Du Chili à l’Argentine. Art. 30 Les 🚴🏻‍♂️ parlent aux 🚴🏻‍♂️

C’est la deuxième fois qu’on roule en Argentine après être passés une première fois du désert d’Atacama au Chili au nord de l’Argentine, région de Salta.

Quand on arrive de Villa O Higgins, le passage d’un pays à l’autre se déroule en trois temps : la traversée du premier lac, appelé lac O Higgins pour la partie chilienne et lac San Martin côté argentin , des chemins sur 22 km, puis la traversée du second lac, le lac del Desierto.

Il est 7 h à Villa O Higgins. On prépare les vélos à la lueur des lampes. On est 7 cyclistes à prendre le bateau ce matin. L’embarquement a lieu à 7 kilomètres d’ici. On espère que le 7 porte chance 🍀.

Tous les matins du monde.
Derniers coups de pédales avant la traversée des deux lacs.
Paysages vus du lac O Higgins.

A peine débarqués, on se prépare à grimper une belle première côte qui permet de quitter le ponton pour prendre de la hauteur et surplomber le lac jusqu’à la douane chilienne. La piste est en ripio mais assez large pour que les voitures puissent l’emprunter. On sait grâce aux cyclistes rencontrés qui ont déjà vécu ces 22 kilomètres qu’il y a des endroits très difficiles à parcourir avec des vélos. Malgré tout, on ne s’attendait pas à ce que ce soit si dur.

Comme toujours, les paysages sont superbes. Il fait chaud.
Les vélos attendent sagement qu’on passe la douane.

On distingue deux parties dans les sentiers : la première constituée d’un mauvais ripio et de côtes abruptes sur 16 kilomètres qui s’arrête à la frontière.

Pas d’autres solutions que de pousser les vélos, même pour le jeune couple de VTTistes argentins .

On a fait la connaissance de quatre Argentins avec qui on partage le temps du pique-nique, juste avant de passer la frontière.

La seconde, bien pire !!! côté argentin, ne fait que 6 kilomètres mais on mettra entre trois et quatre heures pour en venir à bout. On n’est plus sur de la piste mais sur un sentier forestier très étroit déjà difficile pour de simples randonneurs. Alors avec des vélos….c’est la fête 🥳…

Les difficultés s’accumulent pour les cyclistes : racines souvent hautes comme des marches, rochers par dessus lesquels il faut porter le vélo, troncs d’arbres en travers du chemin, boue autour des nombreux cours d’eau qu’il faut traverser en portant le vélo et parfois en ôtant les sacoches de devant . Le problème constant est l’étroitesse du sentier qui permet rarement d’être sur la selle et qui oblige le cycliste à devenir « pedibiker », piéton à pousser le vélo. Et parfois les côtes sont tellement raides qu’on est obligés de s’y mettre à deux.

On a été plusieurs à s’imaginer être sur un parcours d’entraînement de commandos ! Ma deuxième paire de chaussures n’a pas résisté. La semelle en avait marre d’être dans l’eau et la boue. Elle est partie fâchée.

Il est où le prochain magasin de chaussures?

Pas de consolation côté paysages, on est constamment dans la forêt. Rien à voir. Enfin, au dernier kilomètre, à travers les arbres, une antenne radio ! Et puis, premier aperçu du Fitz Roy, superbe montagne pour laquelle on est venus ! La fin du parcours du combattant, le retour à la civilisation, quel bonheur de rencontrer un douanier, hilare à la vue de mes chaussures mortes ! Personnellement, je referais avec plaisir les 1000 kms de la Carretera mais ces six kilomètres-là, non. Un truc de ouf 😢 !

Oui c’était dur mais ça en valait vraiment la peine ! Premier aperçu du Fitz Roy.

A l’arrivée , quel plaisir de retrouver les deux complices Jean Pascal et Johnny qui ont souffert autant que nous (mais en moins de temps ) , et de découvrir le bord du lac del Desierto où on plantera la tente pour s’endormir face au majestueux Fitzroy .

On plante la tente où on veut.
Mais que fait notre Canadien préféré ?
Ce qu’on devrait faire nous aussi tous les soirs : vérifier l’état de ses roues et de ses rayons !
L’embarcadère pour demain.
Au crépuscule…

CHILI. Art.29 Quelques photos de Villa O Higgins

La « ville » compte 500 habitants, sertie de montagnes enneigées. Elle s’anime de novembre à mai pendant la période la plus chaude ou plutôt la moins froide. Ensuite, la plupart des commerces et hôtels fermés, c’est une autre vie qui prend le relais. Il est bien agréable de déambuler dans ses rues tranquilles et propres et d’admirer ses jolies petites maisons en bois. Une superbe bibliothèque avec un coin pour les enfants que beaucoup de bibliothèques de nos villages français pourraient envier.

