Celle de tous les travailleurs, et de centaines de milliers de moutons, qui sont passés par les entrepôts frigorifiques et abattoirs Bories. Cette ancienne usine est située précisément à 6 kilomètres de Puerto Natales, à Puerto Bories . Ouverte de 1915 à 1971, on y tuait les moutons, on traitait ici la viande, la laine, la peau, la graisse, les os, tout est bon dans le mouton ! La viande était expédiée vers différents pays.
En 1996, le site est classé monument national mais ça ne l’empêche pas de tomber en ruine. Alors un des descendants héritiers, d’origine écossaise, a eu l’idée originale de le transformer en hôtel de luxe sans perdre les traces de son passé faites de suint et de sueur. Et comme on est très curieux, on a voulu aller voir le résultat. Une partie est conservée sous forme de musée et l’autre est l’hôtel où se mêlent objets, meubles du temps passé, machines et luxe actuel.
Pour une réception d’hôtel de luxe, c’est assez surprenant. S’il n’y avait pas eu le mot réception, on doutait d’être au bon endroit. De là, on prend un petit funiculaire pour atteindre l’entrée.Une immense cheminée chauffe le bar et la salle de restaurant. De notre jolie table, vue sur le fjord.
Sur un établi et entre deux balances d’époque, présentation des menus.Des objets (rouillés) exposés dans des vitrines côtoient fauteuils en cuir lustré et verres de cristal.Les écrous d’autrefois tiennent les portes de verre impeccables. ( 🤔 Il faut que je fasse mes vitres en rentrant…). La partie bar.La partie restaurant. On n’a fait que regarder…pas assez cher 😌… Pour y dormir c’est 605 US$ ….🤪 et on ne se ferait même pas de copains ici…On passe par l’hôtel pour atteindre la partie musée. S’ils avaient su…au lieu de regarder bêtement l’objectif….C’est de cette salle que provient l’énergie de ce complexe industriel capable d’éclairer le site, le petit port de l’époque et le village. Les machines fournissaient le froid pour les 12 salles de stockage et les cinq chambres froides capables d’emmagasiner 180 000 carcasses et 850 000 tonnes de produits finis ! C’est l’ammoniaque qui circulait de la salle des machines dans la tuyauterie pour produire du froid dans toutes les salles. Cette salle des machines était le symbole de la révolution industrielle anglaise . Au retour, on croise le mylodon, grandeur nature.
Une magnifique peinture murale d’une centaine de mètres relate la vie, les croyances et les coutumes des Indigènes Tehuelche et Kawesqar…pour faire le lien avec l’article précédent.
Noter le mylodon représenté à droite, sorte de paresseux géant, découvert dans une grotte tout près de cette ville.Rites religieux. Chaque masque symbolise un esprit bienfaisant ou maléfique.Le cheval importé par les Espagnols.On chassait avec des bolas ou boleadoras, masses sphériques fixées au bout de trois liens.Après les huemuls, c’est au tour des nandous (et des nandouilles au féminin !) d’être poursuivis.Plus confortable avec une selle et des éperons.
Puerto Natales est un petit port tranquille qu’on a bien apprécié, capitale de la province Ultima Esperanza, dernier espoir ! nom donné à une époque où le coin était très isolé et sans doute fallait-il une bonne raison pour passer par là . De cet endroit, on a retenu un thème qui, pour nous, représente bien la Patagonie : les peuples indigènes .
D’abord, il ne faut pas oublier qu’avant d’être parcouru par des touristes de tout poil – du trekkeur sachant trekké aux voyages organisés de personnes âgées voguant de lacs en glaciers – différentes ethnies indiennes habitaient la Patagonie. Certaines ont complètement disparu et d’autres sont en voie de disparition. Parler d’eux c’est leur rendre hommage, c’est un peu les faire revivre. On a appris beaucoup de choses en visitant le petit musée historique très intéressant de Puerto Natales.
Un peuple disparu :
On les appelle Aonikenk ou plus souvent Tehuelche. Ils étaient nomades chasseurs sur les terres du Sud. Leur disparition a débuté par un processus d’acculturation provenant des Mapuche, ethnie du centre du Chili puis par les maladies contagieuses importées par les colonisateurs ainsi que des conflits nés autour des élevages de moutons.
