Paysages désertiques…encore

On voulait quitter notre hôtel de Pacasmayo une heure plus tôt que la veille pour éviter au maximum de rouler après 16 heures car le vent est encore plus fort. Et notre Maps.me nous annonce quand même …110 km au menu du jour.

On n’a pas pu faire ce qu’on avait prévu car la porte de l’hôtel sur l’extérieur était bouclée ! On a appelé, sonné. Rien à faire. Le personnel était sur le trottoir et ne pouvait pas rentrer. On se disait que le gérant vu la veille devait avoir eu une urgence ou peut être qu’il avait succombé à une crise cardiaque… Non, il a oublié de se réveiller.🤨 Bon, il s’est excusé mille fois et on est parti avec une heure de retard après un bon petit déjeuner.

On s’est fait la matin un parcours de 50 km environ avec beaucoup de vent mais sans croiser un seul village. Nada!

Pour le deuxième jour, seulement une ligne droite entourée de sable, de déchets et parfois de dunes mais toujours du vent! Rien à quoi accrocher le regard, la pensée. Alors je fais des travaux dans ma tête. Quand on va rentrer, il faut repeindre la cuisine et puis ce meuble dans le salon, je le virerais bien dans une autre pièce. Il faut repenser notre bureau, sinon ça me rappellera trop les heures de boulot…. Et puis penser permet d’oublier le mal au cul. Bah oui, quand même, malgré la selle super confortable et nos shorts couche culotte, notre derrière n’est pas assez tanné pour ne rien sentir…

Après 50 km, en arrivant dans un village, Pierre m’a dit un truc que je n’ai pas compris. On roule toujours l’un derrière l’autre et avec le vent, il faut se rapprocher pour comprendre quand on se parle. Et Pierre me répète : Oh regarde ! Un champ d’asperges ! Oui Pierre…n’hésite pas à me dire quand tu vois un truc super…C’est vous dire que quand on s’extasie devant un champ d’asperges, c’est qu’on n’a pas grand chose d’autre à se mettre sous la 🦷…

Dans ce village il y a des petits restos. Réapprovisionnement en eau. Pierre boit peu (c’est un chameau), je bois comme un trou .

La deuxième partie de la journée est plus distrayante. On aperçoit des tuks tuks, ici on dit motocars mais on a gardé le mot asiatique qui est plus rapide à dire. Les plus récents sont électriques, tant mieux !

C’est signe qu’un village n’est pas loin. Ils ne font jamais de longues distances, le moteur tomberait par terre… A l’approche du village, on est entouré de champs de canne à sucre, de maïs 🌽 . Un peu moins de vent, on roule plus vite, pas le temps de prendre une photo.

Il existe des casas ciclistas qui accueillent les cyclistes dans les pays sud-américains. Il n’y en a pas partout mais on sait qu’il y en a une à Trujillo, ville infernale pour les cyclistes . Un couple de Français à vélo nous en avait donné la liste. On n’est encore jamais allés. Pas de chance hier soir. L’adresse donnée sur la liste n’existe plus. Il faut se rendre à une nouvelle adresse. On y va et là, personne ne répond à nos appels. Un petit peu fatigués par nos 9 heures de vélo dans les pattes, on s’est trouvé une bonne chambre d’hôtel pas loin. On reviendra voir la Casa ciclista demain matin.

Contrairement à la Colombie et à l’Equateur, on n’a jamais vu, pour le moment au Pérou, un panneau concernant les vélos. Juste histoire de rappeler aux voitures et camions que les cyclistes ont aussi des droits sur la route… Pour l’instant, on a un peu de mal avec le Pérou, même si des conducteurs ( en dehors des villes) nous encouragent parfois avec des gestes de sympathie ou même un  » bon voyage  » en français dans le texte ! J’ai le drapeau derrière mon vélo…

Du désert aux rizières

Il est 5 heures 30 du matin mercredi 18 septembre. Derniers regards sur Chachapoya, fondée par les Espagnols.

On n’était pas sûr d’y arriver mais on a réussi à atteindre la ville qu’on s’était fixée pour y dormir ce soir. Pacasmayo . Sur 109 km, il y a eu…109 km de vent ! La majeure partie de la journée, c’était désert et déchets des deux côtés de la route.

