3. De l’embouchure du fleuve Amazone au Rio Napo.

Maintenant qu’on quitte l’Amazonie côté Équateur définitivement, on avait envie de rappeler les différentes étapes qui nous ont permis de traverser d’est en ouest le continent sud américain.

BRÉSIL (sur l’Amazone)

Départ de Macapa, plus précisément Santana, à une vingtaine de kilomètres.

Visite de Macapa.

Macapa vers Santarem : 2 jours et 600 km environ.

Visite de Santarem. Super logement « hôtel Amazon pier « 

Santarem vers Manaus : 4 jours et 850 km environ.

Visite de Manaus.

Manaus vers Les trois frontières Brésil / Pérou /Colombie dont Tabatinga côté Brésil et Leticia côté Colombie : 6 jours et 1600 km environ. Leticia n’est pas écrit sur la carte. Elle est sous le nom de l’affluent Putumayo.

Visite de Leticia et Tabatinga.

PÉROU (sur l’Amazone)

Départ de Leticia (après deux mois en Colombie) vers Iquitos au Pérou: bateau rapide en 12 heures et 400 km environ.

Visite d’Iquitos.

Iquitos vers Mazan (navigation sur le Rio Napo un affluent ) 1 heure qui permet de rejoindre le Rio Napo sur 20 km environ.

Visite de Mazan.

De Mazan vers Santa Clotilde: 7 heures de navigation et 250 km environ.

Visite de Sta Clotilde.

De Sta Clotilde à Pantoja : 13 heures de bateau jusqu’à Pantoja et 400 km puis une petite heure en pirogue pour quelques kilomètres et passer à Nuevo Rocafuerte en Équateur.

ÉQUATEUR sur le RIO NAPO

De la frontière à Puerto Francisco de Orellana (el Coca) : 8 heures pour environ 300 km.

Visite de la ville.

On aura fait à peu près 4 400 km de traversée en bateau de l’Amérique du Sud .

Mais au fait, qui était ce fameux Francisco de Orellana ? 🤠 C’est lui.

C’était le premier découvreur européen du fleuve Amazone au XVI e siècle. Espagnol bien sûr. Les dates sur le socle sont approximatives car Wikipedia en donne d’autres.

Il est mort jeune. Cette statue est dans la ville qui porte son nom. La province s’appelle aussi province d’Orellana.

Mais que faisait -il par là?

D’abord il est au Nicaragua puis participe à la conquête du Pérou avec Pizarro.

Il refonde la ville équatorienne de Guayaquil et devient gouverneur.

Il rejoint plus tard Pizarro pour une expédition à la recherche de la cannelle qui vaut à cette époque, en Europe, plus cher que l’or. Ils franchissent les Andes ( mais pas à bicyclette, ça se saurait…) et atteignent le Rio Napo après avoir perdu 140 Espagnols sur 220 au départ et 3000 Indiens sur 4000.

Il ne découvre que de faux canneliers. Pizarro fait brûler puis dévorer par ses chiens ses guides indiens (on rigolait pas en ce temps-là). Il repart vers Quito mais Orellana continue. Il fait construire un petit bateau et entame la descente de la rivière avec 57 hommes. Du Rio Napo il atteint l’Amazone dont il découvre l’ embouchure après 4800 km de parcours le 11 septembre 1542. Il nous montre de son bras tendu le Rio Napo.

Au cours d’une deuxième expédition sur le fleuve dans le delta, il est incapable de trouver un passage pour en sortir et meurt d’une flèche empoisonnée lors d’un combat avec des Indiens Caraïbes. Pas marrant.

En fait, on a fait quasiment le même parcours que lui mais dans l’autre sens ! Marrant.

2.Équateur ….finie la rigolade

On est à nouveau dans le vif du sujet : vélo good trip. Enfin, pour être honnête, après pratiquement deux mois à se la couler douce en Colombie de bus…en bus puis en bateau, les muscles de nos jambes avaient oublié ce que pédaler signifiait. En particulier, pédaler dans les côtes avec le chargement. On en ch….. 🤪🥵… mais on aime ça et on sait que le début est le plus difficile. C’est comme du temps où on faisait des marches audax ( marche longue durée à 6 km/ h) . On marche des 25 km avant de faire les premiers 100km puis 150 km. Et on survit, et on y retourne.

Le premier soir, après une journée de seulement 40 km avec deux longues côtes et d’ innombrables côtelettes pour la remise en jambes, des crampes dans les deux cuisses en même temps…..à hurler le soir au fond des bois 🙀! Heureusement, c’est passé avec une pommade relaxante et une bonne nuit . Le lendemain, c’était déjà plus facile et que nenni de la crampe!