Les steppes de Patagonie sont conditionnées par un climat rude, unique sur la planète. Ici prédominent des éléments extrêmes et il est évident que les Tehuelche ont dû s’adapter physiquement avec des corps solides, une taille haute qui pouvait atteindre 1m 80 ! Pas mal pour l’époque. Après la venue des Espagnols au XVIe siècle, des mythes se sont créés sur les « Géants de Patagonie » et les Tehuelche ont été appelés « Patagons » ce qui signifie Grands Pieds. C’est surtout qu’à l’époque, les Espagnols ne mesuraient en moyenne qu’ 1m55…Lève la tête tu vas rayer le plancher.
Une autre source dit également que lorsque les membres de l’équipage de Magellan ont vu en 1520 l’apparence des Indiens, ils leur ont donné le nom d’un personnage célèbre de contes populaires qui s’appelait « Géant Patagon » d’où le nom de Patagonie donné à la région.
Ils s’enveloppaient dans des peaux de bêtes remplacées peu à peu par des tissus aux ornements géométriques très réglementés. Les belles gueules d’Indiens.
Les Selknam, appelés aussi Onas, qui appartiennent au groupe des Tehuelche, étaient comme eux, nomades chasseurs mais vivaient plus au sud sur la Grande Île de la Terre de feu. Leur extinction a commencé dès 1881 quand l’homme blanc est arrivé à la recherche de l’or puis s’est poursuivie avec les actions menées par les fermiers qui avaient installé des clôtures pour leurs troupeaux de moutons.
Au fait, cette région a été appelée Terre de feu, alors qu’il y fait plutôt froid, à cause des innombrables feux que Magellan et son équipage ont vus le long des côtes et sans doute aussi dans les canoës des indigènes.
Deux peuples en voie de disparition :
Les Yaganes, eux, vivaient sur les cours d’eau qui séparent les nombreuses îles du sud du Chili. Nomades maritimes qui étaient le plus au Sud du continent. Actuellement, il ne reste qu’une femme de cette communauté, vivant près de Puerto Williams !
Cristina Calderón, aujourd’hui 91 ans, dernière représentante du peuple Yagan et dépositaire de la langue et de tout l’héritage de ce peuple disparu.
Autre peuple nomade maritime :
Les Kawesqar, appelés aussi Alacalufé, sont arrivés dans cette région de Patagonie il y a 6000 ans environ. En 1880, un missionnaire en dénombrait 3000. À la fin du XIX e siècle, de nombreux bateaux arrivèrent, anglais et américains. À partir de cette époque, les Kawesqar commencèrent à contracter des maladies qui les firent peu à peu disparaître.
Les Espagnols considéraient les « Patagons » comme des sauvages ayant besoin d’étudier. À partir de 1871, les Indigènes furent exhibés dans des villes européennes, pratique qui ne disparaitra que début du XXe siècle. Des scientifiques et des commerçants gagnaient de l’argent de cette façon. Les voyages duraient entre quatre et six mois pendant lesquels ils tombaient malades et mouraient.A la fin du XIXe siècle, des missionnaires salésiens obtinrent une concession sur l’île Dawson, afin de les évangéliser, mais aussi de protéger et de soigner les Indiens de la région.
Ainsi commença l’évolution d’une vie nomade à une vie plus sédentaire , lâchant des traditions ancestrales comme les habitudes vestimentaires. Ils portaient des capes courtes faites en peau de phoque, d’otaries, de huemul. Ils avaient aussi un pagne autour de la taille pour couvrir les parties génitales. Pendant les cérémonies, les femmes portaient des bracelets et les hommes des coiffures en plumes d’albatros ou de fourrure.
La fourrure et la graisse de phoque les protégeaient de la pluie et du froid, mais Brigitte Bardot n’était pas contente ! Il faut dire qu’il fait un peu plus plus chaud à la Madrague qu’en Patagonie ! Progressivement, ils se sont habillés à l’occidentale. C’est vrai que le jean déchiré, c’est plus classe.La famille Kawesqar. Les femmes comme les hommes avaient un rôle bien défini. La femme était chargée de ramasser les fruits de mer, de plumer les oiseaux, de tanner les peaux pour la confection de vêtements, de prendre soin des enfants. Les hommes devaient savoir construire leur canoë et les pagaies, fabriquer leurs outils et armes de pêche. Le canoë était essentiel pour leur survie car c’était leur principal lieu de vie. Pas la balade du dimanche après-midi. Apprendre les techniques pour construire le canoë était vital. Le jeune ne pouvait se marier tant qu’il ne maîtrisait pas ces savoir-faire.
