Article 9. Paysages

Isère, Loire, Haute-Loire, Lozère, Aveyron…Faire le chemin, c’est traverser des paysages variés : champs cultivés de céréales ou de colza, au départ, des forêts de résineux, beaucoup de sapins et épicéas, puis quelques forêts de chênes et de hêtres, les pommiers en fleurs de la vallée du Rhône, les 1300 m du col du Tracol, les magnifiques monts du Pilât, après le Puy, les contreforts du plateau de Margeride où les champs sont bordés de frênes. Ces arbres constituent un excellent fourrage pour les animaux. A la fin de l’été, les agriculteurs émondent les arbres et jettent les branches aux vaches et aux moutons qui se régalent des feuilles et de l’écorce.

Les tourbières…

Et puis il y a l’Aubrac…..la prochaine fois !

Article 4. Nos premiers 200 kms

Aujourd’hui, jeudi 14 avril, on joue les touristes au Puy en Velay où on est arrivés hier soir après une dernière étape de presque….35 kms. Le guide nous en annonçait quelques-uns de moins mais on était pressés d’arriver au point de départ de la Voie la plus ancienne du Chemin de Saint Jacques, la Podiensis. Au relais St Jacques, accueil pour pèlerins qui est notre hébergement pour deux nuits, on rencontre plus de personnes que pendant toute notre première semaine. La plupart n’ont pas encore fait le premier pas. Pieds tout neufs. On dit souvent que c’est le chemin qui fait le pèlerin. C’est sûrement vrai. C’est aussi le chemin qui fait l’ampoule.

Quand je dis qu’on fait les touristes au Puy, soyons honnêtes. Même si cette journée de visite n’avait pas été prévue, nos pieds nous imposaient du repos et quelques réparations.

On ne sait plus où poser la rustine! On a déjà terminé la première boîte de double peau. Il va falloir investir. Pierre a réparti ses douleurs de façon équitable sous ses deux pieds, quant à moi, on dirait que mon pied droit est resté à la maison devant la télé pendant que le pied gauche se faisait tout seul les 49 heures de marche et les 215 kms de cette première semaine.

La plante de ce pied, recouverte de double peau, exige davantage d’attention. C’est ainsi qu’hier soir, on nous a conseillé d’aller au centre médical pour soins immédiats. Après avoir enlevé les pansements, l’infirmier a fait de jolis découpages et posé les premières bandelettes…pour repartir d’un pied (presque) neuf…Il va falloir réduire les distances et alléger le sac si possible, si on ne veut pas poursuivre à cloche pied. Et dire que certains marcheurs ignorent ce qu’est une ampoule… ils ne connaissent pas leur bonheur…

Passons à des sujets plus intéressants.

Photos de Clonas à St Julien de Moulin Molette

On traverse le Rhône et on quitte l’Isère pour découvrir le département de la Loire.

Magnifique vue sur le Rhône.
De nombreux pommiers en fleurs.

Découverte de Chavanay.

Un superbe trompe l’œil pour cyclistes et randonneurs.

Un jeune est très content de nous indiquer la direction de La Chapelle du calvaire. Ça grimpe ! ajoute t-il.

Très jolie chapelle avec à droite des pèlerins et à gauche les Pénitents Blancs. On aime moins les seconds, au look repris par les KKK mais c’est cette confrérie qui a édifié cette chapelle au XVIII e siècle.
C’est fou comme de loin, l’œil et le cerveau recréent le Christ en croix alors qu’il s’agit seulement d’une branche ou d’une racine.
Côtes du Rhône.
La montée des anges en quittant St Julien Molin Molette. Oui c’est par là…
Notre nuit en mobil home quasi offerte par le maire de St Sauveur en Rue.
Massif du Pilât

Le Chemin. On commence à marcher vers 8h30, 9h et on fait des étapes d’environ 25 km par jour. Chemins de pierres, ceux qui sont durs sous le pied et chemins de terre et d’herbe, agréables sous la semelle.

Gîte de Montfaucon où nous étions tout seuls. Le cafetier du coin, trop content de tailler une bavette, nous a offert des morilles.