On vient de se taper une côte de 7 km interminable……comme reprise, c’était pas mal. Souvent, avec les encouragements de voitures, camions ou bus qui nous croisent. Klaxon, pouce levé, appel de phare. La route est bonne, ce qui ne sera pas le cas partout.

Nos moments préférés : les pauses.

 » Il faut du mollet savoir donner

pour la pause savoir savourer « . Non ce n’est pas de Confucius. 🈯️

Pierre a quand même le sourcil chagrin. Moi j’arrose mes 59 ans.

Précisions et conseils pour ceux qui voudraient passer la frontière au même endroit que nous.

On reviendra dans un autre article sur les plus de 3000 km de remontée de l’Amazone qu’on a parcourus…on fera une petite synthèse pour y voir plus clair.

Pantoja, ville frontière côté Pérou.

Nuevo Rocafuerte, ville frontière côté Équateur.

(Pas de photo, c’est la nuit et puis on a autre chose à faire qu’à prendre des photos !!!).

Côté Pérou. Accueil sympathique de la préposée aux douanes qui nous fait remplir rapidement les formalités de sortie de territoire. Photos, empreintes digitales. Pour une sortie de territoire, on est un peu surpris, mais bon, on obtempère. Il est 17h 30 donc la nuit n’est pas loin et on aimerait dormir de l’autre côté de la frontière. Ce n’est pas un problème, il y a des passeurs nous dit-elle.On lui demande une fourchette de prix pour la course. Elle ne sait pas trop et nous indique: entre 15 soles et 70 soles, monnaie du Pérou ( on divise par 4 pour convertir en euros). C’est une grande fourchette !!!

On trouve une pirogue avec Samuel que voilà et qui nous indique 15 pour l’un et 15 pour l’autre. Ça marche. On est parti. Bel arc en ciel sur le Rio Napo. Il a l’air sympa le Samuel, on va changer d’avis…Suite.

Son fils fait le takariste sans takari.

En Guyane sur les pirogues, c’est le nom du guide situé à l’avant qui indique au capitaine, par des gestes, où il faut naviguer pour éviter de fendre l’embarcation sur les récifs immergés. Le takari est le nom du bâton qu’il utilise pour sonder.

Beau ciel..mais quelques minutes plus tard on sera sous nos capes de pluie à se protéger de la belle averse.

Côté Équateur. À l’arrivée , rien ne va plus. On n’a pas de monnaie, seulement un billet de 100 soles ( 25€) et le guide ne veut pas être payé en soles! Il nous dit qu’il ne parlait pas en sol mais en dollars 🤑🤑🤑! Depuis l’an 2000, le dollar américain est devenue la monnaie officielle en Équateur et a remplacé le sucre, monnaie équatorienne pendant 116 ans. Sauf qu’on a pris le bateau côté Pérou.

De toute façon, on n’a pas de dollars…et lui n’a pas de monnaie et dit qu’il n’y a pas de sol de ce côté de la frontière…on est à 45 minutes de Pantoja ! On veut aller à un distributeur et c’est là le plus intéressant : pas de distributeur ni d’hôtel qui fasse du change et en plus, personne n’acceptera de ce côté-ci d’être payé en sol !!! Une frontière sans endroit pour changer de l’argent.

Il fait maintenant nuit noire, notre Samuel attend qu’on le paie. Pas le choix, on lui lâche le billet de 100 soles, il a sans doute des amigos dans le coin, pas nous, et il nous rend de mauvaise grâce 10 soles..tiens, tout à l’heure, il n’avait aucune monnaie. Cela nous a coûté 3 fois le prix initial. Bienvenue en Équateur. J’avais pris cette affiche en photo côté Pérou. Bon, ce n’est pas de la corruption, plutôt de l’escroquerie.

Mais le petit hôtel pouilleux qu’on trouve ne veut pas non plus de nos soles…bon, on envisage alors de dormir dehors, on a notre tente et tout le tralala qui va avec, mais sous la pluie…..c’est moins glamour et il fait nuit noire 🏴‍☠️ ☠️💀

Et là, de ce même petit hôtel pouilleux sort un jeune couple d’ Allemands, Kris et Sophie – quatre jours qu’on n’a pas vu un visage pâle – qui, sans nous connaître, nous propose de nous avancer des dollars puisque le lendemain on naviguera vers la même ville, Puerto Francisco de Orellana, plus souvent appelée El Coca, du nom de la rivière. El Coca se situe au confluent du Rio Napo et du Rio Coca.C’est pas parce qu’ils en boivent plus qu’ailleurs !

