Japon Article 19. NAGATO et ses environs.

NAGATO est une ville située au nord de l’île TSUNOSHIMA. Tant de belles choses à voir encore sur la côte ouest de Honshu que nous avons pris notre temps avant de passer à l’est. Avant d’arriver à NAGATO, les touristes japonais se déplacent en masse le dimanche pour venir admirer l’un des torii les plus célèbres du Japon. Un tunnel entre mer et montagne.

Un tunnel formé par 123 toriis menant au sanctuaire shintoïste situé un peu plus haut.
Ici, l’originalité consiste à avoir placé la boîte à offrandes en haut du torii derrière le cœur entre des renards. Comme la boîte est difficile d’accès, réussir à bien viser signifie que le vœu qui va avec l’offrande sera exaucé. La jeune femme est tenace. Le vœu doit être important.

Mais pourquoi des renards blancs?

C’est l’histoire d’un pêcheur qui, en 1955, rêve d’un renard, blanc, qui lui demande d’ériger ce tunnel de toriis en échange de toute la réussite du monde. Le gars s’exécute. On trouve les divinités de la réussite professionnelle, de la chance…et de la sécurité routière. Il y en a qui font de drôles de rêves…

NAGATO

Cette ville restera dans notre mémoire pour les deux rencontres qu’on y aura faites. D’abord un homme âgé puis une illustre jeune femme, morte à 27 ans.

On arrive bientôt à Nagato quand on voit écrit sur le côté Coffee shop. On décide de s’arrêter même si de l’extérieur, le lieu ressemble davantage à une maison particulière qu’à un commerce. On tente. Deux hommes assis dans une grande salle remplie de bric et de broc nous saluent et une femme âgée toute souriante nous fait signe de nous asseoir. Bientôt, son mari nous rejoint. On est français. Il connaît la France. Paris…et Cannes. On est inspirés : Vous y êtes allés pour le festival de Cannes ? Exactement. Avec ma femme. Cet homme aujourd’hui âgé de 79 ans a reçu un prix qui concerne son travail de réalisateur de films d’animation à 28 ans. On n’a pas tout compris car il parlait peu l’anglais mais de nombreux articles affichés, des dessins, des tableaux représentaient ses œuvres.

Le taux de probabilité qu’on pousse la porte d’un Japonais qui ait reçu un prix au Festival de Cannes…dingue.

Sa maison incroyable avec une vue superbe sur l’île de Omi dont on fera le tour en bateau le lendemain. Après 25 ans ã Tokyo, il a eu le coup de cœur pour cet endroit. On le comprend.

Et puis Nagato. Partout le portrait d’une jeune femme.

On est dans la ville natale de KANEKO MISUZU.

Née en 1903, elle a fait de longues études, ce qui était rare pour une fille à cette époque puis elle a rapidement commencé à écrire des poèmes pour enfants et des chansons. Elle tiendra une librairie à Shimonoseki. Elle se marie à 23 ans. Mais son mariage arrangé marque le début de la fin pour Kaneko. Son mari lui interdit de continuer à écrire. Elle recopie alors ses 512 poèmes dans trois carnets et arrête d’écrire. Un an après son mariage , elle a une fille. Passant son temps dans les quartiers chauds, son mari lui transmet des maladies vénériennes dont elle souffrira toute sa courte vie. Elle demande le divorce. Mais à cette époque, c’est le mari qui a la garde des enfants. Kaneko se suicide en 1930 en laissant une lettre pour que ce soit sa mère qui élève sa fille.

Ici en japonais puis en chinois. Les Japonais apprennent trois alphabets : le plus simple est le Hiragana, le Katagana et les Kanji.
Ici, Mary chez qui nous logeons, nous a entouré des exemples. Dans la même phrase, on peut utiliser plusieurs alphabets. Si on veut écrire des mots d’origine étrangère comme café, poste etc. On utilise le katagana.

C’est un autre poète qui va remettre en lumière, en 1982, l’œuvre de la jeune poétesse. Il va découvrir les trois carnets chez le frère de Kaneko. Aujourd’hui, ses poèmes sont appris dans les écoles, un film a été fait sur sa vie et son œuvre traduite en dix langues…dont le français.

Et puis Nagato, ce sont des paysages somptueux… Tour de l’île de Omi.

Sur le port. Huîtres énormes, farcies.
Assiette avec huîtres, coquilles saint Jacques et bulot. Le déjeuner est prêt.

…et un super bivouac au-dessus du port.

3 commentaires sur “Japon Article 19. NAGATO et ses environs.

  1. Poème de Kaneko
    Le marchand de légumes et de pois secs du coin de ma rue
    — voici comment était vraiment mon ancienne maison
    à l’angle, le marchand de légumes et de pois secs
    et ses balles de sel
    sur lesquelles tombait
    un soleil déjà oblique
    dans la deuxième maison, inhabitée,
    des sacs vides
    entre lesquels se glissait
    boitillant un chien abandonné
    dans la troisième maison, celle du marchand de saké :
    des sacs de charbon de bois
    et un cheval, de retour de la montagne,
    à son fourrage
    puis dans l’ombre de l’enseigne de la librairie :
    la quatrième maison :
    il y avait moi,
    moi qui regardais

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