches et des moutons mais pour Damir, il s’agit de l’héritage de ses ancêtres et il n’a pas envie de bouger d’ici.

On peut tout manger dans le chameau. Adulte, il peut représenter 300 kg de viande.
Ils se nourrissent de chardons et semblent apprécier les extrémités des branches.

On élève le chameau pour sa viande, pour ses poils. Il est considéré dans ce pays comme l’animal le plus noble suivi par le cheval. Posséder des chameaux est un signe de richesse. Les poils servent à faire des tapis, la laine de mouton également mais la laine de chameau est paraît-il, bien meilleure. 

Les poils servent aussi à faire des compresses en cas de blessure. Les bosses sont une réserve de graisse, à  la fin de l’été elles seront plus grosses et bien droites. Cette graisse est un mets apprécié, elle est aussi utilisée pour soigner les sinusites, les maux de ventre et aussi d’autres choses…

Le mâle protège ses femelles pendant la période de reproduction. Il y a souvent des disputes dans le troupeau, Damir nous recommande  de ne pas trop nous approcher, on n’en a pas trop envie, les bêtes sont impressionnantes…mais on deviendra de plus en plus intimes avec les bêtes.

Comment s’appelle le petit d’un yak ? Un yacuzzy ! Bravo Gilbert.
Veaux, vaches, yacks, moutons…
Nous suivons progressivement le cours de la rivière At- Bashy.

Les jours se suivront et ne se ressembleront pas. Les paysages seront différents, le long des rivières, sur les hauteurs, des journées ensoleillées et chaudes, des journées froides. Dastan, chaque jour, au cours de la marche ou pendant les pauses, nous fait découvrir la riche histoire de son pays. Noursultan, plus jeune, est aussi très présent et fera un excellent guide. Nadjat, jeune femme guide, est également du voyage.

Nos pique-niques sont préparés le matin par la famille et nous le portons dans nos petits sacs de randonnée. À chaque fois, les campements sont choisis dans des endroits magnifiques.

Quand on arrive sur le spot, chacun installe sa tente et ses affaires récupérées dans le camion militaire.
La grande tente qui nous sert de mess est montée par Damir et son équipe de choc. Elle est mise en place avant notre arrivée.
Un moment attendu et apprécié : Un thé et des chaises nous attendent pour la pause de fin de journée. Bernard tout en extension et Françoise, la gazelle, tout en sourire.
Et puis c’est la soirée. Ici, le groupe écoute attentivement Saïd, qui, dans le dos de son père, chante divinement des chants kirghizes. Nous les Français, on était un peu moins divins mais le cœur y était. C’est l’essentiel.
Quand c’est possible, les chameaux sont parqués pour la nuit. Ici une ferme.
I am a poor lonesome cowboy. Lucky Luke.
Après les paysages arides, retrouver des vallées verdoyantes et des arbres, dont des épicéas, nous réjouissent.
On est très heureux de manger assis sur des chaises !
Et voilà le coin cuisine, plus que sommaire, dans lequel Goultchat et sa fille nous prépareront des festins.
Nos guides de choc : Dastan, Noursultan et Nadjat.
Très beau campement mais la pluie est annoncée. Heureusement elle arrivera en soirée et dans la nuit. On n’aura jamais marché sous la pluie.
La salle de bains pour les plus courageux.
Rencontre encore rare en cette saison de campement de nomades.
Direction le col d’Arashan situé à 3400 m d’altitude, mais le chameau de Bactriane, bien que robuste et évoluant fort bien sur des terrains montagneux, n’aime pas la neige. Nos chemins se sépareront donc le temps d’une journée.
La rivière est complètement gelée. Pierre et moi n’avons pas pris nos crampons, dommage ! Cela m’aurait évité deux chutes mais rien de grave.
Sous la neige, la vie. Photo de Matthieu.
Idem.
En redescendant le col, nous faisons une pause près de la Source dorée à l’eau pétillante, célèbre pour ses vertus thérapeutiques.
Le camion nous rejoint pour permettre aux trois personnes qui n’ont pas souhaité franchir le col à pied, de parcourir les derniers kilomètres de cette journée avec nous.
Nous avons basculé sur l’immense vallée d’Aksaï où se trouve le lac Chatyr Kul.
Derrière ces montagnes, la Chine. Cette partie des Monts Tian Shan s’appelle les Monts Célestes.
Campement

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