Japon Article 43. Deux vélos à TOKYO

Bientôt le bilan…

Frayeurs de cycliste.

On se disait depuis un petit moment que Tokyo allait nous faire souffrir en tant que cyclistes et qu’on abandonnerait les vélos dès notre arrivée.

Parce que la plus grande ville du monde avec ses 14 millions d’habitants, 41 millions dans le grand Tokyo, parce que trafic intense, parce que bruit assourdissant d’une mégapole, parce que difficulté de trouver une adresse dans cette ville, parce que tellement de touristes!

Bonheur du cycliste.

On se disait tout ça et on avait tout faux. On avait juste oublié une chose. Tokyo se trouve au Japon. Si si. Et le Japon c’est l’organisation, c’est la gentillesse, la même attention qu’ailleurs dans le pays qui consistent à ne pas gêner l’autre et si besoin, à l’aider. Exemple. Une voiture arrive perpendiculairement à nous sur notre gauche . Du coup, nous nous arrêtons et posons pied à terre le temps qu’elle puisse passer . À chaque fois que c’est possible, la voiture recule pour nous laisser la voie libre. Avec un sourire de la part du chauffeur. On a observé cette façon de laisser passer l’autre avant soi dans des rayons de magasin un peu étroits, dans les escaliers si celui qui nous suit est plus rapide. Et l’autre personne de s’incliner pour remercier. Et cette façon de faire s’applique entre eux bien évidemment. Une phrase du GDR qu’on aime bien : « Tokyo, un univers urbain électrique, trépidant, étincelant qui cache une grande humanité ».

De nombreux vélos parcourent la ville, tranquillement, sans heurts. Plusieurs options s’offrent à eux.

La piste cyclable.
En plein cœur de la ville avec la pointe de la Skytree Tower en arrière plan.
La bande cyclable. On peut aussi rouler sur les trottoirs très larges quand on voit le logo vélo.
Un couloir pour les vélos auprès des passages pour piétons.

Pères ou mères circulent avec souvent deux enfants sur la bicyclette, un devant, un derrière.

Pas de bruit assourdissant dans les bouchons puisque les voitures sont souvent électriques, l’allure modérée, pas de musique à fond, et on n’a jamais vu un excité au volant. Si on veut un bruit infernal, il faut se rendre dans les salles de pachinko, machines à sous. Mais on n’est pas obligés…

Quant à l’orientation et aux adresses qui sont, paraît-il, un vrai casse-tête dans la capitale même pour les autochtones, notre GPS nous a toujours conduits au bon endroit avec, parfois, l’aide spontanée d’un passant. Hésiter permet de rencontrer du monde.

Dès notre arrivée, notre impression était positive. D’ailleurs comment savoir si on est arrivés ? Nulle part, contrairement à la France, on a vu un panneau avec un nom de ville écrit. Même en caractères japonais. C’est le GPS qui nous fait savoir qu’on a atteint la destination. Le touriste qui descend de l’avion sait où il se pose. Mais quand on pédale dans des coins où les villes se rejoignent, c’est moins évident. Lorsqu’on part de Yokohama vers Tokyo et qu’on sait que le grand Tokyo couvre 2 188 km2 (Paris 105km2), on se dit au bout d’un moment, qu’on doit déjà y être. Réflexion confirmée par un passant.

On avait en tête les images de jungles d’autoroutes souvent montrées dans les médias, les forêts de gratte-ciel, des kilomètres de bouchons. C’est, en effet, la première vision des touristes qui traversent ce décor pendant plus d’une heure entre l’aéroport et le cœur de la ville. Mais nous, notre arrivée à vélo s’est faite en douceur et notre premier quartier est tout tranquille pour notre première nuit.

Tokyo. Toujours les petites supérettes. Et comme partout au Japon, un réseau aérien de câbles électriques qui n’est pas très esthétique. Cela nous rappelle l’Amérique du Sud. Mais la raison en est simple: les tremblements de terre. Ils empêchent l’enfouissement dans le sol. En cas de désastre, c’est plus facile d’aller chercher le fil en l’air que sous terre.
Toujours des izakayas où on mange pour trois francs six sous.

Dans la ville, on a testé différents types de transport. Le vélo, le métro, les pieds. Les trois ont leurs avantages. On a profité des trois.

Préparatifs du retour

J’écris ce soir dimanche 3 décembre et on part mercredi. Avec le décalage horaire, on arrive aussi mercredi ! On s’est déjà rapproché de l’aéroport qui se situe à plus de 70 kms de Tokyo. Demain il nous restera une petite cinquantaine pour nos derniers coups de pédale au Japon. On a passé une semaine à Tokyo et les deux dernières nuits sont calées à Narita. L’hôtel réservé est seulement à 450 m de notre terminal. On se dit que s’il le faut, on peut porter nous mêmes nos cartons de vélos à pied. Yuka a téléphoné de notre part à un magasin de vélos à Narita qui doit nous mettre deux cartons d’emballage de côté. Super. La mauvaise nouvelle est que les cartons font 140 cm de long au maximum alors que nos vélos sont arrivés dans des cartons de 170 cm. Moins super. Il faudra donc enlever les deux roues au lieu d’une ainsi que les supports des sacoches. On n’est pas sûrs que les deux roues entrent dans le carton. On a commencé par téléphoner à Air France, notre compagnie, pour savoir s’ils vendaient des cartons à vélos. Eh bien non. On se dit que ce n’est pas la place que ça prend quand ils sont plats et que la compagnie pourrait en avoir une dizaine à disposition des cyclos. Mais non. Sorry. À toi d’arriver avec ton carton.