Un peu rustico le confessionnal….il y a sûrement des versions plus design aujourd’hui.
L’hostal « El Mosco » pour les deux nuits dans le…satin.
Les vélos des copains, notamment celui d’Arnaud, facilement reconnaissable à sa carriole.
Cyclistes rencontrés régulièrement : Vladimir Arnaud et Simona.
Un beau petit aérodrome.

« Celui qui est pressé en Patagonie perd son temps. »

« Il n’y a pas de mauvais temps en Patagonie, seulement un mauvais équipement. »

Chili. Art. 28 Carretera Austral. Jours 21 et 22.

Jour 21 (19 février) De Yungay vers Villa O Higgins.

Il nous reste 99 kilomètres à parcourir avant la fin de la Carretera située à Villa O Higgins. On prévoit pour la journée une étape de 48 kilomètres avec une cabane localisée sur l’application Ioverlander où on pourra dormir. Maps.me et Ioverlander sont les deux applis qu’on utilise comme la plupart des voyageurs rencontrés.

Passage en bateau d’une heure environ vers Rio Bravo pour reprendre la route. On quitte définitivement le fjord Mitchell qui bordait Yungay. Plus on descend vers la Patagonie australe, plus les paysages deviennent grandioses. On aurait envie de s’arrêter après chaque courbe. Le rio Baker à la couleur turquoise, a poursuivi son cours vers Tortel et c’est maintenant le rio Bravo que nous longerons jusqu’à l’étape finale.

Quand ripio et rio se confondent…

Deuxième journée très difficile à cause du dénivelé dans le ripio toujours présent. On croise d’abord un cycliste américain qui nous confirme la présence de la cabane puis quatre Français qui sont partis de Ushuaïa il y a un mois pour remonter le continent jusqu’en Colombie. Le contraire de notre parcours.

Des cascades par centaines en Patagonie. Parfois à perte de vue, depuis les plus hautes cimes. Somptueux.
Ciel bas et ondée.
Parole (profonde) de Pierre : Ah ! Plus jamais je ne roulerai dans le ripio !

Quand on arrive à la cabane qui doit faire 16 m2, il y a déjà cinq personnes dont les copains Italiens et Autrichiens. Ils en sont à feu de cheminée et guitare. Dur de repartir dans le froid. On va aller voir plus loin. On arrive près d’une ferme qui est sans doute la maison du propriétaire de la cabane en question. Il est 19 h30. Comme il a plu et qu’il y a vaches et chevaux, on slalome à vélo puis à pied entre bouse, crottin et flaques d’eau. De loin, deux hommes occupés avec un troupeau de vaches nous font signe de les rejoindre. Malgré nos efforts pour y parvenir, c’est impossible sans risquer de s’enfoncer dans la boue jusqu’aux chevilles. Il faudrait des bottes.

Le soleil est avec nous le lendemain pour entamer la dernière étape.

Après quelques minutes, ils viennent et nous disent qu’on peut installer notre tente. On a juste un espace entre graviers et crottin mais ça passe…sauf pour une sardine plantée au milieu du crottin. Bon, c’est du bio quand même… Crottin à la sardine, plat régional. Sympa, le plus âgé des deux, Beto, nous tend une bâche pour glisser sous la tente. Quand il nous voit allumer notre réchaud , il nous fait signe d’entrer dans sa maison. On peut manger là. C’est très cocasse car les deux hommes sont assis à deux mètres de nous et nous regardent manger sans parler. Je me concentre pour ne pas avoir un fou rire . On pose quelques questions et ils répondent brièvement en tirant sur la paille de leur mate. La nuit sera bonne sous la tente malgré la fraîcheur extérieure.


Chez nos hôtes.


Le lendemain, quand on se lève pour petit déjeuner, ils nous font signe de venir. Ils nous ont fait des petits pains délicieux encore tout chauds. Très gentils malgré leurs airs bourrus. La conversation est plus étoffée que la veille. On se dit que c’était bien plus enrichissant de passer la nuit ici chez des Chiliens qu’avec les copains dans la cabane. Encore de belles rencontres.

Beto, fier caballero.

Eduardo, son acolyte.

Jour 22 et dernier jour ! Jour J. (20 février)

On est tout excités de démarrer pour ce dernier tronçon de la mythique Carretera Austral. En route pour les 51 derniers kilomètres, sous le soleil et des paysages merveilleux. Pour pimenter le parcours on se la joue kilomètres en départements. Ce qui donne des échanges du type : Tiens, on arrive en Isère (km38). Je ne croyais pas le Finistère si montagneux (km29). On va prendre un bon morceau de fromage (km15) et maintenant boire un petit coup (km 14). Pierre : vivement qu’on soit dans l’Allier ! Et moi: non, carrément dans l’Ain, le bien nommé…

Les paysages sont féeriques.

