Art. 5 Salta ou la belle ville coloniale du nord de l ‘Argentine

Si on pense à « sel » comme origine du nom de la ville , comme c’était notre cas, on a tout faux. Le mot viendrait de la langue quechua qui signifierait  » beau, belle ». C’est pourquoi on l’appelle en espagnol « Salta la Linda « , Salta la Belle. La ville a été fondée par les Espagnols en 1582 , elle se trouve au sud de l ’empire inca qui s’étendait au nord jusqu’à la Colombie et au sud vers cette région du nord de l’Argentine, soit trois fois la France !

La cathédrale en extérieur nocturne.

Le MAAM (Musée de Archeologia de Alta Montana)

Cette visite est particulière et nous a mis mal à l’aise car les momies ne sont pas des objets mais des humains, et de plus des enfants.

C’est une expédition en 1999 au sommet du volcan Llullaillaco qui a permis d’exhumer trois momies d’enfants datant de l’époque inca. Le site était perché à 6739 m, ce qui en fait le site archéologique le plus haut du monde ! Le musée retrace cette épopée et ses découvertes.

Photos interdites mais beaucoup de panneaux explicatifs en espagnol et en anglais . On l’appelle la Capacocha ou obligation royale. A la mort d’un dirigeant inca, on faisait cette cérémonie. Des enfants, choisis dans différentes provinces pour leur beauté et leur perfection physique, étaient envoyés à Cusco (Pérou) pour y suivre des rites les préparant à leur sacrifice ultime, avant de retourner chez eux. Les rites servaient à créer des alliances entre familles ou communautés. Devant Viracocha, ils étaient mariés symboliquement. Ils marchaient deux fois autour de la place puis partaient pour un très long pèlerinage qui les menait au sommet de la montagne où ils allaient être sacrifiés. Sur le chemin, on acclamait ces enfants qu’on avait habillés de vêtements spéciaux et à qui on avait fait boire de la chicha. Drogués aussi . Une fois endormis, on les enterrait avec les objets préparés à cette occasion : des miniatures d’animaux, d’humains, de la vaisselle, des aliments. Selon la croyance de l’époque, ils ne mouraient pas mais rejoignaient leurs ancêtres. En retour, les Dieux apportaient santé et prospérité. On espère…Le sacrifice établissait un lien entre les Dieux, le roi mortel et son royaume terrestre.

On a donc retrouvé trois momies exposées chacune leur tour pour ne pas lesm détériorer. Ce n’est plus le glacier qui les conserve aujourd’hui mais des capsules de cryoconservation ( moins glaglamour) qui les maintiennent à – 20 degrés. Les momies sont deux filles de 6 et 15 ans et un garçon de 7 ans. Nos photos sont pris⁹es à partir des vidéos projetées en fin de parcours. Ces enfants vivaient il y a plus de 500 ans, avant l’arrivée des Espagnols.

Jeune fille de 6 ans, assise en tailleur, tête relevée, montrant ses dents.

Garçon de 7 ans ( dessous ) qui était la momie exposée lors de notre visite. Jambes pliées devant lui, cordes blanches sur la tête, bracelet en argent, face cachée. Le crâne était déformé, ce qui révèle son origine noble, élite inca. Les jambes sont attachées et la tête repose sur ses genoux.

La jeune fille de 15 ans. Traces de pigments rouges sur le visage et de feuilles de coca. Les jambes étaient en tailleur et les pieds attachés.

Et on pense aux parents : ont-ils essayé de cacher leurs enfants dont la beauté les mettait en danger de mort ou vivaient- ils ce sacrifice comme un privilège le fait que les Dieux aient choisi leur progéniture ??? On ne saura jamais. Il n’y avait pas d’écrit.

Bon, maintenant on va prendre l’air dans les rues de Salta. Ça va faire du bien 💨

La première étape de la fondation d’une ville par les Espagnols était la place où allait être construite la forteresse, édifice militaire d’où le nom qu’on retrouve partout en Amérique du Sud : la place d’armes. Le City Hall est aujourd’hui un musée historique.

La cathédrale, de style italien comme son architecte, est aussi une basilique parce que le pape Jean Paul Il y est venu en 1987, et a fait un speech du haut de ce balcon.

La cathédrale en extérieur diurne.

Autre édifice sur la place principale. Ce fut d’abord une église jésuite, puis un club BCBG, la maison du gouverneur et enfin un centre culturel. Tout ça de style français. La classe…

Intérieur verrière art déco. Le plafond.

En français sur le socle de la statue : l’aviation donnant des ailes à l’homme. Nous on pensait qu’elle les lui arrachait !

