CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 4. Frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud.

On est aujourd’hui mardi 15 août et on roule depuis jeudi dernier principalement sur la voie cyclable des quatre rivières en direction du sud. Tout va bien, quel beau pays. Mais avant d’expliquer en détail notre vie de cyclistes sur les routes coréennes, revenons sur cette dernière journée passée à Séoul. Un peu d’Histoire.

De chez Mark, on aperçoit la frontière. Les montagnes sont en Corée du Nord.

La frontière entre les deux Corées est ce qu’on appelle ici la DMZ, zone démilitarisée qui mesure presque 250 kms de long et 2 km de no man’s land de chaque côté du 38° parallèle. Facile à se rappeler pour les Isérois. La frontière est à une quarantaine de kilomètres seulement de Séoul ! Elle est très surveillée des deux côtés, on s’en doutait un petit peu.

Il n’était pas question pour nous de venir en Corée sans aller voir de près cette triste page d’Histoire qui a bouleversé la vie de millions de Coréens. Mais on sera déçu de ne pas pouvoir visiter le point le plus intéressant de la frontière (la JSA) puisqu’il vient de fermer à cause de tensions récentes entre le Nord et les USA. Comme on est des têtus, on se rendra sur un autre site de DMZ, à la Odusan Unification Tower, où se situe l’observatoire de Dora ( nom du mont où il est construit), qui est un musée avec vue panoramique sur la Corée du Nord qu’on peut voir à travers des jumelles.

Le long de cette frontière, des tunnels, appelés tunnels d’agression, découverts par la Corée du sud entre 1970 et 1990, ont été creusés par les Nord Coréens pour envahir le sud. On voulait visiter le tunnel 3, le plus proche de nous, mais il fermait à 15h, pas assez de temps ! Malgré tout, on était contents de ce qu’on a vu et appris à la frontière.

Devant l’observatoire, un autel dédié aux Coréens forcés de quitter leur maison pendant la guerre de Corée et d’être déplacés. Toute personne peut venir se recueillir et prier.
En particulier lors de la nouvelle année, quand chacun fait résonner le drum, en pensant aux familles séparées, le moment est chargé d’émotion nous disait Mark qui est venu y assister. Il est appelé le Drum pour la Réunification.

En fait, aujourd’hui, cette zone inhabitée est un très bel endroit où la biodiversité a repris le dessus. Elle est le point de confluence du fleuve Han et de la rivière Imjin. De ce point de DMZ, on ne voit pas de soldats nord coréens.

En étant de longs moments à regarder avec les jumelles, on a vu seulement un homme sur un vélo. Le gars doit travailler dans le coin et en connaître les dangers quand on sait que toute la zone est truffée de mines, de barbelés, de souterrains et de miradors. On s’entraîne pour le Mur de Berlin huit ans plus tard.
Côté sud.
Statue de Cho Man Sik, ardent défenseur de l’indépendance pendant l’invasion japonaise. Il a encouragé la jeunesse dans la voie de l’éducation et renforcé la presse nationale. Après la libération, il a oeuvré pour la réunification de la Corée mais comme on ne peut pas plaire à tout le monde, il a été tué par Kim II Sung, le père du président actuel.

Mais pourquoi y a-t-il deux Corées ?

Petit rappel. La Corée est colonisée officiellement par le Japon depuis 1910. A la conférence de Yalta, Roosevelt et Staline récupèrent le gâteau pour se le partager après la capitulation japonaise et il est décidé que la partie au nord du 38° parallèle sera sous le joug soviétique tandis que le sud passera sous protection américaine. En 1947, l’ONU organise des élections libres mais le Nord les boycotte et les élections auront lieu dans le Sud seulement. En 1948, le Sud se choisit des dirigeants, se proclame indépendant, et devient la République de Corée. De son côté, le Nord se nommera la république populaire démocratique de Corée. Mais, finalement, le Nord refusant ce partage, franchit avec 600 000 soldats la ligne de démarcation. Séoul est envahie. On est en 1950. C’est le début de la guerre de Corée qui se terminera en 1953 (mort de Staline). C’est cette année-là qu’on construit la zone de démarcation.

Dans le musée.

La Corée réunifiée…l’observatoire de Dora est surmonté d’une colombe.
Même si on ne lit pas le Coréen, cette carte est intéressante et facile à comprendre. En rouge, les chiffres de la Corée du Nord, en bleu ceux du Sud. De haut en bas, la population, l’espérance de vie (13 et 12 ans d’écart !), le PIB, les échanges commerciaux, l’industrie automobile et enfin celle du numérique. On se débrouille pas mal en coréen…
Et puis les artistes qui rêvent d’un même ciel, d’un même pays.

Le lendemain, on quittait Séoul pour reprendre notre périple à vélo…

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