On a acheté deux très grands sacs ultra légers qui nous serviront à mettre les sacoches et leurs contenus dedans puisqu’on a jeté les nôtres à Séoul, il y a bientôt quatre mois. Et on y mettra la deuxième roue si besoin. Enfin on espère…On a le droit à 23 kg chacun en soute. Le rouleau de scotch est acheté, on a nos outils mais en cas de besoin, il y a un endroit dans l’aéroport où des outils sont prêtés pour le montage et démontage.

Découvrir Tokyo.

Notre idée de départ a été d’alterner les balades à pied dans les quartiers les plus typiques, visiter des musées emblématiques, respirer dans quelques parcs de la ville, faire du shopping (on n’a rien acheté depuis le début), découvrir la faune marine de la baie de Tokyo sans se mouiller et puis savoir simplement s’asseoir pour regarder la vie qui passe.

Le quartier RYOGOKU.

Fief du sumo. Malheureusement, on sait depuis longtemps que les derniers combats ont eu lieu et qu’après mi novembre, les sumotori partent en vacances voir leur girlfriend ! C’est ce que nous a dit le gars de l’office de tourisme.

Le stade où se déroulent les combats à Tokyo. Ils n’ont lieu que trois fois par an ici: en janvier, mai et septembre. Un très beau bâtiment qui abrite le musée du sumo.
Un peu rachitiques pour des sumotori. Eh bien non. Au Japon on n’emploie pas ce terme pour désigner les lutteurs de sumo. On dit les Rikishis.
La hiérarchie parmi les rikishis. Actuellement, il n’y a qu’un seul yokozuna en activité. Grade suprême. Il a été promu en 2021. Depuis le comptage officiel qui a débuté en 1789, il y a eu seulement 73 yokozuna. On ne peut pas perdre ce titre mais si on n’est plus à la hauteur, il faut se retirer de soi-même.
Un beau Rikishi. Mais pas Rikiki.
Sa jupette ou plutôt son tablier s’appelle un Kesho- Mawashi composé d’une grande pièce de soie et brodée avec des fils de soie, d’or et d’argent. Il est revêtu lors de parades. On retrouve les papillotes blanches des rituels shintoïstes qui ouvrent les tournois et rendent le ring sacré.

De très beaux Kesho- Mawashis en vitrine dans le musée.

Pour les combats, la tenue est plus sobre. Une bande de tissu qui mesure entre six et huit mètres de longueur. Elle peut peser jusqu’à quatre kilos. Mais vu le poids des bébés….Ce mawashi est coloré pour les compétitions mais seulement pour les deux groupes les plus gradés. Attention, si le lutteur perd son string lors d’un combat, il est disqualifié. Non mais.

On se promène dans le quartier à l’affût d’un Sumo. Je pense en avoir vu un qui payait un parcmètre. Très grand, très costaud, très classe. Après il est difficile d’aller le voir et de lui dire : bonjour Monsieur, vous êtes sumo? Non, je suis gros c’est tout. L’entreprise est délicate…

Leur restaurant.
Dans un centre commercial, un Dohyô . C’est le ring des Rikishis. Une plateforme recouverte de sable. Ce sont des bottes de paille de riz qui forment le cercle qui mesure 4,55 mètres de diamètre.

Mais au fait quelles en sont les règles ?

D’abord on salue l’adversaire en frappant ses deux mains sur les cuisses et un pied au sol. Ensuite on essaie de le pousser en dehors du dohyô ou alors de faire en sorte qu’une partie de son corps touche le sol (sauf les pieds évidemment). Voilà. C’est simple.

Tout le quartier est d’inspiration sumo.
Entre les érables rouges et le doré des Ginkgos Bilobas, on a été gâtés.

Et puis dans le même quartier, le musée Hokusai. photos interdites.

Hokusai peint sous le regard attentif de sa fille. Peintre, dessinateur et graveur sur bois.

Tokyo. Suite demain.

Japon Article 42. L’automne au Japon

Débuter une description de Tokyo en commençant par l’évocation de la nature à travers ses nombreux parcs nous plaisait bien.

Les Japonais le nomment Momiji koyo. Les feuilles rougeoyantes des érables.

On l’a souvent constaté, et on en a parlé avec Yuka, 20 ans à Imari, qu’on a retrouvée avec joie à Tokyo, les Japonais sont des contemplatifs. A Shikoku, au festival des cosmos, ils louaient des bungalows pour admirer le temps d’un week-end deux ou trois champs de fleurs. Dans les cafés à animaux ou au bord de la mer sur la péninsule de Miura, ils restent longtemps, immobiles, le gros appareil photo autour du cou, à observer un chat pour en saisir la substantifique moelle…Autour des musées, on s’assoit et on contemple un plan d’eau, des arbres. Tout à l’heure, dans le très beau musée national de Tokyo, plusieurs personnes avaient des jumelles de théâtre pour admirer les détails de tel tableau ou personnage dans les vitrines. On prend le temps de regarder. Dans les choses simples, trouver l’important. Connaître la sagesse et la beauté des choses imparfaites, incomplètes, impermanentes, ou de la nature dans la simplicité, c’est le concept esthétique et spirituel de la culture japonaise traditionnelle. C’est ce qu’ils appellent Wabi Sabi.

Assez parlé. Tableaux d’automne dans le parc de Rikugi-en à Tokyo.

Maison de thé.

Momiji

Japon Article 40. Encapsulage à Yokohama (1)

On s’était dit qu’on testerait au moins une fois un hôtel capsule, logement typique du Japon. Ils ne sont peut-être pas tous faits exactement de la même manière alors précisons que celui dont on va parler est à Yokohama. La nuit pour deux personnes a coûté 47 €. Chacun dans sa capsule et dans son couloir. Ici pas de mélange des genres.