Toute la journée, ces paysages nous évoquaient des westerns où le beau cow-boy mal rasé descend de son cheval pour pousser la porte d’un saloon. Des villages laids et blancs de poussière qui ont poussé au milieu de rien .

Et puis le paysage s’est embelli grâce aux rizières. La ville de Guadalupe est appelée Capitale du riz.

Et ce soir, on retrouve le littoral. Pacasmayo est connu pour les sports nautiques. Pour nous, c’est juste une étape d’un soir sur la route de Trujillo.

Le Macchu Picchu du Nord du Pérou : Kuelap

C’est le royaume des Chachapoyas, souvent traduit par « guerriers des nuages  » ce qui, pour notre guide, est une mauvaise traduction car c’était avant tout un peuple pacifique et religieux qui, sur la fin de sa période, n’a fait que se défendre contre les Incas. On traduira donc Chachapoyas par « Peuple des nuages ». C’est aussi le nom de la ville où on est restés quatre jours pour visiter les vestiges de la culture Chachapoyana. Si si, ça se dit…

Bon, comment est-on arrivé là ? On a quitté la côte venteuse- on a laissé nos montures et sacoches dans un hôtel à Chiclayo – pour s’enfoncer en bus de nuit ( 12h) chez les Chachapoyas, dans les montagnes andines péruviennes et découvrir cette région encore peu fréquentée si on la compare au sud du pays qu’on ne connaît pas encore.

Le lieu principal s’appelle Kuelap, situé à plus de 3000m, qui signifie Ville haute en langue Aymara. On surnomme Kuelap le Macchu Picchu du nord de par l’importance géographique, économique et culturelle de son site. C’est le plus grand ensemble archéologique du continent américain. Il mesure 7 hectares et est entouré par une muraille de pierres qui atteint 20 m de haut. Aujourd’hui ce sont des ruines mais avec une visite guidée, on s’y retrouve quand même ! Le problème qu’on rencontre souvent est le manque de précision des dates . En une semaine on a vu un superbe musée à Lambayeque sur la culture mochica, puis on est passé chez Les Chachapoyas en entendant évoquer l’empire Huari !

Kuelap était un centre politique et religieux où vivaient 3000 personnes. Il a été occupé de l’an 500 à 1570. Comme dans les châteaux forts chez nous, l’élite se trouvait dans la partie haute de la ville et le peuple dans la basse-cour. On a retrouvé la trace de 400 maisons, sortes de huttes en pierres coiffées d’un toit de paille très haut et pentu. Il y avait un système de filtrage de l’eau à l’extérieur de la maison . Certaines maisons rectangulaires datent de la période Inca. Les Incas qui étaient les envahisseurs, ont eu beaucoup de mal à les soumettre. Les Chachapoyas ont d’ailleurs bien accueilli l’arrivée des Espagnols en pensant qu’ils seraient leurs alliés contre les Incas !

Voilà la muraille qui a une forme ondulante. D’après le guide, cette forme lui a permis de bien résister au vent.

L’intérieur d’une maison.

Certains murs de maisons sont décorés de formes géométriques qui symbolisent des yeux. Yeux des condors, pumas et serpents.

Ce monument rond sans porte est un temple où les gens montaient pour y déposer leurs offrandes : coquillages, pierres précieuses ou…ossements humains ☠️. En fait on ne voit que le haut d’une sorte d’ énorme bouteille enterrée.

Les Chachapoyas étaient décrits par les Espagnols comme étant grands et à la peau claire comparés aux autres peuples andins. Deux siècles après l’arrivée des Espagnols, le peuple Chachapoyana avait quasiment disparu, décimé par la grippe et la pauvreté.

Seule représentation de visage humain sur le site .

Les belles rencontres

Dans nos hébergements ou sur une belle place de village, nous faisons la connaissance de nouvelles personnes. Habitants du pays, étudiants venus faire leur stage de fin d’études, voyageurs ou voyageuses solitaires, voyageurs en couples ayant pris une année sabbatique ou plus, parents venus voir leur enfant au cours de cette année……On espère très sincèrement revoir la plupart d’entre eux quand nous serons rentrés au pays!

Et puis il y a des profils atypiques comme Hiromu.