Certaines journées, on traverse des villages dont beaucoup de maisons sont restaurées mais on ne croise personne. Sur l’étape qui nous a menés à Montfaucon, deux vttistes et deux promeneurs en 7 heures de marche.

Nos chemins préférés.
Bivouac à l’entrée d’Araules à environ 26 km de Montfaucon.
Et la belle surprise le lendemain matin sur la place du village.
Installation du sèche linge pour chaussettes encore humides.

Mais pourquoi la fameuse coquille ?

Sur le Chemin, on la retrouve sous des formes variées: En autocollant, sculptée, gravée, peinte, humoristique, une vraie fixée à un tronc d’arbre ou sur un mur. Elle est devenue le symbole du long périple des pèlerins jusqu’au corps de St Jacques en Espagne qui la fixaient à leurs capes, au bourdon ou à leurs chapeaux comme étant la preuve qu’ils étaient bien allés jusqu’en Galice où les coquilles se ramassaient sur les plages. Car le pèlerinage ne s’arrête pas à Compostelle mais jusqu’au Cap Finisterre une centaine de kilomètres plus loin.

1624 km…..je ne sais pas si finalement c’est encourageant….
Les lavoirs….une pensée pour toutes les Gervaise du monde…
Les monts du Pilat.

Les sucs, nom donné aux sommets volcaniques du massif du Pilât et de la région du Velay.

Les sucs faisant partie du massif du Meygal.

Prochain article : le Puy en Velay.

Article 2. Les premiers pas

Ça y est. La porte est fermée. Trois jours de marche. Trois jours qui ne se ressemblent pas. Nos pas nous ont menés sur des routes goudronnées, des sentiers boisés et des chemins rocailleux. Le ciel nuageux s’est bien tenu toute la première journée et a même laissé place à quelques rayons de soleil . On a parcouru 30 km. On était contents….Mais parle à nos pieds. Eux le sont beaucoup moins. Surtout le gauche. Peut-être trop de kilomètres pour un premier jour ? On verra par la suite. Rien n’est décidé à l’avance. Rien n’est réservé. Le premier compeed est de sortie.

La route est jalonnée de calvaires au pied desquels les pèlerins ou le simple promeneur déposent un galet, comme on le fait en montagne sur les cairns.

Quand on peut éviter les grosses pierres….
Des traces de neige de plus en plus rares.
La Frette vue de l’Eglise de Saint Ours.
Les fontaines, confidentes du pèlerin fatigué ou assoiffé… Ou les deux.

On terminera demain le récit car trop fatigués pour continuer !

Article 1 Nos débuts sur la Vélodyssée

Après avoir été ligotés derrière la voiture, oppressés dans un wagon, accrochés dans un autre, nos vélos ont enfin retrouvé avec plaisir depuis hier jeudi leur fonction principale : rouler. Merci à notre chauffeur Joël de nous avoir déposés à bon « port » à la Gare de Lyon pour commencer l’aventure !

Ayant une nuit à passer sur Rennes avant de prendre le troisième train qui nous menait à Morlaix,on a choisi d’être hébergés chez Margot et Barthélémy via le site warmshowers pour une soirée très chaleureuse et conviviale. Merci encore pour leur accueil.
Pas de doute, on est bien en Bretagne !
Au loin le fort du Taureau et l’île Calot.
Avant d’entamer notre itinéraire vers Carhaix, on est d’abord remontés vers la très belle baie de Morlaix.
Et puis on est tombés sur ce panneau :

C’était bien la peine de traverser la France pour retrouver ces statues connues de tous les Isérois et de bien d’autres…
Marie en larmes …
…et Marie qui s’adresse aux deux bergers Mélanie et Maximin.

Morlaix – Carhaix

Cette première étape était entièrement dans la forêt . Sentiers agréables plutôt plats bordés de chênes et de hêtres qui nous ont protégés de quelques gouttes de pluie. Nous avons aussi croisé des fougères et des Irlandais qui pédalaient vers Roscoff, et quelques autres rares cyclistes.

Pierre savourant sa première bière BZH.

Nuit en camping sous la tente et sous la pluie. Tarif : 9 €.

Pour cette première journée, on a roulé 68 km environ.