Le lac Cisnes .

Au niveau des remparts de Carcassonne, on aperçoit un motard arrêté dans l’autre sens et qui nous crie des Bravo ! C’est Miguel, l’Argentin, avec qui on a passé la nuit, qui lui, quitte déjà Villa O’Higgins.

Mais nos âneries ne nous empêchent pas d’admirer jusqu’au dernier kilomètre les montagnes enneigées et le rio Bravo. Jusqu’au dernier kilomètre aussi, la dernière côte. On est excités comme des gamins. Ça sent l’écurie et puis Villa O’ Higgins, ça veut dire aussi une bonne douche chaude avec un bon lit et un petit resto !

Proverbe de la journée : « Après le crottin, le satin. »

Voilà, on a terminé la Carretera Austral ! On a fait 1036 km à vélo sur les 1240 km ( puisqu’on a pris le car pour raisons mécaniques entre Puyuhuapi et Coyahique ) . On est contents … et entiers.

Cette route mérite sa réputation pour la beauté de ses paysages et la rudesse de certaines étapes alors, cyclistes de tous horizons, n’hésitez pas, elle est pour vous !

Chili. Art. 27 Carretera Austral. jours 19 et 20

Jour 19 ( 17 février) Cochrane vers Puerto Yungay.

Au petit déjeuner, on fait la connaissance d’un groupe de Belges fort sympathiques avec qui on parle voyage et vélo. L’un d’eux est venu pour la première fois au Chili dans les années 60. Une partie de sa famille s’y est installée. La bière de Patagonie que Pierre préfère est la Boldec, créée et encore produite par son cousin.

Après divers achats pour être en autonomie quatre jours , on quitte la ville vers 12h30 pour une étape d’ une quarantaine de kilomètres avant de planter la tente dans la nature. Il fait chaud et cela fait longtemps qu’on n’a pas croisé un torrent. On n’a plus beaucoup d’eau. Et la soupe ou les nouilles sans eau, c’est pas facile ! Les deux premières voitures auxquelles je fais signe en montrant ma gourde vide s’arrêtent pour nous donner toute l’eau qui leur reste. Sympas les Chiliens. Soupe et nouilles du soir sauvées !

Belle soirée mais pluie toute la nuit. Pour ne pas avoir froid dans la tente, plusieurs épaisseurs : au premier plan, drap blanc en soie. Duvet violet, duvet orange, sursac gris en pvc.

Jour 20 Forêt / Puerto Yungay. 88 km

Journée la plus difficile de la Carretera.

Malgré une crevaison dès le premier kilomètre pour le vélo de Pierre, elle commençait pourtant bien cette étape! La pluie nocturne avait fait place à un ciel plus dégagé et on pédalait sur des chemins forestiers très agréables. Une route légèrement ondulée se déroulait devant nous. Il a fallu quand même qu’au moment de remplir nos gourdes dans un torrent, je glisse dans l’eau jusqu’aux genoux. Chaussures et bas du pantalon trempés pour deux jours ! Bientôt on rejoint les trois copains cyclistes qui nous vantent les petits pains et le café d’une (rare) gargote sur la droite qu’ils viennent de quitter. À notre tour, on se laisse tenter. Il fait bon dans la petite maison où une jeune fille prépare une pâte devant un grand père taciturne assis dans son fauteuil qui suit des yeux tout ce qui se passe . Une forte dame souriante s’occupe de nous et nous donne des détails sur la suite de notre périple. Elle demande au grand-père s’il n’a pas froid aux pieds. Non, moi si. Il n’a besoin de rien.

Yungay est l’endroit où l’on doit prendre un bateau pour une traversée d’un peu plus d’une heure qui nous mènera à Rio Bravo. On veut prendre celui de 18h, le dernier des trois de la journée. 88 kilomètres de ripio, c’est beaucoup mais on se lance le défi. La dame nous a dit que sinon, il y a un camping à Yungay.