Avant de le rencontrer à Cuenca dans notre auberge de jeunesse, on avait remarqué son vélo. Tiens tiens, un autre voyageur à pédales est par là, ce qui ne nous arrive pas si souvent d’en rencontrer pour le moment. Mais là, nos vélos encadraient le sien. Il ne pouvait pas nous échapper ! J’avais remarqué sur son garde-boue arrière un idéogramme japonais.

Alors, quand dans la cuisine de l’auberge j’ai repéré un Asiatique, je me suis dit qu’il devait bien correspondre au vélo ! On fait connaissance et on discute.

Hiromu est parti à vélo depuis l’Alaska et pédale depuis…trois ans et demi ! Il a au compteur, c’est le cas de le dire, 38 000 km !!!!! Alors là, respect. 🙏 Avec sept sacoches, il est très chargé et dort la plupart du temps dans des campings. Il roule actuellement vers le Pérou, pas vers la même frontière que celle qu’on a passée, et on espère qu’on aura la chance de le recroiser au Pérou ! Il se dirige aussi vers la Patagonie.

Les deux garçons Vénézuéliens

On voyait souvent des familles ou deux hommes marcher sur le bord de la route. Quelques jours avant, arrivés à hauteur de Pierre, deux garçons lui avaient demandé de l’argent. On ne veut pas encourager la mendicité et en général, on ne donne pas d’argent. Lors d’une étape au bord de la route on venait de descendre de vélo pour s’acheter à manger, deux jeunes grands très minces demandent aux gens présents quelque chose à manger. On les observe et on voit que plusieurs personnes leur donnent un truc. Et là on comprend que ce sont des Vénézuéliens qui ont seulement un petit sac à dos pour deux, qui doivent marcher depuis le Venezuela !!! Qu’est ce qu’on peut faire pour les aider ? Quand nous les rejoindrons, nous à vélo et eux à pied, ils nous confirmeront qu’ils vont à Lima rejoindre la femme de l’un d’entre eux. Lima est encore à…1200 km de là. Ils marchent en claquettes et le stop ne marche pas très bien. On avait acheté des gâteaux, on partage avec eux des pansements de notre pharmacie et on leur donne nos hamacs super légers décathlon qu’on avait utilisés sur les bateaux. Ils sont contents et on leur souhaite bonne chance pour la longue route qu’ils ont encore à parcourir.C’est bien peu…

Premiers échanges hier avec des Péruviens. On est bien sur un banc au soleil à Chiclayo, sur la place centrale. Deux jeunes ont envie de parler avec nous. Malgré notre espagnol défectueux, on connaît assez de mots maintenant pour comprendre le sens général d’une phrase et se faire comprendre. Merci à nos super profs de Guyane Laura et Dora !

Et puis un homme s’intéresse et se glisse dans la conversation. La quarantaine, il est sociologue. Encore un qui nous parle de Macron. On n’est pas capable de dire le nom de leur président mais eux connaissent bien le nôtre.

Aujourd’hui, on marchait sur un chemin nous ramenant d’un superbe canyon quand un Duster ( c’est notre voiture) s’arrête et un couple péruvien nous propose de nous ramener à la ville. D’accord. Très sympas, ils sont venus en France car la sœur de Patricia est prof d’espagnol à Orléans. Ils connaissent Versailles, des châteaux de la Loire et saint Jean de Monts! Cherchez l’erreur….

Les métiers du coin.

Il n’y a pas qu’au Maroc qu’on croise des femmes fourmis.

25. L’Equateur : ce qu’on a beaucoup aimé

Maintenant qu’on est au Pérou, on fait une petite synthèse de nos endroits préférés en Équateur en suivant notre trajet.

Puyo si vous avez envie d’aller voir le refuge dYvan Bouvier  » Paséos de Los monos « .

Baños pour sa ville animée, ses randos en montagne, l’ascension du Tungurahua et ses magnifiques cascades.

Latacunga, belle ville blanche avec de nombreux édifices coloniaux.

La lagune de Quilotoa mais surtout la balade à cheval à partir de Chugchilan dans les montagnes aux paysages de toute beauté.

Le parc du Cotopaxi et son majestueux volcan à grimper.

