Sur le fleuve de Manaus à Tabatinga / Leticia

Cela fait sept jours qu’on a quitté Manaus .

On devait arriver hier mercredi, ensuite il a été question de ce matin mais aux dernières nouvelles, ce sera plutôt cet après-midi. Pour nous qui avons du temps, ce n’est pas un souci mais ça le devient quand vous avez prévu un billet d’avion pour rejoindre Bogota rapidement ! C’est le cas de Carmen, jeune femme espagnole très sympa, qui a dû hier, lors d’une rare escale, trouver un autre bateau plus rapide pour sauver son billet d’avion et bien sûr le payer à prix d’or.

Ambiance détendue et échanges sympas mais limités ! à cause de notre espagnol encore débutant. Mais on progresse ! On fait la connaissance de Cubains qui ne veulent plus de Cuba et d’une famille de Vénézuéliens qui ne veut plus du Venezuela. Le couple est adorable, le petit garçon aussi. Le bébé est un peu malade. Ils partent au Pérou chez le frère du papa. C’est la première fois qu’ils vont au Pérou. Le père m’explique qu’on ne peut absolument rien dire dans son pays. Deux de ses amis sont déjà en prison. Ils espèrent revenir au Venezuela quand le climat politique sera apaisé.

Des enfants qui font partie du voyage…avec autorisation des parents bien sûr.🙂

Un dimanche à Manaus

On se serait crus débarquer dans un film un peu glauque, une fois quittés le port en ce début d’après-midi, pour se retrouver à pédaler dans des rues silencieuses, sans voitures, avec pour seuls habitants, ceux qui n’ont pas de toit. C’est dimanche, on profite de la maison quand on en a une, ou bien on est partis en voiture vers la plage de Punta Negra toute proche.

Le centre-ville appartient aux pauvres jusqu’à demain quand l’activité de la grande ville reprendra son cours normal. Pour l’heure, ils sont assis sur des bancs, ou allongés par terre, très maigres, habillés de rien, certains parlent un peu entre eux, nous regardent passer sur nos vélos chargés comme deux aliens. Pas d’agressivité dans leur regard mais une grande fatigue.

Quand on en parlera à Jairo, un Brésilien qui parle l’anglais, il nous dira que depuis quelques années, la ville s’appauvrit . L’immigration des Haïtiens puis maintenant celle des Vénézuéliens. C’est souvent eux qui sont les vendeurs aux coins des rues de bouteilles d’eau ou de médicaments…Beaucoup d’effervescence les autres jours.

Grandeur et décadence de bâtiments datant de l’époque coloniale portugaise ou plus récente. Manaus a connu son heure de gloire à la fin du XIXe grâce à l’exploitation du caoutchouc. …jusqu’à ce qu’un petit malin emporte quelques graines d’hévéas en faisant croire que c’était un cadeau pour la reine dAngleterre! En fait, il fit pousser ses graines en Malaisie ….et ce fut le début de la fin pour Manaus en ce ce qui concerne le caoutchouc.🙁

Manaus c’est aussi une ville dans la jungle…de tours, de magasins qui vendent tous la même chose dans la même rue. Une rue entière pour les lunettes, une autre pour les téléphones, pour les instruments de musique. Marrant et surprenant.La concurrence n’est pas loin!

Quartier moderne vers la Punta Negra .

On peut complètement oublier qu’on est au cœur de l’Amazonie! Il faut choisir de s’éloigner de la ville pour retrouver avec bonheur un village amérindien Tuyuka,la forêt avec ses singes , le Rio negro avec ses dauphins roses. L’archipel des Anavilhanas à Une heure en bateau de Manaus est un havre de paix.

De Macapa à Manaus…suite

Les cyclistes pour l’instant se font rares!

Voilà le type de maisons qu’on aperçoit régulièrement le long du fleuve. Parfois simples cabanes, et très isolées pendant la saison des pluies. Quand on s’approche des habitations, des barques viennent parfois s’attacher au bateau pour récupérer ou déposer du fret. Le passage du bateau est aussi pour les plus démunis, l’occasion de venir demander quelque chose à manger ou à boire.

On croise quelques navires mais franchement, pas grand chose, pour l’immense fleuve qu’est lAmazone. On double une barge de zébus qui, ils ne le savent pas encore – ou peut-être qu’ils ont déjà compris- font leur dernier voyage. Heu…on n’espère que ce n’est pas notre cas😥

Les parties de dominos se suivent et se ressemblent. Il y a sûrement des subtilités à ce jeu qui nous échappent pour l’instant.

Petits vendeurs à chaque escale. On peut acheter des fruits, des sandwichs,du fromage, des chargeurs de téléphone.

Les eaux marron chargées de sédiments sont celles de lAmazone et les eaux sombres mais pures sont celles de l’affluent le Rio Negro. Cela me rappelait les nappes de pétrole de l’Erika qui touchaient nos côtes il y a quelques années mais là, heureusement, ce n’est pas ça.