Pour y arriver, on se dit : pas de pique-nique ce midi, pas de pause, pas de photos…et c’est jouable….On y croit, on fonce autant que les graviers nous le permettent . Vers 15h, on s’enfile quand même un paquet de gâteaux car on est mort de faim. Et puis la route qui semblait nous aider à relever le défi en n’offrant qu’un faible dénivelé, se cabre en côtes de plus en plus marquées et soudain, le temps se couvre, les premières gouttes commencent à tomber….On a froid, Pierre a mal à la cheville, reprend un antalgique. On arrive sous des trombes d’eau à un croisement qui indique Tortel à droite 22 kms et Yungay à gauche 21 kms. On sait que Tortel est un village pittoresque, incontournable et très visité mais avec ce temps…les trois cyclistes qu’on a retrouvés abrités sous un abribus vont dormir là-bas. Ils remonteront demain vers Yungay. On décide d’aller directement vers Yungay. Les copains nous montrent les lacets qui montent au-dessus de nos têtes….vers Yungay….c’est pour nous….On attend une accalmie qui ne vient pas. Il faut bien repartir sous la pluie. Il est 16h30, il reste 21 kilomètres sous une pluie battante et des côtes de malades !!! C’est foutu pour le bateau ce soir. On prendra celui de demain à 10 heures. Mais il faut bien dormir quelque part. On se met en route quand même, pas le choix. Que de la forêt des deux côtés de la route!

Sous la cape de pluie et nos chaussures trempées jusqu’à l’os, on grimpe mais on est crevés. Pas les vélos cette fois, nous. On est bien obligés de continuer jusqu’au camping car autour de nous c’est flaque d’eau, tourbe imbibée ou graviers. Impossible d’y poser une tente. On n’arrive plus à monter sur les vélos dans les côtes. Pour la première fois depuis le désert du Lipez en Bolivie, on pousse les vélos. On mettra 3h30 pour faire les 21 kilomètres et la pluie qui ne nous quitte pas 🎵. Pour arriver à un camping qui n’existe pas ! On le sait depuis une heure déjà quand un camion nous croise et s’arrête ( on doit faire pitié tout dégoulinants ) pour nous dire qu’il n’y a Rien à Yungay. Nada. Qu’il n’y a que des montées (oui, on sait), que là- haut, il fait très froid ( il fait déjà très froid) et qu’on va arriver pendant la nuit ! Il est encourageant le mec 🥳… Sauf qu’il ne propose rien à la place…Alors on continue, sous la cape et sous la flotte. On est gelés. De la tête aux pieds. A peine deux kilomètres avant la fin, la route descend enfin ! et on commence à chercher un abri. En entrant à Yungay qui ne compte que peut-être trois ou quatre maisons dispersées, on repère une remise ouverte où du bois est entreposé. On viendra y dormir si on ne trouve pas mieux. On descend jusqu’à l’embarcadère et là, on voit un motard argentin qui nous avait doublé et qui nous félicite ! Nous on a plutôt envie de pleurer 😭 ! Il nous montre une sorte de salle d’attente restée ouverte pour les passagers…Ouf ! On revit. On se réchauffe. Miguel nous offre le mate traditionnel. Il est plus de 20 heures quand on arrive!

Confirmation de ce qu’on savait déjà. C’est Augusto Pinochet qui a créé la Carretera Austral afin de désenclaver le Chili du sud.

Un des hommes de l’équipage qui passe par là nous indique une petite boutique en face qui sera ouverte demain matin. On pourra se ravitailler et prendre le petit-déjeuner 😋 ! Du coup, ce soir, on pioche davantage dans nos provisions…mais la boutique n’ouvrira jamais le lendemain 😩!

On se change, on commence à s’installer pour la nuit dans la salle quand deux couples de Chiliens arrivent en voiture pour y dormir également. Très sympas, ils partageront avec Pierre une bière et un verre de vin chilien. Moi je dors déjà dans un coin de la salle sur un banc, bien emmitouflée dans mes deux duvets, un bonnet sur la tête ( très glamour).

Photo prise le lendemain matin.

Conclusion : Douze heures de vélo sur du ripio, avec des côtes et sous la pluie, c’est beaucoup trop !

Une soirée avec Miguel l’Argentin et les quatre Chiliens, c’était très réconfortant! Quelle journée !

Enfin, le bateau le lendemain à 10 h sur le fjord Mitchell.

Chili. Art. 26 Carretera Austral. Jour 18

Puerto Bertrand / Cochrane. 48 km

Journée difficile dans un mauvais ripio où les côtes succèdent à d’autres côtes. On est tout le temps ébahis par la beauté des paysages.

Oui 👍 on avait compris.

