CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 8. Bivouac et haute technologie

Après la journée passée à visiter le village de Hahoe de Andong, nous avons repris la route avec l’intention de bivouaquer dès qu’un endroit nous paraîtrait convenir.

Dans la région, ce sont des fous du vélo. Le lendemain, on visitera un musée du vélo incroyable qu’on découvrira par hasard.

Les cyclistes nous font souvent un petit signe de la main, un pouce en l’air ou bien nous invitent à boire un café. Rencontres éphémères mais qui font du bien. On n’a pas encore croisé un cycliste occidental depuis le début.

Depuis Danyang, on a changé de province et la voie des quatre rivières est plus sobre. Beaucoup moins de points d’eau, plus de gargotes où manger le long des voies, il faut être plus prudent. En fin de journée, on a pris un repas à la sortie du village des masques où on a rencontré une Luxembourgeoise venue apprendre…le Coréen.

Nous pédalons entre collines boisées à forte pente, rizières, élevages bovins, des kilomètres de serres. Un nombre incroyable de ponts souvent surmontés de structures imposantes éclairées le soir et souvent changeant de couleur. On ne compte plus les barrages rencontrés. Les côtes de 7 à 12% ne sont en général pas très longues. Tant mieux.

Bon. L’heure est à se poser.

Cet endroit nous semble parfait même si, pour une fois, il n’y a pas de point d’eau dans les sanitaires. Les gourdes sont pleines, on a déjà mangé. Trois bâtiments : le plus éloigné avec petite terrasse où on finira par s’installer est un bureau de gestion de la rivière, le bâtiment gris les sanitaires et la cabane sert au stockage du matériel. On peut lire les panneaux en coréen grâce à un jeune qui nous a fait découvrir Google Lens. On prend une photo du panneau et on demande la traduction du coréen en français.

Peu à peu, le ciel va s’assombrir et on craint la pluie. On se dit qu’il est plus judicieux de remballer la tente et de se mettre directement sous la tonnelle du bâtiment blanc.
C’est quand même drôle ce genre de panneau. Seul le titre est en anglais ! On est bien avancés. Mais on est persuadés que dans quatre ou cinq ans, tous les panneaux seront en anglais tellement la Corée a le vent en poupe.
On a le plaisir de voir la rivière même si elle est inaccessible.

En fait il ne pleuvra pas et il n’y a plus d’air. C’est seulement la deuxième fois depuis le début du voyage qu’on ne peut pas se laver. Bien sûr, on a des lingettes mais avec la chaleur, on est tout collants! Surtout les mains. Mais on ne veut pas se les laver avec l’eau des gourdes car on part du principe qu’il vaut mieux rester vivant les mains sales que mort de soif les mains propres. Et comme on ne sait pas quand on retrouvera de l’eau….Soudain, des centaines de cris de poulets en contrebas…on est juste au-dessus d’une exploitation ! Mais les gallinacés, ça finit par s’endormir…pas nous, parce que les moustiques prennent la relève.

Ils ont dormi toute la journée pour être en forme. C’est la nuit. On sent à peine une baisse des températures. Deux options : dans le duvet et là, on étuve à petit feu. N’oublions pas que ce sera l’automne quand nous serons au Japon donc duvet bien chaud. Ou bien: dormir dessus et là c’est la fête pour les moustiques. Pierre me nargue dans son sac à viande en soie mais les moustiques le piquent à travers. Et puis c’est lâche un moustique. Il attaque dans le dos, à travers le t-shirt. Trop heureux d’avoir cette nuit deux gros fruits exotiques bien juteux et dorés à souhait à se mettre sous la trompe ! Vers trois heures du matin, je décide d’aller promener mes moustiques sur la voie cyclable. Au moins ça occupe. Ça fait passer la nuit. Un petit peu. Mais c’est long quand même, une nuit de chaleur sans douche et pleine de moustiques avec 80 km dans les mollets et ailleurs. Si on m’avait dit le lendemain matin qu’on allait faire une journée de 100 kms sans avoir fermé l’œil de la nuit, j’aurais dit aux moustiques. Allez-y. Finissez nous. A consommer sur place. C’est du Bio made in France. Heureusement, nous ne savons pas ce que chaque journée nous réserve et c’est mieux ainsi.

Parce que le lendemain fut à nouveau une belle journée. À nouveau, la gentillesse du responsable du musée du vélo qui nous appelle, va nous guider, nous offre à boire, s’assure qu’on prenne la bonne route pour repartir.

On reste songeur….
Monter et descendre de ce vélo. Tout un art.
Vélos du futur.
Pour emmener les copines…
On se retrouve attablés avec un club de cyclistes.

La journée est bien avancée, le vent souffle de plus en plus, latéral, on veut une bonne nuit, à l’abri des poulets et des moustiques. Sur les conseils de ces deux cyclistes, on se retrouve dans un hôtel.

Pierre me dit : c’est pour ranger les vélos ? Bah non. C’est la chambre. On cherche le lit. La dame nous montre le placard. C’est la première fois qu’on dort sur un futon. Pas plus épais que notre matelas gonflable. Mais une douche, une Clim et pas de moustiques. Le Paradis.
Zen la chambre.

L’ART DE LA CLAQUETTE

On ne pénètre jamais dans une pièce en chaussures. On les laisse dehors ou dans le sas et on prend…une première paire de claquettes.

Ici sur une plaque magnétique.
Mais quand vous allez dans la salle de bain, une autre paire vous attend…
…qui n’est pas celle des toilettes…qu’on laisse bien sûr avant de sortir pour le prochain utilisateur des lieux.
On a pensé à un frigo….
Mais avec des cintres, ça s’appelle une penderie… qui sèche les vêtements.
Voilà qui remplace notre bon vieux rouleau de papier toilette. Mais sans la maîtrise, quelques surprises. Si vous vous levez avant d’avoir arrêté le jet qui fait vos ablutions intimes, le jet continue et prend de la hauteur ! En fait il y a un bouton pour le stopper qu’on n’avait pas encore trouvé. C’est comme ça qu’à l’aéroport, je suis sortie des toilettes avec le dos mouillé et là, sortie un peu précipitamment des wc, Pierre qui était devant la porte a été copieusement arrosé et m’a crié : mais rassieds toi ! On peut également régler la température de l’eau, de l’air de séchage et aussi du siège. Mais bon, on ne veut pas risquer des brûlures dans des zones déjà sinistrées…

Quand on vous dit qu’on ne s’ennuie pas…

3 commentaires sur “CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 8. Bivouac et haute technologie

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