Devant une église. On l’a reconnu, avec ses petits oiseaux.

Et voilà son église, d’abord construite en adobe, puis plus grande en bois, mais elle a brûlé et a enfin été reconstruite en 1800 dans un style italien. Seul endroit d’Argentine où on peut voir un campanile, clocher séparé du corps de l’église.

Intérieur de l’église San Francisco. Pour nos fidèles lecteurs, vous aviez la façade de cette église avec une magnifique lumière dans l’article d’hier. Il faut suivre un peu….🧐

On oublierait facilement que c’est bientôt Noël avec le soleil qu’on a tous les jours. Les décorations ici sont assez basiques, un sapin essentiellement qui nous semble anachronique. Ici une jolie crèche.

L’enfant du pays devenu très célèbre.

De belles demeures dans le quartier rupin de Salta.

Demain, départ vers Cafayate (190 km ) qu’on mettra deux ou trois jours à atteindre selon le profil de la route et l’amabilité du vent. Petit relooking de mon vélo.

Nouvelle surselle……….

Avant. ………………………………………………………………………………………..Après

Et nouveau support du téléphone sans sparadrap !

Le deuxième plateau du 🚲 de Pierre ne fonctionnait plus, il a dû racheter tout le pédalier. Beaucoup moins cher qu’en France.

Art. 4 Impressions d’Argentine

On est au tout début de nos pérégrinations dans ce nouveau pays (on a seulement roulé 320 km depuis la frontière) mais déjà, quelques différences avec les autres pays latins traversés s’imposent à nous. La première concerne l’état des routes et des villages en général. Nos réflexions se basent uniquement sur ce qu’on a vu de ce pays jusqu’à présent. On changera peut-être d’avis plus tard.

L’Argentine est un pays plus propre. À vélo, on a le nez très près des bords de route et on apprécie de rouler dans des paysages non pollués par les détritus en tout genre ! A la sortie de San Antonio, un employé ramassait dans le fossé les deux ou trois bouteilles en plastique qu’un passant ou passager y avait jetées.

On se sent presque en Europe dans une ville comme Salta. Les beaux édifices, les balades dans les rues, le type de magasins, les restaurants. On a l’impression qu’on est un peu rentrés à la maison. Les belles arcades des places principales donnent à la ville un petit air italien. Façade de l’église San Francisco.

On mange beaucoup mieux. La bonne viande en Argentine, ce n’est pas une légende ! La viande est bien cuite et on se régale ! Le choix des plats est bien plus grand, il y a souvent du 🥖 sur la table. C’est ici qu’on a dégusté les meilleurs empenadas, sorte de chaussons fourrés aux légumes, à la viande, au fromage etc. Les vignes argentines donnent aussi des vins de qualité… Pierre se dévoue pour vérifier…Premier verre de vin depuis Noël dernier à Charavines. On ne peut pas dire qu’il abuse…

La vie est plus chère que dans les autres pays que nous avons traversés. Le système bancaire est très folklorique : distributeur souvent indisponible, frais de retraits exorbitants, montant plafonné à l’équivalent de 60 € ( notre auberge de jeunesse, vraiment pas chère, coûte 15 € par nuit pour deux ) des files d’attente interminables devant les banques certains jours. Comme très peu de commerçants acceptent les cartes bancaires, on est tout le temps à la recherche d’un distributeur…et on repaie des frais 🤬.

À vélo, c’est beaucoup plus agréable parce que les voitures font attention à la présence des bicyclettes et klaxonnent rarement. Le pire, question klaxon, a été le Pérou.

On a croisé des Français collectionneurs de voitures anciennes et faisant un circuit de 45 jours entre Pérou, Chili et Argentine. Accueil en musique 🎵 !

Art. 3 Paysages argentins sur la route de Salta

A San Antonio de Los Cobres , 3800m, on a fait la connaissance de deux frères cyclistes, Michel et Yves, Parisiens, qui faisaient une boucle entre Salta et San Pedro de Atacama . La route est magnifique sur les 40 premiers kilomètres. Au programme, la quebrada ( la gorge) del Toro et vallées encaissées. Plaisir des yeux. Et en plus on descend vers les 1200 m d’altitude de Salta.

Passage à niveau bien peu protégé.

On s’est retrouvé tous les cinq au village de Santa Rosa de Tastil (60 km) où on a tous dormi dans la même pièce.

Sur la photo, c’est le petit déjeuner. Sommaire mais authentique.

Si si, ils sont sympas. C’est qu’ils ne sont pas encore tout à fait réveillés…

Préparation des vélos avant le départ.

Le doigt qui montre la lune…ou un doigt d’honneur ??? Au choix.