Contrairement à certains hébergements où on entre sans voir personne, ici il y a quelqu’un à l’accueil, serviable et sympathique, pléonasme au Japon, qui nous donne un numéro pour la consigne et un numéro à taper sur un clavier électronique pour accéder au couloir des lits et aux sanitaires.

Les sacoches devant mon antre. Tout est très propre.
Les pantoufles, fournies, me permettent de localiser mes voisines d’un soir. Que des Japonaises. Echelles éclairées. Capsules sur deux niveaux.

Maintenant, nous allons faire le tour du propriétaire. Ce sera assez vite fait. C’est toujours amusant de recevoir la confirmation de la réservation et de lire Superficie de la chambre : 3 mètres carrés.

Voilà l’intérieur. Ventilation. Deux serviettes fournies, à l’accueil on pouvait se servir en brosse à dents, dentifrice et brosse à cheveux. Toujours savon et shampooing à volonté. Toujours des sèche cheveux. Les Japonais se lavent les cheveux tous les jours.
A la tête du lit, deux types de lumière modulable, prises électriques, wifi et petite étagère.
Côté penderie, on fait dans le dépouillé : un cintre et un sac. Ça suffit. Les bagages sont déposés à l’entrée du couloir.
J’ai fermé la porte. Le bouton lumineux permet d’éteindre les lumières intérieures sans avoir à replonger dedans.
Mais il y a aussi des lieux collectifs. Tout en haut la terrasse avec salon, et au même niveau, une salle très sympa avec bouilloire, micro-ondes, réfrigérateur et tables.
Oui, on en aura GOOD memories….on ne fera qu’une nuit parce qu’on a trouvé moins cher ailleurs en dortoir, ce qui ne fait pas une grande différence d’hébergement.
Radis blanc on the beach.

Plus on se rapproche de la capitale, plus on trouve que les maisons perdent de leur cachet, souvent de belles maisons mais qui n’ont plus grand chose de japonais.

Yokohama, plus grand port du Japon, est la deuxième ville du pays par son nombre d’habitants. On ne l’avait pas prévue au départ mais elle valait vraiment une étape de trois jours. C’est par Yokohama que le Japon s’est ouvert sur le monde extérieur après la fermeture du pays aux étrangers qui a duré quand même plus de 200 ans. Mais pourquoi le pays s’était- il fermé ? A cause des missionnaires catholiques qui voulaient convertir les Japonais. Ça n’a pas plu au Shogun qui a viré tout le monde et qui a fermé la porte. C’est seulement en 1859, une date qui n’est pas si éloignée, que le Japon a été contraint par un traité d’ouvrir ses ports aux commerces internationaux. Et Yokohama fut le tout premier.

Un somptueux quartier chinois, le plus grand du pays.

Des centaines de restaurants et de boutiques.
Détail d’un pilier du sanctuaire Kanteybyo où le dragon, grâce au travail ciselé de la serpentine et de ses parties ajourées, semble vouloir s’en échapper.
Vue du port la nuit.
On y a même croisé Batman à l’entraînement.
Navire école.

A suivre…

Japon Article 39. Péninsules

Dans le planning de départ, on avait prévu de faire le tour de la péninsule d’Izu mais il faut savoir réajuster l’itinéraire en fonction du temps qui nous reste et, la météo étant incertaine, on n’y fera qu’une petite escapade pour rouler, plus au nord, vers une autre péninsule moins connue mais toute jolie aussi, la péninsule de Miura. Finalement on a eu un temps magnifique.

La baie de Sagami se situe à une soixantaine de kilomètres seulement de la mégalopole tokyoïte. Elle est très fréquentée par les citadins le week-end et beaucoup habitent même dans le coin. On les comprend.

On s’est arrêtés à Atami, petite ville balnéaire avec son port, ses spécialités de fruits de mer, son téléphérique, ses onsens et son arbre millénaire.

Dans certains restaurants, le choix est laissé au client de manger à la japonaise assis sur les tatamis ou bien à l’occidentale dans une autre partie de la salle.
Partout dans le pays, les Japonais peuvent mettre une pièce et attraper un gadget dans une coque en plastique. On appelle cela des Gachapon. On peut, à l’aide d’une pince, obtenir une mini figurine de manga, de jeux, un porte-clés, des répliques d’aliments etc…même les adultes participent. C’est un peu comme un cadeau de Kinder Surprise mais sans le chocolat.
On part visiter le Kinomiya Shrine. Les gens mettent une pièce et déplient un papier sur lequel une prédiction est écrite.
Passage de toriis après les ablutions. On est rodés.
On est venus voir le camphrier géant sacré qui a 2000 ans. Une vieille histoire de frais de justice pas réglés où on décide, en guise d’acquittement, de couper des arbres. Mais, quand arrive le tour de celui qui va devenir célèbre, un vieil homme aux cheveux blancs apparaît et brise la scie maléfique. Les gens du coin concluent à un message divin. Il y a de quoi. Depuis, interdit d’y toucher. Il mesure aujourd’hui 24 mètres de large et 26 mètres de hauteur. Le rituel consiste à faire le tour du tronc en caressant ses racines. On gagne une année de vie en plus. Il aiderait aussi ceux qui veulent arrêter de boire et de fumer. On n’a pas fait le tour de l’arbre….

