Article 3. L’Italie sous la pluie.

Comme partout en balade, qu’on soit à pied ou à vélo, la pluie gâche un peu la sortie . On est contents pour la planète, les sols, les rivières, c’est juste qu’on voudrait qu’elle ne tombe pas sur nous. Heureusement, il ne pleut pas toute la journée. Hier samedi 24 septembre, les deux dernières heures pour rejoindre San Miniato se sont passées dans les côtes et sous la pluie battante. Quelle joie de se retrouver au couvent San Francisco, bien au sec, à faire la connaissance de Robert, pèlerin anglais avec qui nous partagions la chambre, d’un couple de Belges qui a fait de nombreux pèlerinages, de deux couples de Canadiens et d’un Français de Chartres.

Pour la première fois, on a retrouvé l’esprit de la communauté de pèlerins avec le repas en commun et un petit-déjeuner dès 7 heures.

Traversée du cloître pour rejoindre le réfectoire.

Sur le chemin, avant la pluie, quelques peintures représentant Lucca ornent le bas des murs .

On quitte des voies goudronnées pour d’antiques voies romaines.
Et le ciel se fit de plus en plus menaçant. Terminées les photos. Trombes d’eau.
Ce matin dimanche, on est motivés pour pédaler vite malgré les côtes innombrables car on sait qu’en fin de matinée, la pluie va s’abattre sur nous. En cours de route, on croise tous les pèlerins rencontrés au couvent. C’est normal, ils sont tous à pied. On sait qu’on a très peu de chance de les revoir puisque à vélo, nous faisons chaque jour deux étapes, ce qui n’est pas beaucoup. On pensait faire davantage mais pour le moment, on ne fait que grimper de village en village et on aime bien arriver vers 15h pour s’installer puis visiter.
San Miniato le jour du départ. On n’a rien visité la veille. La pluie nous pénalise sur le trajet mais aussi à l’arrivée car on n’a alors qu’une envie: prendre une bonne douche et se mettre au sec. On évite d’avoir tous les vêtements mouillés puisque, comme tous les pèlerins, on a très peu de rechanges.
Les vignes qui donnent le Chianti et les oliviers sont les principales ressources de la région. Dernière photo avant que le ciel ne nous tombe sur la tête .
Rapide en-cas pour remettre un peu de carburant.
Et puis la chance. Il a arrêté de pleuvoir pour les 4 derniers kilomètres. Arrivée à San Gimignano sous un pâle soleil.
Le centre médiéval du village est très bien conservé entouré de ses remparts. De belles bâtisses, des tours, des églises. Un bon cappuccino mais plus cher qu’ailleurs.

Le village de San Gimignano s’est développé à partir du Xe siècle grâce à la Via Francigena. Il y avait également une autre route qui passait par là, direction la côte et Pise. Le bourg s’est enrichi grâce au commerce des deux routes et aux produits locaux : le vin et le safran vendus sur les plus grands marchés européens et du moyen orient. Les riches devinrent…plus riches et se firent construire des maisons – tours. Il en reste aujourd’hui quinze, il y en avait soixante-dix au XIIe siècle.

Les maisons-tours. Ils ont oublié les baies vitrées…
De grandes fresques tapissent l’intérieur de la Collégiale Santa Maria Assunta.

Et puis San Gimignano a perdu de sa superbe vers la fin du Moyen Âge à cause du déplacement de la Francigéna (qui y est revenue depuis) mais aussi de la peste noire et de conflits entre aristos. Florence, qui n’est qu’à 56 kilomètres, lui a mis le grappin dessus, puis, à partir du XIXe siècle, la ville a repris de l’essor pour ses atouts historiques et artistiques.

Dans le musée d’art sacré, on a beaucoup aimé ce tableau. Les deux tableaux du dessus n’en font qu’un seul. Si on se met à gauche, on voit le Christ, si on se met à droite, on voit Marie Madeleine. Et ça date du XV ème ! Pas mal.

Même procédé ci-dessous avec Sainte Claire et Saint François.

Après l’art sacré, une sacrée pluie qui nous a précipités dans notre demeure d’un soir : À la confrérie hospitalière de San Agostino. C’est un donativo. Pour les novices, on explique. Le pèlerin donnera la somme d’argent qu’il veut pour le dîner, la nuit et le petit déjeuner à 7 heures demain matin.

Ce soir les mollets nous indiquent 430 kms. On devrait être à Rome dans une semaine environ. Tout dépend de la météo…et des mollets.

Un commentaire sur “Article 3. L’Italie sous la pluie.

  1. Dommage que la pluie gâche tout. Hier on a pu se baigner entre des averses. Ce jour on va randonner alors un peu de soleil SVP. Merci pour ces partages toujours pertinents. Allez, on ne se laisse pas abattre. Bonne continuation.

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