Article 20. Une journée pas facile…

Quitter Tropea fut sportif, très sportif quand, à peine après avoir dit au revoir à notre gentille Sylvana et son super petit déjeuner, vous tombez sur ce panneau:

Ça fait déjà une demi-heure que la vie n’est pas facile avec les côtes et vous comprenez que ça ne va pas s’arranger. Il va falloir pédaler raide et en plus on va recevoir des pierres . Ça donne envie de retourner se coucher.

En fait, ce jour-là, on découvre, les trois premières heures de la journée,  qu’on peut faire du vélo sans pédaler et surtout sans être dessus…et c’est très chiant. Très vite, on n’arrive plus à pédaler tellement la pente est raide. Alors on pousse, parfois encouragé par des automobilistes qui sourient ou bien nous interpellent : è duro !!! La Calabria !!! Si si…on est d’accord. Pourquoi j’ai voulu faire du vélo …la voiture c’est bien aussi…ou lire dans son hamac…

De profil, ça donne le derrière qui pointe vers Tropea, le buste parallèle au sol, les bras tendus à pousser l’engin et le nez quasiment en appui sur le guidon. Très classe. Il fait déjà bien chaud et on sue à grosses gouttes. On est le 1er Novembre. Belle journée pour mourir d’épuisement. Me revient la chanson de Benabar, c’est une belle belle journée pour pleurer qui devient vite, c’est une belle belle journée pour crever. Ça nous amuse. Faut bien s’occuper l’esprit pendant qu’on pousse. Et deux heures à pousser, c’est long !

Alors on se dit pour se consoler qu’après la côte vient la descente et que là, on va se faire plaisir. Bah non, car la descente est aussi raide que l’était la montée et on est sur du chemin avec des gravillons. Malgré le changement de mes patins de freins la veille, mes freins ont leurs humeurs. Pierre comme moi sommes obligés de descendre à pied en marchant à côté de nos montures. Trop de pente.

Bon, on finit par quitter les chemins parce que cela devient vraiment impraticable :

Alors, dotés d’un bel optimisme, on se dit que ça ira mieux plus loin, sur les pistes cyclables et là, voilà la piste cyclable :

Le lave linge, les matelas, les poubelles, on ne risque pas de rouler dessus. En revanche, les milliers de bouts de verre partout. Merci mes pneus Schwalb Marathon !

Il y en a qui confondent piste cyclable et décharge. L’autre jour, un rat énorme est passé devant mon vélo. Au moins 3 kgs. Pierre me dit que j’aurais dû lui rouler sur la queue, que cela aurait fait un bon civet pour le soir….ça l’amuse encore… Moi je pense qu’il m’aurait mordu…le rat…pas Pierre.
Sur cette photo, on a été obligés de faire demi tour à cause des bouts de verre et on a pris la route des voitures. Il y a des jours, il vaudrait mieux choisir poterie ou macramé….

Même sur la route partagée avec les voitures, on ne peut pas relâcher son attention. En arrivant en bas de la pente…
Allez, une belle photo pour terminer prise à Palmi où on dort ce soir et où on rencontrera Manuela, Allemande dont c’est le premier voyage à vélo.

Le compte à rebours est enclenché pour notre retour puisque nous avons les billets de traversée De Palerme à Gênes le samedi 12 novembre. Ensuite, il faudra pédaler quatre ou cinq jours jusqu’à Nice puis on prendra un train retour maison. Ce soir, on dort en Sicile.

On quitte la Botte Italienne où on a roulé 2350 km.

2 commentaires sur “Article 20. Une journée pas facile…

  1. Je suis sûre que tu as rêvé des belles voies vertes de notre région et que plus jamais tu ne les critiqueras. J’espère que vos efforts seront récompensés par la Sicile. Bonne route….

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