Quelques photos pour montrer notre hébergement quand on est en dortoirs. C’est la formule la moins chère. Entre 12 et 20 € par personne. C’est toujours très propre et ça permet de rencontrer d’autres voyageurs. On avait normalement un Couchsurfing mais le couple a annulé car leur fils aîné était malade. On comprend.

À chaque lit, une lumière et des prises électriques. Un rideau et toujours une bonne literie.
La penderie…un peu rustique mais nous on laisse tout dans les sacoches. Il y a les douches avec toujours savon et shampooing à volonté. Un coin cuisine et une salle commune. Chacun est respectueux de l’autre et on n’a jamais eu de nuisance sonore.

Atami restera pour nous le lieu de deux belles rencontres.

Alice, Japonaise, qui s’appelle ainsi parce que sa mère adore Alice au pays des merveilles. Elle est étudiante à l’université de Tokyo et travaille trois jours par semaine à Atami. Elle pratique la cérémonie du thé et nous a montré une photo d’un somptueux kimono,transmis de génération en génération dans sa famille, qui lui appartient désormais.

Alice. On a trouvé des mugs français sur l’étagère…

Et puis Yuka. Mais que fait Yuka à Atami ? Elle a décidé, pour son anniversaire, de faire quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait. Elle est partie ce week-end à Atami, toute seule. Pour la première fois. Bravo Yuka. Et demain, elle a 20 ans.

Yuka étudie à l’université les cultures occidentales. Elle apprend le russe depuis deux ans alors on a baragouiné en russe. Elle montre la petite Tour Eiffel qu’on lui a donnée pour ses 20 ans…en attendant qu’elle vienne voir la vraie à Paris. Comme elle habite pas très loin de Tokyo, on va essayer de se revoir là-bas. On sait maintenant que cela va être possible. Super.

Et puis l’arrivée à KAMAKURA. Un de nos incontournables.

On est toujours dans la baie de Sagami mais on a quitté la péninsule d’Izu. Des maisons superbes surplombent la baie et les Tokyoïtes, la journée de bureau terminée, tombent vite le costume et la cravate pour sauter sur la planche de surf.
On pédale entourés de mandariniers dont les fruits sont succulents.

Mais pour quelle raison KAMAKURA faisait-elle partie des incontournables ?

Pour lui.

Le Bouddha de Kamakura. Le deuxième plus grand du Japon après celui de Nara. 14 mètres de haut pour 121 tonnes de bronze.
Beauté automnale des gingko biloba. Leurs fruits sont utilisés en pharmacopée.
En dessert, patate douce et boule de glace….ça passe.

De Kamakura à la péninsule de Miura, il faut compter pas plus de 35 kms avec moins de 500 m de dénivelé. Les dénivelés importants sont derrière nous et ça nous va bien. On sait qu’avec la fatigue, un accident peut survenir plus facilement alors on ne cherche pas à faire de grands exploits. L’intérieur de la péninsule n’a rien d’extraordinaire mais à la pointe, l’île de Jogashima est très belle. On pensait le bivouac terminé mais on a quitté les hauteurs du Fuji et les températures sont à nouveau clémentes.

Des pêcheurs et des chats.

De nombreux pêcheurs sont disséminés un peu partout et reviendront dès 5h le lendemain. Toujours très bien équipés.
Le phare de JOGASHIMA.
On sera entourés d’au moins une dizaine de chats. De nombreux Japonais se promènent, gros appareil en bandoulière, et attendent l’instant propice pour photographier les félins. C’est très surprenant. Comme dans le café aux chats. Ils instaurent entre eux et l’animal une atmosphère de concentration, d’intimité, de douceur un brin mélancolique. On n’oserait pas les déranger.

Le lendemain matin.

Les chats n’ont rien de chats errants. Un beau poil, tout propres, bien nourris. Comme nous.
Ceci n’est pas un clocher. C’est l’autre phare de l’île. L’île est toute petite. Environ 5 kms de longueur.
Et la jolie surprise de le retrouver.

Juste au-dessus de KANAGAWA écrit dans la baie de Sagami, on voit Miura.

Depuis deux nuits nous sommes à YOKOHAMA. Demain, on roule vers… TOKYO. La dernière étape roulée sera celle qui nous conduira vers l’aéroport de Narita, à 72 kms de la capitale.

Japon Article 38 HAKONE

On pourrait vous dire que le lac d’Ashi près de Hakone fréquenté par 19 millions de touristes japonais chaque année est une pure merveille parce que sombres forêts, parce que Fuji en arrière plan, parce que majesté des volcans qui le bordent. On pourrait. Mais c’est seulement de la littérature. On n’a rien vu de tout ça . C’était notre journée déluge. Alors, pour la première fois depuis le 3 août, on n’a rien fait ! Seulement profiter de l’hôtel, après les trois nuits de bivouac, qui possédait un onsen extérieur et ça, être dans l’eau à 45 degrés avec Debussy en fonds musical quand tout autour sévissent la tempête et les températures très basses, c’est super. On aime bien le déluge…quand on n’est pas sur les vélos.

Heureusement, sur les deux jours passés à Hakone, l’autre était ensoleillé, on a cessé de barboter et on est allés voir le musée à ciel ouvert qui a été un vrai bonheur. Des artistes japonais bien sûr, mais également de nombreux sculpteurs ou peintres occidentaux. Le décor est aussi important que l’œuvre elle-même.

