Je voulais parler de la Meurthe et Moselle mais j’avais plus urgent à dire ce soir. Il fallait que je parle du bonheur d’être à vélo.
La journée qu’on a vécue à vélo d’Epinal à Nancy a été la plus belle du périple jusqu’à présent. Tous les ingrédients étaient là : pas de pluie, pas de vent, du soleil, une route facile qui longe la Moselle aux rives encore sauvages, la belle rencontre avec Julie et Aurélien. Mais le bonheur, ce n’est pas seulement l’absence d’emmerdements! C’est beaucoup plus….C’est une sécrétion du cerveau. Et il y a des jours, il sécrète beaucoup.
Ce bonheur n’arrive pas tous les jours. Il se mérite. Il exige de nombreuses heures en selle, une prise de conscience physique et morale d’un bien-être certain. La posture d’abord. Pas de douleur. On aime dérouler la jambe pour appuyer sur la pédale, prendre de la vitesse, changer la position des mains sur un guidon papillon recouvert de mousse, regarder le compteur dont les chiffres décollent, regarder le héron cendré qui décolle aussi. Le bassin, les épaules prennent part à l’avancée, tout le corps est tendu et engagé dans un élan total. On transpire et on vit.

Dans la tête. Qu’est-ce qu’on est bien! Ma maison sur le porte-bagages. Il ne manque rien. On a l’essentiel. On roule vite et pourtant lentement pour le monde d’aujourd’hui. Au cours de nos différents voyages à vélo, j’avais déjà remarqué cela: La vitesse et le nombre d’heures roulés nous transforment. C’est peut-être difficile à comprendre de l’extérieur mais on est touchés par un certain état de grâce, on se surprend à sourire bêtement au monde qui nous entoure, qui nous enivre. On a l’impression, seulement l’impression, de devenir invincible. On se surprend à penser. À penser à tous ceux qui n’ont pas cette chance de toucher le bonheur du bout de la pédale. On a envie de dire à celui qui ne va pas bien : Monte en selle, pars plus loin si ça ne va pas ici, et trace ta route. Le monde est à toi. Que toi pour le décider. On ressent alors beaucoup d’empathie pour les gens. Rouler rend bon. Et chanter à tue-tête sur sa bicyclette ! La cerise sur le gâteau. Ça permet de sortir cette énergie qu’on a emmagasinée à grands coups de pédale.
Et oui, je sais, on est dopés. On sécrète en secret. C’est la faute du cerveau ou plutôt c’est grâce à lui. Les endorphines, les voilà. Surnommées les hormones du bonheur. Merci à nos deux hypo. qui les fabriquent : hypophyse et hypothalamus. Les endorphines sont sécrétées à la suite d’éléments déclencheurs comme…la pratique intensive du vélo. Non seulement elles sont euphorisantes mais, agissant comme la morphine, elles permettent de réduire les douleurs musculaires ou articulaires, sinon on ne pourrait pas rester des heures en position quasi statique. Il y a un cap où l’endorphine permet de passer de la fatigue à une phase de soulagement. Ça doit être à ce moment-là qu’on sourit bêtement aux anges…
Avec Pierre, on se disait que les douleurs, les difficultés qu’on peut rencontrer parfois lors du voyage sont très vite effacées face à ce bonheur qu’on ressent et cette chance qu’on a de pouvoir voyager à vélo.
Certains cyclo voyageurs sont en selle depuis des années et des années. Liberté, lenteur, félicité.
Un petit peu de Meurthe et Moselle quand même…On parlera de Nancy dans le prochain article.







Ce soir on dort à Metz.
Coucou Pierre et Mireille,
Je suis tellement contente de vous lire et cet article m’a particulièrement plu…
Vos ressentis sur votre expérience du trip à vélo..Passionnant !
Profitez bien de ces belles rencontres, paysages !
Bisous
Tine
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Endorphinez bien !!!
Finalement vous êtes des drogués , c’est du propre…
Pedalez bien sous le ciel bleu
Bisous
Annie
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Pour nous ici c’est s’éclater en chantant sous la pluie…bonne route….
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