Japon Article 29. Le bivouac

Au départ, c’est un terme d’origine allemande ( Biwacht) lié à l’armée qui signifiait Campement temporaire des troupes en plein air ou bien Campement léger que les alpinistes installent en montagne pour passer la nuit.

L’essentiel y est toujours dans la définition d’un bivouac d’aujourd’hui. Campement sommaire, temporaire et léger qui permet de passer la nuit dans un milieu sauvage.

Bivouac en forêt la nuit avant d’atteindre les rives de la baie d’Isé.

La chambre avec, sur la bâche, le coin cuisine pas encore installé.
Papier peint de la chambre.
Salle de bain avec eau courante (mais pas l’eau chaude)

Pour nous, un bivouac réussi est un bel endroit découvert par hasard où l’on a assez de temps pour une installation sans précipitation, du temps pour la toilette avant que la température descende, du temps pour manger et ranger avant la nuit. La nuit tombée, on est déjà dans les duvets.

Ce bivouac en forêt, comme d’autres, a été un moment de bonheur absolu. Et on se demandait pour quelle raison. La lumière qui éclaire encore la tente, une forêt aérée où les arbres peuvent respirer sans se gêner et peut-être veiller sur nous, un sol tendre pour poser la tente , un torrent accessible pour la toilette, l’eau de cuisson et la vaisselle. Pas de vent. Des bruits naturels, reposants. Un coin de sérénité.

Les pieds dans l’eau, on s’est dit : Mais qu’est-ce qu’il nous manque ? Rien. Tout est là. L’essentiel. Ne pas s’encombrer d’inutile ni de superflu. Surtout quand on doit le porter. Dans les sacoches ou dans sa tête. Et on se dit qu’on a beaucoup de chance de connaître ces moments-là qui font le bonheur des randonneurs et des cyclovoyageurs.

Bien sûr que le voyage revient moins cher quand on dort dehors mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important est que le bivouac donne de la profondeur à l’instant. On renoue avec le simple, avec quelque chose d’animal, d’instinctif qu’on porte tous en soi. On vient de là. Pèlerinage aux sources. Ça doit être nos 5% d’ADN de papi Néandertal qui nous titillent régulièrement et qui nous rappellent que, oui, bien sûr, on est encore capable de se passer de temps en temps d’un canapé ou d’un ordinateur.

Et dormir dehors. Revenir à ce que l’homme a toujours connu. Dans l’histoire et les gènes de l’humanité. Se relier au ciel, à l’eau, à la terre. Bon, le feu on évite. Inconsciemment, l’instinct de survie est en alerte, le cerveau reptilien est toujours là. Un bruit non identifié dans la nuit et l’oreille se dresse. Mais on est vraiment des petits joueurs, on est loin d’être un Sylvain Tesson, « Une vie à coucher dehors » ou bien Sonia et Alexandre Poussin. Nous, on est vite rattrapé par les 95% de notre ADN qui réclament une vraie douche….le wifi….un bon lit. Mais c’est bien de pouvoir choisir. Et c’est un choix qui ne coûte pas cher. Il suffit juste de le décider.

En général, on ne fait pas plus de trois nuits de bivouac d’affilée. On a besoin du wifi et on est très contents de se retrouver dans une vraie chambre. On essaie de trouver l’équilibre qui nous permet de récupérer de la fatigue de la journée et de rester en forme. C’est quatre mois de voyage.

Un autre bivouac, le premier sur la baie d’Isé.

On s’apprête à tout mettre sous la tente quand il menace de pleuvoir…mais le ciel se retiendra.

Et puis le bivouac permet d’être présent pour assister aux plus beaux matins du monde…

Il est 5h41 du matin. Devant notre tente.
Pour qu’un ciel ciel flamboie, le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas?
Déjà 6h25…l’heure du petit-déjeuner.

On a oublié de prendre en photo un panneau sur la route de Koyasan qui mettait en garde les pèlerins contre…les ours ! On ne lit toujours pas le japonais mais on reconnaît bien un ours dessiné. On y pensait en forêt…pour le petit déjeuner, j’avais acheté du miel…pour l’amadouer…

Bon, 200 g…c’était peut-être pas assez.

6 commentaires sur “Japon Article 29. Le bivouac

    1. J’espère bien que tu ne nous quittes pas, que deviendrait-on !!! Tu te régalerais avec les voitures qu’on voit. Toute voiture semble sortir de chez le concessionnaire tellement elles sont astiquées. Pas une rayure. Comme on se dit : aussi propres que les voitures de Joël…

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  1. J’adore te lire. Je vis par procuration tous vos périples. Et aujourd’hui, je vous écris, avant que mes petits enfants n’arrivent (eh oui, c’est les vacances) et que le soleil ne reviennent (il fait enfin un temps à rester devant son ordi) Je suis heureuse d’apprendre qu’il y a des ours au Japon et qu’en plus, ils ne sont pas venus taper la causette avec vous. Bonne continuation. Bises à vous 2
    PS: tu ne parles plus de vos douleurs aux fesses ou ailleurs parce que ce n’est pas le sujet ou parce que vos corps se sont adaptés à vivre sur une selle et à dormir par terre?

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    1. Merci Odile ! Bon, j’ai compris que j’aurai mal aux fesses pendant les 4 mois. En fait, j’ai comme une boule au pli fesse/ cuisse à droite, et selon la façon dont je m’assois, ça peut faire très mal. Je mets donc deux épaisseurs de cyclistes et entre les deux, j’ai longtemps mis une éponge. Maintenant je mets un tissu en pelote. A Shikoku, j’ai fait un tour dans un hôpital, ils m’ont dit que ce n’était pas grave. Tant mieux ! On verra ça au retour..J’ai exactement la même chose â gauche mais sans douleur. Pierre n’a plus d’échauffement à l’avant. Il évite quand même les trous sur la chaussée….bises à tous les deux.

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