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Après notre rapide installation dimanche chez Véronique, dans la commune de St Inglevert, à une quinzaine de kilomètres de Calais , nous avons entamé lundi notre première semaine de bénévolat à l’Auberge des Migrants. Dans cet entrepôt, pas de migrants, mais de nombreux bénévoles qui s’activent dans la bonne humeur et la cordialité pour répondre aux besoins des migrants qui vivent actuellement dehors.

La visite des lieux nous est commentée par Sidonie, coordinatrice des bénévoles venant donner de l’aide un mois maximum. Ceux qui restent davantage sont accueillis par une autre personne.


On découvre, grandeur nature, les associations dont on a appris l’existence sur internet. D’abord celles qui s’occupent de l’alimentation :
RCK (Refugees Community Kitchen) prépare actuellement 1500 repas quotidiens distribués sur différents lieux de vie. C’est là que je passerai ma première journée occupée à couper patates, carottes, salades, butternuts, entourée de 16 autres personnes concentrées sur des tâches similaires ou plus complexes. Les deux responsables , Hollandais, sont au top. Sérieux et efficacité jusqu’à la touche finale, laissant une cuisine parfaitement propre…pour mieux reprendre dès le lendemain, de 9h à 17h. 1 heure de pause le midi. Deux tours sont organisés pour la distribution aux migrants sur les sites, la plupart correspondant souvent à différentes nationalités.


CFC ( Calais Food Collective). Finalement cette association sera mon choix à partir du deuxième jour. On prépare des cageots de nourriture qui seront livrés en camion par nos équipes auprès des migrants qu’eux-mêmes cuisineront à leur guise sur des feux. CFC a préparé 170 000 repas au cours de l’année 2021!


Pierre travaille pas loin de moi, à couper du bois avec l’association Woodyard. 14 tonnes de bois par semaine sont ainsi répartis sur chaque lieu où vivent les migrants principalement soudanais, érythréens, Afghans, Irakiens, Iraniens. Heureusement qu’il n’est pas tout seul avec sa hache ! En les regardant travailler, je dirais qu’il y a autant de jeunes femmes que d’hommes à fendre les bûches.



Collective aid. Tout ce qui est donné par des associations ou des particuliers et qui est non alimentaire se retrouve ici. Tentes, couvertures, duvets, vêtements etc. sont triés de façon drastique. Certaines bénévoles ont un mètre de couturière à la main, mesurent tel tee-shirt , le plient et le rangent sur la bonne étagère. Tout est répertorié avec précision.


Tout est acheté grâce aux dons faits par des entreprises ou particuliers. D’autres associations donnent également leurs surplus alimentaires.
Depuis lundi, on a fait trois formations afin de mieux comprendre ce qui se vit ici. La première formation concernait l’histoire des différents mouvements migratoires à Calais et les sites géographiques. La seconde nous a fait réfléchir sur ce qu’est la vulnérabilité, les attitudes à avoir ou à éviter à travers des situations concrètes. La troisième formation était une formation antirépression pour que chacun connaisse ses droits face à certaines violences policières.
Bon, on part travailler mais demain et dimanche, c’est repos !
Merci Mireille de nous faire vivre à distance ce qui se passe à Calais, de faire que ces milliers d’émigrés ne soient pas que des chiffres lus ou entendus dans la presse mais retrouvent de leur humanité.
Merci surtout à tous les deux d’avoir franchi le pas et de passer à l’action ,ce que beaucoup d’entre nous n’ont pas le courage de faire.
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