Étape Morlaix -Carhaix : 48 km et une vingtaine aller/ retour vers la baie de Morlaix.

Table des matières du voyage en Amérique du Sud

Départ de Guyane: Aloïké

BRÉSIL

Macapa

L’île de Marajo

Le charme d’un lieu comme AFUA.

Au fil de l’eau : de MACAPA à MANAUS

Un dimanche à Manaus

Sur le fleuve de MANAUS à TABATINGA / Leticia

L’heure de bravitude

COLOMBIE

Bogota

Villa de Leyva, Barichara

Guané

Santa Marta, Ciudad Perdida, Tayrona Park, Péninsule de Guajira

La casa de Nelly

Quelques vues de Guajira

Carthagène …. des Indes

Medellin la ville tentaculaire

Colombie, notre vie quotidienne

Guatapé, le village des Zocalos

Parc National de Los Nevados

Hommes de Colombie

Notre 21 juin. Popayan

Popayan, ville blanche et joyau colonial

Les Misak dans le village de Sylvia

San Augustin ou les étranges statuettes

Désert de la Tatacoa

DE LA COLOMBIE A L’ÉQUATEUR

Les aléas du voyage vers la frontière équatorienne

EQUATEUR

Puyo

Beauté des Andes

Une journée particulière

Le Parc du Cotopaxi

On a quitté Quito

Envies d’odeurs Océanes

Otavalo

La lagune de Quicocha

Les Otavaleños

Communauté indigène et volontariat

LES GALÁPAGOS

Passeport en…volé

Le volcan Chimborazo

Les dangers à vélo

Il était une fois le Panama

Cuenca à 2500 m d’altitude

De Cuenca à la frontière péruvienne

Equat’heures…à la frontière

On the road again.

PÉROU

L’Equateur : ce qu’on a beaucoup aimé

Les belles rencontres

Le MACHU PICCHU du Nord du Pérou : KUELAP

Du désert aux rizières

Paysages désertiques…encore

Recette pour une momie parfaite chez les CHACHAPOYAS

Maisons andines péruviennes

De TRUJILLO vers la CORDILLÈRE BLANCHE

Dernière ligne droite vers la Cordillère Blanche

Retour vers le passé : la civilisation CHIMU

Le Trek de SANTA CRUZ

Couleurs de femmes : sur le marché de YUNGAY

Le taxi et la chanson française

Le MACHU PICCHU avant le MACHU PICCHU

Le trek qui nous a menés au MACHU PICCHU

Notre MACHU PICCHU

CUSCO ou la capitale Inca

Les Peuples Précolombiens. CUSCO.

Nos petits malheurs

Les Missionnaires serviteurs des pauvres du Tiers-monde

Pour les cyclos : De Cusco au LAC TITICACA

Le LAC TITICACA

Voyager oui mais pourquoi à vélo ?

Clin d’œil sur COPACABANA

BOLIVIE

De Copacabana à LA PAZ (BOLIVIE), capitale la plus haute du monde !

La Coca : toute une histoire

Bolivie, LA PAZ sa capitale

Bolivie, le site de Tiwanaku

Le blues des shoes

Pour les cyclos, de La Paz vers Oruro

ORURO, ville de l’Altiplano sur la route du Sud

Voyageurs : Faut-il venir en Bolivie en ce moment ?

Pourquoi vient on en Bolivie ?

De Oruro au salar d’Uyuni

SALAR d’UYUNI, on l’a traversé !

Pour les cyclos Bolivie : LE SUD LIPEZ

CHILI

C’est le Nord !