Narcisse tombe amoureux de son propre reflet. Fait par un couple de sculpteurs français M et Mme Lalanne.
Il finit par par mourir et renaît sous la forme d’un…narcisse.
Pas très drôle. C’est allemand.
Des Maillol.
Statue en jean de Sato. À partir des années 70, on revêt partiellement des statues de jeans ou de chapeaux.
On aime bien le Prophète. Tout y est : La bouche grande ouverte qui harangue les foules, la toge, la barbe, le bras levé vers le divin, l’œil courroucé, le bâton de pèlerin, la silhouette ascétique.
Fernand Léger. La fleur qui marche. Derrière une grande part dédiée à des œuvres de Picasso moins connues.
Sculptures vivantes. Des bains de pied publics.
Tube de lumière.
Niki de Saint Phalle et ses œuvres volumineuses.
On a failli la manquer.
La main de Dieu.
On a mis le soleil juste au-dessus pour la touche divine. On bosse.
Le jaune est aussi dur que le blanc.
Cela ressemble à un grillage composé de 72 hommes en noir et 72 femmes en rouge. Chacun a les pieds et mains liés ensemble. Interdépendance. Solidarité entre les humains ? Dansent-ils?
Vangi. Italien. Fait en 2004. L’existence humaine et son sens. Un vieil homme assis devant une grotte. Un visage de femme émerge de sa mémoire. En sortant du passage des tourments, l’homme lève les yeux et avance avec espoir en restant digne.
À droite, l’entrée de la vie qui devient de plus en plus étroite à mesure qu’on avance. Symbole des tourments de la vie. Un olivier et son feuillage luxuriant. Cohabitation entre les humains et la nature.
Heraclès, un monsieur tout en muscles.
Sculptures françaises d’Antoine Bourdelle. Les quatre vertus. La volonté, la victoire, la liberté et l’éloquence. On a photographié seulement la liberté et l’éloquence.
Un Pégase aérien.
Panorama
Dans la rue principale, une enseigne attire notre attention. Que fait Utrillo à Hakone? C’est la mère du propriétaire, avec qui on a échangé, qui collectionnait des œuvres de Utrillo et de Suzanne Valadon, la mère du peintre, dont on a vu les tableaux à Metz lors de notre périple sur la Voie Bleue . (article 10 fin de la voie bleue).

On est arrivés hier à Yokohama, deuxième ville du Japon, à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo. Ça sent l’écurie…

Japon Article 37. Le FUJI SAN (partie 2).

Le quatrième lac, le lac KAWAGUCHI, à 831 m d’altitude, sera, avec le lac MOTOSU, celui qu’on aura admiré le plus puisqu’on aura planté la tente sur ses rives. Il est l’un des plus fréquentés par les touristes, japonais et étrangers, en cette saison automnale pour le reflet qu’il offre du Mont Fuji.

Le volcan ne fume pas. Seulement quelques nuages encore présents.

C’est la partie des lacs où nous croiserons le plus des touristes car c’est le terminus de la ligne de chemin de fer. Ensuite ils louent des vélos à la journée pour profiter de paysages extraordinaires sur les belles routes cyclables du coin. Dans la ville du même nom, au bord du lac, des centaines de touristes se promènent dans un grand marché artisanal. On va boire un café et la patronne, nous voyant à vélo et chargés comme des mules, nous offre deux paquets de biscuits. Arigato ozaimas.

Auprès du Fuji, rive nord-est, on vient de trouver notre lieu du bivouac mais c’est encore trop tôt pour s’y installer.
Bivouac installé mais on sent que c’est peut-être le dernier. Le lendemain, on se réveille entourés de gelée blanche. A 9h, il fera 2 degrés et on n’est pas équipé pour gravir l’Everest! En théorie, nos duvets sont prévus pour un froid maximal de zéro degré. Habillés avec damart et leggings, on sentait quand même le froid. On n’aura jamais rangé les affaires aussi vite. Sur le vélo on est bien car chacun sait que pédaler c’est se réchauffer !
Le lendemain, vers 6h. Presque en noir et blanc.
A l’aube, de courageux Japonais font de l’aviron sur le lac. Pas visibles ici.
Fuji rose.

Et puis l’apothéose. Plus un seul nuage sur la montagne sacrée. On parcourt la dernière petite quarantaine de kilomètres et on atteint, toujours sous le soleil, le dernier des cinq lacs, le plus grand et le plus haut, le Lac YAMANAKA, à 982 m d’altitude.

Merci. Merci aux Kamis du Fuji de nous avoir permis de voir le Fuji aussi beau.
L’ascension ne se fait que les mois d’été. On aperçoit ici certains sentiers.
Avec un macha tea et un café on fête la fin du tour du Fuji.
Je leur fais écouter…le Lac des Cygnes évidemment…ils ont bien aimé, mais ils connaissaient déjà.

Depuis, nous avons rejoint HAKONE à 52 kms du dernier lac pour 1200 m de dénivelé positif et aujourd’hui, c’est le déluge ! Quelle chance on a eue …

Article 36.      LE    FUJI SAN (partie 1)

Dans nos incontournables du Japon il y avait le mont Fuji, appelé de façon erronée Fuji Yama par les Occidentaux, suite à un problème d’idéogramme. Pour les Japonais il est le FujiSan, montagne sacrée emblématique de leur pays.

Nos incontournables comprenaient  le tour du Fuji en suivant la route des cinq lacs , mais chacun sait qu’en montagne, tout dépend de la météo et celle-ci s’annonçait plutôt maussade. On est en novembre avec des températures d’automne et un ciel souvent couvert. Une ville étape est Fuji qu’il faut vite quitter pour Fujinomiya, beaucoup plus agréable et où se trouve le Fujisan World Heritage Center qui vaut vraiment le détour.

Quelques vues de Fujinomiya.

