Art. 10 Pourquoi vient-on en Bolivie ?

Avant de répondre à la question, on veut partager un grand moment d’émotion qu’on a connu à Oruro.

Deuxième matin à l’hôtel, dans la salle du petit-déjeuner. Elle est pleine de Boliviens qui discutent par petits groupes en même temps qu’ils jettent un œil sur les dernières actualités qu’on peut suivre à la télé. Les expressions sont tendues car malgré la démission du président, les émeutes se multiplient partout et plus personne à l’heure qu’il est ne dirige le pays . On commence notre petit déjeuner quand soudain, une jeune femme vient vers nous et, en me touchant le bras, me fait signe de bien la regarder. Tout sourire, elle écarte les bras : Alors ??? Vous me reconnaissez ??? Toute jolie et souriante, elle me prend dans ses bras et serre les mains de Pierre….Notre compagne de déroute, qui avait été aspergée d’essence….

Elle était tombée tête vers le bas sur la piste rocailleuse, les chaussures à semelles compensées n’étant pas ce qu’on fait de mieux pour fuir un village en folie. On l’avait aidée à se relever alors que deux femmes boliviennes qui passaient à sa droite ne lui avaient pas jeté un regard. On s’était séparés après avoir retrouvé la route en aval du village, qu’on l’ait vue rejoindre une jeune femme qu’elle connaissait avec qui finalement elle était repartie, on ne sait pas comment, pour Oruro.

Et là, dans cet hôtel, deux jours plus tard, dans une ville de 240 000 habitants !!! On la retrouve, en bonne santé, tout sourire et en même temps les larmes aux yeux parce qu’elle sait qu’on sait. On sait qu’elle a été en danger, avec ses vêtements imbibés d’essence, qu’elle aurait pu mourir en quelques secondes avec tous ces feux qu’il y avait à droite à gauche. Elle sait que tous les trois, on était solidaires, et c’est pour ça que maintenant tous les trois, on a les larmes aux yeux.

Elle va bien, interpellant l’un ou l’autre dans ce groupe dont on sent qu’ils ont vécu de près les événements du pays. Syndicalistes ? Simples citoyens engagés ? Chacun reprend sa route et nous c’est vers le Sud. Belle rencontre.

Oui d’accord mais pourquoi vient- on en Bolivie ?

Alors ici pas de Tour Eiffel, de Big Ben, de Taj Mahal, de Machu Picchu à visiter. Rien qui n’ait été façonné par l’homme et qui soit mondialement connu. On vient, entre autres, pour deux lieux superbes entièrement faits par la Nature qui se trouvent dans le Sud du pays : le salar d’Uyuni et la région du Sud Lipez.

Demain vendredi 15 novembre, on touchera le plus grand désert de sel du monde !

Pour les cyclistes, c’est un beau défi mais dont les risques sont mesurés car les trajets sont fréquentés par les 4×4, et donc des traces sur le sel, pour les gens qui n’ont pas envie de faire du vélo sur la plus grande salière du monde! D’ailleurs on se dit qu’on ne va pas emporter de sel 🧂 pour mettre dans les nouilles, on sera assis dessus ! Et comme on est un peu fainéants, on va partir de Tahua ( au nord, au-dessus du R du mot « SALAR ») pour aller jusqu’à l’isla Incahuasi ( on y dort ⛺️ ) trajet de 39 km et le lendemain on rejoint la ville de Colchani (à l’est) trajet de 79 km. Dodo sans doute à Uyuni où il y a une Casa de ciclistas ou bien à Colchani si on est trop fatigués 😴😴.

Plus rares sur les routes iséroises…On rigolait à la vue de ces panneaux car on a croisé quatre lamas en quatre jours, pas un par jour, mais quatre ensemble. De là à provoquer un accident sur la route…Et puis le dernier jour, en arrivant sur Salinas, on a vraiment vu des troupeaux.

Moutons et lamas semblent bien cohabiter.

Art. 9 Voyageurs : Faut-il venir en Bolivie en ce moment ?-

Avant- hier soir, on aurait répondu Non. Les barrages se multipliaient dans le pays, obligeant les bus à faire demi tour, actes de violence dans les grandes villes, même dans les villages et trois morts. Hier midi , certains Boliviens se demandaient si le pays n’allait pas sombrer dans une guerre civile.

Ce matin, Morales a accepté que soient reconduites les élections, même si la date n’est pas encore fixée. Le pays devrait retrouver la paix (la Paz!).

