https://www.gofundme.com/f/help-Gazan-children-affected-by-the-war
Catégorie : MARCHE MONDIALE VERS GAZA
Article 9. Visite d’un centre pour orphelins palestiniens
Le quartier.

Et l’entrée de « l’école ».

C’est par l’intermédiaire d’Ibrahim, Canadien d’origine palestinienne et marcheur au Caire, que nous avons eu la chance de visiter ce « kindergarten » au sens large puisque le centre accueille des enfants de 4 à 12 ans. C’est une Américaine qui a créé ce centre.
Chaque enfant a une histoire différente. Certains n’ont plus ni père ni mère, d’autres n’ont perdu qu’un parent, à chaque fois, l’enfant est recueilli par un membre de la famille, une tante, une grand-mère, un cousin éloigné. Les adoptions ne se font pas dans la religion musulmane.
Au total, 250 enfants sont accueillis, mais chaque jour, entre 80 et 100 enfants sont présents. Certains enfants qui habitent loin viennent trois fois par semaine, d’autres, une ou deux fois. Les locaux sont assez exigus et un déménagement dans un espace plus grand est prévu pour bientôt.
Le centre leur fournit un vrai repas chaque jour préparé par le restaurant d’à côté. Pas assez de place pour cuisiner. L’argent récolté sert essentiellement à payer la nourriture (22€ par jour) et l’eau. N’oublions pas que l’eau du robinet en Egypte n’est pas potable. Actuellement des cours d’arabe, de maths, d’anglais et Art Thérapie sont donnés. Quand les locaux seront plus grands, davantage de classes seront tenues.








Si certains souhaitent aider cette fondation, le lien suivra cet article.
Article 8. Moments partagés
Nous avons pu rencontrer Saleem chez lui en famille où le groupe de Français a été reçu comme des rois.
Saleem a fui Gaza il y a un an avec sa femme et ses enfants. Son beau-frère était déjà là. Étant clandestins, les enfants ne peuvent pas aller à l’école. C’est sa femme qui les fait travailler à la maison. Il travaille dans la récupération du plastique.







Article 7. Témoignages et réactions
La solidarité entre marcheurs a été remarquable. Un même élan nous a réunis. La même raison d’être là. Avant de tirer des conclusions sur ce qui s’est passé, on tient à partager des vidéos qui ont circulé. Avant tout, on espère que personne n’est encore détenu en Égypte. On a vu passer plusieurs fois des recherches de personnes disparues.

Qui sont les Marcheurs ?
4000 personnes ont réussi à arriver au Caire. Des milliers d’Algériens, de Tunisiens et de Marocains ont traversé l’Afrique du Nord dans des centaines de véhicules et ont été arrêtés à la frontière entre Libye et Égypte. Il a été dit que 20 000 Égyptiens s’apprêtaient à rejoindre la Marche malgré la répression des autorités.

« Je vous en supplie, je viendrai à genoux vous supplier pour ces gens. Je suis un homme fier, je suis infirmier. J’ai payé pour aller en Palestine, j’ai eu des bébés morts dans les bras, ils ont tiré sur des femmes enceintes devant moi. Au nom de l’Amour, de l’Humanité, au nom de l’Islam, soyez debout à leurs côtés. »
Et en même temps, cet homme ému et émouvant finira par rentrer tranquillement chez lui alors que le soldat en face qui se rallierait à sa cause ne rentrerait pas chez lui…on n’est pas en France, il finirait emprisonné, torturé dans l’un des pays les plus répressifs au monde.
Alors, quel est le sentiment des milliers de marcheurs qui ont partagé ce même élan de solidarité sans pouvoir atteindre l’objectif principal qui était l’ouverture d’un corridor humanitaire ?
On n’a pas réussi à acheminer les tonnes de nourriture et de matériel qui sont coincées à la frontière de Rafah.
MAIS…des citoyens de 80 nations se sont sentis concernés pour se lever et tenter une action commune contre ce génocide malgré le silence de la majorité de la presse occidentale, malgré l’indifférence de certains partis politiques, malgré le silence complice des gouvernements. Ces citoyens du monde ont tenté une action pacifiste, apolitique de très grande envergure suivie dans de nombreuses capitales et grandes villes par d’immenses manifestations.
A Paris, Berlin, Berne, Vienne, Rome, Alger etc…
Dans les avions qui ont ramené les premiers marcheurs. Des gens qui ne se connaissaient pas cinq jours plus tôt.
Après la déception ressentie par tous du fait de l’annulation de la Marche vers Gaza, chacun a vite perçu que ce n’était qu’un début. La formidable dynamique qui s’est créée va se poursuivre. Actuellement , une initiative internationale majeure prépare un mouvement maritime mondial de 1000 bateaux partant de Malaisie pour briser le siège imposé à Gaza. Cette semaine des milliers de gens se retrouveront à BRUXELLES, devant le Parlement européen, lieu de pouvoir.

