Article 4. Sur le terrain

Avant de parler de notre première journée de distribution auprès des migrants, voici une photo de cuve que remplit régulièrement CFC. Les migrants n’ont pas accès à l’eau. Ils n’ont que ces points d’eau. L’un des conseillers municipaux ( celui avec une belle cravate rouge sur les vidéos de Zemmour) a fait fermer des vestiaires qui permettaient aux migrants d’aller prendre une douche de temps en temps .

Ma première distribution sur le terrain. (Mireille).

Ce matin, les cageots étaient prêts, préparés par l’équipe d’hier. Le matin, il n’y a plus qu’à ajouter le frais, à l’abri dans les conteneurs qui, sinon, serait grignoté la nuit par des rats. Cela a d’ailleurs été le cas d’un pain abandonné. On ajoute une clémentine par personne et un poivron pour quatre. Du pain.

Ensuite, par ordre de distribution selon les zones, on charge les cageots dans le fourgon ainsi que trois brouettes puis on s’en va dans les zones à desservir. On ne peut pas faire tous les endroits tous les jours. Pas assez de vans, de bénévoles, d’autres associations comme le Secours Catholique leur servent également des repas.

Il n’y aura pas des photos de migrants par respect pour eux sauf si un jour, des circonstances particulières le permettent.

Comme ils sont disséminés un peu partout, certains groupes sont dans des fossés, d’autres dans des coins un peu boisés. On rejoint les différents lieux avec les cageots dans les brouettes. Je ne pensais pas qu’on allait aussi loin sur les sentiers . Tous remercient, certains se présentent.

Depuis une semaine, on n’a pas eu une goutte de pluie et il y a de la boue où ils vivent. On imagine en cas de pluie…

Quand on revient, on croise deux employés de la sous préfecture qui viennent vers nous, de façon correcte, pour nous dire que demain ils vont tout raser par ici et que la police sera sûrement là. Aucune agressivité de leur part « ils font leur boulot, pas de solution, c’est aux politiques de faire quelque chose, surtout pas Lepen, encore moins Zemmour , à la place des migrants, on ferait pareil qu’eux, regardez les rats, c’est pas une vie… » On est tous d’accord. On doit prévenir l’ONG HRO pour qu’ils viennent demain voir si tout se passe conformément à la loi.

En croisant l’Info bus, certains me serrent la main . Ce sont plutôt des Soudanais sur ce site mais avant de remonter dans le van, un jeune Afghan vient me voir et se présente, toute sa famille a sauté dans son pays. Il me demande quelques expressions en français mais il veut aller en Angleterre. Un autre vient voir Marie, ma collègue. Il ne peut pas prendre de nourriture car il n’a plus de tente. On va contacter l’association qui s’en occupe pour qu’elle intervienne avant la nuit. Il est déjà 17h45.

Quand on passe avec les brouettes, une dame nous dit gentiment « ça muscle ! », on sourit. Marie me dit qu’une fois un chasseur faisait exprès de tirer très près d’elle. Une autre fois, deux autres bénévoles étaient dans un van qui faisait des soubresauts, puis s’arrêtait. Ils ont fini par lever le capot, des fils étaient coupés, une croix gammée était dessinée et posée sur le moteur….ambiance….Mais on sait aussi que des Calaisiens ouvrent leur porte pour que certains migrants puissent avoir une douche par semaine…espoir…

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