Mi novembre au Japon se déroule ShichiGoSan, une coutume qui célèbre la bonne croissance des enfants de 7,5 et 3 ans. Ils se rendent en famille au temple Shintô le plus proche habillés en kimono. On remercie les Dieux de leur protection et on les prie pour que cela continue. Ces âges correspondent à des rites en quelque sorte.

A  partir de 3 ans, on laisse pousser les cheveux des enfants. À partir de 5 ans, les garçons peuvent porter le hakama, pantalon large des hommes. À partir de 7 ans, les filles peuvent porter un obi large comme les femmes.

Dans un sanctuaire shintoïste.

De la forme d’un cône inversé qui se reflète dans l’eau, le Fuji World Héritage Center  présente tous les aspects du Fujisan en nous faisant suivre une allée en forme de spirale qui se termine en vue panoramique sur la montagne sacrée.

Un randonneur virtuel grimpe à nos côtés.
Et voilà la vue panoramique sur le Mont Fuji. Génial. Rien à voir. Il est là mais il se cache.

Nous voilà partis à l’office de tourisme pour plus d’informations sur la route des cinq lacs. L’hôtesse confirme les prévisions météo. Pluie pour les deux jours à venir sur les premières heures de la journée et de l’autre côté du Mont, il fait beaucoup plus froid. En revanche, après la pluie, l’autre face se recouvre souvent de neige. Elle nous dit qu’à partir de Fujinomiya, la route ne fait que monter. On sait, on est en montagne. La route des lacs ne représente que 125 kms en tout. Pour elle, il est préférable de ne faire que l’aller retour vers le dernier lac. Déception. Pas de chance. On a eu tellement de belles journées avec ciel bleu. Et on raterait le Fuji…pô juste. Mais on est des tenaces.

On bivouaque dans le parc du temple à Fujinomiya puis on décide de faire ce qu’on avait prévu. Never give up. Et la météo se trompe parfois. On fera le tour des cinq lacs en roulant d’ouest en est et en passant au nord du Fuji.

L’étape du jour est de rejoindre le premier lac, le lac MOTOSU. Une quarantaine de kilomètres et 1100 mètres de dénivelé positif . Pendant trois jours, on ne lâchera quasiment pas le Fuji du regard.

Il ne pleut pas. On trouve que le temps s’éclaircit. Espoir.
La route est parfois partagée avec les voitures, parfois sur des sentiers qui sentent bon l’automne.
On dévie légèrement de notre parcours pour suivre les nombreux Japonais venus admirer de superbes chutes d’eau.
Avec le Fuji en arrière plan.

On est en altitude et on sait qu’il y a un camping sur les bords du lac Motosu. Cela nous permettra d’avoir une douche chaude après cette journée de grimpe. A partir de 15h maintenant, il fait froid.

Le Motosu est le seul lac qui ne gèle pas l’hiver car sa profondeur atteint 138m.
Dimanche 12 novembre. Vue de notre camping. Il est 16h. On n’a pas eu la pluie annoncée mais il fait très froid et on a un vent terrible.
La vue de cet endroit est celle représentée sur les billets de 1000 yens .
On est très heureux de ce que veut bien nous dévoiler la montagne sacrée.

Lundi 13. Vue de notre tente. Il est 6h. Un froid de canard.

Ciel de peintures flamandes …
Et cratère bien visible.
Dans le camping, on est les seuls occidentaux. Les Japonais sont très bien organisés pour camper. Une grande tente avec des lumières et sur le devant, sous un auvent, un brasero où ils préparent leur barbecue. Ce qui est étonnant, c’est que, contrairement à la France, on voit de luxueux 4×4 ou voitures de sport dont les propriétaires sont sous une simple toile de tente alors qu’ils auraient les moyens d’aller dans de beaux hôtels.
Lever du soleil.
Merci au vent terrible qui nous a permis de voir le cône parfait.

C’est au cours de cette matinée qu’on rencontre Yuki l’artiste et qu’on partage un petit déjeuner chez elle. Elle habite près du lac SHOJI qui est le plus petit des cinq lacs.

Lac Shoji.
Voilà ce que les Japonais appellent Momiji. Les feuilles rouges. Depuis des siècles, c’est une pratique très courante au Japon de chercher les plus belles nuances des feuilles d’automne.
Et le ciel est de plus en plus bleu.
On a toujours un sac de déchets sur nos sacoches. On aime beaucoup. Le Japon est sûrement l’un des pays les plus propres au monde et on ne voit jamais de poubelles ! Alors tout le monde garde précieusement ses détritus jusqu’au prochain Konbini (supérette) qui, lui, a des poubelles de tri.
Heureusement qu’on nous avait annoncé de la pluie !
Ici le Lac SAI qui semble être relié au lac Kawaguchi tant il est proche.
Pause déjeuner sur la plage du lac Sai. De l’autre rive.

La suite dans un autre article sinon impossible de le publier. Trop long.

Japon Article 35. GENTILLESSE DES JAPONAIS

On ne le souligne peut-être pas assez mais les étrangers reçoivent un accueil incroyable. On échange avec d’autres Français quand on en rencontre et on dit tous la même chose : quel accueil, ça va être dur de rentrer !

Le jour où j’ai passé des heures au téléphone avec le service technique d’Orange (pour rien, ça ne fonctionne toujours pas) on était chez Philippe et Yue et Philippe expliquait à Pierre que, un tel problème ici au Japon, est réglé dans les deux heures et que le lendemain matin, un technicien vient chez vous pour s’excuser du désagrément causé !