Traditionnellement, le bateau était en bois mais à partir du milieu du XIXe siècle, d’autres techniques ont été introduites, notamment par les contacts qu’il y a eu avec les charpentiers venus de l’île de Chiloé . Leurs outils étaient en fer, les Kawesqar ont donc utilisé du fer dans leurs constructions à partir de ce moment-là pour rendre les bateaux plus résistants.
Dormir 😴
Pour se protéger du froid, les Kawesqar descendaient de leurs embarcations et cherchaient une plage à l’abri du vent où ils pourraient construire un refuge. Ils recouvraient les structures de bois avec des peaux de phoque et les fixations étaient faites avec les tendons des baleines. Recyclage…
Le feu 🔥
Il servait, en plus de la chaleur, à fabriquer des outils, à sécher des roseaux utilisés pour la confection de paniers et il servait à communiquer. Les Indiens faisaient des nuages de fumée qui pouvaient être vus à de longues distances et indiquaient leur position géographique…..l’ancêtre de Maps.me……Cela permettait de faire venir les copains en cas de besoin : accident ou baleine trouvée. La baleine, excellente raison de se réunir, pas seulement pour partager la nourriture mais aussi pour récupérer les os avec lesquels on ferait d’autres outils.
Leur organisation sociale
Ils mettaient en commun les produits de la mer : lions de mer, otaries, oiseaux, poissons et coquillages, et voyageaient constamment à la recherche de nourriture. Ils se déplaçaient généralement en petits groupes composés de une ou deux familles qui étaient indépendantes l’une de l’autre, il n’y avait pas une autorité commune mais chaque chef de famille décidait de ce qu’il fallait faire et où aller.
Les funérailles
Après la mort d’un Kawesqar, on jetait au feu tous ses biens, outils et ustensiles considérés comme propriété individuelle. Les membres de la famille déménageaient pour s’éloigner du lieu d’inhumation à cause de leur méfiance naturelle et de leur peur. Les enfants refusaient de nommer le mort. En signe de deuil, on se rasait la tête. Ces deux derniers points sont aussi vrais aujourd’hui en Guyane chez les Wayanas. Une petite synthèse des peuples indigènes.
Mais pourquoi est-on venus en Patagonie?
Plusieurs raisons.
Dans différents coins d’ Europe, à la fin du XIXe siècle, des conflits ethniques, culturels, religieux et politiques auxquels on va ajouter des difficultés économiques, vont faire que des populations vont percevoir l’Amérique comme un territoire de liberté offrant de vastes espaces de terres où tout est possible. C’était avant la chanson de Joe Dassin…🎵🎵. La Terre promise….l’Eldorado….
À partir de 1892, la colonisation se fait en trois temps pour la région de Ultima Esperanza :
En premier, moins de 10 colons d’origine allemande.
Puis 30 colons de plus jusqu’à 1900, Allemands et Anglais.
Et à partir de 1901, les premiers Espagnols, Français, Uruguayens et les habitants de l’île de Chiloé, venus travailler à Puerto Natales dans ce village qui se développait et qui avait besoin de main d’œuvre.
Les conséquences.
Les colons vont travailler, développer des fermes d’élevages de moutons, clôturer les espaces qui appartenaient aux populations indigènes et surtout qui étaient des « propriétés » collectives ! Les Tehuelche, habitués à chasser le guanaco, vont chasser les moutons appelés les guanacos blancs par ces peuples qui vivaient entre Chili et Argentine.
Les colons vont aussi installer des mines de charbon . Les conflits se sont multipliés entre colons et indigènes accusés de voler les stocks de vivres. Les colons vont embaucher des tueurs professionnels pour éliminer les Indiens et le gouvernement argentin versera des primes pour toute oreille coupée ou organe prouvant la mort d’un Indien.
Et on connaît la fin de l’histoire…
En 1900, il y avait 1000 Kawesqar. En 1924, il en restait 250.
Quelques Kawesqar habitent encore sur l’île Wellington au Chili.
L’une des dernières descendantes.
Cet article pour qu’on ne les oublie pas complètement.Pierre pédale avec deux nandous sur le bord de la route.
