Japon Article 21. Hiroshima

Avant d’aborder le sujet, quelques nouvelles des vélos. Depuis quelques jours, le vélo de Pierre fait des sauts de chaîne quand il appuie fortement sur les pédales, au démarrage et dans les côtes. Verdict d’un atelier vélo : usure des plateaux et des pignons. Il faut changer l’ensemble et la chaîne. Heureusement qu’on les a fait réviser avant le départ…On est donc resté trois jours à Onomichi le temps de recevoir les pièces. Départ demain matin mercredi pour la célèbre route cyclable Japon qui nous mènera à SHIKOKU. Mais d’abord…

HIROSHIMA

Il y a des noms de lieux comme Hiroshima ou Auschwitz qui, dès qu’on les prononce, nous renvoient brutalement vers l’indicible, le mal absolu, le pire de ce que l’humain est capable de faire et on revoit des scènes qui collent à leur histoire. Cela fait même bizarre de se dire je suis à Hiroshima.

Le Hiroshima d’aujourd’hui a fait une large place à son passé au cœur de la ville tout en se forgeant un présent et un avenir tournés vers la paix et contre l’arme nucléaire.

L’HISTOIRE à partir du 6 août 1945.

Les USA larguent la première bombe atomique appelée Little Boy car petite mais puissante. Le temps est clair, il est 8h16 ce 6 août. Elle explose à plus de 500 m au-dessus d’un hôpital. Elle fait sur le moment des dizaines de milliers de morts et détruit tout sur un rayon de 12 km.

Hiroshima à l’époque était, après Kyoto, la principale ville d’art et d’histoire du Japon avec une population de 250 000 habitants.

Elle a été choisie comme cible pour plusieurs raisons : C’était une ville de garnison, elle est située entre les montagnes et la mer. Ainsi les effets de l’impact seront plus facilement mesurables, les services de renseignements sont dans le château d’Hisroshima, le port assure la logistique de l’armée et les habitations sont construites essentiellement en bois et papier de riz…facilement inflammables.

On a passé la journée sur le Parc de la Paix, parc de mémoire, espace de verdure enserré entre deux rivières, où se situent de nombreux monuments commémoratifs.

Le dôme de la bombe. Il est situé à 160 m de l’épicentre.

La coupole en cuivre a fondu, le reste du bâtiment a résisté car composé de béton d’acier et de brique. C’était le palais d’exposition de la ville style Art déco. Comme l’explosion était verticale, une partie de l’édifice a résisté.
La température a été de 4000 à 5000 degrés au sol.
Le cénotaphe. Une structure qui rappelle le toit d’une ancienne demeure japonaise. Il abrite les âmes des défunts. Un cercueil enterré renferme une centaine de registres d’environ 300 000 victimes et un vierge pour les personnes non identifiées. Tous les ans, au moment de la commémoration du 6 août, on inscrit les nouveaux décès des personnes présentes lors de l’explosion.
A l’extérieur du mémorial de la Paix, cette horloge qui indique l’heure de l’explosion. Dans ce mémorial, 140 000 carreaux représentant le nombre de victimes avec le nom des quartiers. Noms et photos des personnes inscrites dans les régies du cénotaphe et film sur la tragédie.
Photo prise de l’intérieur du musée. On a choisi de ne pas faire de photos des victimes. Derrière le cénotaphe se trouve le bassin de la paix qui rappelle l’importance de l’eau pour les victimes irradiées qui cherchaient à apaiser leurs brûlures.

L’explosion.

La population est d’abord aveuglée par une lumière éblouissante. Quelques secondes plus tard, la déflagration arrache tout. Une minute plus tard, le fameux champignon se forme composé de gaz brûlants et de particules radioactives. Il atteint 17 km de hauteur et 800 m de diamètre. Les irradiés se précipitent sous une pluie noire pour soulager les brûlures mais c’est en fait une pluie issue du nuage atomique qui contamine le fleuve, les puits, les gens qui s’y abreuvent.

Dix à quinze jours plus tard, des symptômes apparaissent, les décès se multiplient. Fin 1945, on estime le nombre de morts à 140 000. Pathologies cardiaques, osseuses, pulmonaires, digestives…

Un autre calvaire pour les victimes. On les fuit comme la peste, les croyant contagieux. Il faudra attendre 12 ans pour que les HIBAKUSHA ( survivants) soient officiellement reconnus et bénéficient d’un suivi médical gratuit.

La pendule d’une maison.
Monument des enfants pour la paix. Tout en haut Sadako Sasaki.

Elle avait 2 ans quand la bombe explosa, pas loin de l’épicentre. Pas blessée, on la crut épargnée, elle devint sportive mais à 12 ans, elle tomba malade des suites de l’irradiation. Une ancienne tradition japonaise affirme que tout rêve se réalise si on confectionne 1000 grues en papier. Sadako en fit 1300 mais huit mois plus tard, elle décède malgré tout d’une leucémie. Elle est devenue le symbole de tous les enfants victimes de la tragédie.
Sadako s’envole avec une grue.
Des centaines de grues faites par les enfants.

La Cloche de la Paix.

Tous les visiteurs peuvent sonner la cloche de la paix. Elle représente une belle utopie : un monde sans frontières où chacun vivrait en paix. Le battant frappe sur le symbole des armes nucléaires pour les éradiquer.
Tout autour, des inscriptions en sanskrit qui doivent soulager les âmes des victimes.

1945/ 2023, ce n’est pas si vieux. Des personnes témoignent encore aujourd’hui.

La flamme de la Paix. Elle brûlera tant qu’il existera des arme nucléaires…on n’est pas prêt de souffler sur la bougie…

Il y a également tout une partie sur la mise au point des bombes nucléaires mais on n’a pas fait. On a vu le film Oppenheimer avant de partir et puis, après une journée sur le site, on est profondément touchés par ce qu’on a vu et en même temps, il y a de la colère. Malgré tous les mémoriaux qui existent un peu partout dans le monde, la guerre est toujours là…et on fait avec…

MAIS …NOTRE HIROSHIMA A NOUS…

C’est une belle ville pétillante de vie et d’endroits très sympas et SURTOUT :

C’est une super rencontre avec le couple qui nous a hébergés via le site Couchsurfing. Mary, son mari Ioshi et leur petite fille Wamu. Un jeune couple adorable qui vit dans une magnifique maison traditionnelle japonaise ayant appartenu à la grand-mère de Mary.

Wamu a 2 ans. Une petite fille très éveillée qui sait ce qu’elle veut.
Bois et tatami. Shoji en papier de riz.
Notre chambre.
Des cloisons amovibles qui laissent passer l’air et la lumière.
Ces fines lattes de bois qui font la beauté des ouvertures.
Un nid douillet à la Japonaise.
Soirée dans un petit restaurant tenu par un couple charmant. On s’est régalés et on a bien rigolé. Tous les deux parlent anglais.
Iochi travaille tous les jours avec son père comme tapissier pour le remercier de l’avoir élevé. Mary a travaillé dans des ONG japonaises au Cambodge. Elle a voyagé au Canada et en Europe. Quand la petite ira à l’école, elle ouvrira un café. Tout est prêt. C’est magnifique.
Devanture de la petite gargote où on a dîné ensemble. Pas toujours facile pour nous de savoir s’il s’agit d’un restaurant.
Le couple de restaurateurs qui travaille là depuis quarante ans.
Et puis c’est déjà l’heure départ. Mary nous dit je suis triste. On ne le dit pas mais nous aussi. HIROSHIMA nos amours…

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