Une fois dollarisés à Coca, on les invitera à manger, ce qui était bien la moindre des choses. Encore un jeune couple super sympa comme on en rencontre souvent : il est ingénieur en chimie, elle travaille au pôle emploi allemand, nés en ex RDA. Encore Merci à eux !

La morale de cette histoire : Dès Iquitos, anticipez et changer vos soles en dollars et prévoyez de la monnaie. Kris et Sophie ne sont plus là!

Autre chose, si vous arrivez, comme nous, après la fermeture des bureaux pour faire les démarches de l’entrée en Équateur et que le lendemain c’est dimanche (ouverture quand même le matin à 7h mais le bateau pour Coca part à 4h…😀) , pas de panique. Il y a un bureau à Coca ( même si les autochtones ne le savent pas forcément) pour avoir le papier qui vous autorise à être en Équateur. Et bien sûr c’est gratuit sinon !Denùncialo!

1. Les aléas du voyage vers la frontière équatorienne.

On avait réservé avant-hier un bateau qui devait partir ce matin pour la frontière sur deux jours. Il fallait se présenter ce matin à 6 heures. On était allé en repérage hier pour ne pas se tromper de port. Et ce matin, pas de bateau. On nous dit que le bateau ne part que demain vendredi ! On retourne donc au  » bureau  » où on avait acheté les billets. Après un échange rapide montrant notre mécontentement, la dame nous rembourse. On ne veut pas partir demain mais dès aujourd’hui pour ne pas repayer une nuit d’ hôtel supplémentaire. Un chauffeur de tuk tuk – ici on dit motocar – nous dit qu’un autre bateau part aujourd’hui mais d’un autre port, qu ‘on arrivera samedi à la frontière. Ok, ça marche…en fait, on a avancé seulement d’une heure en bateau ce matin et on se retrouve coincés 😏 à passer la nuit dans un village sur un affluent de l’Amazone, le Rio Napo, qui va nous mener jusque sur les terres de l’ Équateur. Le gag c’est que le lendemain matin on a un bateau pour aller jusqu’à Ste Clotilde et que c’est le même bateau de la même compagnie dont on ne voulait plus ! Quand le jeune d’ici a téléphoné nos noms à Iquitos, la dame a dû bien rigoler…elle savait bien qu’on allait se retrouver coincé ici.

Les embarcadères sont plus que rudimentaires..Iquitos, c’est quand même plus de 300 000 habitants ! Très casse gueule pour passer les vélos.

Les vélos prennent de la hauteur….j’aurai perdu un cale- pied dans la manutention.

Mazan ou le village imprévu.

Alors on profite de cet endroit où il n’ y a que nous comme touristes. On chevaucherait des éléphants roses qu’on ne serait pas plus regardés. On sent les gens plutôt accueillants et souvent curieux de notre aventure à vélo.

Comme à Iquitos mais à une moindre échelle, les tuk tuk règnent en maître.

On ne comprend pas pourquoi toutes les maisons ne sont pas sur pilotis.

Et au milieu de toutes ces pauvres maisons, de très jolies princesses.

Le lendemain, marché sur le petit port de Mazan.

Nous on dit que ça change du poulet. Bien cuisiné c’est délicieux.

De la Colombie à l’ Équateur

On a retrouvé avec bonheur nos deux vélos et nos sacoches grâce à ces deux personnes qui ont accepté de les garder dans leur hôtel pendant deux mois: un grand merci à nos amis Esmeralda et Felicio. Merci Felicio pour tes encouragements !

Hier matin, départ à 4 heures du matin dans un petit bateau qui n’a plus rien avoir avec les grands que nous avons connus au Brésil. Là, on est assis pour….12 h sans bouger. Heureusement qu’ il y avait de la place pour nos longues jambes, ce qui n’est pas toujours le cas. On se dirige maintenant encore sur l’Amazone vers Iquitos, ville du Pérou, qui n’est qu’une étape obligatoire pour parvenir à la frontière équatorienne.

Le guide du routard annonçait seulement deux bateaux par mois pour atteindre Pantoja à la frontière de l’Equateur! On a eu de la chance puisqu’on en a un qui part jeudi en version rapide, c’est à dire en deux jours. On aura une nuit à Ste Clotilde. Sur la carte, on voit en orange notre trajet et Leticia sur la triple frontière.

Iquitos se cache maintenant sous la date en bas à droite. Le grand trait rose en diagonale est la frontière entre Pérou et Équateur. On voit bien, toujours côté Pérou, Ste Clotilde en jaune, notre étape de mercredi soir et Pantoja sur la frontière en jaune/ orange, qu’on atteindra jeudi soir. Après…l’ aventure commencera en Équateur.