Les taches vertes sur fond minéral nous rafraîchissent à chaque fois les yeux.

Site précolombien à Santa Rosa.

On est à Salta pour quelques jours le temps de réparer Pierre et son vélo. Pierre pour un plateau à changer et son vélo pour une tendinite… à moins que ça soit le contraire !

Argentine. Art. 2

Depuis le 29 novembre, on est passés avec Jean Pierre, côté Argentine pour rejoindre la ville de Salta, ville la plus importante du nord argentin. Un petit rappel : on a rencontré Jean Pierre sur la route entre Cusco et le lac Titicaca. Cycliste confirmé et lyonnais, il est là pour un voyage de trois mois. Il a déjà parcouru de nombreux pays à bicyclette, pas avec Paulette, mais avec Marie Jo sa femme.

Et comme on change de pays, on change de monnaie! Vive l’euro, ça simplifie le voyage en Europe. Il nous faut donc à nouveau changer de monnaie entre les pesos chiliens et les pesos argentins. On a oublié de faire du change à la banque la veille parce qu’on était occupés à visiter le salar d’Atacama et en soirée, à faire changer la chaîne de vélo de Pierre. Et puis on s’est dit qu’on trouverait un endroit à la frontière pour avoir de l’argent argentin. Et bien non, Nada. Mais, très sympa, le douanier nous a montré une salle où on pouvait sortir nos victuailles et déjeuner en paix 🎶.

Les hommes aux fourneaux.

Notre première nuit sur le sol argentin sera sous la tente. Pas froid la nuit dans les duvets mais eau gelée le matin dans les gourdes.

On a retrouvé les pistes caillouteuses dans les immensités désertiques.

Des milliers de panneaux solaires le long de la piste.

Dans le village suivant, on veut manger mais le patron du seul « restaurant  » refuse notre argent chilien, les dollars et les euros ! On repart donc le ventre vide à la recherche d’un pickup qui pourrait nous emmener avec les vélos dans la ville de San Antonio de Los Cobres, à 60 km d’ici, là où se trouve un distributeur. Entre-temps, une femme nous indique à quelques kilomètres de là, un autre resto tenu par Bryan, qui accepterait qu’on paie en pesos chiliens. Bingo! On mange, on paie et on attend le pickup déniché par Bryan le sauveur . Prévu pour 19 h30, il arrivera à 22 h! A minuit, on fera notre entrée dans la ville de San Antonio de Los Cobres à la recherche du foutu distributeur et d’un hôtel pas cher pour la nuit.💤💤

Chili. Art.1 C’est le Nord !

Comme le dit très justement Sylvain Tesson au sujet du Chili  » c’est un cigare de 4000 km dont le bout incandescent s’appelle la Terre de Feu « . Toujours aussi brillant ce Sylvain ! Et comme on ne veut pas descendre tout le long du cigare pour remonter ensuite visiter l’ Argentine, on va faire des sauts entre les deux pays, selon ce qu’on a envie d’y voir.

Le volcan Licancabur, 5916 m, cône parfait qui délimite les deux pays.

Quand on vous dit qu’il y a du vent dans le coin…

Premières vigognes chiliennes. Pas de chance, on est tombés sur des boudeuses.

La descente jusqu’au désert d’Atacama s’est déroulée sans un coup de pédale à donner sur 40 km ! Ce n’est pas tous les jours qu’on en a l’occasion ! Le vent latéral , les quelques trous sur la chaussée et les pierres éventuelles qui pourraient s’y trouver, nous obligent bien sûr à garder les mains sur les freins et à contrôler la vitesse. Le compteur indiquait une moyenne de 45 km/ heure avec de brèves pointes à 58 . A ces vitesses et en descente, on est concentré à 200 % sur la route qui traverse les terres de ce désert le plus sec du monde et qui s’étend, quand même, sur 100 000 km2 ! Respect. On nous avait prévenus qu’on allait retrouver une chaleur torride le jour et la petite laine le soir.

Le désert d’Atacama: des montagnes, des dunes façonnées par le vent, des salars avec flamants roses, des lagunes , des oasis au vert flashy et des fumerolles. On retrouve les ingrédients du Sud de la Bolivie. Le climat ne change pas parce qu’il y a une frontière. Malgré la difficulté du coin, des hommes y ont habité depuis très longtemps. Des ruines de villages fantômes en sont la preuve. Aujourd’hui, il y a toujours une activité minière importante autour du sel et du cuivre.

Eglise en adobe de San Pedro de Atacama. Construite au XVI e siècle, on a ajouté l’enceinte en 1745 et son joli clocher au XIXe siècle. Sa charpente est faite en cardon, espèce de cactus liés par des sangles en cuir de lamas. On fait dans le local.