Quito pour ses belles places du quartier colonial la Compañia, la basilique, le couvent de San Francisco, le couvent de Carmen Alto, le musée de la Ciudad, le musée national, le teleferico pour faire un tour de balançoire au-dessus de la ville , et la Ronda le soir pendant le week-end.

Mompiche sur la côte, pour ses baleines en saison mais aussi pour son ambiance authentique entre pêcheurs et balade pieds nus dans le sable le long des plages.

Otavalo pour son marché mais surtout pour partager la vie des communautés otavaleños.

Dans la même région, ne pas rater la magnifique lagune de Quicocha et en faire le tour à pied. Entre 3 et 4 heures.

Le Chimborazo bien sûr et rester dans la communauté Puruhua partager son quotidien .

Cuenca pour la Cathédrale et sa place et surtout le musée du Sombrero avec le jeune de la famille qui parle très bien le français. Le musée des cultures aborigènes mais surtout le musée Pumapunga grandiose.

Les Galápagos en croisière avec Fragata c’était super !

La forêt amazonienne bien sûr ! Mais comme on l’a pratiquée pendant deux ans en Guyane, on n’y est pas retourné depuis. Mais choisissez de la découvrir avec le hamac et le carbet bâche, pas en lodge de luxe !

Graffiti dans l’une des rues de Cuenca.

Et sur un de ses marchés.

Ce qu’on a beaucoup aimé en Équateur et en Colombie, c’est le brassage des communautés qui vivent ensemble et qui font la richesse et l’authenticité de ces pays. Hommes et femmes indigènes qui rient facilement entre eux et qui semblent heureux avec pas grand chose pour vivre. Et tous les jours, sans exception, on s’est dit : Mais qu’est-ce que c’est beau ici!

On the road again… PÉROU

Tout d’abord la réponse à la question posée précédemment. Qu’est-ce qu’on a mangé ce jour là ?

C’était du cochon d’Inde dont raffolent les communautés indigènes. Nous c’était moyen.

Qu’est-ce qu’un gros coup de fatigue ?

C’est s’allonger sur le lit, retirer sa chaussette gauche et s’endormir la chaussette à la main avant d’avoir eu le temps de retirer la droite ! C’est ce que j’ai fait avant- hier soir alors que Pierre me parlait toujours… bon depuis j’ai retiré la deuxième.

La question qui revient souvent : Combien de kilomètres faites vous par jour ?

En arrivant au Pérou on avait prévu des étapes de 100km environ. Les deux premiers jours ont été relativement faciles car on roulait sur du plat. Premiers paysages péruviens.

La mer et des rizières.

Les deux jours suivants étaient des étapes de 80 km environ. On se disait, tranquillo ! Ça va être facile. Et bien pas tranquillo du tout car après une belle côte montée assez facilement on se retrouve sur un plateau désertique avec vent de face les deux jours ! Et quand arrive une pauvre petite descente, tu ne la sens même pas. Tu pédales toujours pour avancer. Donc c’est jamais gagné d’avance. Ce n’est pas seulement une question de relief mais également de vent 💨. Et en plus, les paysages étaient très arides, style Il était une fois dans l’ouest, avec des déchets partout. Et des lignes droites à n’en plus finir.🔛

Le point bleu c’est Pierre. Cherchez- le.

Plutôt que de parler de kilomètres, on peut parler de vitesse puisque Pierre a sur son vélo un compteur qui nous dit tout. Dans les côtes andines, sur trois semaines environ et près de 6000 mètres de dénivelé, on roulait souvent à 6 km/ heure 🤪. Sur du plat sans vent, on roule entre 20 et 25 km/ heure, voire un peu plus🙂. Quand on roule contre le vent comme les deux derniers jours, on tombe à 10 km/ heure et on est mort à l’arrivée.😱

Alors aujourd’hui, pas de pédale, on se régale ! On passe la journée à Piura, on marche pour faire travailler les muscles autrement, on prend une nouvelle carte téléphone, on cherche à acheter un casque pour Pierre qui a oublié le sien avant de monter dans le camion de Johnny! Et on se paie un bon repas.

24. Equat’heures…à la frontière

Quand on est arrivés à 13h dans les bureaux de l’immigration après nos 70 kms dans les pattes, on était tout seuls, et pourtant, on en ressortira deux heures après exactement !!!