ARGENTINE

Paysages argentins sur la route de Salta

Impressions d’Argentine

SALTA, la belle ville coloniale du Nord de l’Argentine

De Salta à CAFAYATE

Parc National de l’ACONCAGUA

MENDOZA, dernière ville fréquentée en Argentine

CHILI

SANTIAGO

Le Chili d’autrefois

Un Noël à PÂQUES

L’ÎLE DE PÂQUES RAPA NUI

L’île de Pâques : les MOAÏ

Île de PÂQUES : expériences utiles

VALPARAISO

Un Français au Chili

CHILI : ce qu’il ne faut pas faire

Chili : Région des lacs vers le Sud

Chili. Région des grands lacs. Toujours…

Ascension du volcan VILLARRICA

Chili. La CARRETERA AUSTRAL Le mythe

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 1 et 2

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 3 et 4

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 5 et 6

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 7 et 8

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 9 10 et 11

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 12

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 13 et 14

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 15

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 16 et 17

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 18

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 19 et 20

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 21 et 22

Quelques photos de VILLA OHIGGINS

ARGENTINE

Le FITZ ROY

Argentine : de El CHALTEN à CALAFATE

Une rencontre improbable

Argentine. Le glacier PERITO MORENO

Argentine. Quelques autres glaciers.

CHILI

Le Parc des TORRES DEL PAINE

Chili. Glaciers

Chili. PUERTO NATALES et la Mémoire.

Chili. Puerto Natales

Chili. Puerto Natales ( fin). Des abattoirs…à l’hôtel de luxe.

Chili. DE PUERTO NATALES à PUNTA ARENAS

Chili. PUNTA ARENAS. Manchots et Magellan

Chili. LA TIERRA DEL FUEGO

Argentine. Velotootriste

France Art. 45 Fin de velogoodtrip

A l’heure qu’il est, on est confortablement installés sur notre canapé entre deux séances de ménage et de rangement. Quatre avions nous ont ramenés jusqu’à Charavines .

D’abord le pickup qui devait nous emmener à l’aéroport de Rio Grande n’est jamais arrivé. Ça commençait bien ! Heureusement on a trouvé deux taxis qui ont mis les vélos dans leur coffre, mais ça dépassait de beaucoup et on a été très heureux de les retrouver entiers à l’arrivée…

Premier avion jusqu’à Buenos Aires, en première classe, malgré nous. A l’arrivée, changement d’aéroport en bus, pas très pratique avec nos vélos. A l’aéroport international, c’est le bordel ! De moins en moins de vols pour l’Europe, de plus en plus de touristes virés de leur hôtel. L’aéroport devient le plus grand hôtel de Buenos Aires . On passera une nuit par terre auprès d’un autre couple de cyclistes français. Pour trouver un vol, il faut avoir les billets jusqu’en France, sinon on risque d’ être mis en quarantaine dans un pays de transit.

Vue des Pyrénées.

Enfin, on a les billets jusqu’à Paris….mais on est lâché par notre carte bancaire! Dépassement de plafond. Tu m’étonnes, au prix des billets…🤑🤑🤑 La banque étant fermée en France, on est obligés de laisser tomber.

Quelques heures plus tard, après avoir réussi à joindre une banquière qui a remonté notre plafond (on savait déjà qu’on était bas de plafond! ) et notre moral, on a pu remonter dans un avion direction Sao Paulo, puis Madrid et enfin Paris….Paris qu’on n’atteindra jamais, le vol Madrid Paris ayant été annulé, mais on a accepté de prendre un vol Madrid Lyon, ce qui nous arrangeait bien !

On est arrivés vendredi soir à Charavines, après avoir pris un taxi (vélos all inclusive) .

Même si les événements nous ont obligés à terminer l’aventure un peu plus tôt que prévu, on est ravis de ce long périple en Amérique du Sud. Nous avons remonté l’Amazone, traversé des forêts, des plaines fertiles, d’autres arides, grimpé des montagnes à pied et à vélo. Sur nos vélos, sous le soleil, sous la pluie, la grêle, la neige, dans le froid, sur des routes, des pistes, des sentiers, dans la boue, sur le sable, sur le sel, On a pédalé, on a poussé les vélos, on les a portés pour passer des rivières. On a traversé des villes et des villages magnifiques, des banlieues sordides. On a visité des musées splendides, des sites archéologiques incroyables. Partout on a rencontré la gentillesse, les sourires, la bienveillance, la patience, très peu de gens désagréables.

Ce voyage nous a transformés physiquement, nous avons perdu quelques kilos, nous avons pris du muscle, nous avons bronzé, il y a toutes ces rencontres, toutes ces discussions avec des gens du pays, avec d’autres cyclos de tous les pays et surtout, nous avons beaucoup appris. Appris qu’on peut vivre avec peu de choses, qu’à chaque problème il y a une solution, que presque tous nos gros soucis sont dérisoires, qu’il existe d’autres façons de voir le monde et que même si on ne comprend pas, on doit admettre qu’on n’a pas forcément raison, il ne s’agit pas de renoncer à nos opinions, mais de les mettre en perspective.