Une journée en bateau sur le fjord Ultima Esperanza pour admirer deux superbes glaciers dans la région de Puerto Natales: les glaciers Serrano et Balmaceda. Ils sont précisément situés au sud du parc O’Higgins, départ de Puerto Natales.
Avant l’arrivée aux glaciers, on aperçoit une colonie de cormorans, cormorans qui sont ici noirs et blancs. Et puis ce sont des lions de mer qui se prélassent sous un soleil pas très chaud.Des icebergs dérivent… …offrant des œuvres éphémères….
Très vite, quand on arrive au Chili, on entend parler du Parc des Torres del Paine – fondé en 1959 quand même – et de ses treks à ne pas rater. Torres del Paine signifie Tours bleu ciel. Le mot Paine vient de la langue Mapuche. C’est Le site réputé pour être l’un des plus beaux d’Amérique du Sud avec des steppes, des montagnes, des lacs et des glaciers. Alors le randonneur a le choix: Le trek de trois ou quatre jours en forme de W….le trek de neuf jours en forme de O….
Si on fait le trek avec une agence tout inclus, c’est très cher et Pierre qui a toujours sa tendinite n’est pas sûr du tout de tenir plusieurs jours de marche d’affilée.
Si on le fait en autonomie, il faut tout porter, organiser, planifier les réservations de camping à l’intérieur du parc des semaines avant si on veut avoir des places et pour nous, cyclistes au long cours, c’est un peu compliqué de savoir deux ou trois mois avant quel jour on va être devant l’entrée du Parc ! Même les hôtels, hors de prix ( entre 200 et 300 US$ 🥳 ) sont pris d’assaut. Alors, depuis des semaines, après avoir tenté de se connecter sur les sites de réservations pour tomber parfois sur des dates déjà prises, on a lâché l’affaire et on s’est dit : on verra sur place ! On ne se prend plus la tête avec ce foutu parc !
On fera un trek à la journée pour aller voir de près les vedettes du Parc, les trois tours de granit, ce qui permettra à Pierre de se reposer le lendemain. On débute la randonnée dans des paysages de steppe avec les montagnes en arrière plan, puis on traverse des forêts qui laissent peu à peu la place au monde minéral qui domine l’ensemble.
Au gré de l’ascension…De nombreux torrents à franchir. On peut également faire la rando à cheval. Et encore de l’eau, de l’eau de là-haut 🎵.Et puis roches et pierriers occupent le terrain au-dessus de la végétation. Apparition des Torres.C’est ensuite la découverte de l’énorme roche formant un socle aux Torres qui les met en valeur. Plus on avance, plus les Torres serties de blanc sont imposantes et majestueuses. Les lignes blanches verticales sont autant de torrents qui s’écoulent du glacier.Et le lac, dans lequel se reflètent les Torres, réhausse la beauté du lieu.Merci Vanessa pour la photo !Les chevaux rentrent à l’écurie…nous aussi…😴😴
C’est dans un bateau comme celui-ci qu’on passera la journée à se familiariser avec les glaciers Upsala, l’un des plus grands de l’hémisphère Sud, Spegazzini, notre préféré, Heim et Peineta.
Iceberg à la dérive. Le Spegazzini..Heim qui pleure toutes les larmes de son glacier suspendu.Upsala. On ne s’aperçoit pas qu’il est le plus grand du parc national ! De loin, Pierre voyait une autoroute…🤓Arc-en-ciel dans un ciel tourmenté.
Le Parc National des Glaciers, créé en 1937 et classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1981 regroupe 48 glaciers majeurs ! Et il y en a d’autres…. Alors forcément, il faut faire des choix et plutôt commencer par aller admirer l’un des plus beaux, le Périto Moreno.
D’abord de loin, cette immense langue bleue et blanche qui marque la fin d’une calotte glaciaire de 16000 km2, le Campo del Hielo, le champ de glace.
Le Périto Moreno mesure 14 kilomètres de long et 4 kilomètres de large. La hauteur du front de glace varie entre 40 et 70 m. La glace se forme à 2000 m d’altitude puis descend sur les reliefs. Ce qui est sympa, c’est qu’on a rarement l’occasion de voir un glacier d’aussi près à une altitude aussi basse, dans un paysage forestier. Dans les pays du Nord, il faut grimper au moins à 3000 m pour mériter ça.
Des passerelles permettent de le contempler sous des angles différents.
