CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 9. Fin de la Voie des quatre rivières

Depuis vendredi, nous sommes arrivés à Busan, ville marquant la fin de la voie des quatre rivières mais pas la fin de notre périple en Corée puisque nous traverserons seulement le 8 septembre vers le Japon. On aurait pu aller d’abord visiter la ville de Gyeongju à l’est de Daegu mais on a préféré terminer la voie des quatre rivières direction Busan, qui finit en beauté. Faire le choix de Busan maintenant va nous permettre de laisser des sacoches ici et de voyager plus léger, en étoile, pour ces derniers jours en terre coréenne.

Sur le bord du chemin…

Pierre souffre beaucoup de la chaleur. Pauses bien appréciées.

Mais tout d’abord, parlons de ces trois derniers jours avant Busan. Via Couchsurfing, on fait la connaissance de Bo Kyu chez qui nous avons été hébergés à Daegu dans son appartement. Homme charmant de 75 ans (il en fait 10 de moins), drôle et cultivé, Bo Kyu nous a reçus comme on reçoit des amis de longue date. Après une journée d’une centaine de kilomètres sous une chaleur accablante, il comprend vite tous nos besoins. Bo Kyu est un homme qui a beaucoup voyagé et continue notamment en parcourant l’Asie centrale par la route de la Soie. Il repart en septembre. Entre vélo, golf et natation, il garde la forme !

L’arrivée étant compliquée, Bo Kyu est venu à vélo à notre rencontre. Il sent qu’on a besoin de souffler avant de poursuivre jusque chez lui alors on s’arrête dans un coffee shop et nous offre boissons et friandises.
Impossible de lui offrir le restaurant pour le remercier de nous héberger, c’est nous qui sommes ses invités. Soupe avec tranches de viande coupées très fines. On s’est régalés.

C’est avec regret mais avec un ami en plus que nous poursuivons le chemin en souhaitant vraiment nous retrouver en France ou ailleurs. We keep in touch.

Plus loin, sur la route, la belle voix grave d’un vieux moine résonne au son d’un mokugyo (percussion en bois utilisée dans les temples) et on se dit qu’on va la suivre. Ce n’est pas difficile car la voie cyclable rejoint la voix du moine. On longe le temple.

Kannon, la déesse de la compassion. Son petit nom en japonais. Sinon, c’est Guanyin en chinois ou Avalokitesvara en Hindi. Kannon, c’est quand même plus simple.
Toujours un drum.
On ne sait pas s’il téléphone ou s’il a mal aux dents.
Tout mignons les moinillons.
Ça change des trois singes.
Ce qui est dommage, c’est qu’on ne voit jamais les moines dans les temples chanter les sutras ou méditer. La voix entendue depuis des kilomètres sort d’un haut-parleur et on ne verra jamais le chanteur.
On est repartis vers les hauteurs.

Une pause café, le client derrière nous voit nos vélos et part acheter deux boîtes de gâteaux dans une épicerie. Il retraverse la rue pour nous les offrir car, nous dit-il, il ne faut pas manquer d’énergie! On lui dit qu’on pensera à lui en les mangeant ! Ça le fait rire.

Le lendemain, le temps est pluvieux. C’est le jour où on devrait atteindre Busan. Mais finalement non. Au moment de pousser pour amorcer une côte, bing, je sens que ma selle n’est plus d’accord et j’ai des pièces métalliques qui tombent sur la chaussée. J’ai cassé ma selle ! Non, pas vraiment. C’est la vis de fixation de la selle qui s’est cassée en deux. Évidemment dans la campagne sous la pluie. Fine la pluie, mais quand même.

Ce qui reste de la vis est évidemment trop court.

Pierre avait des vis dans sa trousse de réparation mais trop courtes, les vis! Dans les dix minutes qui suivent, quatre cyclos arrivent et s’arrêtent. Le plus jeune nous indique tout de suite un magasin de vélos à moins de 2 kms. Je vais rouler sans selle comme font les gamins, en m’asseyant sur mes sacoches du porte-bagages. Ça roule. Il pleut de plus en plus, le mécano ne nous fera pas payer la réparation et on restera dormir sur place.

Le lendemain sera une très belle journée, la dernière sur la Voie des quatre rivières.

J’entends du saxo en passant près d’un pont. Il faut que j’aille voir. Et là, je découvre un homme qui joue pour lui tout seul. Il doit habiter dans les tours de l’autre côté de la quatre voies. Ici il ne dérange personne et c’est très beau.
On a toujours l’impression de croiser le GIGN sur les pistes. Les Coréens ne laissent, la plupart du temps, pas un cm de peau au soleil. Ils enfilent des manches comme nous des chaussettes de contention.
À nouveau, on retrouve des aires de repos sympas, c’est l’approche de Busan qui, sûrement, permet cela.
Bo Kyu avait raison : la fin des quatre rivières est magnifique. Il aurait été dommage de ne pas la faire.

Juste avant d’entrer dans la ville de Busan, une très longue voie verte nous fait rouler le long d’une quatre voies. On n’en peut plus du bruit des voitures. Il faut slalomer entre les piétons et s’arrêter régulièrement aux intersections. Mais on s’approche.

Ça sent l’écurie…

Enfin, on traverse un dernier pont, on trouve le dernier tampon et on voit qui? Le jeune qui s’était arrêté et nous avait indiqué le magasin de vélos une soixantaine de kilomètres plus tôt ! Incroyable. Il est arrivé la veille à Busan et repart chez lui. Il n’avait que peu de jours de congés et n’a pu faire que les trois dernières étapes.

Voici l’endroit précis qui marque l’arrivée…
…ou le départ pour ceux qui la font du Sud vers le Nord.

Pour en finir avec la voie des quatre rivières, j’avais parlé d’un passeport qu’on fait tamponner aux différentes étapes du chemin. Comme on ne l’avait pas acheté, je mettais les coups de tampon sur un petit bloc Rhodia. Et voilà que le soir du bivouac aux moustiques, je trouve sous un abri dans un tiroir, un passeport des quatre rivières ayant appartenu à un Coréen de 1963, qui a parcouru plusieurs voies cyclables de Corée en 2017 et 2018. Je l’ai gardé, et complété. C’est ce que je tiens à la main. Mais comme je n’aime pas garder quelque chose qui n’est pas à moi, je lui ai envoyé un mail, il y avait des cartes de visite à l’intérieur. S’il veut le récupérer, je le laisserai dans un hôtel à Busan. Sinon, je serai contente de le ramener en France.

À l’entrée de Busan on aura parcouru 977 km.
Sous un abri juste à côté, on enlève le couvercle et on met les pieds dans le plat. Quel délice ! Pour une fois que le lavabo est parterre…

À très bientôt pour vous parler de Busan où on sera restés quatre nuits.

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