Chacun doit se sentir concerné. On n’est plus en 39/45. Tout le monde sait.
On a eu la chance de rencontrer la famille de Selim, famille Gazaoui arrivée en Égypte il y a 1 an. Ils ont décidé de quitter leur pays parce que leurs enfants étaient terrorisés et le petit garçon s’arrachait les cheveux.
Aujourd’hui, il danse sous le regard fier de son papa et de son oncle.
C’est ce qu’on souhaite à tous les enfants de Palestine.
Article 6. Soucis des Marcheurs
Le Consul de France sera à la hauteur de la situation exceptionnelle qu’il devra gérer avec son personnel. Listing des Français sans passeports, téléphones, mails et surtout, nous trouver une solution pour qu’on ne passe pas une deuxième nuit dehors. Même si tout le monde a de l’argent, il est impossible d’aller dans une chambre d’hôtel sans passeport. D’autre part, le Consul aujourd’hui, puis l’Ambassadeur le lendemain, nous diront que la situation devient très tendue, puisque le même jour, Israël a décidé de bombarder l’Iran ! Le pays a d’autres soucis que la Marche Mondiale vers Gaza. À cette heure, la préoccupation principale de nos diplomates est de renvoyer les Français Marcheurs le plus vite possible en France. Et pour cela, il va falloir ou bien retrouver nos passeports, ou en faire de nouveaux.
A l’aéroport, nos mouvements sont contrôlés. Certains ont l’accès aux toilettes refusé, d’autres passent entre deux agents et ne peuvent y aller qu’une personne à la fois. On essaie régulièrement d’avoir des informations. On a demandé de nombreuses fois à des chefs policiers où sont nos passeports pour qu’ils se renseignent. Réponses variées : on ne sait pas. Ils sont sûrement restés à Ismailia. Pouvez-vous leur téléphoner ? Non, on n’a pas leur téléphone! On déchiffre les hiéroglyphes depuis 1822 – merci à Champollion – mais le numéro de la police d’Ismailia….c’est pas possible !!! Je suis prête à y retourner mais le problème, d’abord cela fait 3 heures aller-retour sans être sûrs de rien, et je risque d’être coincée dès le premier Check point….puisque je n’ai pas de passeport !!! Ça finit par être drôle…le serpent qui se mord la queue.
Le Consul confirme l’expulsion de presque 200 ressortissants de différentes nationalités dès leur arrivée au Caire. Au fur et à mesure des heures, il croit de moins en moins que nos passeports seront retrouvés. Il s’agit désormais de refaire des papiers. Perdus à jamais les tampons de l’Amérique du Sud, de la Corée et du Japon. Mais ce n’est qu’un moindre mal.
Refaire les papiers, cela signifie suivre trois étapes qui ne commenceront que le … dimanche puisqu’ici , c’est le début de la semaine. Première étape : Consulat. Deuxième étape : Commissariat. Troisième étape : Préfecture. Il nous faudra deux jours pour en faire le tour et ressortir avec le sésame. Sésame différent selon les situations. Un laisser-passer pour ceux qui ont un vol direct, un passeport d’urgence pour ceux qui ont un transit au retour, ce qui est notre cas. Ce passeport ne sera valide qu’un an. Il nous faudra faire de fausses déclarations pour avoir une chance d’obtenir les papiers ! Inconcevable de dire que la police égyptienne a perdu nos passeports ou, encore pire, volé. Il nous faudra déclarer au commissariat que nous les avons…perdus ! Et, c’est sans doute le plus amusant, payer une amende pour ça !!! Un employé du Consulat va nous assister à toutes les étapes. Grâce à lui, l’amende sera minime alors que nous risquions jusqu’à 300 euros de pénalité !
Afin de nous éviter une deuxième nuit blanche dans l’aéroport qu’on appellera plus tard notre deuxième maison, le Consul nous exfiltre vers un couvent dont on doit taire le nom et qui dépanne les autorités françaises de temps en temps.Taire le nom pour nous protéger et protéger le couvent.
A l’aéroport, nous sommes 13 Français, mais il y a également avec nous des Allemands, Américains, Hollandais, Danois, Canadiens, Algériens, Bangladesis et Grecs. Notre consul français essaiera au maximum de les mettre en relation avec leurs ambassades mais ne pourra pas les héberger. Il souhaite garder des places au couvent pour d’éventuels autres Français en perdition, ce qui est compréhensible.
Que ce soit le Consul, le personnel du consulat, tout le monde a été super avec nous car eux aussi, sont scandalisés par le blocage de l’aide humanitaire. Depuis le 11 juin, le Consulat est en cellule de crise. Le personnel travaille quasi jour et nuit pour les Marcheurs français. On a su les remercier.
Le Consulat nous a payé la première nuit chez les religieuses, les autres ont été à notre charge. Il ne faut quand même pas nous accuser de creuser la dette publique de la France ! On a coûté 10 € par personne.
On a toujours gardé le moral parce qu’on a tous été solidaires en agissant ensemble pour les formalités, les déplacements etc. Une très belle ambiance dont je reparlerai ultérieurement.
L’Ambassadeur nous a parlé longuement de la situation en Égypte. Eux-mêmes ont fait parvenir à la frontière une centaine de caisses médicales, chacune pouvant soigner une cinquantaine de blessés. Elles sont bloquées depuis novembre 2023. la raison officielle ? Il y a une barre métallique comme système de fermeture. Interdit. Autre exemple : ils avaient envoyé des sacs de couchage. Refusés car certains étaient verts, couleur du camouflage. Et pendant ce temps-là, Gaza continue à manquer de tout.
Article 5. La soirée du vendredi 13
Rapidement, nous avons été plusieurs à téléphoner à nos ambassades respectives. C’est le jour de fermeture, pas de chance. Certains ont trouvé un mail d’urgence. Aucun retour ce jour-là.
Nous sommes dans les minibus, nous continuons à faire connaissance avec les uns les autres, de différentes nationalités. Plusieurs fois, revenant vers Le Caire, les bus tournent en rond, semblent s’attendre, se garent même sur le bas côté. À côté du chauffeur, un homme en civil l’assiste mais les policiers en uniforme sont restés à Ismailia.
Nos trois minibus finissent par nous laisser sur le parking de l’aéroport. Les derniers marcheurs d’Ismailia seront acheminés par d’autres bus et seront déposés ailleurs . Par les réseaux constitués sur TELEGRAM, on apprend que la plupart ont récupéré leurs passeports. Certains ont vu les nôtres dans la main d’un policier, une fille a vu également celui de son copain qui est dans notre groupe mais n’a pas pu le récupérer, ce qui nous semble normal. La police n’a pas à donner un passeport à une personne qui ne soit pas son propriétaire. On se dit que notre tour va bientôt arriver, le temps que la police s’intéresse à nous. Au retour d’Ismailia, les bus sont revenus par une autre route afin d’éviter que les trois groupes se réunissent. Diviser pour mieux régner, rien de bien nouveau.
La nuit tombe.