Couleur blanche des glaciers : Elle est due aux nombreuses bulles d’air emprisonnées dans la glace qui réfléchissent totalement la lumière.
Couleur bleue: À cause de la pression, les vieux glaciers perdent leurs bulles (pas la boule) , une partie de la lumière seulement est alors réfléchie, en particulier les longueurs d’ondes bleues. CQFD 😌
Le Périto Moreno est un des glaciers les plus vivants du monde ! Si si. Il avance parfois de 2 m par jour et touche la péninsule Magellan face à lui. Il bloque alors la rivière en créant un barrage qui, sous la pression de l’eau, va finir par s’éroder et former une arche. Mais l’eau et la pression du glacier finissent par briser l’arche ! 😩 C’est ce qu’on appelle une rupture …qui fait grand bruit ! Elle a lieu tous les quatre ans environ. L’eau s’écoule en permanence sous la glace et ça l’aide à avancer.
Ce qui est surprenant aussi, c’est le bruit qu’il fait. Non seulement il bouge mais en plus il cause ! Il grince, il craque, il gronde et c’est drôle parce que dans ces moments-là, tout le monde se précipite pour voir peut-être un morceau qui se détache. On en a vu plusieurs. Plus ou moins gros. Malgré cela, le glacier n’a pas perdu sa taille depuis des siècles.
Mais au fait qui était ce Périto Moreno ? Périto est un surnom, «l’expert».
Son prénom est Francesco. Naturaliste et explorateur, il est considéré comme un héros en Argentine. Son amour de la nature l’a fait voyager à travers le pays et découvrir des sites comme le lac Argentino en Patagonie. Il a parcouru 15000 kms à cheval et à pied ( même pas à vélo 🤨) , a fait plus 1200 kms sur les fleuves. Ses connaissances ont permis d’affiner les frontières du pays. C’est grâce à lui que le premier Parc National est né.
Retour à El Chalten le temps de vous raconter une belle rencontre.
On entre dans la grande salle du Ranche Grande qui va être notre auberge de jeunesse pour quelques nuits. Mes yeux se posent sur une femme brune que je reconnais tout de suite. On ne s’est jamais parlé mais je suis sûre que c’est elle. Elle vient de Guyane. Saint Laurent du Maroni. Elle a assisté comme nous à une conférence un jeudi soir dans l’enceinte du camp de la transportation. Elle était assise pas loin de nous. Je m’adresse à elle. Bingo ! C’est bien elle ! Elle débarque elle aussi dans l’hostal et dès que chacun s’est installé, on fait plus ample connaissance. Mais le pompon c’est qu’ Isabelle habite aussi..en Isère, à Pontcharra ! et que comme moi, elle était instit et qu’elle vient de prendre sa retraite. On a un an d’écart.
Isabelle devant la Laguna Torre.
C’est avec beaucoup de plaisir qu’on randonnera ensemble les deux jours passés à El Chalten et qu’on passera en revue Guyane, Isère, enfants, école, voyages et bicyclette, car Isabelle et son mari ( qui travaille) sont des sportifs et cyclistes aguerris !
Nos chemins se séparent, pour un temps seulement, car c’est sous d’autres cieux qu’on se retrouvera pour poursuivre nos conversations et raconter la fin du voyage de chacun !
Un autre trek à partir de El Chalten nous permet de découvrir nos premiers bébés icebergs à la Laguna Torre.Au revoir El Chalten.
On the Road… Calafate est le coin des Glaciers alors on y va.
On a mis deux jours pour faire les 214 kilomètres entre les deux villes. Beaucoup de joie le premier jour avec le vent dans le dos qui nous a permis d’avaler une cinquantaine de kilomètres en très peu de temps et de rouler 104 kms. Nuit au camping la Leona où on sera seuls.
Ah oui tiens ! On n’avait pas pensé qu’on était aussi près des Malouines. Une pensée pour mme Thatcher.
On n’est plus dans les forêts, dans le vert de la frontière. On fait maintenant dans le sec, l’aride, l’immense, le ras. Pas la Pampa qui est une autre région d’Argentine plus riche et plus verte. Ici c’est la steppa.