Pierre venait de me dire: j’espère qu’il ne va pas y avoir de problème avec mon nouveau passeport !

En fait, il y a eu des problèmes avec nos deux passeports !

On est côte à côte à un guichet différent. Le personnel ne s’exprime qu’en espagnol et on ne comprend pas tout. Celle qui s’occupe de moi me fait comprendre, mon passeport entre ses mains, qu’elle semble attendre une réponse de son ordinateur qui ne vient pas. Je patiente et ne comprends pas le problème : on a bien fait les démarches d’immigration en rentrant dans le pays à Coca, et j’ai le papier qui atteste que j’ai le droit d’être en Équateur deux mois. Je me sens l’âme tranquille mais le corps fatigué. Elle fait passer maintenant les autres voyageurs, et moi je suis toujours debout à attendre sur le coin de son guichet. Pas une chaise à l’horizon. Après une bonne demi heure, je demande dans mon superbe espagnol : je ne comprends pas ce que j’attends. c’est quoi le problème ?

Et là, ils sont maintenant deux à s’occuper de mon cas alors que la file d’attente s’allonge, ils me montrent un tampon sur mon passeport. Oui? C’est celui de mon entrée en Équateur, côté est. Je leur explique qu’on est arrivé par le Rio Napo et que c’est le tampon du bureau d’immigration de Coca. Et là, le mec du service me dit en regardant de plus près le tampon sur la page de mon passeport : Manual……no informatic…es rustico.

Rustico mon tampon? Mais Ducon, c’est de ma faute si à Coca ils font des tampons rusticos ??? Bon heureusement, je ne sais pas leur dire ce que je pense en espagnol sinon je serais peut-être restée plus de deux heures….

Alors on attendra deux heures debout devant le guichet la validation du bureau de Coca ! Validation qui ne viendra jamais car il y a des coupures internet et puis on est samedi !!!

Pendant ce temps, Le collègue douanier qui s’occupe de Pierre, tourne les pages vierges de son beau passeport vert en cherchant son tampon d’entrée dans le pays. Ça le fait rire ce passeport tout vide tout propre. Alors on lui explique que comme son passeport a été volé, à Quito, Pierre en a un tout neuf pour un an mais que forcément, il n’y a pas le tampon d’entrée du 14 juillet puisqu’il a été fait le 28 août ! … ??

Au bout d’une heure trente, on nous demande si on a une attestation qui confirme le vol du passeport de Pierre !!! Je ne rêve que d’une chose, m’asseoir. J’ai les deux jambes qui commencent à faire des crampes…et on a la dalle ! 14h30 et 4h30 de 🚲. Il faut retourner chercher le foutu papier dans les sacoches sur le vélo. En longeant la file d’attente, je jure comme un charretier : mais putain de merde, c’est pas possible.

On est tous les deux en règle et ils nous emmerdent depuis deux heures, ils savent qu’on est à vélo, qu’on a encore des heures avant d’arriver, qu’on veut arriver avant la nuit…rien n’y fait. Après deux heures, ils lâchent l’affaire. Ils ne recevront aucune réponse mais on pourra enfin filer côté Pérou faire les démarches d’entrée qui seront faites en cinq minutes.

Mais le plus fort dans tout ça, c’est que régulièrement on assiste à des contrôles de police qui arrêtent les voitures. A chaque fois, nous, avec nos deux fois 25 kg de chargement, on nous fait signe de passer comme si on était des VIP. Pareil à la douane. On pourrait avoir 25 kg de drogue…..ce qui n’est pas le cas bien sûr !

Non, l’important pour les douaniers, c’est la drôle de gueule du tampon sur mon passeport. Mais oui c’est vrai, trop « rustico » . On adore le mot.😍

Pierre résume ainsi la situation kafkaïenne qu’on a vécue : « Vous ne pouvez pas quitter l’Equateur parce qu’on n’a pas la preuve que vous y êtes rentrés ».

D’ailleurs, on n’est peut-être même pas devant eux!

Pas trop tôt !

23. De Cuenca à la frontière péruvienne

On s’était dit: plus de 200 km , on se le fait en trois jours et on dormira à Tumbes, ville située à environ 30 km après la frontière.