Voilà ce qu’on a vécu lors de notre dernière étape avant Oruro.

On roule tranquillement depuis deux heures environ quand soudain, on entend des explosions. Pour l’instant, les barrages qu’on a croisés sont souvent de la terre empêchant les voitures de passer ( mais pas nous). Quand il y a des gens, ils nous aident à passer. Ils savent bien qu’on n’a rien à voir avec leurs problèmes.

On se rapproche du village d’où viennent les explosions, et là, tout un village déchaîné qui lance des pierres, à la main ou avec une fronde, sans viser. Hommes, femmes, enfants participent. Des explosions de pétards, de la dynamite nous dira un villageois ! Les bus arrivant du sud pour rejoindre la capitale sont vite pris à parti. Les gens visent les vitres, le pare brise, certains ont des bouteilles d’essence à la main, l’arrière d’un bus prend feu avec les gens dedans ! Le feu sera éteint. On a vu des gens mettre de l’essence à côté des pneus de bus pour les enflammer.

Dès le début, les gens nous protègent, nous conseillent de contourner le village par une montagne, ce qu’on fera. On prendrait bien des photos mais on a peur de se faire piquer l’appareil. J’en ferai en douce derrière un bus. Des gens sont blessés .

On a vu le chauffeur de ce bus. Traumatisé. Un bus a failli se renverser en voulant faire demi tour et les habitants qui ne se poussaient pas.

Quand on a pris le chemin par la montagne, une femme bolivienne marchait toujours à nos côtés. On se dit que ça sent l’essence par là. C’est cette femme qui a été aspergée d’essence ! Elle était dans un bus en direction de la Paz. Maintenant elle cherche à retourner à Oruro. On contournera le village avec elle puis elle retrouvera quelqu’un qu’elle connaît.

C’est la femme qui marche derrière le vélo. On redescend de la montagne. Plusieurs fois, les gens nous demanderont si on n’a rien et nous serrent souvent la main. A la sortie du village, un des manifestants voit notre écusson France à l’arrière du vélo et nous dit: France ? Révolution française !!! Libertad , Igualdad, Fraternidad ! 👍, c’est ça !!! Et on s’éloigne.

Les kilomètres suivants, on croisera des dizaines d’ambulances et la police, enfin ! qui viendront dans ce village.

A la sortie du village, un homme se met entre nous et se fait filmer. Il explique qu’on est Français et nous demande de dire Vive la démocratie. On le dit. Ensuite, il commence à critiquer Morales et veut qu’on dise qu’il est mauvais président. On répond alors qu’on n’est pas Bolivien et qu’on ne peut pas répondre. Il fait couper cette partie de l’enregistrement…et on s’en va. Pas de soucis.

C’est le seul village traversé où on aura vu une telle violence. Pourquoi là? Personne ne saura nous le dire.

Dans le journal aujourd’hui :

La femme dans le journal qui a été aspergée d’essence …

Bolivie. Art 8. Oruro, ville de l’Altiplano sur la route du sud

Commentaires du Guide du Routard :  » ville construite pour y loger les mineurs travaillant dans les mines d’étain. Rues tristes où s’engouffre un vent froid. Vous n’y viendrez que pour prendre un bus ou un train. »

Alors, pour une journée de repos ( Pierre a mal à une cheville depuis le coup de la pédale droite), on a eu beaucoup de chance à Oruro! D’abord, du soleil qui chauffe et un défilé haut en couleurs.

En pays aymara, toutes les femmes portent le melon !

Une petite princesse.

Et en marge de la fête, une autre petite princesse…

Bolivie. Art.7 De la Paz vers Oruro. Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️

Étape de 230 km faite en trois jours.

La Paz / Ayo Ayo : 79 km

Ayo Ayo / Konani : 69 km

Konani /Oruro : 81km. Il manque 1 kilomètre mais avec les détours…

La sortie de la capitale s’est faite facilement et la route ne montrait pas de difficultés particulières. Elle était moyennement pentue et moyennement côtue 😉 ! On a dormi à Ayo Ayo où il n’y a pas d’hébergement mais on voulait tester la nouvelle tente achetée à La Paz. Celle achetée dans un supermarché de Puno n’avait pas de double toit et devait être pour camper dans son salon ! Donc on l’a revendue pour racheter un modèle plus proche de celle qu’on nous a volée.

