CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 6. Détour vers Danyang

On savait qu’on se compliquait un peu la vie en quittant pour quelque temps la piste cyclable des quatre rivières, mais la difficulté en valait vraiment la peine. Ce sont les plus beaux paysages qu’on aura vus en Corée jusqu’à présent.

Pourquoi difficulté ? Parce que sur les routes, des panneaux indiquent Danyang dans des directions différentes et quand on essaie de se renseigner, les gens nous demandent : Danyang truc ou Danyang machin? On n’en sait rien. Danyang beautiful et, avec des photos du Danyang qui nous intéresse, la situation s’améliore rapidement. Mais on est plus souvent à partager la route avec les voitures.

On traverse ensuite un parc national de toute beauté, le Worak San National Park. On avait presque oublié que la Corée c’est 70% de montagnes , et là, on est au cœur du sujet. Que de la grimpette. Même en partant tôt, on pédale jusqu’à environ 15 h pour une cinquantaine de kilomètres. On a remarqué qu’on met beaucoup plus de temps que celui prévu par notre GPS. S’il nous indique 4h pour 45 kms, on mettra facilement deux heures de plus.

Mais comment font-ils pour être si lents? Ils sont très mauvais !!! Petits joueurs ! Sûrement. On ne s’entraîne pas assez le reste de l’année à faire des côtes. Et puis:

Première raison, on s’arrête pour boire souvent. Bilan carbone : 0 . Bilan H2 / 0 : 1,5 litre toutes les deux heures, et puis on prend des photos, on s’arrête pour voir certaines curiosités, pour se reposer, pour manger, pour échapper à la chaleur, pour écouter ses ischions qui déclarent forfait. Pour tenir sur la durée. On prend le temps. Ou c’est le temps qui nous prend…Et puis qui veut aller loin………

En général, le matin, on ne sait pas où on va dormir le soir. L’indépendance de la toile de tente. Ça c’est bien. On n’a pas de pression. Parfois on fait moins que l’étape qu’on avait prévue. Et alors ? Pas grave. Question rythme, Pierre dit que je suis meilleure que lui sur le plat et dans les descentes, mais dans les côtes il reste The Boss. Alors quand je n’en peux plus dans les côtes, je crie : je vais faire une photo ! Ce qui signifie en langage très très intérieur (je m’arrête sinon je vais crever …).

Voilà les paysages qui nous accompagnent en cette belle montée vers Danyang.

On voit le mot brunch et tout le monde descend ! Original : bacon, œufs, saucisses sur…..gaufre et crème fouettée. Ça passe très bien. Et devant un tel panorama…on se fait parfois violence pour repartir.
De temps en temps, il faut bien faire les touristes…ils adorent nous encadrer.
Heureusement on ne manque jamais d’eau même s’il n’y a plus les installations de la voie cyclable des quatre rivières. On a une gourde filtrante qu’on n’utilise pas, l’eau est potable partout.
On ne se rend pas vraiment compte du dénivelé sur les photos.
Le sommet du parc Worak San .
Ça arrive aux meilleurs….Parfois la bête veut se cabrer du fait des 15 kg dans les sacoches.
Une église à une vingtaine de kilomètres avant Danyang. Lutrins et autel en verre.
On y a ses petites habitudes…
Au fond de l’église…eau bénite?
L’arrivée à Danyang. On a changé de rivière. C’est maintenant la rivière Namhan.
La chaleur humide sans doute…
On est le 15 août, journée nationale de la libération de Corée. Victoire sur le Japon. Les villes sont décorées et les drapeaux fleurissent aux coins des rues.
On dort quand même mieux dans un vrai lit ! Guest house très sympa où on fera la connaissance d’une famille française dont l’aîné vient étudier 4 mois en Corée, un couple de Hollandais qui fait le tour du monde en travaillant dans chaque pays visité, trois jeunes scouts nous expliquant les déboires du Jamboree vécus comme une Honte nationale par la Corée et Yang, voyageur Singapourien dont on reparlera.

Le marché quotidien de la ville.

Des crêpes aux blettes et au chou.
Confitures de figues.
La dame ne dort pas, elle regarde une vidéo et nous son étalage.
Petite princesse au pays des bulles.

Mais pourquoi Danyang ?

Dans la vie, notre attention se pose parfois sur une peinture, une sculpture, une photo, une musique et on se dit voilà, je ne sais pas encore où ça se trouve mais ça, il faut absolument que j’aille le voir. Quoiqu’il en coûte. On peut sur un coup de tête faire des centaines de kilomètres un soir pour découvrir ce nouveau groupe qui vient de chanter un truc génial à la radio dont le nom est Rita Mitsouko et que personne encore ne connaît, tomber sur la photo d’un Bouddha de marbre blanc thaï et se mettre à sa recherche, aller à la Haye embrasser du regard dans un moment d’intimité suspendu la Jeune fille à la perle, changer ses plans et faire la queue des heures pour admirer à Naples le Christ Voilé dans la transparence du marbre. Alors pourquoi fallait-il absolument venir à Danyang?

Pour ça. Trois rochers dans une rivière.

Les DODAMSAMBONG PEAKS. (Moyen mnémotechnique : le dos d’âne sent bon….avec un accent chantant ça fonctionne ).

La légende. Un couple vivait autrefois à Danyang et n’arrivait pas à avoir d’enfants. Le mari décida alors de prendre une maîtresse qui, elle, accoucha. Après la naissance, la maîtresse maltraita l’épouse. Un comble. Ce qui ne plut pas aux Dieux du coin. Pour les punir, les trois furent changés en pierre. Au centre, le mari évidemment, à droite, la femme, à gauche, la maîtresse. On se demande quand même pourquoi la femme est punie !

La région mériterait d’y rester au moins une semaine car il y en a pour tous les styles : des heures de rando dans les parcs nationaux, du parapente, de la tyrolienne, du skywalk ( fermé quand on y était), des balades sur le fleuve…

Nous on a choisi le temple bouddhiste Guinsa habité par 500 moines.

Une nonne chante un sutra.
On ne connaît pas l’histoire mais ça semble drôle.
L’un est gardien du temple…

L’autre, c’est Yang. 76 ans. Né à Singapour de parents chinois, il a été pendant treize ans officier sur des navires. Ensuite, il fut dans le contrôle de la sécurité des bateaux. Régulièrement, il visite le monde avec son sac à dos, dort en dortoir et termine la découverte de son cent trente cinquième pays avec la Corée. Il a fait tout le tour de la France il y a quelques années en stop et connaît toutes nos grandes villes….avant de parcourir l’Allemagne en achetant un billet de train à 9€ valable 1 mois ! Un sacré phénomène.

Le midi au temple, le repas est gratuit pour les visiteurs.

Depuis le Covid, des plexiglas séparent les personnes.

De loin on trouvait cet arbre étrange.
Les feuilles sont en papier. On trouvait ça surprenant…

…et le soir, magnifique ! Mais en Corée, chaque ville est une débauche de lumières un peu gênante à l’heure des économies d’énergie.

On a commandé un seul plat toujours présenté dans de nombreuses coupelles. À notre air effaré, notre voisine de table prend les choses en main et nous explique comment faire. Tout un art. Avec Yang, bien sûr.
Danyang une très belle étape.

4 commentaires sur “CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 6. Détour vers Danyang

  1. Merci Mireille pour tes belles photos , tes magnifiques paysages , tes commentaires toujours plein d’humour. Le voyage n’est pas un long fleuve tranquille , mais les galères rencontrées feront vos meilleurs souvenirs. Allez pédalez bien et profitez de chaque instant.

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