Le soir à La terrasse d’un restaurant, on retrouve trois cyclistes déjà croisés qui font maintenant route ensemble : un Italien, un Argentin, un Chilien. Et notre Italienne, Simona. Deux jeunes Américains croisés aussi plusieurs fois nous rejoignent. On parle des quatre prochains jours : pas de ravitaillement (il faut acheter maintenant), plus de distributeur avant Villa o’Higgins, plus de wifi…

A mi parcours, je casse ma pédale droite ! Heureusement que Pierre en avait une paire d’avance achetée en Bolivie…Ceci dit, la pédale neuve, en plastique, gémit plus que moi quand il faut grimper une côte ! Et grimper, on ne fait que ça ! Elle aime pas le ripio, elle est comme nous. Je suis contente d’arriver à Cochrane avec mes deux pédales. Un atelier nous dira de la changer pour des pédales en métal. Pas fiable la pédale bolivienne en plastique. Le foutu ripio a eu raison aussi de mon pneu arrière : crevaison. 5 contre 3 pour Pierre.

Chili. Art. 25 Carretera Austral. Jours 16 et 17

Jour 16 (vendredi 14 février 💖)

Puerto Rio Tranquilo est une jolie étape sur la Carretera et c’est aussi le point de départ en bateau pour aller voir à quoi ressemblent les sculptures de marbre appelées « Capillas de Mármol ». Même si l’ensemble des falaises de marbre est connu sous le nom de sanctuaire, le lieu n’a rien de religieux. L’érosion de l’eau et du vent a creusé dans ces roches des grottes, des arches, des tunnels dans lesquels on circule en bateau.

Le premier ensemble s’appelle les grottes, le second la cathédrale et le champignon la chapelle.

Certains y vont en kayak, à 35 minutes de l’embarcadère. Une belle balade.

Marbrures tout en jeux de couleurs.
La veille il tombait des cordes. On a eu de la chance.
La photo la plus célèbre du site. La capilla. ( chapelle).

L’après-midi se déroule entre révision des vélos, réparation d’un sac décousu, préparatifs pour les jours suivants et conversations avec d’autres voyageurs.

On ne se lasse pas du lac Général Carrera. Malgré un nom pas très poétique….

Jour 17. Puerto rio Tranquilo / Puerto Bertrand. 67 km

On reprend la route après avoir dit au revoir à Gilles qui monte vers le nord. Étape de 67 km où on longe le superbe rio Baker, turquoise et par moment bouillonnant. Il appartient à la réserve naturelle de Tamango..

Confluence entre le rio Baker et le rio Nef.

Chili. Art. 24 Carretera Austral. Jour 15

Plus on descend cette route mythique, plus on s’exclame régulièrement pour dire : Qu’est-ce que c’est beau ! Pour une fois, la journée débute par de nombreuses descentes avec parfois du ripio relativement lisse, ce qui fait que pour le même nombre de kilomètres que la veille, on mettra deux heures de moins. La dernière heure avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo est la plus difficile car les côtes se multiplient mais la vue panoramique sur le Lago General Carrera est tellement belle qu’on ne peut pas se plaindre. On aura longé ce lac pendant une trentaine de kilomètres. Et on arrivera à l’hostal juste avant la pluie qui ne cessera qu’en fin de nuit.


Le Lago Général Carrera est le plus grand lac du Chili, trois fois le Lac Léman ! Il se prolonge côté argentin et prend le nom de Lago Bueno Aires. Il est le quatrième lac de l’Amérique du Sud. Ses couleurs varient entre bleu profond et turquoise. Magnifico. Et le plus grand d’Amérique du Sud ? C’est le Titicaca ( rappel).

Sur la route, un van nous double puis s’arrête pour engager la conversation sur notre périple. C’est un couple de Français installé au Canada depuis onze ans et qui parcourt l’Amérique du Sud pendant un an avec ses deux filles. On ira les revoir dans le village. Pleins de gentillesse aussi les nombreux signes manifestés par les conducteurs ou passagers des véhicules qui nous croisent tous les jours. Le pouce levé, la main qui décolle du volant pour un petit salut, le bras qui sort de la voiture, les applaudissements, les paroles ou les sourires….encouragements et sympathie sous toutes les formes……et à nouveau, on sait pourquoi on aime le voyage à vélo.

La couleur est incroyable ! Elle nous fait penser au beau lac de St Eynard en Isère, célèbre pour ses passerelles.
Tiens, un cheval tout seul…c’est bien, il roule à droite.

Dans tous les pays traversés, les gens, indigènes ou autres voyageurs, ont une attitude bienveillante vis-à-vis des cyclovoyageurs. Le vélo est à la portée de tous. Pas de compétence particulière, on sait tous pédaler. Alors, il est facile à chacun de se projeter et de se rendre compte de l’effort que cela représente. On explique aussi le consensus autour du vélo par le fait que c’est le moyen de transport le plus simple qui soit, permettant le voyage avec un petit budget, prenant peu de place, traversant les lieux sans bruit, sans pollution, sans prétention. Directement plongé dans le paysage, le cycliste en fait partie intégrante. Comme développé dans l’article du 1er novembre intitulé « voyager oui, mais pourquoi à vélo? », c’est le voyage sensoriel par excellence.