A Ayo Ayo, on a demandé au centre de santé si on pouvait planter notre tente sur le terrain à côté de leur bâtiment . Pas de souci. On s’est installés entre des murs en construction et on a bien dormi. Pas eu froid. 2 duvets l’un dans l’autre. On a découvert le lendemain deux gros toutous qui montaient la garde !

Statue à l’entrée du village qui a son collège avec un programme contre la violence. Quand on va vivre la violence du lendemain, ils peuvent prolonger le programme contre la violence dans les écoles !

-De Ayo Ayo à Konani, route semblable à la veille, avec comme paysage, l’Altiplano toujours présent mais moins grandiose que côté Pérou. Les montagnes sont moins hautes et les lamas se font de plus en plus rares. On a des vaches mais c’est moins exotique.

Vache regardant passer deux beaux vélos.

Un beau ciel tourmenté mais qui ne nous tombera pas dessus. On est contents 😀.

La semeuse.

Nous allions, légers et court vêtus, quand soudain, j’entendis derrière moi Pierre s’exprimer : Ah merde de merde ! Qu’est-ce qui se passe ??? Pierre a perdu les pédales !!!

Enfin la pédale droite. Après la selle…..( il doit maltraiter sa monture, c’est pas possible).

Pierre fera les 12 derniers kilomètres avec une seule pédale….et contre le vent.😰😰😰

C’est à dire qu’on a toujours la pédale mais que le roulement à billes nous a abandonnés..

D’après son expérience, deux pédales rendent l’avancée plus aisée…

Arrivés à Konani, on trouve un petit hôtel pas cher dans la rue principale  » Estrella del Sur ». Des barrages sont sur la route mais dans ce village, rien de bien méchant. On rencontre un Français qui vient de faire 15 km à pied car dans le Sud, les bus ne passent plus. Galère. Nous on devrait passer à vélo.

Le long des routes du Pérou comme de la Bolivie, des maisons – autels marquent l’endroit où des personnes sont décédées. Plus ou moins entretenues. On est surpris par le nombre car par ici les routes sont toutes droites. On y trouve parfois à l’intérieur une image pieuse, des fleurs, une bougie ou…une canette de Coca Cola ! Pour étancher la soif dans l’eau- delà! 😂😂😂

Et puis ce qu’on va vivre lors de la dernière étape mérite un article entier . Cela s’est passé dans le village de Vila Vila à 21 Km de Konani.

Art. 6 Le blues des shoes

Et voilà que ce jour est arrivé

Qu’il faut se résigner à les jeter

Ensemble tous ces chemins parcourus

En forêt en trek à vélo dans les rues

Chaque jour fidèles depuis un an

Toujours présentes à chaque instant

Malgré des semelles ajoutées

Pour pallier les souliers percés

Cassés remplacés les lacets

Par des bleus du plus bel effet

Elles ont connu leur dernière chance

Il faut se rendre à l’évidence

Il va falloir s’en séparer

Une autre paire en acheter

Une dernière fois les remercier !

Bolivie. Art.5 Le site de Tiwanaku

Tiwanaku, c’est le nom d’un site classé par l’UNESCO au Patrimoine Mondial mais c’est aussi le nom de la civilisation qui a précédé les Incas. On n’en avait pas entendu parler au Pérou et pourtant cette civilisation s’étendait bien au-delà des rives péruviennes du lac Titicaca. Le guide nous parle d’une période qui s’étend sur 2000 ans avec un âge d’or qui va du VIIIe au XIIe siècle.

Le site se trouve à 72 km de La Paz.

Ce jour-là dans le ciel. Un halo solaire incroyable.

Tiwanaku signifie en aymara : La place où nous pouvons trouver les chamans.

C’est la capitale de l’empire aymara, théocratique – qui obéit à la loi de Dieu – mais aussi un centre culturel. Ses habitants avaient des connaissances en maths, en travail des métaux, en hydraulique, en architecture ….pas mal !

On a retrouvé ici 83 corps, les mains attachées dans le dos, égorgés…pas cool!

Des sacrifices humains ?

Sur une grande plateforme de 125 m de côté, on a découvert en 1932 ce monolithe qui était enterré. Il représente un personnage important puisqu’il tient dans ses menottes une coupe et un sceptre.

Un autre personnage trouvé en 1957 est un prêtre, médiateur entre Dieu et les hommes. Sa main droite, à l’envers, est d’ailleurs celle de Dieu.