Ça chauffe aux checkpoints .
Finalement, on cherchera un coin plus discret pour terminer la nuit. Pour certains le jardin d’une mosquée, pour d’autres comme nous, une sorte de salle d’attente qui est ouverte sur l’extérieur. Trop de lumière, trop de passage, la dame qui vient faire le ménage à 4 heures du matin en déplaçant chaque banc métallique dans un crissement à vous donner l’envie de hurler à chaque fois. Le ciel pâlit, personne n’a dormi, on se trouve une gargote où boire un café et on n’a aucune nouvelle des passeports.
Le Consul de France nous rejoindra à midi dans le terminal et restera avec nous jusqu’au soir.
Article 4. La Marche Mondiale vers Gaza n’aura pas lieu
Autant vous le dire tout de suite. La Marche n’aura pas lieu, ce n’est pas un scoop. A l’heure qu’il est, tout le monde le sait.
Vendredi 13 ! Jour de chance ???
Dans l’article 2, je disais qu’on attendait des informations…finalement, le départ prévu à 7h en car à partir des hôtels ne se fera pas….de nouvelles infos nous disent de nous organiser par nous-mêmes pour rejoindre Ismailia entre 13h30 et 16h. La ville est à 1h30 du Caire. Pas plus de 3 par taxi pour ne pas attirer l’attention…ce qui donne à réfléchir puisque cela signifie que des dizaines de taxis vont prendre la route vers une destination où il n’y a rien à voir…sauf aller vers le nord Sinaï, zone fortement contrôlée. Nous sommes dans notre taxi avec C, la jeune Lyonnaise qui est « la fille d’une amie ». Deux péages ( qu’on appellera Check point) qu’on passera avec brio.
On est contents, on arrive vers 13h, avant l’heure du rendez-vous. Il fait très chaud, et, devant la Youth Hostel, lieu du rendez-vous, moins de dix personnes sont présentes, éparpillées. On prend nos distances avec le groupe et, comme on a faim, on se dirige vers un resto « PICNIC ». A l’intérieur, un couple et deux hommes comme clients et des serveurs. Au passage, une autre Marcheuse française nous a rejoints. On va pour s’asseoir à une table quand deux hommes en civil entrent derrière nous et nous disent qu’ils doivent contrôler les passeports. Pierre et C. ressortent avec l’un d’eux pour le fameux contrôle et moi je suis attablée avec Rania. Tous les sacs à dos sont près de nous. L’homme en civil nous demande les passeports. Je fais l’andouille ( j’aime bien), on vient boire et manger – ce qui est vrai – et on me demande mon passeport ! Rania et moi demandons à boire, mais non, les passeports. On finit par les donner…. Je ne savais pas à ce moment-là que je ne le reverrai jamais !!!
On nous refuse toujours un verre d’eau. Le serveur me dit que « it’s closed » alors que je vois passer deux milkshakes dans son dos pour le couple assis plus loin qui se demande bien pourquoi on refuse un verre d’eau à deux femmes d’un certain âge. Je me déplace vers le bar où un autre serveur évite de me regarder, gêné. Il me fait signe que c’est le boss qui décide, et le boss, visiblement, il ne connaît pas la soif! Je dis bien haut qu’on est des touristes, pourquoi ne peut-on pas manger et boire dans un restaurant ??? Le couple n’interviendra pas pour nous aider mais les deux autres clients si. Même si on ne comprend pas l’arabe, on voit bien qu’ils veulent qu’on nous serve à boire. Ce qui finira par se faire.
Aussitôt le verre d’eau avalé, l’homme qui nous a pris nos passeports nous fait signe de le suivre. On marche vers le lieu de rendez-vous devant le Youth Hostel. Je ne veux pas parce que tous les sacs ( de 4 personnes) sont restés à l’intérieur du restaurant. Il me dit qu’on nous les apportera plus tard. C’est vrai. Je retrouve Pierre, C. et des gens de plus en plus nombreux. On cherche l’ombre des deux arbres. On restera là quatre heures environ. Jusqu’au lendemain matin, on partagera des fruits secs apportés pour la Marche. Une femme de la Marche ira négocier pour nous des bouteilles d’eau que la police nous distribuera.