San Pedro de Atacama, petite ville très touristique mais très agréable. On retrouve notre copain Jean Pierre avec qui on a gardé contact depuis notre rencontre au Pérou. Il vient de terminer la traversée du Lipez qu’il a faite en entier ! Bravo à lui !

Le volcan Licancabur en fond d’écran.

On est heureux de retrouver du vert !

Dans la vallée de la Luna. Du sable et des canyons. Gypse .

Le salar d’Atacama. Tout en sel et en flamants.

BOLIVIE. Art. 15 De la Bolivie au Chili . On quitte le Lipez.

On se lève et on pense qu’aujourd’hui, on va faire une descente de 40 km sur de l’asphalte ! On remercie au passage le père de cette merveilleuse invention. Bon, comme rien n’est parfait, on retrouvera quand même une heure de ripiot au départ pour grimper jusqu’à la frontière. Malgré notre adaptation à l’altitude, on se surprend à être de nouveau essoufflés. Mais ensuite, on va quitter un 4480 m d’altitude pour rejoindre San Pedro 2000 m plus bas. Et tout ça, au guidon, pas cheveux au vent parce que casque, mais quel bonheur !

Dernière image du Lipez.

Derrière nous, la Bolivie. Dernier ripiot du pays. On ne pleure pas.

Le poste frontalier au milieu de nulle part. On récupère le sac que notre chauffeur de 4X4 y avait déposé. Tout y est.

Nos sacoches sont à nouveau complètes.

On voit tout de suite que le Chili est plus riche. Panneau bolivien et panneau chilien, piste bolivienne et asphalte chilienne.

Comme tant de cyclistes avant nous, nous l’avons embrassé. Eux seuls peuvent comprendre.

BOLIVIE. Art. 14 Sud Lipez : Suite.

Deuxième journée. 22 novembre

On a quitté les geysers pour les thermes de Polques. Ce sera la journée la plus courte et la plus agréable car pas mal de descente les dernières heures. On est heureux de se glisser dans les eaux très chaudes du bassin avec, autour cette immensité omniprésente. On a pédalé seulement quatre petites heures , c’était les vacances ! Et plein de gens sympas avec qui échanger. On dormira dans la salle de restaurant.

Troisième jour. Des thermes de Polques aux lagunas Verde et blanca. Des côtes au départ et on se réjouissait de savoir, par les chauffeurs de 4×4 , qu’après, on n’avait que des descentes! Mouais… C’est vrai, mais descentes en voiture ou à vélo, c’est pas pareil ! Le pire pour les cyclistes c’est ça :

Vous imaginez un champ qui vient d’être labouré avec de beaux sillons et vous, avec votre vélo, vous décidez de rouler là dedans…c’est la sensation qu’on avait. Après quelques heures, on entend un 4×4 arriver couvert de vélos sur son toit, et puis un deuxième 4×4 . Coups de klaxon, tout le monde descend voir les deux cyclistes. Des Coréens et Coréennes super sympas qui viennent faire la descente du dernier jour vers le Chili, mais qui, pas fous, traversent le Lipez en voiture. Leur guide, beau gosse anglophone, traduit les questions du groupe. C’est marrant, on entend des Oh! d’admiration et on a le droit plusieurs fois à des applaudissements ! Merci Séoul. Et là, le guide a une super idée : nous prendre des sacoches pour les déposer dans un hôtel, la Cabaña, près de la lagune Verde. On en donne trois sur cinq, on garde l’eau et la bouffe évidemment.

On pensera souvent à tous les cyclistes qui font la traversée avec tout leur matériel parce que nous on a déjà délégué des affaires pour faire de la place dans les sacoches et pouvoir mettre les provisions achetées à Uyuni. On avait fait un grand sac à Uyuni regroupant tout ce qui était inutile pour le Lipez, surtout des vêtements, et on a demandé à Nelson, le chauffeur qui nous a déposé à La Laguna Colorada , s’il pouvait confier ce sac à la frontière au bureau bolivien des migrations. L’idée n’est pas de nous, on avait vu ça sur un blog. On n’aura aucune mauvaise surprise, ni avec Nelson (Mammut expéditions, très bien) ni avec les Coréens. On en rencontrera d’ailleurs d’autres, toujours aussi ouverts et avenants.

La vie envers et contre le monde minéral.

