Bolivie. Art. 13 le Sud Lipez. Les đŸšŽđŸ»â€â™€ïž parlent aux đŸšŽđŸ»â€â™€ïž

Depuis hier, dimanche 24 novembre, on est arrivés au Chili ! On ne pouvait pas se connecter plus tÎt.

Le Sud Lipez se trouve tout au sud de la Bolivie et dans quatre jours, on passera la frontiĂšre chilienne pour se retrouver Ă  San Pedro de l’Atacama.

Pour se prĂ©parer, on a beaucoup lu et apprĂ©ciĂ© le blog mezzarobertabicyclette.wordpress qui est trĂšs prĂ©cis sur les distances, dĂ©nivelĂ©s, lieux de bivouac ou d’hĂ©bergements. On vous le conseille. Petite erreur : la derniĂšre Ă©tape vers le Chili est de 47 km et non de 67 km.

Le Sud Lipez, c’est une rĂ©gion sauvage dĂ©sertique avec des lacs d’altitude de diffĂ©rentes couleurs surveillĂ©es du coin de l’Ɠil par des montagnes et des volcans de plus de 5000m.

La lagune Hedionda

Parallélisme.

Ici on ne roule plus dans le sel, on fait maintenant dans les pistes rocailleuses et cahotantes. Les gens normaux font une excursion de trois ou quatre jours en 4×4 et repartent contents. Ils ont « fait » Le Lipez.

Pour un cycliste, le Lipez c’est l’Epreuve Ă  tenter. Pour donner l’ambiance, certains le classent dans les pires pistes cyclables du monde !😰D’autres disent : ce n’est pas de la piste cyclable, c’est un parcours d’endurance…Nous voilĂ  prĂ©venus. Mais il paraĂźt que c’est tellement beau !

La Laguna Colorada. Des algues donnent le ton rouge (pas le thon rouge !😄) . Le blanc n’est pas du sel mais du borax, une espĂšce minĂ©rale. C’Ă©tait utilisĂ© comme dĂ©tergent , dĂ©graissant et actuellement on le trouve comme conservateur dans les Ɠufs d’esturgeon !

Lamas et flamants se partagent les rives.

Alors Lipez Ă  vĂ©lo ou pas Lipez ? Du nord au sud il faut compter entre sept et dix jours. Il faut prĂ©voir Ă©videmment nourriture et eau, mĂȘme s’il y a des points de ravitaillement Ă  certains endroits. Ce qui nous effraie, surtout moi, c’est qu’il faut souvent pousser le vĂ©lo !!! Autant j’ai les jambes en acier, autant j’ai les bras en semoule. Et moi qui pensais que le vĂ©lo Ă©tait un sport de jambes đŸŠ” !

Finalement, on a coupĂ© la poire en deux : on s’est fait dĂ©poser en 4×4 Ă  la laguna Colorada avec nos bagages et vĂ©los, lieu d’oĂč on pourra pĂ©daler les quatre jours nĂ©cessaires pour traverser le Sud Lipez et terminer par une belle descente de 40 km (rĂ©compense !😀) qui nous conduira au Chili.

On fera donc  » seulement  » le Sud Lipez.

Notre premiÚre étape : Laguna Colorada / geysers de Sol de Mañana. (26 km pour nous).

Pourquoi pour nous ? Le chauffeur du 4×4 , sachant qu’on faisait la suite Ă  vĂ©lo, nous propose de nous emmener 10 km aprĂšs la Laguna pour dormir dans un petit hĂŽtel, ce qui nous fera 10 km de moins le lendemain. Il a dĂ» avoir pitiĂ© ! Il sait, lui, ce qui nous attend.😂 On hĂ©site un peu, se disant que l’Ă©tape ne sera pas vraiment complĂšte et puis finalement on accepte…et le lendemain on ne regrettera pas !!!

Jeudi 21 novembre.

On savait que ce qui faisait le charme du Lipez, c’Ă©tait ses pistes ensablĂ©es ou en tĂŽles ondulĂ©es , ses cailloux, ses cĂŽtes et son vent ! Et bien pour la premiĂšre journĂ©e, on a pris toutes les options ! C’est plus drĂŽle. D’abord le sable…et lĂ  on a inventĂ© un nouveau mot pour un nouveau sport que tous les cyclistes du Lipez connaissent : le pĂ©dibike.

Kesako? On ne fait pas de la marche Ă  pied, on ne fait pas du vĂ©lo, on fait de la marche Ă  vĂ©lo ! Crevant. Il faut pousser l’engin et le corps est penchĂ© sur le cĂŽtĂ© vers le guidon tout en Ă©cartant les jambes du vĂ©lo pour Ă©viter les coups de pĂ©dales dans les chevilles ! Petits saignements de la cheville pour Pierre et moi. Un point partout. Le pĂ©dibike, tout un art…Pas d’autres solutions…La premiĂšre heure, on a fait…4 kms 😞et encore, c’Ă©tait sans le vent. Lui est arrivĂ© aprĂšs et bien de face !