L’une des dernières descentes avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo.

Arrivés à Puerto Tranquilo, on retrouve les copains cyclistes Italiens et Autrichiens qui filent dans la même direction que nous. On fait la connaissance de Gilles, autre Français cycliste très sympathique. sur la route depuis décembre mais qui, lui, se dirige vers le Nord. On espère bien le revoir en France. On partage ce soir la chambre avec une jeune Hongroise, c’est moins cher. Et nous, maintenant, on est heureux de se réfugier dans une petite gargote pour boire un bon thé avec un petit gâteau. Dehors, le déluge… Demain, on passe la journée ici pour aller visiter les fameuses Capillas de Marmol.

Chili. Art. 23 Carretera Austral. Jours 13 et 14

Jour 13

Pensée pétrussienne : Mieux vaut une bonne nuit sans pluie sous la tente qu’une mauvaise nuit sans tente sous la pluie. Une nuit tellement bonne qu’on a ouvert l’œil à presque 8 heures !

On a longé toute la journée le superbe massif du Cerro Castillo haut de 2318 m qui fait partie d’une réserve naturelle. Les sommets souvent déchiquetés, les flancs de montagnes abrupts ressemblant à des murailles parfois couronnées de tourelles nous donnent l’impression de longer des forteresses.

Juste le temps de voir un zorro. Cherchez-le.

Cependant l’animal emblématique du parc n’est pas le renard mais le huemul (prononcer houémoule), cervidé ressemblant à un cerf. Il est aussi appelé güemal et vit dans la cordillère des Andes du Chili et de l’Argentine. Il est en danger d’extinction.

J’avais vu des panneaux incitant les automobilistes à la prudence car de nombreux huemules sont écrasés sur la route. Roulant derrière Pierre, je cherche à le sensibiliser à la cause huemul, même s’ ils ne craignent pas grand chose avec des vélos. Et Pierre, les oreilles pleines de vent me dit : Hein ? quoi ? Pourquoi ils écrasent les moules ? 🙄🤒🤕 😩 Bon, on réessaiera plus tard….la mer doit lui manquer…

Une descente dont on rêve au moins une fois par jour et qu’on a une fois par mois.

Le bonheur des cyclistes.

Le hasard et « maps.me » faisant bien les choses, on s’est arrêtés déjeuner dans une chouette maison rose où une chouette dame nous a régalés d’un chouette plat simple mais délicieux.

On a repris la route jusqu’à Villa Cerro Castillo où on a trouvé un petit hostel abritant d’autres cyclistes : Arnaud, Autrichien, parti de la Colombie et Simona, Italienne voyageant seule qu’on avait déjà croisée à Coyahique.

Jour 14

Il est huit heures du matin. Magnifique lumière sur la montagne vue de la porte de notre hostal. Rappel de la différence entre hôtel et hostal. L’hostal est l’équivalent chez nous de l’auberge de jeunesse. On a donc, la plupart du temps, une cuisine à notre disposition pour se faire à manger.

Direction Puerto rio Tranquilo à 120 km. On prévoit deux jours.

En selle à 8 heures pour affronter les premières côtes une minute plus tard, on s’est retrouvés vite réveillés par l’effort, sous un ciel bleu de courte durée et sur une route toute neuve de courte durée également puisqu’elle nous abandonnera définitivement 10 kilomètres plus loin. Les côtes de la première heure nous ont fait rouler à moins de 6 à l’heure .

La route toute neuve. On pense aux « anciens » qui n’ont connu que le ripio.
Les meilleures choses ont une fin.

On le sait, la Carretera, c’est essentiellement du ripio. Mais, il y a plusieurs sortes de ripio : le ripio sympa formé de tout petits gravillons et puis l’autre, avec des pierres plus grosses, très casse gueule. On ne peut jamais rouler trop vite, 12 à l’heure maximum pour aujourd’hui. Les voitures ne devraient pas oublier que les pneus en cas de freinage n’ont pas d’adhérence sur un tel revêtement. On dépasse d’ailleurs sur la droite une voiture sur le toit qui a basculé dans le fossé. Les secours sont arrivés, on ne sert à rien, on poursuit la route.

Pique-nique au bord d’un lac. A peine vingt minutes, on se caille trop ! Mais bel endroit.

Bah oui, c’est peligro les explosivos ! On se renseigne quand même pour savoir à quelle heure ils font tout sauter, ça peut nous intéresser ! A 14 heures….d’accord, il est 12 h 30, on ne s’attarde pas…C’est drôle de les voir escalader la roche avec des cordes d’alpinistes et de la dynamite 🧨 à la main !

