En temps réel, on est ce soir lundi 1 mai à Namur. Pour la première fois, on a pris un train pour gagner 3 jours et rentrer un peu plus tôt car une belle surprise nous attend. Pour ceux qui nous connaissent, le baptême du dernier-né de notre famille irakienne aura lieu le 18 mai et surtout, les parents de Hend arrivent d’Irak ! On va se rencontrer pour la première fois…émotion garantie. Mais le papa, à cause d’un problème de visa, est obligé de repartir le 12 mai ! On souhaite vraiment le rencontrer donc on va pédaler jusqu’à Reims, puis prendre le train pour rentrer.
Samedi 29 avril (bon anniversaire Erwan! 28 ans) on est arrivés à Luxembourg, une trentaine de kilomètres de la frontière à la capitale. Sur la route, on cherchait désespérément un café quand un jeune Luxembourgeois devant sa maison en travaux nous en a proposé un. Il a sorti deux tasses sur sa future terrasse et après avoir parlé vélo, on a discuté des langues de son pays. Le luxembourgeois est une langue assez proche du néerlandais, le sud du pays parle plutôt français, au nord de la capitale, c’est l’allemand qui l’emporte. Sympathique cette invitation spontanée au coin de la rue. Merci le Luxembourg de nous avoir ainsi souhaité la bienvenue !

On avait dit qu’on parlerait de SCHENGEN.
Sur l’Esplanade le long de la Moselle.
On est toujours émus d’arriver dans un lieu chargé d’Histoire. Ce sont souvent des lieux célèbres mais au passé dramatique mais là, Schengen c’est d’abord l’idée de deux hommes, venant de deux pays longtemps opposés, Helmut Kohl et François Mitterrand, qui vont décider d’ouvrir les frontières entre leurs deux pays. Kohl avait très vite compris que la réunification allemande et l’unité européenne allaient de pair. Très vite, le Benelux se joint à ce projet puisque cet espace de libre circulation existait déjà entre ses trois petits états. Pour souligner cet espace sans frontières, on va signer l’accord en plein milieu de la Moselle, à bord du bateau « MS Princesse Marie-Astrid ».

Mais les accords de Schengen, c’est aussi la création de règles communes dans le domaine des visas pour des séjours de courte durée. Grâce à ce système de demande unique de visa de court séjour, commerciaux, touristes ou personnes d’un pays tiers peuvent se rendre sur le territoire de n’importe quel des 27 états de l’espace Schengen sans demander un visa auprès de leur ambassade.

Et les autres dans tout ça ?
L’asile politique peut être demandé par tout ressortissant d’un pays tiers craignant d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de ses opinions politiques ou de son groupe social. Au Luxembourg, les demandeurs d’asile peuvent présenter leur demande à la frontière, soit dans le pays. Ils doivent rester sur le territoire pendant toute la procédure. L’enregistrement de la demande leur permet une aide sociale dont la mise à disposition d’un logement pour toute la durée de la procédure.
Le traité de Maastricht en 1992 a développé le marché intérieur, qui a donné suite au marché commun européen. Le marché intérieur garantit « les quatre libertés » au sein de l’UE. Libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
Sur l’Esplanade devant le musée européen SHENGEN.










Mais pourquoi Schengen ? C’est parce que cette commune se situe à la triple frontière franco-germano-luxembourgeoise qu’elle a été choisie. On apprend que la frontière, dans le quotidien des habitants, n’a jamais divisé mais qu’au contraire, les échanges en tout genre avaient lieu. Des vignerons allemands avaient leurs vignobles sur l’autre rive et réciproquement, les dialectes parlés étaient quasiment les mêmes, il y avait des mariages transfrontaliers. A Schengen un lycée germano-luxembourgeois sert actuellement d’école pilote pour développer un nouveau type d’enseignement adapté à la Grande Région et bien sûr plurilingue.
D’ailleurs, en discutant avec des Luxembourgeois au camping, on a appris que les enfants apprennent, dès la maternelle, quatre langues ! Le français, le luxembourgeois, l’allemand et l’anglais, cette dernière ajoutée récemment…on n’est plus à une près…Quelle chance!
DANS LE CENTRE EUROPÉEN DE SCHENGEN.


Pendant la seconde guerre mondiale, des coups de feu ont été échangés dans le coin. Balles et grenades ont atterri au Luxembourg, pays neutre. Des milliers d’habitants ont vu les soldats allemands faire sauter le pont par lequel on est arrivés. Le village a été évacué temporairement. Les troupes allemandes envahissent le Luxembourg. En attendant la reconstruction du pont en 1959, un système de bac sera mis en place.

Aujourd’hui la Moselle, Die Mosel, est l’une des voies navigables les plus utilisées d’Europe. Mais des crues sont de plus en plus nombreuses. Il faut savoir qu’une péniche peut transporter 4000 tonnes de fret, ce qui évite 185 semi-remorques sur les routes ! Un sacré avantage. Moins de trafic, moins de pollution.
On pédale souvent au milieu des coteaux recouverts de vignobles. Ils sont là depuis l’époque romaine. Pas nous. Comme il ne fait jamais ni trop chaud (on confirme), ni trop froid, c’est l’idéal pour la culture des vignes sensibles. C’est mignon ça. Les ceps les plus importants sont le Rivaner ou Müller-Thurgau, l’Auxerrois, le Pinot gris et le blanc, le Riesling et l’Ebling. En rouge, on trouve le Pinot…noir.

Quelques vues du Château des ducs de Lorraine visité lors de notre passage à Sierck les Bains. Un des rares après-midi sous le soleil.















Article riche et chargé d’histoire…et ça finit par la vie de château…bonne route….ici aussi la météo n’est pas géniale.
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