Alors on pense Ă  quoi quand on pousse comme ça ? Pierre aimerait dĂ©jĂ  ĂȘtre allongĂ© sous la tente â›ș Ă  l’abri du vent et moi je me vois chez moi Ă  Charavines prĂšs du poĂȘle, assise dans un fauteuil Ă  faire un mots croisĂ©s de Michel Laclos, un bon cappuccino â˜•ïžĂ  la main! Mais pour ça, il va falloir attendre un peu. Pour Pierre, quelques heures, pour moi, quelques mois.

Je suis Ă  pousser le vĂ©lo quand soudain un truc bizarre Ă  l’arriĂšre. Mon porte – bagage porte toujours les bagages mais…par terre ! Je me dis qu’il s’est dĂ©soudĂ© ! Ah ! Bah ça va ĂȘtre facile de trouver un soudeur dans le coin! Quand je rejoins Pierre, il me dit que c’est moins grave que ce que je pensais. Deux vis sont parties, une est perdue. Avec toutes ces vibrations…les boulons se dĂ©boulonnent ! Pierre rafistole avec du fil de fer en attendant mieux. La rĂ©paration nous a fait perdre plus d’une heure. Mais ça tient.

Sur les pistes, des 4×4 nous croisent, souvent avec des gestes d’encouragement, on est pris en photo et parfois ils s’arrĂȘtent pour en savoir plus sur les deux Ă©nergumĂšnes qui pĂ©dalent contre vents et rocailles. Aujourd’hui, Ă©changes avec un groupe de Français trĂšs curieux de notre aventure puis un peu plus tard avec des Polonaises qui compatissent et nous offrent bonbons et chocolats ! Énergie, Ă©nergie !

Sur les 26 km, on a poussĂ© le vĂ©lo 18 km et souvent dans des cĂŽtes ! En fin de journĂ©e, je croyais que mes bras allaient tomber mais non, ça tient encore ! AprĂšs 16h, le vent devient trĂšs froid. On a fait 641 m de dĂ©nivelĂ© positif et on est maintenant Ă  4925 m. Petit le Mont Blanc ! On sait qu’il y a une bĂątisse prĂšs des geysers qui sert de dĂ©potoir contre laquelle on peut mettre une tente et s’abriter du vent. A un embranchement, Pierre me dit : e ui a ur e ĂȘ a a ! Oui Pierre c’est trĂšs drĂŽle mais je ne comprends rien. Tu peux parler normalement ? En fait il a les lĂšvres gercĂ©es et engourdies par le froid …..Avec les consonnes c’est plus facile : je suis ne pas sĂ»r que c’est par lĂ ! Rassurant…

Les fumerolles qu’ils appellent geysers.

Ça sent le soufre ! L’enfer…minĂ©ral.

On voit un bĂątiment militaire, on sait que parfois des cyclistes y ont dormi. Mais lĂ  personne et le portail est cadenassĂ©. Trois ou quatre kilomĂštres plus bas, on a aperçu les geysers qui sont en fait des fumerolles et, un peu Ă  l’Ă©cart, notre ruine qui nous abritera pour la nuit. Impossible d’allumer le rĂ©chaud avec ce vent et de toute façon, on est trop crevĂ©s ! Ce sera boĂźte de thon sous la tente et paquet de gĂąteaux. đŸ’€đŸ’€

AriditĂ©. On n’Ă©tait pas gĂȘnĂ©s par le voisinage.

Petit dĂ©jeuner. Pour les croissants đŸ„ chauds, on va attendre un peu…

On n’aura pas du tout eu froid et pourtant au petit matin, on trouvera des cristaux de glace Ă  l’intĂ©rieur du double toit et on a cassĂ© les glaçons de la gourde pour faire le thĂ© ! Il devait pas faire chaud dehors malgrĂ© la prĂ©sence des fumerolles dont on a entendu toute la nuit les borborygmes .

On aura mis neuf heures pour faire les 26 kms….Le vent nous quittera seulement vers une heure du matin ! Suite tout Ă  l’heure pour les autres jours…

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2 commentaires sur “Bolivie. Art. 13 le Sud Lipez. Les đŸšŽđŸ»â€â™€ïž parlent aux đŸšŽđŸ»â€â™€ïž

  1. Bien le bonjour !!
    On espĂšre que vous avez fais une belle descente jusqu’Ă  San Perdo d’Atacama et que vous avez chantez ! 😉
    Pour notre part le sud Lipez fĂ»t un vrai parcours du combatant mais nous avons tenu notre objectif et sommes arrivĂ©s Ă  la casa de ciclista d’Uyuni le 1 dĂ©cembre. đŸ˜đŸ˜„đŸ˜„đŸ˜„
    On vous embrasse !
    Wendy Thomas et Luc

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