Ce sont les clôtures, à perte de vue, qui poussent le plus haut. Elles ne retiennent pas les guanacos qu’on voit sauter par dessus. Au XIXe siècle, l’état a encouragé l’implantation de colons pour peupler la région et stabiliser les frontières. Un colon qui s’installait devenait propriétaire des terres exploitées au bout de trente ans. Le seul élevage rentable, c’était le mouton. Les colons ont donc très rapidement mis en place des clôtures afin de bien délimiter leur terrain. Aujourd’hui, plus beaucoup de moutons mais les clôtures sont toujours là. On ne tond plus le mouton mais le touriste ! Bien plus rentable 🤑🤑.
Seuls les chardons apportent des touches de couleurs.Le vent oui….mais le palmier ? Pas le moindre arbre! Trop de vent.Les guanacos sont un peu plus gros que les vigognes. Même famille que les alpagas et les lamas.Ils sautent tous les uns après les autres.
Le lendemain, 78 kms entre montées, plat et vents variables. On est sur la célèbre Ruta 40.
Ce n’est pas nous qui avons enlevé la patte du R ! Puta de nationale !
Cette route se termine en forme de T et là, pour aller à Calafate, il faut tourner à droite 👉. Et la droite, c’est l’enfer du cycliste. 32 kms de vent complètement de face ! Il est 15 h quand on démarre ce dernier tronçon et on arrivera à 20 h complètement épuisés!!! 5 heures pour faire 32 kms… Quelle performance ! Heureusement que Pierre était là, je me serais couchée sur le bord de la route. Jean Pascal, le copain canadien, nous aperçoit dans Calafate. Il est arrivé la veille avec d’autres copains. Ces 32 kilomètres ont été durs pour tout le monde ! Malgré tout, les paysages revivent à l’approche de Calafate, eau turquoise et l’immense lac Argentino.
Et ce ciel incroyable en fin de journée ! Il faut voir la nuit, le ciel de Patagonie. Des étoiles très brillantes, par milliards, qui semblent à portée de main. Un soir à El Calafate…
Demain, on partira à la découverte de quelques glaciers !
Montagne qui se situe dans la province de Santa Cruz, à la frontière de L’Argentine et du Chili, elle mesure 3375 m sur les panneaux du parc mais atteint 3405 m sur Wikipedia….Pas très grave. Elle est connue aussi sous le nom de El Chalten, qui signifie dans la langue des Tehuelche « la montagne qui fume » car les Indiens prenaient les nuages qui sont souvent accrochés à son sommet pour de la fumée. Les premiers explorateurs également pensaient que le Fitz Roy était un volcan. Mais non.
Mais avant, sur le sentier qui mène au Fitz Roy…. Le huemul existe. On l’a rencontré. Après les premières heures en forêt, les grands espaces. Le trek dure entre 8 et 9 h de marche. Le Fitz Roy se mérite. Les dernières heures sont raides.
Le Fitz Roy est évoqué dans la mythologie des Tehuelche. On raconte que le demi-Dieu, Elal, a été déposé à son sommet par un cygne avant de descendre vers le peuple Tehuelche pour le guider et l’éduquer.
Pourquoi l’appeler Fitz Roy ?
Fitz Roy est le nom d’un scientifique navigateur explorateur qui menait une expédition en 1834 sur le bateau « le Beagle » avec à son bord un certain Darwin . Ses découvertes ont fait avancer la météorologie. En remontant le rio Santa Cruz sur 300 kms pour chercher à atteindre le lac Viedma, sans succès pour raisons techniques, il a sûrement aperçu le El Chalten qui portera son nom près de quarante ans plus tard mais il ne l’a jamais gravi. Navigateur, pas andiniste.
C’est au cours de l’expédition suivante, en 1877, que l’explorateur Francesco Moreno donnera le nom de Fitz Roy à la montagne El Chalten afin de lui rendre hommage.
C’est seulement en 1952 que deux alpinistes français ont réussi l’ascension de ce sommet, Lionel Terray et Guido Magnone. Respect Messieurs.
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Le Fitz Roy fait partie aujourd’hui des symboles de l’Argentine.
Des voyageurs du monde entier arrivent au village de El Chalten, plus jeune village d’Argentine, fondé en 1985 seulement, pour poser le sac et partir en balade à la journée ou en trek de plusieurs jours dans le parc national des Glaciers. De la simple rando à l’ascension des sommets en passant par la marche sur les glaciers, chacun y trouve ce qu’il cherchait. Le parc recèle la plus grande concentration de glaciers du monde et c’est magnifique.