Jour 21 (19 février) De Yungay vers Villa O Higgins.
Il nous reste 99 kilomètres à parcourir avant la fin de la Carretera située à Villa O Higgins. On prévoit pour la journée une étape de 48 kilomètres avec une cabane localisée sur l’application Ioverlander où on pourra dormir. Maps.me et Ioverlander sont les deux applis qu’on utilise comme la plupart des voyageurs rencontrés.
Passage en bateau d’une heure environ vers Rio Bravo pour reprendre la route. On quitte définitivement le fjord Mitchell qui bordait Yungay. Plus on descend vers la Patagonie australe, plus les paysages deviennent grandioses. On aurait envie de s’arrêter après chaque courbe. Le rio Baker à la couleur turquoise, a poursuivi son cours vers Tortel et c’est maintenant le rio Bravo que nous longerons jusqu’à l’étape finale.

Deuxième journée très difficile à cause du dénivelé dans le ripio toujours présent. On croise d’abord un cycliste américain qui nous confirme la présence de la cabane puis quatre Français qui sont partis de Ushuaïa il y a un mois pour remonter le continent jusqu’en Colombie. Le contraire de notre parcours.




Quand on arrive à la cabane qui doit faire 16 m2, il y a déjà cinq personnes dont les copains Italiens et Autrichiens. Ils en sont à feu de cheminée et guitare. Dur de repartir dans le froid. On va aller voir plus loin. On arrive près d’une ferme qui est sans doute la maison du propriétaire de la cabane en question. Il est 19 h30. Comme il a plu et qu’il y a vaches et chevaux, on slalome à vélo puis à pied entre bouse, crottin et flaques d’eau. De loin, deux hommes occupés avec un troupeau de vaches nous font signe de les rejoindre. Malgré nos efforts pour y parvenir, c’est impossible sans risquer de s’enfoncer dans la boue jusqu’aux chevilles. Il faudrait des bottes.

Après quelques minutes, ils viennent et nous disent qu’on peut installer notre tente. On a juste un espace entre graviers et crottin mais ça passe…sauf pour une sardine plantée au milieu du crottin. Bon, c’est du bio quand même… Crottin à la sardine, plat régional. Sympa, le plus âgé des deux, Beto, nous tend une bâche pour glisser sous la tente. Quand il nous voit allumer notre réchaud , il nous fait signe d’entrer dans sa maison. On peut manger là. C’est très cocasse car les deux hommes sont assis à deux mètres de nous et nous regardent manger sans parler. Je me concentre pour ne pas avoir un fou rire . On pose quelques questions et ils répondent brièvement en tirant sur la paille de leur mate. La nuit sera bonne sous la tente malgré la fraîcheur extérieure.

Chez nos hôtes.

Le lendemain, quand on se lève pour petit déjeuner, ils nous font signe de venir. Ils nous ont fait des petits pains délicieux encore tout chauds. Très gentils malgré leurs airs bourrus. La conversation est plus étoffée que la veille. On se dit que c’était bien plus enrichissant de passer la nuit ici chez des Chiliens qu’avec les copains dans la cabane. Encore de belles rencontres.


Jour 22 et dernier jour ! Jour J. (20 février)
On est tout excités de démarrer pour ce dernier tronçon de la mythique Carretera Austral. En route pour les 51 derniers kilomètres, sous le soleil et des paysages merveilleux. Pour pimenter le parcours on se la joue kilomètres en départements. Ce qui donne des échanges du type : Tiens, on arrive en Isère (km38). Je ne croyais pas le Finistère si montagneux (km29). On va prendre un bon morceau de fromage (km15) et maintenant boire un petit coup (km 14). Pierre : vivement qu’on soit dans l’Allier ! Et moi: non, carrément dans l’Ain, le bien nommé…
Les paysages sont féeriques.


Au niveau des remparts de Carcassonne, on aperçoit un motard arrêté dans l’autre sens et qui nous crie des Bravo ! C’est Miguel, l’Argentin, avec qui on a passé la nuit, qui lui, quitte déjà Villa O’Higgins.

Mais nos âneries ne nous empêchent pas d’admirer jusqu’au dernier kilomètre les montagnes enneigées et le rio Bravo. Jusqu’au dernier kilomètre aussi, la dernière côte. On est excités comme des gamins. Ça sent l’écurie et puis Villa O’ Higgins, ça veut dire aussi une bonne douche chaude avec un bon lit et un petit resto !

Proverbe de la journée : « Après le crottin, le satin. »
Voilà, on a terminé la Carretera Austral ! On a fait 1036 km à vélo sur les 1240 km ( puisqu’on a pris le car pour raisons mécaniques entre Puyuhuapi et Coyahique ) . On est contents … et entiers.
Cette route mérite sa réputation pour la beauté de ses paysages et la rudesse de certaines étapes alors, cyclistes de tous horizons, n’hésitez pas, elle est pour vous !

Amazing
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Bravo les amis, maintenant à vous la traversée des 2 Lacs avec cet inoubliable Fitz Roy pour vous accueillir en Argentine
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