En Amérique du Sud, on avait fait la connaissance d’un Écossais, Johnny, qui avait bien roulé sa bosse autour du monde et travaillé dans plusieurs pays dont le Japon. Il nous avait dit : les Japonais sont les plus gentils du monde. Notre Bob Morane, lui, ici depuis quarante ans, nous dit que c’est simplement la peur du gendarme qui fait que…pas de vol, pas d’agression. Une garde à vue de 28 jours (24 heures en France) ça calme ! Oui mais. Dans les exemples qu’on a vécus, aucun n’était obligé de faire ce qu’il a fait pour nous. Il n’avait rien à gagner si ce n’est d’être pour toujours gravé dans notre mémoire. Et nous on appelle ça de la Gentillesse.

Le jour où on a roulé vers Shizuoka fut l’une des rares journées pluvieuses du matin jusqu’au soir. Et maintenant il commence à faire froid. Dans une ville, on s’arrête sur un trottoir pour enfiler nos capes de pluie, les anoraks ne suffisent plus. Un mécano sort alors du garage situé juste derrière nous et nous fait signe de venir nous mettre à l’abri. Ils sont tous au travail. Cela ne fait pas cinq minutes qu’on est là que l’un d’entre eux nous apporte une tasse de thé. Ils ne nous poseront aucune question, ne nous reverront jamais. De la gratuité.

Le soir à Shizuoka, on décide d’aller dans un izakaya, genre de bistrot où on boit et mange pour pas cher.

Le patron.

On se retrouve assis au comptoir auprès d’un unique autre client. Deux jeunes femmes nous rejoindront plus tard. Ce client va nous demander si on a déjà goûté à tel plat, telle brochette…et à chaque fois, il fait signe au patron de nous servir. Et c’est lui bien sûr qui paiera notre addition. Merci Monsieur pour ces bons moments partagés.

Il y a longtemps que les filles suivent notre conversation. La plus proche est venue en France visiter Paris et le Mont saint Michel.

Actuellement, on termine le tour des cinq lacs autour du mont Fuji. Hier lundi, on s’arrête en face d’un lac, devant un centre qui présente des céramiques, peintures sur soie etc. On sera reçus par Yuki, artiste de 77 ans, qui nous relatera bon nombre de ses voyages artistiques en Amérique du Sud, en Afrique noire, en Asie, en Europe dont la France plusieurs fois….

La veille, elle organisait un concert de musique africaine. C’est avec intérêt qu’on suit son parcours à travers ses vieux albums.

Elle fait des céramiques et de la peinture sur différents supports. De la France elle se souvient de Strasbourg, Nice où elle a exposé, Avignon, mais aussi la Polynésie. Elle avait un boyfriend au Sri Lanka, mais, me dit elle, l’œil malicieux, l’amour est compliqué … Je lui dis que je pense qu’elle en avait un dans chaque pays, ça l’a fait rire.

Et on s’est retrouvé à table pour un copieux petit-déjeuner avec une amie à elle qui fait également des céramiques et son fils de 29 ans qui veut aller un an en Australie.

Yuki peint sur des stores, des ombrelles, des tableaux, des vêtements.
Son atelier est à l’étage.
Elle a habité de nombreux endroits et possède plusieurs maisons.
Les confitures sont faites maison. De son jardin ? La Terre est mon jardin me dit-elle.
Une magnifique personne.

L’accueil des Japonais comme des Coréens n’est pas une légende. Qu’on en prenne de la graine, nous Européens.

Japon Article 34. Du lac BIWA à la côte Est

Terminé le lac BIWA. Il faut rejoindre la côte est.

Il y a des villes qui ne sont que des étapes pour y passer une nuit et continuer à tracer la route. Ce fut le cas de Nagoya, grande ville futuriste industrielle où on pédale le nez en l’air pour admirer les gratte-ciel.

On aurait pu marcher dans le ciel mais on a fait un autre choix pour l’après-midi passé dans cette ville.
On a choisi le Musée interactif des sciences. Malheureusement, comme en de nombreux endroits, tout est en japonais. Pas d’audio guide en anglais.
Formation d’une tornade de 9 mètres de haut. Pas besoin de traduction. On a compris.
On voulait assister à une séance dans le plus grand planétarium du monde mais il faut attendre trois heures les prochaines disponibilités et les séances sont seulement en …japonais.
Des jeunes répètent une danse.
Au moins un spectateur…

Les grosses industries automobiles sont dans cette région. On passe pas loin de Toyota, nom d’une ville, pas d’une famille.

Sartre s’est trompé. L’enfer, c’est pas les autres. L’enfer, ce sont les tunnels. Pour les cyclos surtout. Même s’il y a une voie spéciale vélos comme sur cette photo, le bruit est tel qu’on a l’impression que les camions nous arrivent dessus.

Le lac de Hamana ko près de Hamamatsu.

Et puis à cet endroit, on a fait la rencontre d’un Français dont le profil se situe entre Bob Morane et Cizia Zykë (Oro) pour ceux qui connaissent. Grand baroudeur, le mot est faible, borderline dans beaucoup de domaines, on n’écrira pas sur sa vie car on ne voudrait pas que cela lui cause des ennuis. Pas de photos non plus. On en parlera avec ceux que cela peut intéresser. Mais cela a été une super rencontre.

Chaque agriculteur peut vendre ses produits sans payer de taxes. Il peut même livrer en magasins toujours sans taxes à condition de le faire lui-même. Pas de transporteur ni de revendeur.
Après les rizières…les théières. Non les champs de thé à perte de vue.
L’homme redessine les allées.
Cela fait plusieurs fois qu’on voit des photographes attendre l’arrivée de trains. Parfois, ils restent longtemps et partagent un thé pour se réchauffer.
On ne trouve pourtant pas la vue extraordinaire.