Au fil de l’eau vers Leticia Au fil de l’air vers Bogota

On a modifié nos plans pour payer beaucoup moins cher ce qui nous semble être une bonne raison ! Leticia étant ville colombienne on a pris un « domestic flight  » qui fait que le billet coûtait 4 fois moins cher que de prendre l’avion de l Équateur.

Comme prévu on a laissé les vélos dans un hôte et on compte rester 2 mois en Colombie. On ne pouvait charger que 8 kilos comme bagage ! On a pris la sacoche convertible en sac à dos et les autres sont restées avec les vélos chargées des affaires inutiles pour la Colombie.

Je vous écris donc de Bogota dont je vous parlerai plus tard!

Pour l’instant restons encore un peu sur le fleuve : maisons flottantes qui s’adaptent au niveau de l’eau qui peut atteindre 10 m de différence, beaucoup d’oiseaux à admirer mais je n’ai pas le talent d’un Bernard ou d’une Charlène pour les prendre en plein vol!

Bon 12 jours de bateau c’est bien mais on est quand même contents de passer à autre chose. Notre vie était rythmée par contemplation des rives, hamac, repas, rencontres avec les passagers- bises à Carmen Paula Nadia et Louis – et lectures. Merci la liseuse ! Tu avais raison Emilie c’est super pratique ! On a fait 2500 km sur le fleuve environ.

Et puis les arrêts. Le fret est chargé et déchargé. Toujours des bananes mais aussi des poulets bien congelés laissés quelques temps bien au soleil, des bières, de l’eau, des briques, des frigos chargés à dos d’homme.

On peut arriver en pleine nuit dans un port. Les lumières s’allument, des hamacs se décrochent , de nouvelles couleurs s’installent avec des nouvelles têtes dedans. Et la nuit reprend son cours…et le voyage aussi.

Sur le fleuve de Manaus à Tabatinga / Leticia

Cela fait sept jours qu’on a quitté Manaus .

On devait arriver hier mercredi, ensuite il a été question de ce matin mais aux dernières nouvelles, ce sera plutôt cet après-midi. Pour nous qui avons du temps, ce n’est pas un souci mais ça le devient quand vous avez prévu un billet d’avion pour rejoindre Bogota rapidement ! C’est le cas de Carmen, jeune femme espagnole très sympa, qui a dû hier, lors d’une rare escale, trouver un autre bateau plus rapide pour sauver son billet d’avion et bien sûr le payer à prix d’or.

Ambiance détendue et échanges sympas mais limités ! à cause de notre espagnol encore débutant. Mais on progresse ! On fait la connaissance de Cubains qui ne veulent plus de Cuba et d’une famille de Vénézuéliens qui ne veut plus du Venezuela. Le couple est adorable, le petit garçon aussi. Le bébé est un peu malade. Ils partent au Pérou chez le frère du papa. C’est la première fois qu’ils vont au Pérou. Le père m’explique qu’on ne peut absolument rien dire dans son pays. Deux de ses amis sont déjà en prison. Ils espèrent revenir au Venezuela quand le climat politique sera apaisé.

Des enfants qui font partie du voyage…avec autorisation des parents bien sûr.🙂

Un dimanche à Manaus

On se serait crus débarquer dans un film un peu glauque, une fois quittés le port en ce début d’après-midi, pour se retrouver à pédaler dans des rues silencieuses, sans voitures, avec pour seuls habitants, ceux qui n’ont pas de toit. C’est dimanche, on profite de la maison quand on en a une, ou bien on est partis en voiture vers la plage de Punta Negra toute proche.

Le centre-ville appartient aux pauvres jusqu’à demain quand l’activité de la grande ville reprendra son cours normal. Pour l’heure, ils sont assis sur des bancs, ou allongés par terre, très maigres, habillés de rien, certains parlent un peu entre eux, nous regardent passer sur nos vélos chargés comme deux aliens. Pas d’agressivité dans leur regard mais une grande fatigue.

Quand on en parlera à Jairo, un Brésilien qui parle l’anglais, il nous dira que depuis quelques années, la ville s’appauvrit . L’immigration des Haïtiens puis maintenant celle des Vénézuéliens. C’est souvent eux qui sont les vendeurs aux coins des rues de bouteilles d’eau ou de médicaments…Beaucoup d’effervescence les autres jours.