On a passé la journée plus à pousser qu’à pédaler et on espère qu’au détour du virage, on va enfin apercevoir la Laguna Verde avec l’hôtel sur sa rive….Quand on parvient au lac, une toute petite bâtisse se trouve très loin, et de l’autre côté du lac! On n’a vraiment pas mérité ça ! Et on ne sait pas s’il vaut mieux essayer de longer la lagune ou bien rester sur la piste qui nous semble faire une grande courbe. On choisit de coller au lac. On ne saura jamais pas si c’était la meilleure solution.

Le trait blanc c’est l’hôtel !

Pierre ou un grand moment de solitude…

À l’hôtel ( pas d’eau chaude, pas de douche, on est dans le désert quand même !) de belles rencontres nous attendent, Robert et Daisy installés en Équateur depuis trente ans , trois cyclistes français, un couple Thomas et Wendy et leur copain Luc, avec qui on échange des infos . Le couple est parti depuis dix mois et ne sait pas jusqu’à quand il va voyager. Bonne route à eux !

Ce jour là, on aura pédalé/ poussé 7h30 pour faire…36 km 😩. C’est vous dire le peu d’efficacité. Mais demain, ce sera la fête !

Bolivie. Art. 13 le Sud Lipez. Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️

Depuis hier, dimanche 24 novembre, on est arrivés au Chili ! On ne pouvait pas se connecter plus tôt.

Le Sud Lipez se trouve tout au sud de la Bolivie et dans quatre jours, on passera la frontière chilienne pour se retrouver à San Pedro de l’Atacama.

Pour se préparer, on a beaucoup lu et apprécié le blog mezzarobertabicyclette.wordpress qui est très précis sur les distances, dénivelés, lieux de bivouac ou d’hébergements. On vous le conseille. Petite erreur : la dernière étape vers le Chili est de 47 km et non de 67 km.

Le Sud Lipez, c’est une région sauvage désertique avec des lacs d’altitude de différentes couleurs surveillées du coin de l’œil par des montagnes et des volcans de plus de 5000m.

La lagune Hedionda

Parallélisme.

Ici on ne roule plus dans le sel, on fait maintenant dans les pistes rocailleuses et cahotantes. Les gens normaux font une excursion de trois ou quatre jours en 4×4 et repartent contents. Ils ont « fait » Le Lipez.

Pour un cycliste, le Lipez c’est l’Epreuve à tenter. Pour donner l’ambiance, certains le classent dans les pires pistes cyclables du monde !😰D’autres disent : ce n’est pas de la piste cyclable, c’est un parcours d’endurance…Nous voilà prévenus. Mais il paraît que c’est tellement beau !

La Laguna Colorada. Des algues donnent le ton rouge (pas le thon rouge !😄) . Le blanc n’est pas du sel mais du borax, une espèce minérale. C’était utilisé comme détergent , dégraissant et actuellement on le trouve comme conservateur dans les œufs d’esturgeon !

Lamas et flamants se partagent les rives.

Alors Lipez à vélo ou pas Lipez ? Du nord au sud il faut compter entre sept et dix jours. Il faut prévoir évidemment nourriture et eau, même s’il y a des points de ravitaillement à certains endroits. Ce qui nous effraie, surtout moi, c’est qu’il faut souvent pousser le vélo !!! Autant j’ai les jambes en acier, autant j’ai les bras en semoule. Et moi qui pensais que le vélo était un sport de jambes 🦵 !

Finalement, on a coupé la poire en deux : on s’est fait déposer en 4×4 à la laguna Colorada avec nos bagages et vélos, lieu d’où on pourra pédaler les quatre jours nécessaires pour traverser le Sud Lipez et terminer par une belle descente de 40 km (récompense !😀) qui nous conduira au Chili.

On fera donc  » seulement  » le Sud Lipez.

Notre première étape : Laguna Colorada / geysers de Sol de Mañana. (26 km pour nous).

Pourquoi pour nous ? Le chauffeur du 4×4 , sachant qu’on faisait la suite à vélo, nous propose de nous emmener 10 km après la Laguna pour dormir dans un petit hôtel, ce qui nous fera 10 km de moins le lendemain. Il a dû avoir pitié ! Il sait, lui, ce qui nous attend.😂 On hésite un peu, se disant que l’étape ne sera pas vraiment complète et puis finalement on accepte…et le lendemain on ne regrettera pas !!!

Jeudi 21 novembre.

On savait que ce qui faisait le charme du Lipez, c’était ses pistes ensablées ou en tôles ondulées , ses cailloux, ses côtes et son vent ! Et bien pour la première journée, on a pris toutes les options ! C’est plus drôle. D’abord le sable…et là on a inventé un nouveau mot pour un nouveau sport que tous les cyclistes du Lipez connaissent : le pédibike.