Bon, on a fait une petite synthèse des Bobos des vélos.

Vélo de Pierre.

4 crevaisons.

Une selle cassée.

Changement de pédalier.

Chaîne cassée.

Béquille cassée.

Pédale cassée.

Suppression des garde-boue .

Vélo de Mireille (Biky)

6 crevaisons.

Chaîne cassée.

Changement de pédalier.

Perte d’un cale-pied.

Pédale cassée.

Perte des vis du porte bagages.

Merci à tous ceux qui ont suivi notre (modeste) aventure, en espérant vous avoir envoyé un peu de rêve cette année.

Comme il était écrit dans la casa de ciclistas de Juliaca :

La seule chaîne qui donne la liberté est la chaîne de vélos.

Courage à tous face au coronavirus !

Art. 44 Velotootriste. Plus d’Ushuaïa…aïe…aïe

On est très tristes, à 220 kilomètres du but , de renoncer à la dernière ligne droite mais la police et l’aéroport nous ont dit que Ushuaïa était fermé à cause du coronavirus. Qu’il faut prendre un vol pour Buenos Aires de Rio Grande, la ville où on est actuellement.

On ne pouvait pas acheter de billets aujourd’hui mais on sera à l’aéroport demain à 6 h avec un pickup pour nous y emmener car les vélos sont emballés….nous nettement moins ! On espère ne pas être mis en quarantaine à Buenos Aires et avoir un avion pour la France rapidement. C’est apparemment de plus en plus compliqué.

L’aventure se termine à 9000 kms de vélo qu’on dépassait à Ushuaïa mais on continuera à vous donner des nouvelles jusqu’à notre départ pour la France.

Velotootriste

Art. 43 La Tierra del Fuego. Les 🚴🏻‍♂️ parlent aux 🚴🏻‍♂️

De Punta Arenas un bateau vous fait traverser le détroit de Magellan en deux heures pour rejoindre l’île principale de la Terre de Feu.

Vous voilà à Porvenir où l’impression de bout du monde se fait déjà ressentir. De nombreux petits hôtels permettent d’y passer la nuit pour attaquer, en pleine forme, le lendemain, les 127 kilomètres jusqu’à San Sebastian si c’est l’itinéraire que vous avez choisi. La première journée n’est que du ripio mais c’est ce qu’on appelle le ripio sympa, sans les grosses pierres mais avec beaucoup de gravillons.

Toutes les côtes se font le matin, l’après-midi on ne roule que sur du plat.

Une journée magnifique avec soleil et ciel bleu. Le détroit de Magellan que nous avons longé toute la journée était aussi bleu que le ciel. Les nombreux guanacos, méfiants mais curieux, émettent un drôle de cri à notre approche, sans doute un cri d’avertissement. Si l’un d’entre eux est isolé, il se hâte de rejoindre son groupe en courant ou en sautant une clôture, le groupe alors s’éloigne d’une vingtaine de mètres et tous s’arrêtent pour nous regarder passer.

Guanaco en plein vol.

Des oiseaux, petits rapaces, cygnes à tête noire, oies, goélands et d’autres dont on ignore le nom, sont présents sur le bord de la route. Vaches et moutons paissent en paix. Le soir, un renard rôdera près du refuge. Pas de nandous à l’horizon pour aujourd’hui ni d’autres cyclistes, sauf un Japonais, parti avant nous, dont on avait fait la connaissance sur le bateau . Il vient d’Alaska!

On s’est arrêtés après 72 kms dans un refuge municipal au milieu de rien mais devant un bosquet d’une dizaine d’arbres, les seuls de la journée ! Le refuge est gratuit et mis à la disposition des gens fatigués ou des touristes, comme écrit sur la porte. La pièce du bas, très claire et agréable, dispose d’une table et de deux bancs. Une petite mezzanine en haut d’un échelle permet de poser deux sacs de couchage mais on peut imaginer une troisième personne dormir sur le banc en bas. N’étant que deux, on a pu aussi rentrer les vélos. Un bel endroit pour passer la nuit. Des toilettes, sommaires…et odorantes 😷, jouxtent la pièce principale.