En face de lui, la Porte du Soleil faite en pierre volcanique. On y retrouve la cosmogonie commune aux divers peuples andins à savoir les trois mondes représentés par le condor, le puma et le serpent avec pour qualités l’énergie, les émotions, la connaissance et la fertilité. Les trois mondes mais aussi la dualité homme/ femme, espace/ temps . La porte était recouverte d’or. Sur la porte, des hommes- condors et des Dieux. Mélange des mondes.

Plus loin, un Temple semi- souterrain où ont été découvertes 172 têtes en roche volcanique. Têtes de qui? On ne sait pas. Nous on a gardé les plus expressives…

Ou les plus étranges… Scream ? Visage avec bandelettes?

Bolivie Art.4 La Paz sa capitale

La Paz, capitale la plus haute du monde, énorme, bruyante, agrippant ses tentacules aux abords du canyon où elle est née en 1548. On monte ou on descend entre 3200m et 4000m. Même les gens d’ici s’arrêtent souvent dans les rues ou les escaliers pour reprendre leur souffle.

Tout autour, au loin, des sommets de plus de 5000 m… La Paz, autrefois une belle ville espagnole, est devenue une mégalopole composée de briques rouges, de toits en tôle, d’immeubles, d’une circulation incroyable, mais heureusement désenclavée depuis 2014, grâce à un réseau de téléphériques dont 8 lignes fonctionnent actuellement sur les 11 prévues. C’est le réseau de téléphériques urbain le plus long et le plus haut du monde.

Au marché des sorcières 🧙‍♂️, on peut acheter des tas de potions médicinales mais aussi cela. Une idée ???

Ce sont des fœtus de lamas qui sont enterrés dans les fondations de la maison. Bonheur et protection pour la famille. Ça change de la crémaillère…

L’électricien cherche le bon fil ! Courage… c’est pareil dans la rue à côté…

On a trouvé la Joconde très jolie comme ça…et puis c’est pour une bonne cause.

Comme dans toutes les capitales, certains quartiers sont plus riches et ça se voit tout de suite !

On dort dans la banlieue qui domine la ville, cela nous évitera une belle côte quand on repartira avec nos vélos. Images du quartier El Alto, un million d’habitants et beaucoup de pauvreté.

Rues entières de bananes 🍌 et de pastèques 🍉.

Depuis les élections présidentielles et la réélection d’Evo Morales qui n’avait pas le droit de faire un quatrième mandat, la Bolivie s’énerve et des manifestations ont lieu dans les plus grandes villes. Certaines heures chaudes à La Paz. On devait aller dans les deux plus belles villes du pays, Potosi et Sucre, mais des barrages bloquent l’animation des quartiers et les musées sont fermés. On part donc demain 7 novembre vers le Sud du pays voir les merveilles que sont les salars et le Sud Lipez.

BOLIVIE. Art.3 La coca : toute une histoire…

On a eu la bonne idée – encore une – d’aller visiter à la Paz, le petit musée de la coca. Petit par la taille mais grand par l’intérêt que semblent lui porter tous ses visiteurs. De nombreux panneaux explicatifs sur tous les aspects de la feuille de coca sont traduits dans de nombreuses langues, dont le français. A votre arrivée, on vous remet la traduction dans votre langue. On en est sortis moins bêtes… 🤓🤓

Coca et géographie

L’arbuste qui donne les feuilles pousse dans la Cordillère des Andes à des altitudes variant de 300 à 2000 m. Les peuples qui mâchent la coca s’étendent de la Colombie jusqu’au Chili et ce, depuis plus de 5000 ans! Il y a quatre récoltes par an sans beaucoup d’entretien.

Coca et spiritualité

Elle est considérée par les Amérindiens comme sacrée et sert de monnaie d’échange. Fille de Pachamama, la Terre -Mère. Pour les Andins il existe trois mondes : le monde souterrain, le monde du milieu et le monde d’en haut. La feuille de coca permet de passer d’un monde à un autre, d’avoir des échanges spirituels entre ces trois mondes. Les chamans lisent l’avenir dans ses fibres. On l’utilise aussi bien pour ses vertus médicinales que religieuses. Depuis la Colombie, quand on voit quelqu’un avec une joue enflée, ce n’est pas qu’il a un abcès mais une boule de feuilles de coca coincée dans le coin de la bouche !

Coca et qualités

C’est un moyen de couper la faim comme la soif. Il n’y a pas de cérémonies sans coca. Pas de décisions prises sans partager la coca. Elle est l’occasion de se retrouver et d’échanger. Elle soigne. Elle permet de résister au mal de l’altitude. C’est surtout pour cette raison que les touristes en achètent. En réalité, la feuille doit être plus sucée que mâchée.

