Vendredi 28 octobre, une étape d’une cinquantaine de kilomètres nous attendait pour rejoindre la ville de Rossano et son trésor situé au Museo diocésano. On avait vérifié la veille dans notre guide que ce n’était pas le jour de fermeture et regardé les horaires. Le musée ferme à 12h30 et n’ouvre l’après-midi qu’à 15h30. Il est situé près de la cathédrale. On voulait faire la visite le matin et on visait l’arrivée sur Rossano vers 11h le temps de profiter du musée.

On a donc mis les bouchées doubles et on est arrivés à Rossano, pas loin de la mer vers 11 h. On met le gps pour aller au musée et, je lis, incrédule « 5 km. 42 min. » Il a pris un coup de chaud , le gps. On sait que c’est à côté de la cathédrale, elle ne peut pas être à 5 km du centre, et le centre, on y est ! Perplexes, on demande à un Indigène qui nous montre…Rossano…village perché…dans la montagne. Bah ici, c’est quoi ? C’est Rossano aussi mais la ville moderne. Foutue pour la visite du matin, trois quarts d’heure de plus, ce sera trop court. On change nos plans. On fait la grimpette au village sous un soleil de plomb, on se promène dans les ruelles et on ira voir le trésor l’après-midi. On dormira là-haut. On ne verra pas un seul autre vélo dans le village. Tu m’étonnes.



Face à la cathédrale, une boutique de produits alimentaires proposait un menu touristique. Nous étions, semble-t-il, les seuls touristes dans le village . Le patron avait l’air sympa, le prix était correct. On y va. Ce fut notre meilleur repas depuis bien longtemps. Servi avec le sourire, beaucoup de commentaires, et un vin délicieux. La patronne nous a apporté des olives vertes d’un goût complètement nouveau pour nous. C’est agréable de trouver des commerçants accueillants qui sont fiers de leurs produits et qui ont envie de vous faire plaisir.








Balade dans le village…des escaliers partout.





Mais le trésor ???
Il s’agit du Codex Purpureus Rossanensis.
Mais qu’est-ce qu’un Codex ?
C’est un ensemble de feuilles manuscrites reliées pour former un livre.
Ce manuscrit est un évangéliaire du VI e siècle qui compte 188 feuillets en parchemin pourpre (d’où son nom) écrit en Grec avec sur chaque page, les trois premières lignes en or, les autres en argent. Il se compose de l’Evangile de Matthieu et de presque la totalité de l’Evangile de Marc. Il devait probablement y avoir aussi les deux autres Évangiles. C’est l’un des plus anciens manuscrits grecs retrouvés. Il contient également 15 pages d’enluminures. Il aurait été écrit à Antioche en Syrie. Il a été découvert à la sacristie de la cathédrale de Rossano au XIXe siècle.
Comme à Matera, ce sont des iconodules qui ont fui l’empire byzantin devant les conquêtes sarrasines. L’iconoclaste, il détruit les représentations religieuses, l’iconodule, il les vénère. Et l’autre….ça le rend vénère.


Heureusement, le musée a mis en place un écran vidéo sur lequel on peut tourner les pages.

Il existe seulement quatre autres Codex dans le monde. Un à Tirana en Albanie, un à Vienne en Autriche, un à St Petersbourg, et l’autre…à Paris, à la BNF.


Le lendemain, on roulait vers notre nouvelle destination quand nous avons repéré sur le trottoir un marcheur âgé au long cours. Un gros sac, le mollet costaud, les bâtons de marche. On l’interpelle. Il est français. Il marche depuis Venise, il va en Sicile. C’est son…quatorzième voyage à pied …Il a déjà parcouru 38000 kms….il va avoir 86 ans dans trois jours!

Alors RESPECT MONSIEUR HUBERT. ET UN TRÈS BON ANNIVERSAIRE.
Belle découverte que ce trésor!!!!!!! Bonne route.
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