Article 8. Auberge des Migrants, où en est-on ?

On aurait tellement de choses à partager sur le blog qu’on est obligés de faire des choix, d’une part parce que ça prend du temps de rédiger et que de 8h à 16h environ, parfois davantage, on marche (ah bon ? ) et qu’en fin de journée, il faut s’installer, se laver, laver ses affaires, prendre le temps de discuter avec les pèlerins qu’on retrouve parfois d’étape en étape en fin de journée, manger ou se faire à manger, dormir tôt, et d’autre part parce qu’on est parfois deux ou trois jours sans connexion internet.

Alors, depuis deux semaines et demie qu’on a commencé le Chemin, il nous semble important de faire le point sur l’avancée de notre projet « Marchons vers Compostelle pour défendre la dignité de tous les réfugiés ». Il ne s’est pas passé une seule journée depuis le 6 avril sans que nous n’ayons eu l’occasion de parler avec des personnes rencontrées de la situation des migrants à Calais, du travail fait par les associations sous couvert de l’Auberge des Migrants et des besoins qu’ils ont en terme de bénévoles et de dons.

Comment s’y prend-on ?

Très souvent, le point de départ est l’affiche en tissu qui flotte derrière nos sacs et qui se retrouve souvent sous le nez d’autres marcheurs. Ou bien c’est quand le sac est à terre et que bien sûr, l’affiche est visible. S’engage alors une conversation sur notre expérience à Calais etc. Beaucoup prennent l’affiche en photo. Aujourd’hui, c’est un couple de Hollandais croisé à plusieurs reprises, intrigué par l’affiche, qui nous a posé des questions et qui a voulu nous prendre en photos avec nos affiches.

Ou bien, lors des repas dans les gîtes, on s’arrange, sans que ce soit trop plombant, pour amener la discussion sur les migrants. Il faut sentir si c’est le moment d’en parler, si les personnes qui nous entourent vont être réceptives ou pas.

Pour l’instant, on peut dire que jeunes et moins jeunes sont très intéressés et souvent veulent en savoir davantage. Parfois c’est l’hébergeur qui nous voit avec l’affiche sur le sac qui nous questionne.

Concrètement, certains pèlerins nous font des dons en espèces, en chèques et Pierre note sur son carnet le nom, le mail, l’adresse postale et le don fait. D’autres nous disent qu’ils vont faire un don en ligne. On leur demande de préciser alors que c’est en lien avec notre marche vers St Jacques pour, à la fin, avoir une idée du montant.

Plusieurs fois les hébergeurs nous ont fait une ristourne sur notre nuitée et la différence sera reversée à l’association.

On laisse un autocollant Auberge des Migrants dans des églises très fréquentées, dans de gros gîtes.

Après demain lundi 25 avril, nous serons à Conques, logés à l’abbatiale. En réservant, j’ai expliqué à la sœur hôtelière notre démarche. Elle est persuadée que certains moines vont avoir envie d’échanger avec nous sur le sujet. On va voir demain si on peut rencontrer également un correspondant de presse dans la journée du 26 avril et ainsi faire passer un petit article dans la presse locale.

En lisant ce poème au détour d’un chemin, on pense à eux.

Quand le Chemin est difficile, on pense à eux.

Ce n’est déjà plus nous qui portons le projet.

C’est le projet qui nous porte.

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