Quand les Espagnols sont arrivés, ils ont interdit l’usage de la coca car l’Eglise la qualifiait de diabolique ! Puis finalement, se rendant compte que les Indigènes résistaient mieux au labeur et à la fatigue en mâchant la coca, ils l’ont réhabilitée. Ils étaient capables de rester deux jours sans manger et sans boire tout en travaillant.

Coca et Cola

Un chimiste Français, Mariani, a eu l’idée de mélanger un vin de Bordeaux et de feuilles de coca en 1863. Succès énorme. Un pharmacien américain, Pemberton, s’inspire du vin Mariani et crée un alcool mélangeant de la coca avec des noix de cola venues d’Afrique mais la prohibition l’oblige à retirer l’alcool de sa boisson. C’est en 1903 que la cocaïne est enlevée définitivement du coca cola parce que les populations les plus défavorisées devenaient addictes et violentes. De là naquit le Coca Cola actuel.

Coca et cocaïne

Il existe plus de 200 espèces de feuilles de coca différentes mais seules quatre espèces contiennent des alcaloïdes. Les alcaloïdes (14) contenus dans une feuille de coca sont de l’ordre de 0,2 % à 1,3 %, donc le pourcentage de cocaïne est encore bien plus faible. Ce sont les Européens les premiers qui ont eu l’idée d’extraire cette cocaïne et qui vont l’utiliser comme anesthésiant. Depuis les années 1930, la consommation de cocaïne s’est répandue à cause des trafiquants sud-américains. La feuille de coca n’est pas pour grand chose dans le produit fini qu’est la cocaïne. Entre les deux, on a quand même ajouté du kérosène, de la chaux, de l’acide,de l’éther, du potassium, de l’eau de javel etc….ça donne envie 💀☠️👽

En 1961, la feuille de Coca est considérée comme une drogue par les Nations Unies et en 1971 on en interdit la culture, la commercialisation etc. On ne sait plus depuis quand les pays andins ont à nouveau le droit d’en cultiver mais nous, les particuliers, ne pouvons pas en passer à la douane. Seules des entreprises le peuvent à des fins médicinales et les USA pour…Coca Cola ! Alors qu’ils sont les premiers consommateurs de cocaïne suivis par le Brésil. 🤑🤑🤑

Interdire la feuille de Coca sous prétexte qu’on la transforme en cocaïne, c’est comme si on supprimait toutes les vignes parce que certains ont une addiction à l’alcool.

Les politiques de répression n’ont pas fait diminuer la consommation de cocaïne, ni les bénéfices liés à ce trafique, bien au contraire…

La Coca fait partie de l’identité des peuples Sud américains.

2.De Copacabana à La Paz, capitale la plus haute du monde!

Distance annoncée : 136 km. Même si on a (encore) la forme, il faut savoir se ménager et le nombre de kilomètres nous fait choisir une courte étape de 40 km pour le premier jour – on ne partira qu’à 12h30 après les bénédictions ! – et le reste le lendemain.

La première étape est très belle même si les quinze premiers kilomètres ne sont que des côtes – après déjeuner dur dur – qui permettent d’échapper aux rives du lac. Nous le surplomberons plusieurs heures et pédalerons ensuite à travers l’Altiplano bolivien. Nous sommes le 2 novembre et des orchestres jouent dans les cimetières que nous croisons sur notre route. Les gens apportent de la nourriture, fleurissent les tombes ou les caveaux qui se superposent. Des guirlandes les décorent parfois et autour de certaines tombes, des chants retentissent.

C’est drôle d’installer une fenêtre au milieu de nulle part pour nous faire apprécier le paysage. Mirador.

La route n’en finit pas de monter pour tourner le dos définitivement à Copacabana.

On sait qu’on aura une brève traversée en bateau pour rejoindre l’autre rive qui nous mènera vers La Paz. Ce sont des lanchas sur lesquelles sont chargés véhicules et passagers. Traversée tranquille d’une dizaine de minutes (5 Bolivianos/ personne).

Un perchman pousse pour aider l’embarcation à quitter le quai puis un moteur assez poussif prend le relais.

Certains restent dans leur véhicule, d’autres s’installent dehors. Des familles passent à pied. On vient de quitter San Pedro de Tiquina pour accoster à San Pablo de Tiquina.