Kesako? On ne fait pas de la marche à pied, on ne fait pas du vélo, on fait de la marche à vélo ! Crevant. Il faut pousser l’engin et le corps est penché sur le côté vers le guidon tout en écartant les jambes du vélo pour éviter les coups de pédales dans les chevilles ! Petits saignements de la cheville pour Pierre et moi. Un point partout. Le pédibike, tout un art…Pas d’autres solutions…La première heure, on a fait…4 kms 😞et encore, c’était sans le vent. Lui est arrivé après et bien de face !

Alors on pense à quoi quand on pousse comme ça ? Pierre aimerait déjà être allongé sous la tente ⛺️ à l’abri du vent et moi je me vois chez moi à Charavines près du poêle, assise dans un fauteuil à faire un mots croisés de Michel Laclos, un bon cappuccino ☕️à la main! Mais pour ça, il va falloir attendre un peu. Pour Pierre, quelques heures, pour moi, quelques mois.

Je suis à pousser le vélo quand soudain un truc bizarre à l’arrière. Mon porte – bagage porte toujours les bagages mais…par terre ! Je me dis qu’il s’est désoudé ! Ah ! Bah ça va être facile de trouver un soudeur dans le coin! Quand je rejoins Pierre, il me dit que c’est moins grave que ce que je pensais. Deux vis sont parties, une est perdue. Avec toutes ces vibrations…les boulons se déboulonnent ! Pierre rafistole avec du fil de fer en attendant mieux. La réparation nous a fait perdre plus d’une heure. Mais ça tient.

Sur les pistes, des 4×4 nous croisent, souvent avec des gestes d’encouragement, on est pris en photo et parfois ils s’arrêtent pour en savoir plus sur les deux énergumènes qui pédalent contre vents et rocailles. Aujourd’hui, échanges avec un groupe de Français très curieux de notre aventure puis un peu plus tard avec des Polonaises qui compatissent et nous offrent bonbons et chocolats ! Énergie, énergie !

Sur les 26 km, on a poussé le vélo 18 km et souvent dans des côtes ! En fin de journée, je croyais que mes bras allaient tomber mais non, ça tient encore ! Après 16h, le vent devient très froid. On a fait 641 m de dénivelé positif et on est maintenant à 4925 m. Petit le Mont Blanc ! On sait qu’il y a une bâtisse près des geysers qui sert de dépotoir contre laquelle on peut mettre une tente et s’abriter du vent. A un embranchement, Pierre me dit : e ui a ur e ê a a ! Oui Pierre c’est très drôle mais je ne comprends rien. Tu peux parler normalement ? En fait il a les lèvres gercées et engourdies par le froid …..Avec les consonnes c’est plus facile : je suis ne pas sûr que c’est par là! Rassurant…

Les fumerolles qu’ils appellent geysers.

Ça sent le soufre ! L’enfer…minéral.

On voit un bâtiment militaire, on sait que parfois des cyclistes y ont dormi. Mais là personne et le portail est cadenassé. Trois ou quatre kilomètres plus bas, on a aperçu les geysers qui sont en fait des fumerolles et, un peu à l’écart, notre ruine qui nous abritera pour la nuit. Impossible d’allumer le réchaud avec ce vent et de toute façon, on est trop crevés ! Ce sera boîte de thon sous la tente et paquet de gâteaux. 💤💤

Aridité. On n’était pas gênés par le voisinage.

Petit déjeuner. Pour les croissants 🥐 chauds, on va attendre un peu…

On n’aura pas du tout eu froid et pourtant au petit matin, on trouvera des cristaux de glace à l’intérieur du double toit et on a cassé les glaçons de la gourde pour faire le thé ! Il devait pas faire chaud dehors malgré la présence des fumerolles dont on a entendu toute la nuit les borborygmes .

On aura mis neuf heures pour faire les 26 kms….Le vent nous quittera seulement vers une heure du matin ! Suite tout à l’heure pour les autres jours…

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BOLIVIE. Art.12 Salar d’Uyuni ! On l’a traversé à 🚴🏻‍♀️

Avant le grand départ dans le monde du blanc et du silence, quelques vues du volcan Tupunha qui domine le village de Tahua.

Tahua et son hôtel de sel. Trop cher pour nous. La note est ….salée !!!

On a dormi dans le seul hospedaje du village qui nous suffisait bien.

Très beau à l’intérieur mais absolument personne. Le prix (130$) et la crise bolivienne.

Salar d’Uyuni.

On a fait la traversée prévue ! On est très contents. Ce n’est pas un exploit, juste une satisfaction personnelle ! La première étape était la mise en condition : 39 km seulement mais avec beaucoup de vent de face.

