Japon Article 39. Péninsules

Dans le planning de départ, on avait prévu de faire le tour de la péninsule d’Izu mais il faut savoir réajuster l’itinéraire en fonction du temps qui nous reste et, la météo étant incertaine, on n’y fera qu’une petite escapade pour rouler, plus au nord, vers une autre péninsule moins connue mais toute jolie aussi, la péninsule de Miura. Finalement on a eu un temps magnifique.

La baie de Sagami se situe à une soixantaine de kilomètres seulement de la mégalopole tokyoïte. Elle est très fréquentée par les citadins le week-end et beaucoup habitent même dans le coin. On les comprend.

On s’est arrêtés à Atami, petite ville balnéaire avec son port, ses spécialités de fruits de mer, son téléphérique, ses onsens et son arbre millénaire.

Dans certains restaurants, le choix est laissé au client de manger à la japonaise assis sur les tatamis ou bien à l’occidentale dans une autre partie de la salle.
Partout dans le pays, les Japonais peuvent mettre une pièce et attraper un gadget dans une coque en plastique. On appelle cela des Gachapon. On peut, à l’aide d’une pince, obtenir une mini figurine de manga, de jeux, un porte-clés, des répliques d’aliments etc…même les adultes participent. C’est un peu comme un cadeau de Kinder Surprise mais sans le chocolat.
On part visiter le Kinomiya Shrine. Les gens mettent une pièce et déplient un papier sur lequel une prédiction est écrite.
Passage de toriis après les ablutions. On est rodés.
On est venus voir le camphrier géant sacré qui a 2000 ans. Une vieille histoire de frais de justice pas réglés où on décide, en guise d’acquittement, de couper des arbres. Mais, quand arrive le tour de celui qui va devenir célèbre, un vieil homme aux cheveux blancs apparaît et brise la scie maléfique. Les gens du coin concluent à un message divin. Il y a de quoi. Depuis, interdit d’y toucher. Il mesure aujourd’hui 24 mètres de large et 26 mètres de hauteur. Le rituel consiste à faire le tour du tronc en caressant ses racines. On gagne une année de vie en plus. Il aiderait aussi ceux qui veulent arrêter de boire et de fumer. On n’a pas fait le tour de l’arbre….

Quelques photos pour montrer notre hébergement quand on est en dortoirs. C’est la formule la moins chère. Entre 12 et 20 € par personne. C’est toujours très propre et ça permet de rencontrer d’autres voyageurs. On avait normalement un Couchsurfing mais le couple a annulé car leur fils aîné était malade. On comprend.

À chaque lit, une lumière et des prises électriques. Un rideau et toujours une bonne literie.
La penderie…un peu rustique mais nous on laisse tout dans les sacoches. Il y a les douches avec toujours savon et shampooing à volonté. Un coin cuisine et une salle commune. Chacun est respectueux de l’autre et on n’a jamais eu de nuisance sonore.

Atami restera pour nous le lieu de deux belles rencontres.

Alice, Japonaise, qui s’appelle ainsi parce que sa mère adore Alice au pays des merveilles. Elle est étudiante à l’université de Tokyo et travaille trois jours par semaine à Atami. Elle pratique la cérémonie du thé et nous a montré une photo d’un somptueux kimono,transmis de génération en génération dans sa famille, qui lui appartient désormais.

Alice. On a trouvé des mugs français sur l’étagère…

Et puis Yuka. Mais que fait Yuka à Atami ? Elle a décidé, pour son anniversaire, de faire quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait. Elle est partie ce week-end à Atami, toute seule. Pour la première fois. Bravo Yuka. Et demain, elle a 20 ans.

Yuka étudie à l’université les cultures occidentales. Elle apprend le russe depuis deux ans alors on a baragouiné en russe. Elle montre la petite Tour Eiffel qu’on lui a donnée pour ses 20 ans…en attendant qu’elle vienne voir la vraie à Paris. Comme elle habite pas très loin de Tokyo, on va essayer de se revoir là-bas. On sait maintenant que cela va être possible. Super.

Et puis l’arrivée à KAMAKURA. Un de nos incontournables.

On est toujours dans la baie de Sagami mais on a quitté la péninsule d’Izu. Des maisons superbes surplombent la baie et les Tokyoïtes, la journée de bureau terminée, tombent vite le costume et la cravate pour sauter sur la planche de surf.
On pédale entourés de mandariniers dont les fruits sont succulents.

Mais pour quelle raison KAMAKURA faisait-elle partie des incontournables ?

Pour lui.

Le Bouddha de Kamakura. Le deuxième plus grand du Japon après celui de Nara. 14 mètres de haut pour 121 tonnes de bronze.
Beauté automnale des gingko biloba. Leurs fruits sont utilisés en pharmacopée.
En dessert, patate douce et boule de glace….ça passe.

De Kamakura à la péninsule de Miura, il faut compter pas plus de 35 kms avec moins de 500 m de dénivelé. Les dénivelés importants sont derrière nous et ça nous va bien. On sait qu’avec la fatigue, un accident peut survenir plus facilement alors on ne cherche pas à faire de grands exploits. L’intérieur de la péninsule n’a rien d’extraordinaire mais à la pointe, l’île de Jogashima est très belle. On pensait le bivouac terminé mais on a quitté les hauteurs du Fuji et les températures sont à nouveau clémentes.

Des pêcheurs et des chats.

De nombreux pêcheurs sont disséminés un peu partout et reviendront dès 5h le lendemain. Toujours très bien équipés.
Le phare de JOGASHIMA.
On sera entourés d’au moins une dizaine de chats. De nombreux Japonais se promènent, gros appareil en bandoulière, et attendent l’instant propice pour photographier les félins. C’est très surprenant. Comme dans le café aux chats. Ils instaurent entre eux et l’animal une atmosphère de concentration, d’intimité, de douceur un brin mélancolique. On n’oserait pas les déranger.

Le lendemain matin.

Les chats n’ont rien de chats errants. Un beau poil, tout propres, bien nourris. Comme nous.
Ceci n’est pas un clocher. C’est l’autre phare de l’île. L’île est toute petite. Environ 5 kms de longueur.
Et la jolie surprise de le retrouver.

Juste au-dessus de KANAGAWA écrit dans la baie de Sagami, on voit Miura.

Depuis deux nuits nous sommes à YOKOHAMA. Demain, on roule vers… TOKYO. La dernière étape roulée sera celle qui nous conduira vers l’aéroport de Narita, à 72 kms de la capitale.

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