On y trouvera un hôtel miteux avec deux wc sans porte qu’on localise aisément en suivant leurs odeurs et un lavabo commun qui, après avoir daigné le soir nous délivrer un mince filet d’eau🚰 , refusa le lendemain catégoriquement de nous offrir ne serait-ce qu’une goutte💧! Pas grave, on trouvera mieux demain !

Le lendemain, un café, du pain et du fromage – et le sourire de la crémière – dans le marché couvert qui commence à ouvrir un œil, il est 6h30. Sautant sur la selle vers 7h15, la journée démarre à nouveau par des côtes. Plus tard, Pierre me proposera un arrêt pour un thé sur l’autre rive du Titicaca. Un coupeur de roseaux vient de monter dans sa barque.

Après les côtes matutinales, le reste de la route se partage entre côtelettes et descentes dont deux longues et bien pentues…Ah, qué bonheur ! Allez , quand on arrive au panneau de gauche sur la photo, 52 km, on roule bien, il fait beau, on est sur l’autoroute et on se dit que l’affaire est dans le sac ! À nous la Paix, à nous La Paz !

Entre ces deux photos, on a vécu l’heure la pire depuis le début du voyage. Soudain, quelques gouttes, puis le vent glacial et une forte averse de grêle ! Bon, la grêle c’est jamais très chaud mais à 4000 m d’altitude ! C’était tellement douloureux sur les cuisses, les mains et le visage qu’on s’attendait tous les deux à saigner! Pierre avait les doigts tellement gelés qu’il ne pouvait plus passer les vitesses. On se dit qu’il faut qu’on s’arrête mais pendant de longs kilomètres et toujours sous la grêle, rien au bord de l’autoroute. Enfin, une maison en construction. on s’y précipite, un chien s’en échappe, gentil de ne pas nous mordre – il était quand même là avant nous – et là, derrière un mur, on enfile un cycliste long, une polaire , le coupe-vent, des gants, un bonnet sous le casque, une écharpe…on tape des pieds car on ne sent plus nos orteils… et on repart. La grêle s’est calmée mais le vent ne nous lâchera pas. J’avais dit à Pierre, peut-être deux heures avant : tiens, aujourd’hui, le vent est notre ami. J’avais oublié que dans la définition de l’altiplano, il y a  » Souvent balayé par les vents « !

L’arrivée dans la banlieue de La Paz- à El Alto 4020 m – ne sera qu’une longue et ennuyeuse montée sur des kilomètres où les principales  » entreprises  » sont des Funeraria….ambiance….Le Maps.me est aussi fatigué et nous embrouille régulièrement, incapable de nous indiquer la direction d’un hôtel …On s’est enfin posé, il est plus de 18h. Finalement, avec les détours de l’arrivée, on aura fait plus de 110 kilomètres 🤪🤪😴😴 depuis 7h15 le matin…Demain, découverte de La Paz !

BOLIVIE. art.1 Clin d’œil sur Copacabana

Pas la célèbre plage de Rio mais une ville située sur une presqu’île donnant sur le lac Titicaca, côté Bolivie.Ville animée par les touristes et les pèlerins qui viennent vénérer Notre Dame de Copacabana, patronne de la Bolivie. A certaines périodes de l’année, on promène sa statue qu’on peut voir dans la basilique toute blanche dont les dômes sont recouverts de mosaïques. De plus, Copacabana, c’est une vue superbe sur ce lac toujours bleu.

Mais que fait cet homme devant le capot ouvert d’une voiture ? Un mécano ?

Non cette voiture fonctionne très bien et cet homme est un Padre qui est venu bénir les voitures présentes devant l’Eglise. Bénédictions tous les week-ends !

Les voitures se font belles, sont parées de fleurs et de guirlandes, souvent de symboles religieux. Alors qu’on attendait de voir les bénédictions sur les marches de l’église, on s’est dit : pourquoi pas nous ? Le Padre peut peut-être bénir nos vélos ??? Alors on a mis un bouquet d’œillets sur nos montures et on a attendu…

Notre vendeuse coiffée d’un chapeau melon très répandu en Bolivie depuis que des Britanniques sont venus travailler, avec ce chapeau sur la tête, sur une ligne de chemin de fer dans les années 1920.

Et bien finalement nos vélos ont été aspergés d’eau bénite et nous aussi ! Sous le chapeau, le curé. On ne sait pas si ça marche contre les vols… Pierre se demande si le padre bénit les ânes, autre moyen de transport…