La piste à Tahua qui nous lance dans le salar.

Au revoir aux lamas et vigognes de Tahua avant la traversée. Lever à 5h45, petit déjeuner à 6h30 et départ 7 h du matin.

Un peu d’eau au départ.

La fin de la piste. Il va falloir y aller…

Ça y est. On est dans le vif du sujet. On laisse ces montagnes derrière nous. On ne peut pas se perdre , la route a été tracée par les 4×4.

Le sel forme des polygones suite à l’assèchement du salar. Il est recouvert d’une fine pellicule d’eau de janvier à mars.

On aura beaucoup de vent mais ça ne se voit pas ! Sur le sol une marque pour les 10 et 20 kms. On n’a pas vu les 30 kms. Effacés ?

La route semble plate mais on a sans cesse des soubresauts dus aux rebords des polygones. Nos vélos ne laissent pas de traces, le sel est trop dur.

C’est la pause craquotte . Je fais la maline mais j’ai super mal au dos sur le sel très dur qui forme des picots.

Île d’Incahuasi ou île des pêcheurs. Des cactus géants qu’on utilise pour faire des portes, des barrières, des meubles.

De nombreux drapeaux à l’arrivée. Oiseau sur table de sel.

Coucher de soleil. L’île nous appartient après le départ d’une kyrielle de 4×4 venue déposer des touristes le temps d’une demi- journée.

On campe ici. C’est autorisé à partir du moment où vous avez payé le droit d’entrée. Un gardien nous proposera de dormir dans le petit musée. Il a peur qu’on ait froid. On le remercie mais on préfère la vue sur le salar.

Tables en sel. Camion citerne qui alimente l’île en eau.

Lever du soleil.

Petit déjeuner suivi de rencontres sympas avec les touristes venus en 4×4 admirer le lever du soleil. Français , Allemands, Coréens, Portugais, Australiens, le vélo est un excellent moyen de communication.

Deuxième partie de la traversée : 79 km vers Colchani et 21 de plus jusqu’à Uyuni si on n’est pas morts ( de fatigue) avant. On fait de temps en temps des exercices d’assouplissements pour diminuer les quelques vilaines douleurs qui se cherchent une place dans les reins et la nuque. 😩

Quelques kilomètres avant Colchani, le sel est davantage ocre que le blanc des premières heures de vélo.On ne sait pas pourquoi.

On n’a jamais eu froid, on a remis régulièrement de la crème solaire mais il y avait beaucoup de vent 💨. Et là, il faut pédaler plus fort !

Lieu où se trouve un hôtel de sel, à 7 km avant Colchani. Les groupes de touristes y déjeunent. A nouveau, rencontres sympathiques avec deux couples de Français.

Le Dakar est passé par là…Nous aussi…Et on pollue moins.

On retrouve à Colchani l’ambiance « il était une fois dans l’Ouest « . On cherche toujours l’harmonica…Pas vu Charles Bronson…

Pierre, en soulevant son vélo pour remettre sa chaîne qui avait sauté sur ces foutus rails, a cassé sa deuxième selle ! Mais il a fait rapido une réparation provisoire pour terminer dignement l’étape jusqu’à Uyuni. Alors que maintenant, on roule sur une belle route asphaltée, on est pris les huit derniers kilomètres dans une vraie tempête avec pluie et vent glacé, des bourrasques qui nous déséquilibrent et nous obligent à rouler à six à l’heure ! Alors qu’on arrive au bout des cent kilomètres de la journée, on se dit qu’on ne méritait pas ça ! Le paradis sera une douche brûlante et un bon lit. 🛌💤

BOLIVIE. Art.11 Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️. De Oruro jusqu’au salar d’Uyuni

Si on choisit cet itinéraire pour la beauté des eaux bleues du lac Uru Uru puis de celles du lac Poopo, c’est raté. Pas une goutte d’eau. A sec le Poopo. Et le copain aussi. Pour une petit baignade, il faudra plonger ailleurs. Le Poopo était pourtant le second lac de Bolivie mais depuis 2014, son assèchement s’est accéléré. Sûrement lié à l’agriculture ou à des multinationales comme Nestlé qui a détourné, il y a quelques années, des rivières au Brésil, pour arroser ses cultures et affamer des villages entiers. À revoir le documentaire terrifiant sur l’état du monde « We feed the World ».

Oruro / Pazña : 85 Km.