On a de la chance de trouver l’endroit vide. une voiture s’arrêtera durant la nuit mais voyant le lieu occupé, elle repartira.

Le lendemain, samedi 14 mars, départ vers 8h15 avec l’intention de faire un crochet de dix kilomètres vers le seul hôtel du coin (très cher) Caleta Josefina, repéré sur Ioverlander pour nous ravitailler en eau et se payer un bon petit déjeuner copieux et délicieux d’après les commentaires de l’application. Quelle déception ! Alors qu’on arrive sur le parking à 9h50, et qu’on entre dans le hall à 9h55, le patron nous dit que c’est trop tard. Ils ne servent que jusqu’à 10h ! Rien ne le fera changer d’avis, même si on lui dit qu’on a fait un écart de dix kms pour venir jusque-là ( ce qui est vrai), qu’on n’a plus rien à manger (ce qui n’est pas tout à fait vrai) et qu’il sait que le prochain resto est à 45 kms, ce qui n’est pas rien à vélo. Il remplira quand même nos gourdes qu’il nous rendra sans un mot d’au revoir ou de bon voyage. On a finalement sorti notre petit déjeuner de nos sacoches quelques kilomètres plus loin, qu’on a mangé à l’abri du vent.

En route vers la frontière du Chili vers l’Argentine.

Cyclistes, vous avez deux routes possibles pour rejoindre Ushuaïa : soit la Y-85, celle qui passe devant le fameux hôtel pas sympa puis 10 kms plus au sud, permet de visiter le parc des manchots royaux. Cet itinéraire passe par le village de Cameron, à 150 kms environ de Porvenir (50 kms à partir du carrefour situé 18 kms après le refuge) et rejoint la N3 d’Argentine au sud de Rio Grande. La fin des deux parcours, pour les 213 derniers kilomètres, est commune.

Ou bien l’autre option, celle qu’on a choisie, qui conduit vers le Paso San Sebastian, puis 93 kilomètres plus loin à Rio Grande, une petite centaine de kilomètres jusqu’à Tolhuin (où un boulanger adorable accueille les cyclistes pour la nuit) avant d’effectuer les 100 Ultimas kilomètres avant Ushuaïa.

Arrivés à San Sebastian, on s’est installés dans le seul hôtel du hameau, le bien nommé « la Frontera » puisque demain, pour la cinquième fois mais pas au même « paso », on franchira la frontière Chili/ Argentine.

Ambiance Arizona Dream…….sans sa musique sublime 🎵
Pierre roule vers son destin argentin.
Je dis à Pierre : Tiens, les vaches sont noires à tête blanche et les cygnes sont blancs à tête noire ! Et Pierre de répondre : c’est pour qu’on ne les confonde pas ! C’est très amusant…

Pourquoi a t-on choisi l’option San Sebastian?

Sur cet itinéraire, on aura roulé sur 128 kilomètres de ripio.

Sur l’autre itinéraire, les cyclistes auront roulé sur 217 km de ripio.

Première fois qu’on voit écrit Ushuaïa sur un panneau . On est dans la bonne direction. Rassurant.
Le prochain voyage, on le fera peut-être comme ça !

Chili. Art. 42 Punta Arenas. Manchots et Magellan

Départ vers l’île Magdalena.

De Punta Arenas, on est allés voir les manchots de Magellan de très près, sur l’île Magdalena, située dans le détroit de Magellan . Les 150 000 manchots restent ici d’octobre à fin mars puis ils émigrent vers des terres plus chaudes au Brésil, en Argentine et en Uruguay. Ils migrent en nageant…on voit rarement un manchot passer dans le ciel !

Ils reviennent chaque année dans le même terrier avec le même conjoint. Cette espèce de manchots vit jusqu’à 25 ou 30 ans et aura un ou deux petits par an durant une vingtaine d’années ! Ils mesurent entre 60 et 70 centimètres. Ils se nourrissent de petits poissons, de sardines notamment mais ils ne vont pas faire les courses ensemble. Ils vont quand même pêcher deux fois par jour : si madame va à la pêche le matin, monsieur ira l’après-midi et vice-versa. L’autre garde la maison. Une famille organisée.