Quelques passages difficiles avant d’arriver aux cultures de thé. Pierre fait un passage à l’opinel.

L’heure du déjeuner.

On commence à voir des girafes et des Kouign Amann au Japon, c’est sans doute dû à la fatigue…

Nos premiers Fuji . Avant le vrai.

Et puis Shizuoka, une très belle ville où on a fait la connaissance d’un couple français originaire de Mulhouse qui accueille bénévolement des étudiants étrangers. Ils sont venus voir l’une de leurs anciennes pensionnaires.

Le cinéma nous manque. On se dit que ce serait rigolo d’aller voir un film français en japonais. On regarde les affiches et on tombe sur…

Mais à cette date on sera déjà loin. Chabadabada, ça doit être rigolo en japonais…

Japon Article 33. Le lac BIWA

Quitter Kyoto en faisant le tour du lac BIWA était pour nous une évidence. On aime les lacs. Surtout celui de Paladru en Isère. BIWA est le plus grand lac d’eau douce du Japon. C’est le troisième plus vieux lac du monde après le lac Baïkal et le lac Tanganyika. Enfin, c’est ce qu’on a lu.

Mais le premier jour a été décevant car on a pédalé environ quatre heures avant d’atteindre les rives du lac. Quatre heures à traverser une banlieue sans intérêt, on trouve ça un petit peu long. Les jours à vélo se suivent mais ne se ressemblent pas. Un peu plus loin le long d’une route, échanges rapides avec deux hommes français dont l’un, qui vient depuis douze ans au Japon, cherche autour du lac s’il n’y a pas une maison à vendre. Plus loin, en bordure du lac, on verra de superbes maisons, dont certaines avec des noms français. C’est vrai qu’on n’est pas loin de Kyoto.

De jolis petits ports de plaisance.
Le lac mesure 64 km de long et 23 km de large mais, alors qu’on pensait le suivre au plus près sur toute sa longueur, les routes secondaires ou pistes cyclables s’en éloignent souvent. Une profondeur maximale de 103 m.
Quand on peut l’admirer, on est contents.
Le premier soir, on a biwaqué (!) et un couple âgé de Japonais est venu parler avec nous de notre voyage à vélo. La dame parlait très bien l’anglais, ce qui favorise grandement les échanges linguistiques. Maintenant, la toilette au grand air est terminée. Pas assez braves.
Toujours de magnifiques araignées qu’on évite d’inviter dans notre tente.
On ne se lasse pas des fondateurs de temple représentés en pèlerins mendiants.
On est bien toujours au Japon.
On s’est arrêtés dans un temple qu’on trouvait sympa quand une dame, celle qui nous prend en photo et qui parle anglais, nous invite à entrer, à aller nous rafraîchir puis nous offre des gâteaux et des boissons. Aujourd’hui, c’est un peu nous, les pèlerins mendiants. Les Bouddhistes font souvent des offrandes, ça rapporte des points…euh…c’est bon pour leur karma. Et nous on aime les offrandes. Sur la photo, d’autres visiteurs dont le couple avec un enfant handicapé que le papa porte. Un couple charmant.

Et puis, on est arrivés à l’extrémité du lac, la partie la plus belle.

Le lac fournit l’eau potable pour quinze millions d’habitants. Japon. Pays d’eau de forêts et de montagnes.
On était à l’abri pour le bivouac mais l’intérieur du double toit est souvent mouillé à cause de la condensation. On pense alors à sortir la tente le midi pour la sécher et c’est vite fait. Il fait encore très beau.
À Nagahama, au pied de son château, une fête de village réunit des artisans vendant des produits locaux et moins locaux puisqu’il y a des broderies bulgares…et normandes !
Partout dans le monde, les enfants adorent grimper aux arbres.
Pique-nique en famille ou entre amis.
Pour notre deuxième nuit autour du lac, on a squatté une aire de jeux. On aime beaucoup notre salon qui ne manque pas d’air. Mais on se retrouve dans un festival de roulements de train. À notre droite, le Shinkansen, ex rival du TGV, et à notre gauche, des trains de marchandises. Toutes les dix minutes environ. On plaint les habitants du village.

La nuit, c’est-à-dire vers 18h, on fait un tour dans le village. Pas âme qui vive. Pas une ombre aux fenêtres. Pas un son de voix ne nous parvient. Comme partout, les rideaux épais ou bien des stores sont toujours fermés et préservent l’intimité des familles.

Ici une photo ancienne. On est toujours surpris de constater à quel point l’intérieur des maisons doit être invisible de l’extérieur. On avait campé pas loin de cette maison, la croyant vide. Cette maison est habitée et située devant un lac ! On n’est pas trop pour les baies vitrées par ici.

Alors on a photographié des êtres de pierre.

Le gardien du temple ne semble pas apprécier notre balade nocturne. On n’a plus qu’à rentrer dans notre tente…et à compter les trains pour nous endormir.
Le lendemain, on sait à nouveau pourquoi on aime pédaler. On retrouve le contact physique avec la campagne japonaise et ses beaux paysages. Le son humble du pneu sur le chemin, l’air un peu frais du matin sur le visage et sur la tête à travers les ouvertures du casque, la sensation du pied qui appuie sur la pédale, le silence environnant. Il est 7 h 30 du matin. La route nous appartient.
Finalement, on quittera le lac au niveau de Hanagawa pour avancer vers le nord-est car on se retrouve sur de banales routes secondaires d’où on ne voit plus le lac. Nous sommes devenus très exigeants. De plus on sait que l’autre rive est moins belle alors on décide de rouler vers le Fuji San et sa région des lacs. Pas pour tout de suite.