Au fil de l’eau de Macapa à Manaus

Terminées les pirogues du Maroni qui semblaient à peine effleurer l’onde. On est dans du lourd et on n’est pas tout seuls. La beauté première à laquelle on est sensible est celle des voiles multicolores qui nous entourent jour et nuit. Couleurs des hamacs qui s’ajoutent et se croisent pour se mouvoir au gré du vent et des corps . On s’attendait à davantage de bruits et d’animation au cours de ces deux fois deux jours. Bien sûr il y a le bar à l étage supérieur et même si on est juste au dessous ce n’est pas gênant . Seul le bruit des moteurs est omniprésent et pour moi, plus que pour Pierre, assez entêtant. Beaucoup de jeunes et de familles mais l’ambiance est posée et respectueuse des voisins.Quelques mots échangés en portugais avec des passagers curieux de notre présence. On pensait trouver d’autres touristes, seul Louis, nouvellement Guyanais, est sur le même bateau que nous jusqu’à Santarem.De Santarem à Manaus nous sommes les seuls et c’est une bonne surprise.

Le charme d’un lieu comme AFUA

Quand elle est comparée à Venise, les similitudes vont s’arrêter aux pieds des pilotis. Ici, pas de canaux, pas de palais des Doges ni de pont des Soupirs . Pas de Carnaval qui attire 80% de Français sous ses masques. Et surtout pas de millions de visiteurs.

AFUA, c’est exactement le contraire: comme il n’y a que vous comme touristes, en tout cas les deux jours où on y était, vous êtes regardés avec sympathie et un peu d’étonnement. Vous vous trouvez dans un monde de pêcheurs, un lieu authentique.

Ici, rien d’exceptionnel à voir, si ce n’est une vie différente du fait de ne pas avoir une seule voiture. A la place, des vélos de toutes sortes et les nôtres, nouveaux spécimen, attiraient les regards et les commentaires. Pas de palais mais des maisons toutes en bois, la plupart peintes et des habitants simples, tranquilles, qui déambulent silencieusement, à pied ou à bicyclette.

AFUA, une île dans une île car pour se rendre dans une autre commune, pas de route. Il faut prendre le bateau. Merci Anonciacion pour ton accueil. Grâce à toi, on a un peu progressé en portugais !

Brésil :les débuts

Et nous qui avions peur d’un trafic intense sur ce pont! Rien que nos deux vélos en ce début d’après-midi. Ce pont nous fait passer la frontière de la Guyane française au Brésil. On peut dire qu’il est encore tout neuf, ouvert au public le 20 mars 2017 après cinq années de travaux. Il est très peu fréquenté par les Brésiliens qui doivent payer une taxe pour le franchir parce qu’il n’y a pas d’assurance voiture obligatoire au Brésil. Bon, on peut toujours passer en bateau, c’est ce qu’on avait fait la première fois qu’on était venus à Oiapoque, première ville frontalière côté Brésil.

L’île de Marajo

C’est l’île entourée d’eau douce la plus grande du monde située dans un delta.

Et comme on adore les îles et les bateaux, c’était tentant.

On a donc embarqué cette nuit à 2 heures du matin, heure de la marée oblige, pour une traversée de 4 heures. Les hamacs brésiliens étaient déjà bien tous les uns contre les autres quand on est montés à bord avec nos vélos. On avait donc trouvé un coin de table tranquille pour poser nos sacoches et nos têtes dessus quand l’un des membres du personnel nous a conduits vers sa cabine pour qu’on soit plus à l’aise. Une heure avant, un autre nous avait serré chaleureusement la main quand on avait dit qu’on était français puis nous avait proposé de surveiller nos sacoches afin qu’on fasse le tour du bateau tous les deux…Gentillesse des Brésiliens.

AFUA

C’est l’une des communes situées sur Marajo. Elle est surnommée la Venise de l’Amazone Parce qu’elle est entièrement construite sur pilotis. Les maisons en bois sont souvent peintes aux couleurs du drapeau du Brésil, couleurs de la Guyane également, et on n’y circule qu’à vélo. C’était donc normal qu’on passe par là ! Il faudrait quand même penser à rallonger les pilotis car après la marée et une bonne pluie, on s’est retrouvés avec de l’eau sur le sol de la chambre. Les vélos ont maintenant de l’eau jusqu’aux moyeux.

Qu’est-ce qui ce qui fait comprendre que c’est habituel ou pas ?

C’est quand le proprio n’interrompt même pas sa partie de cartes pour vous le dire!

Macapa et le Jura

Laurent fait partie des premières belles rencontres du Brésil, même s’il vient du Jura!

Son Café – Bistrot situé à Macapa est vraiment très sympa et il ne cuisine qu’avec des produits naturels. Si vous passez par là, ne ratez pas ses brochettes de crevettes et sa limonade maison. Bon, on est d’accord, on est venus faire connaissance, entre autres, avec la cuisine brésilienne, mais on a encore bien le temps et puis nos tours de pédales nous ont conduits naturellement chez Laurent alors….

Question : Pourquoi avons-nous les bras et les jambes écartés?