Article 24. De Estella vers Burgos

Parlons pieds. Ce sont les fondamentaux du pèlerin.

On pourrait croire qu’après un certain nombre de kilomètres dans les pieds, on n’a plus mal aux pieds. A cette étape du 23 mai, je peux dire qu’en ce qui me concerne, j’ai encore mal aux pieds mais que depuis bien longtemps, il ne s’agit plus d’ampoules. On est passé à des douleurs différentes.

Malgré une paire de semelles achetées à prix d’or à St Jean Pied de Port (semelles vendues aux champions, bien sûr, d’après le vendeur, sans doute pour justifier le prix..) c’est vrai que sur le moment je me suis crue sauvée et me prenais pour Zebulon en sortant (le vendeur, Zebulon, ça ne lui disait rien). Pas le temps de lui parler du manège enchanté. Bref, l’effet Zébulon n’a pas duré. Concrètement, à chaque pas depuis deux ou trois semaines, la douleur est dans la voûte plantaire. J’ai l’impression que mon pied s’affaisse. J’ai les pieds très creux et je rêve de mettre une pelote de laine dans le creux pour les soutenir. Et là, malgré mes nouvelles semelles, je comprends que mes chaussures ont 1300 km au compteur avec les randos d’avant le camino et qu’elles sont usées ! C’est ce qui m’inquiète depuis un moment. On ne part pas avec des chaussures neuves mais je sens que je n’ai plus le choix.

Dans la montée menant à Ayegui, je téléphone à Pierre pour lui demander s’il peut regarder s’il y a un Decathlon à Burgos. Je continue de monter une trentaine de mètres et je tourne la tête sur la gauche et j’aperçois…un Decathlon. Je n’ai qu’à traverser la route et me voilà dans le rayon chaussures. Je prends le modèle le plus approchant des miennes et je glisse mes super semelles dedans. Dans les jours qui suivent, je comprends que j’ai bien fait de les changer car le problème était là. La douleur de la voûte plantaire va s’estomper progressivement.

Aujourd’hui, mercredi 1 juin, je peux dire que je n’ai plus mal aux pieds depuis peut-être une semaine. Je les pommade toujours après une quinzaine de kilomètres puis je change de chaussettes et j’ai ajouté, comme d’autres pèlerins, un nouveau rituel : les 10 ou 12 derniers kilomètres, je termine en sandales de randonnée. Pour l’instant c’est parfait. Pourvu qué ça dourrre.

Quelques photos de Estella, ville bâtie sur des collines où se trouve le Palais des rois de Navarre, malheureusement fermé le jour de mon passage.

Ça va, je marche dans le bon sens.
Sur la rivière Ega.
Irache est célèbre dans le monde des pèlerins pour sa fontaine de vin. Elle compte des caves dont la devise est : Pèlerin, si tu veux arriver à Santiago avec force et vitalité, de ce grand vin, bois un coup et trinque à la félicité.
Quand je suis passée à 6h30, la fontaine ne fonctionnait que pour l’eau…les pèlerins qui sont arrivés une demi-heure plus tard ont pu tirer du vin.
Des vignes à perte de vue.
Gracias !
Des genêts très odorants.
Au détour d’une église…
Ruines d’un ancien hôpital pour pèlerins.
Navarrete célèbre pour sa viticulture et sa poterie.
Le superbe chœur de l’église de Navarrete.
Je porte toujours mon sac.
Non je ne marche pas avec des échasses. Il est 6 h du côté de Najera.

Un commentaire sur “Article 24. De Estella vers Burgos

  1. C’est sûr que le minimum du confort pour les pèlerins, ce sont de bonnes chaussures. Si tu as trouvé la solution c’est bien, en attendant qu’il te pousse des ailes…on ne sait jamais. Bonne nuit.

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