On distingue le manchot de Magellan à son double collier.
Ce sont davantage des terriers que des nids.
Conciliabules entre voisins.

Le phare est le premier à avoir été construit, il date de 1902. Au temps de la marine à voile, l’île servait de refuge en cas de mauvais temps.

On a eu beaucoup de chance avec le temps, le lendemain, il tombait des cordes !

Sur l’île Marta, des lions de mer regardaient notre bateau avec une belle indifférence…

Au retour, dans le sillage du bateau, des dauphins s’amusent.

Après le détroit qui porte son nom, les manchots qui portent son nom, voilà l’homme.

Il regarde le détroit qui porte son nom.

À six kilomètres de Punta Arenas, on est allés à l’abordage de bateaux célèbres ( copies) dont la vedette est le Victoria, premier navire de l’expédition de Magellan à avoir bouclé un tour du monde en 1522. Partis à cinq navires et 260 hommes, ils rentrèrent trois ans plus tard avec un seul navire et dix-huit hommes. Ça c’était des aventuriers ! Magellan, lui, n’a pas terminé le tour du monde, il a été tué aux Philippines par des Indigènes.

Deux autres navires attirent notre attention : l’Ancud qui a transporté les premiers travailleurs venus de l’île de Chiloé, et le célèbre Beagle dont Fitz Roy fut le commandant lors de l’expédition de Darwin.

Et puis notre hôtel s’appelait le Victoria , nom du bateau vainqueur. On a bien aimé les objets rappelant l’Histoire pour rester dans l’ambiance…

Et l’ancre qui fait contrepoids quand on ouvre la porte.

Chili. Art. 41 De Puerto Natales à Punta Arenas

Province de Magellan
On a dormi dans cette maison abandonnée connue des cyclistes. On est avec Simona. Un couple de Suisses qui arrivera à la tombée de la nuit ira dormir dans un autre endroit couvert.
Rustico….mais on est à l’abri du vent.
De bons coups de crayons laissés par des cyclistes passés avant nous .
Ciel du matin aux premiers tours de pédales.

240 kilomètres séparent les deux villes. On mettra trois jours et demi à cause du vent souvent contraire (et contrariant) mais cela nous a permis de découvrir des endroits imprévus, notamment le village appelé « Villa Tehuelche » même s’il n’y a plus l’ombre d’un Tehuelche depuis au moins une quarantaine d’années.

Un joli petit hostel où on est descendus tous les trois.

Petit poêle dans la salle de bain, original. Pendant que la dame est scotchée devant sa télé, les clients peuvent utiliser sa cuisine. Un couple de cyclistes espagnols nous a rejoints. On mange ensemble dans la salle à manger de la dame et on se dit que c’est pas mal pour une dame âgée qui vit seule. Cela lui donne de la vie dans sa maison, des conversations, du mouvement et des pesos !

Tous les poêles qu’on a vus sont sur le même modèle.

On ne croisera pas une seule personne dans les rues, tu m’étonnes ! Avec le vent qu’il y a…, et la dame de notre hostal nous dit que non… aujourd’hui ça souffle un petit peu. Ah ? Bah on a de la chance alors… Comme dans les moindres villages chiliens, de belles écoles et de belles bibliothèques avec un bibliobus garé à côté.

Bah oui c’est flou…prenez des photos quand il y a du vent ! Ce sont des flamants roses 🦩.
Ça souffle un peu.
La bibliothèque pour un village de 400 habitants.

Une fois pédalés nos 79 kilomètres , on aurait pu faire les 23 kilomètres restants pour arriver le soir à Punta Arenas mais le vent latéral était de plus en plus fort et même si les voitures faisaient un écart quand elles doublaient l’un des trois vélos (on roulait avec Simona) , on trouvait que ça devenait dangereux et on a décidé de s’arrêter camper au bord du détroit de Magellan, dans un endroit prévu à cet effet.

Et le lendemain…