L’après-midi , le ciel menace et on plante la tente vers 16 h au bord d’une rivière avec lupins rose et mauves. On a fait 62 km, le reste est pour demain ! 📖 , 🥘 et 💤 .

Chili. Art. 22 Carretera Austral. jour 12

Jour 12 ( lundi 10 février)

Quand le vélo se déchaîne…

Avant l’ouverture des magasins ce matin, on ne savait pas si on allait pouvoir poursuivre le voyage avec nos vélos à cause de l’adaptateur introuvable. Options envisagées : renvoyer les vélos en France et continuer en bus, ou bien racheter un vélo ici qu’on revendrait en partant.

Le magasin Figon est notre dernière chance et dès 9 heures, on fait le pied de grue même s’il n’ouvre qu’à dix heures. Il n’a pas d’adaptateur mais nous propose un pédalier intégral. Il croit que ça doit fonctionner. Il croit…Nous on espère. Surtout après l’avoir payé ….Comme ce n’est pas lui qui l’installe, il faut maintenant retraverser la ville avec le pédalier flambant neuf Shimano sous le bras.

On retourne voir l’atelier tenu par des jeunes, en plein centre-ville, Villacleta, qui nous ont mis les pignons hier et qui nous disent que ce pédalier peut fonctionner ! On leur laisse le vélo pour mettre le nouveau pédalier et nous, on va prévenir l’ hostel qu’on part . On est contents.

Résumé des soins pour les bobos du vélo: Chaîne neuve avec pignons neufs et pédalier neuf. Pneus arrière changés récemment sur les deux vélos. Garde-boue avant supprimé qui ne faisait que perdre ses écrous.

Apprendre de ses erreurs : ne pas attendre que la chaîne casse pour la changer ! Quand Pierre a changé sur son vélo, chaîne et pédalier à Salta en Argentine, il y a…deux mois, on aurait dû aussi les changer sur le mien !

Mais c’est pô fini ! Début d’après-midi. On décide de quitter Coyhaique pour reprendre la Carretera. Il fait très beau et on a l’impression qu’on a perdu du temps. Première belle côte pour sortir de la ville… J’entends des craquements au niveau du pédalier, ma chaîne est cassée ! A terre !!! Ma chaîne toute neuve !😩😩😩

Heureusement, le magasin Cycles Patagonie est en bas de cette côte et c’est déchaînée – sans chaîne!- que j’arrive au magasin. C’est là qu’elle avait été (mal) posée . Il répare…on repart.

Nous roulons enfin entre de verts pâturages sur un fond de montagnes enneigées, le ciel est bleu, on est bien, heureux de se retrouver sur selle et d’avoir une chaîne qui sait bien se tenir. Le programme est de faire une soixantaine de kilomètres environ car il est déjà 13h30 quand on se met en route. Ce soir, camping sauvage, dans un champ, près d’un cours d’eau, nécessaire pour la cuisine et la toilette. On est d’abord allés demander l’autorisation à la maison d’à côté. No problema.

Pierre à gauche dans la salle de bain.

Chili. Art. 21 Carretera Austral. Jours 9, 10, 11.

Jour 9

Quand on a voulu acheter deux places dans le bus pour rejoindre Coyahique puisque je ne peux plus pédaler que sur un plateau et la moitié des vitesses, il nous restait seulement le bus de nuit, départ prévu à 22h30, arrivée vers 4h30. Ce n’est pas l’heure rêvée pour débarquer d’un bus avec deux vélos à remonter et pas d’hôtel ……on se dit qu’on attendra l’ouverture d’un café, et si le bus a un peu de retard…ça nous arrangerait…

Vues à partir du petit port de Puyuhuapi.

Comme on avait du temps avant le départ en bus, on a fait un tour en bateau de trois heures sur le fjord Puyuhuapi.

Vue sur le glacier Puyuhuapi.

Le car, prévu à 22h30, arrivera à minuit. On s’endort dans le car et vers 1 heure, j’ai l’impression qu’on est à l’arrêt. En ouvrant un œil, je pense « Tiens, on doit laisser passer d’autres véhicules »… En ouvrant le deuxième œil une bonne heure plus tard, j’aperçois le deuxième chauffeur dehors . « Tiens, il doit aider son collègue à faire une manœuvre . » Je finis par m’ébrouer complètement pour me rendre compte que des gens sont descendus du car. Avec Pierre qui s’est réveillé également, on rejoint les autres pour apprendre qu’on est en panne d’embrayage ! Pour une fois qu’on prend le car 😂 ! On apprend qu’on va changer de car mais on ne sait pas quand. On est sur du ripio en pleine nature sur un chemin très étroit, au pied d’une côte. Le car n’a pas aimé. Cette pause nous permettra de faire connaissance avec un jeune couple de Français, Laura et Aurélien, Lyonnais, en route pour un tour du monde. On remonte dans le car sédentarisé et chacun se rendort. Avec Pierre on se dit au début que ça nous arrange car avec le retard, les magasins de vélos seront ouverts quand on arrivera à la ville . Mais c’est pas de notre faute si le car est tombé en panne !