Grandeur et décadence de bâtiments datant de l’époque coloniale portugaise ou plus récente. Manaus a connu son heure de gloire à la fin du XIXe grâce à l’exploitation du caoutchouc. …jusqu’à ce qu’un petit malin emporte quelques graines d’hévéas en faisant croire que c’était un cadeau pour la reine dAngleterre! En fait, il fit pousser ses graines en Malaisie ….et ce fut le début de la fin pour Manaus en ce ce qui concerne le caoutchouc.🙁

Manaus c’est aussi une ville dans la jungle…de tours, de magasins qui vendent tous la même chose dans la même rue. Une rue entière pour les lunettes, une autre pour les téléphones, pour les instruments de musique. Marrant et surprenant.La concurrence n’est pas loin!

Quartier moderne vers la Punta Negra .

On peut complètement oublier qu’on est au cœur de l’Amazonie! Il faut choisir de s’éloigner de la ville pour retrouver avec bonheur un village amérindien Tuyuka,la forêt avec ses singes , le Rio negro avec ses dauphins roses. L’archipel des Anavilhanas à Une heure en bateau de Manaus est un havre de paix.

De Macapa à Manaus…suite

Les cyclistes pour l’instant se font rares!

Voilà le type de maisons qu’on aperçoit régulièrement le long du fleuve. Parfois simples cabanes, et très isolées pendant la saison des pluies. Quand on s’approche des habitations, des barques viennent parfois s’attacher au bateau pour récupérer ou déposer du fret. Le passage du bateau est aussi pour les plus démunis, l’occasion de venir demander quelque chose à manger ou à boire.

On croise quelques navires mais franchement, pas grand chose, pour l’immense fleuve qu’est lAmazone. On double une barge de zébus qui, ils ne le savent pas encore – ou peut-être qu’ils ont déjà compris- font leur dernier voyage. Heu…on n’espère que ce n’est pas notre cas😥

Les parties de dominos se suivent et se ressemblent. Il y a sûrement des subtilités à ce jeu qui nous échappent pour l’instant.

Petits vendeurs à chaque escale. On peut acheter des fruits, des sandwichs,du fromage, des chargeurs de téléphone.

Les eaux marron chargées de sédiments sont celles de lAmazone et les eaux sombres mais pures sont celles de l’affluent le Rio Negro. Cela me rappelait les nappes de pétrole de l’Erika qui touchaient nos côtes il y a quelques années mais là, heureusement, ce n’est pas ça.

Au fil de l’eau de Macapa à Manaus

Terminées les pirogues du Maroni qui semblaient à peine effleurer l’onde. On est dans du lourd et on n’est pas tout seuls. La beauté première à laquelle on est sensible est celle des voiles multicolores qui nous entourent jour et nuit. Couleurs des hamacs qui s’ajoutent et se croisent pour se mouvoir au gré du vent et des corps . On s’attendait à davantage de bruits et d’animation au cours de ces deux fois deux jours. Bien sûr il y a le bar à l étage supérieur et même si on est juste au dessous ce n’est pas gênant . Seul le bruit des moteurs est omniprésent et pour moi, plus que pour Pierre, assez entêtant. Beaucoup de jeunes et de familles mais l’ambiance est posée et respectueuse des voisins.Quelques mots échangés en portugais avec des passagers curieux de notre présence. On pensait trouver d’autres touristes, seul Louis, nouvellement Guyanais, est sur le même bateau que nous jusqu’à Santarem.De Santarem à Manaus nous sommes les seuls et c’est une bonne surprise.

Le charme d’un lieu comme AFUA

Quand elle est comparée à Venise, les similitudes vont s’arrêter aux pieds des pilotis. Ici, pas de canaux, pas de palais des Doges ni de pont des Soupirs . Pas de Carnaval qui attire 80% de Français sous ses masques. Et surtout pas de millions de visiteurs.

AFUA, c’est exactement le contraire: comme il n’y a que vous comme touristes, en tout cas les deux jours où on y était, vous êtes regardés avec sympathie et un peu d’étonnement. Vous vous trouvez dans un monde de pêcheurs, un lieu authentique.

Ici, rien d’exceptionnel à voir, si ce n’est une vie différente du fait de ne pas avoir une seule voiture. A la place, des vélos de toutes sortes et les nôtres, nouveaux spécimen, attiraient les regards et les commentaires. Pas de palais mais des maisons toutes en bois, la plupart peintes et des habitants simples, tranquilles, qui déambulent silencieusement, à pied ou à bicyclette.

AFUA, une île dans une île car pour se rendre dans une autre commune, pas de route. Il faut prendre le bateau. Merci Anonciacion pour ton accueil. Grâce à toi, on a un peu progressé en portugais !