NAGATO est une ville située au nord de l’île TSUNOSHIMA. Tant de belles choses à voir encore sur la côte ouest de Honshu que nous avons pris notre temps avant de passer à l’est. Avant d’arriver à NAGATO, les touristes japonais se déplacent en masse le dimanche pour venir admirer l’un des torii les plus célèbres du Japon. Un tunnel entre mer et montagne.




Mais pourquoi des renards blancs?
C’est l’histoire d’un pêcheur qui, en 1955, rêve d’un renard, blanc, qui lui demande d’ériger ce tunnel de toriis en échange de toute la réussite du monde. Le gars s’exécute. On trouve les divinités de la réussite professionnelle, de la chance…et de la sécurité routière. Il y en a qui font de drôles de rêves…
NAGATO
Cette ville restera dans notre mémoire pour les deux rencontres qu’on y aura faites. D’abord un homme âgé puis une illustre jeune femme, morte à 27 ans.
On arrive bientôt à Nagato quand on voit écrit sur le côté Coffee shop. On décide de s’arrêter même si de l’extérieur, le lieu ressemble davantage à une maison particulière qu’à un commerce. On tente. Deux hommes assis dans une grande salle remplie de bric et de broc nous saluent et une femme âgée toute souriante nous fait signe de nous asseoir. Bientôt, son mari nous rejoint. On est français. Il connaît la France. Paris…et Cannes. On est inspirés : Vous y êtes allés pour le festival de Cannes ? Exactement. Avec ma femme. Cet homme aujourd’hui âgé de 79 ans a reçu un prix qui concerne son travail de réalisateur de films d’animation à 28 ans. On n’a pas tout compris car il parlait peu l’anglais mais de nombreux articles affichés, des dessins, des tableaux représentaient ses œuvres.
Le taux de probabilité qu’on pousse la porte d’un Japonais qui ait reçu un prix au Festival de Cannes…dingue.


Et puis Nagato. Partout le portrait d’une jeune femme.


On est dans la ville natale de KANEKO MISUZU.
Née en 1903, elle a fait de longues études, ce qui était rare pour une fille à cette époque puis elle a rapidement commencé à écrire des poèmes pour enfants et des chansons. Elle tiendra une librairie à Shimonoseki. Elle se marie à 23 ans. Mais son mariage arrangé marque le début de la fin pour Kaneko. Son mari lui interdit de continuer à écrire. Elle recopie alors ses 512 poèmes dans trois carnets et arrête d’écrire. Un an après son mariage , elle a une fille. Passant son temps dans les quartiers chauds, son mari lui transmet des maladies vénériennes dont elle souffrira toute sa courte vie. Elle demande le divorce. Mais à cette époque, c’est le mari qui a la garde des enfants. Kaneko se suicide en 1930 en laissant une lettre pour que ce soit sa mère qui élève sa fille.







C’est un autre poète qui va remettre en lumière, en 1982, l’œuvre de la jeune poétesse. Il va découvrir les trois carnets chez le frère de Kaneko. Aujourd’hui, ses poèmes sont appris dans les écoles, un film a été fait sur sa vie et son œuvre traduite en dix langues…dont le français.

Et puis Nagato, ce sont des paysages somptueux… Tour de l’île de Omi.









…et un super bivouac au-dessus du port.


Poème de Kaneko
Le marchand de légumes et de pois secs du coin de ma rue
— voici comment était vraiment mon ancienne maison
à l’angle, le marchand de légumes et de pois secs
et ses balles de sel
sur lesquelles tombait
un soleil déjà oblique
dans la deuxième maison, inhabitée,
des sacs vides
entre lesquels se glissait
boitillant un chien abandonné
dans la troisième maison, celle du marchand de saké :
des sacs de charbon de bois
et un cheval, de retour de la montagne,
à son fourrage
puis dans l’ombre de l’enseigne de la librairie :
la quatrième maison :
il y avait moi,
moi qui regardais
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Merci Amelle !
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Magnifique ! Et merci pour l’histoire de Kaneko, je vais aller jeter un oeil ! Continuez bien.
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