Altiplano ennuyeux mais facile. On le répète, les paysages sont moins grandioses que côté Pérou. C’est notre humble avis. Une voiture ou un camion nous croisent tous les quarts d’heure, et encore. Peu de risques d’accidents. On a eu la chance de trouver un endroit sympa pour dormir mais qui n’est pas indiqué alors nous on vous l’indique 😌 ! . C’est davantage une chambre chez l’habitant qu’une chambre d’hôtel et c’est pour ça que c’est sympa. Quand on rentre dans le village, Côté gauche, il y a un mur bleu clair avec trois étoiles peintes. Vous y êtes. C’est d’abord une petite boutique et derrière une courette avec des chambres. Chambre très propre mais Baños avec seulement un lavabo et de l’eau froide. (50 bolivianos/ 7,50€). Bon petit déjeuner (10 bs /1,30€).

Pazña / Santuario de Quillacas: 91 km.

Pas de difficultés si ce n’est le vent qui s’invite parfois. Une belle côte à l’arrivée . Une grande différence avec le Pérou et l’Equateur, c’est qu’on croisait régulièrement des échoppes où on pouvait boire ou manger quelque chose. En Bolivie, on peut rouler 40km sans rien. Parfois au loin, chouette des maisons ! Oui, seulement des maisons. Rien où s’arrêter. La Bolivie est plus austère.

Attention important : avec les événements dans le pays, beaucoup de banques et de distributeurs vers le Sud n’ont pas été fournis en argent, les convoyeurs n’ayant pas pu convoyer. Prévoir de retirer des espèces à Challapatas ( entre Pazña et Quillacas) car Rien sur Sallinas en ce moment. Et comme partout il faut payer en espèces…

On longe la ligne de train qui emmène les voyageurs jusqu’à la ville d’Uyuni mais ce n’est pas notre destination pour le moment. On veut traverser le salar du Nord à l’Est et donc sortir à Cochani puis ensuite rejoindre Uyuni.

Ambiance « il était une fois dans l’ouest « . On cherche l’harmonica 🎶.

Légers sur la sécurité, les passages à niveau!

Hébergement à Quillacas : maps.me et un panneau à l’entrée du village nous en indiquent un. Il est fermé. Un clochard essaie de nous aider. On va à la mairie qui nous confirme qu’il n’y a rien. On demande si on peut installer notre tente sur la place car on a repéré de loin un kiosque qui nous protégerait du vent et éventuellement de la pluie. Pas de problème. Mais quand on y va, il y a de l’eau sur le sol. On décide d’aller voir du côté de l’église qui surplombe la place. L’église est entourée de murs aux quatre coins desquels se trouvent des niches assez grandes pour qu’on puisse mettre notre tente dans l’une d’entre elles. On n’a pas du tout eu froid mais le passage répété de plusieurs personnes d’un portail à un autre et le vent qui faisait voler des papiers nous ont empêchés de bien dormir 💤. Incroyable mais on n’a pas trouvé non plus un endroit pour manger !Heureusement qu’on a toujours un petit quelque chose dans les sacoches. Dîner : pâtes sauce tomate 🥫 . Petit déjeuner : thé et pain sec 😞. Le clochard repassera nous voir se demandant où on avait dormi.( nuit : 0 boliviano/ 0 €).

Notre sweet home. Vue de notre tente.

Quillacas / Sallinas: 96 km.

Plus on avance vers Sallinas, plus les paysages se redessinent autour des champs de quinoa mis en valeur par les sommets qui semblent s’être rapprochés. Les côtes s’accentuent dans les quinze derniers kilomètres. Pour la première fois depuis sept mois, je ne suis pas en forme après la nuit passée à guetter l’origine des bruits autour de la tente. Maux de tête, nausées, bref une migraine. On se rêve au fond de son lit et on se retrouve la tête dans le guidon parce que de toute façon, ici il n’y a pas de lit pour y être au fond ! On revoit nos plans de route à la baisse.

Épouvantails dans un champ de quinoa.

Carte en main, le prochain village où, peut-être, on trouvera une chambre, est à 50 km (Tambillo). C’est mieux que les 96 km prévus initialement…Et on arrive à Tambillo, village fantôme où on ne verra que des enfants ! Ils nous indiqueront un robinet dans l’école. On mangera nos flocons d’avoine et on repartira pour la suite. Après une courte sieste sur le bord de la route et un deuxième doliprane, je vais beaucoup mieux mais j’abandonnerai Pierre pour les 35 derniers kilomètres car je ne veux pas forcer. On a fait signe à un combi qui passait. Mon vélo est monté sur le toit et moi dedans avec mes sacoches. Pierre me rejoindra deux heures plus tard à Salinas.

Le village fantôme.

Super hôtel, Camana Inn, avec douche chaude dans la rue qui mène à la place de l’église et un bon petit déjeuner. Le lendemain, repos…avant le Grand Blanc !