Hier vendredi 6 septembre, on démarre super. Quelques côtes au départ, derniers reliefs des Andes du sud pour l’Equateur, et de belles descentes. on a décidé de dormir ce soir vers Santa Isabel à 70 km et de continuer un peu plus loin si on est toujours en forme.

Mais depuis quasiment le départ ce matin, il pleut.Pour la première fois, on roule sous la pluie. Une pluie froide, on est encore à plus de 2000 m et ça caille ! On s’arrête boire un  » cafe con leche  » et on enfile le coupe vent. Coupe vent peut-être mais pas coupe pluie. Les manches sont collées sur mes bras. J’ai encore plus froid….

Vers 13 h, on s’arrête dans un bouiboui au milieu de nulle part. Le groin d’un cochon 🐷 nous a attirés. On avait mangé sur un marché à Cuenca du cochon grillé, c’était délicieux. On demande donc des patates 🥔 qu’on aperçoit sur une table…et du cochon. On n’est que deux dans la cabane au bord de la route entre deux montagnes et pour servir il y a les parents et trois enfants. On attend assez longtemps et les patates arrivent recouvertes de trois morceaux de peau de cochon. Bon, je me dis que c’est pour nous faire patienter….Les trois morceaux de peau sont tellement raides qu’on dirait qu’ils ont été repassés à l’amidon. Je les refile à Pierre qui mange de tout, lui. On n’a pas vue sur le cochon, angle mort, mais on voit le père passer avec un chalumeau et toute la famille autour…je dis à Pierre  » mais ils sont entrain de découper nos parts au chalumeau ??? » Je me lève pour voir ce qui se passe, mais en fait, le père continue à décoller la peau…au chalumeau et nous, on attend toujours patiemment les morceaux de viande 🐖 avant de pouvoir repartir.

Je les regarde ébahie, ils me regardent ébahis. Et me font comprendre bah qu’on a été servis ! Tant que la peau du cochon n’a pas été Toute vendue, ils ne touchent pas à la viande. Donc le repas est terminé. Ok… Fallait juste le savoir.On pouvait attendre longtemps…

C’est comme si en France sur les marchés, on ne vendait que la peau des poulets! On vendra la viande après…🐓la semaine prochaine…

Dehors, la pluie a redoublé, super. Un chauffeur de camion s’installe à notre table, il n’y a qu’une table de toute façon, pour manger à son tour sa peau de cochon. Mais lui il sait et n’est pas surpris. Il a envie de discuter et nous pose des questions sur notre voyage. Il a vu les vélos en rentrant et le temps pourri. On va dans le même sens. Il nous propose de nous emmener en camion. Il va à notre étape suivante. Vu le temps dehors et le fait qu’on est transis de froid, on ne met pas longtemps à dire oui. Voyage très sympa dans la cabine du chauffeur qui s’appelle…Johnny.

Du coup ce matin, il ne nous restait que 70 km jusqu’à la frontière qu’on a fait à 22 km / heure ( Pierre a un compteur) c’est tout plat, youpi !

Et là on est à Tumbes, au Pérou, à 30 km au sud de la frontière. On a fait nos 100 km dans la journée. Fatigués mais contents. 😵😴😀

22. Cuenca à 2500 m d’altitude.

Troisième ville du pays par sa taille.

Joseph du haut d’une église et Marie du haut de la cathédrale veillent sur la ville.

Les panamas sont dans la vie quotidienne des habitants.

On n’a pas vraiment flashé sur Cuenca, ville considérée souvent comme la plus belle de l’ Équateur, mais on est régulièrement éblouis par les superbes musées qu’on aura eu la chance de visiter au cours de ces deux mois. On retiendra pour Cuenca le musée Pumapunga avec toutes les collections d’habits, d’objets, d’habitats, de chants des différentes ethnies du pays et surtout bien sûr des Shuars, autrement dit les Jivaros ou réducteurs de têtes. D’ailleurs quelques p’tites têtes en vitrine nous regardaient passer mais il était interdit de prendre des photos dans ce musée.

On a bien aimé les poteries anthropomorphiques du musée des cultures aborigènes et là on pouvait prendre des photos!

Mais surtout à travers les rues de la ville et sur les toits, quelle lumière !

Et puis pourquoi pas une petite pause dans le C de Cuenca ?