On se réveille régulièrement pour voir l’avancée de la situation. C’est vite fait. Il n’y a pas d’avancée de la situation. Il est maintenant 7 heures du matin ! On a le droit à un (nes) café et du pain avec une rondelle de jambon. C’est l’intention qui compte. On restera plantés comme ça jusqu’à… 11 heures ! Dix heures d’attente, et pas un Chilien qui perdra son sourire, qui montrera un geste d’humeur ou d’impatience. C’est la réflexion qu’on se fait avec Laura et Aurélien : La même situation en France, la moitié du car ferait une mutinerie et au moins l’un des chauffeurs aurait perdu sa chemise ! 👔

Nous, on est moins contents de la panne qu’au début. Si ça continue, on arrivera très tard à Coyahique et les magasins de vélos seront fermés et demain…c’est dimanche !

Jour 10

A 11 heures, on a la joie de transférer nos dix sacoches et vélos dans l’autre car, aidé par le steward, suant à grosses gouttes mais sans jamais se départir de son sourire. Le car est maintenant tracté par un engin de chantier sur quelques kilomètres pour accéder à un endroit plus dégagé où l’autre car nous attend.

Installé dans le nouveau car, Pierre regarde les paysages magnifiques et regrette qu’on ne soit pas sur les vélos à pédaler sous ce grand soleil ! Moi, j’essaie de me rendormir entre lecture sur liseuse et mots croisés. On arrivera vers 15h30, heureux de se dire que les magasins sont encore ouverts. Une température de 26° nous attend, il y avait longtemps. On remonte roue avant, pédales et le guidon retrouve sa position initiale. On peut démarrer en roulant vers les magasins qu’on a programmés sur le GPS. Au passage, on prend un hostel pas cher qui s’appelle « la bicicleta »où on laisse nos sacoches.

Le GPS nous emmène vers une boutique qui n’existe plus… on est contents. On se renseigne et on arrive vers un magasin qui vend des pièces de vélo mais qui ne fait pas les réparations ! Le petit vieux ( notre âge ) nous envoie vers un magasin plus important à l’autre bout de la ville. Ici, beaucoup de monde. Pas de problème pour réparer … mais ils sont en rupture de stocks de chaîne de vélo 😢 et nous renvoie vers un autre magasin qu’on ne trouve pas. J’ai tellement faim que je mangerais un bout de mon guidon en mousse mais les réparations d’abord parce que les boutiques vont fermer! On croise des cyclistes du coin qui nous amènent vers un autre atelier. Le gars, très sympa mais désolé, ne peut rien faire pour nous, il n’a pas les pièces. On retourne chez notre premier petit vieux ( en fait, à bien regarder, il n’a pas 50 ans) chez qui on achète la chaîne qui sera installée dans l’autre grand magasin Cycles Patagonie.. On veut aussi faire changer pignons et plateaux mais ils n’en ont pas. Pierre est optimiste et dit que ça devrait quand même aller. Et bien non. Dès que j’ai un semblant de montée, la chaîne craque et saute tout le temps. Impossible de continuer comme ça. Les magasins ferment. On prévient l’hôtel qu’on restera sûrement une nuit de plus. Demain est un autre jour.

Jour 11.

Le lendemain. Même si c’est dimanche, on y croit. Et, au hasard de nos déambulations vagabondes, je vois des Vététistes qui s’activent autour de leurs vélos. Je leur demande s’ils connaissent un atelier ouvert aujourd’hui. Il y en a un, juste derrière eux ! Villacleta. On tombe sur un gars très sympa qui nous demande de laisser le vélo jusqu’à ce soir. L’espoir renaît 🤞🏽🤞🏽.

18 h30. Déception. Il a bien changé les pignons , il a les plateaux mais il faut un adaptateur pour les poser et l’adaptateur, il n’en a pas ! Peut-être à voir demain, chez Figon. C’est chez notre petit vieux ! Et s’il n’a pas ce foutu adaptateur ??? Se le faire envoyer ? Même pas en rêve….On attend la carte bancaire depuis le 6 janvier qui a été envoyée en urgence alors…..

Demain est un autre jour.🤞🏽🤞🏽🤞🏽