Mais bientôt, trois minibus stationnent devant le groupe et les flics sortent des sièges où ils s’installent. Le blanc c’est salissant.



Nous sommes tous arrivés sur le territoire égyptien de façon légale. Avec passeport et visa. Les regroupements sont interdits en Égypte mais, et ce n’est pas un hasard évidemment, ce sont les forces de police qui nous obligeaient à nous regrouper.
Dans la charte signée par tous les Marcheurs vers Gaza, il était bien spécifié que la Marche ne se ferait que si les organisateurs obtenaient les autorisations légales de l’Egypte. À cette heure, nous y croyons de moins en moins puisque tout le monde s’est fait voler le passeport par la Police…un comble. Alors que, encore une fois, on n’a rien fait d’illégal.
Le chef de la police s’adresse à nous : on vous comprend, nous aussi, on est pour la cause palestinienne, il faut juste monter dans les minibus et on vous rendra vos passeports. On comprend vite qu’ils veulent nous remmener au Caire. Personne n’a envie de ça. On croit encore que, une fois récupérés les passeports. On pourra peut-être partir vers El Rachi d’où doit débuter la marche.
Je passe à côté du bus rouge, des policiers empoignent et portent un homme qui crie pour le mettre de force dans le bus….c’est Pierre !!! Je ne l’avais jamais entendu crier et comme les flics cachaient l’homme qu’ils traînaient…je n’en reviens pas. Pierre, malgré lui, se retrouve dans le bus rouge. Je monte avec lui. Petit à petit, tout le groupe finit réparti entre les trois minibus.
Comme personne ne veut monter, les forces égyptiennes commencent à saisir les personnes et à les mettre de force dans les bus.



On découvrira qu’il y a eu davantage de violence aux deux Check points qu’on avait passés facilement.
Nous étions une soixantaine à avoir atteint la limite de la zone autorisée, Ismailia, mais des centaines de Marcheurs ont été bloqués dès le Check point 1 et le Check point 2.
À plus tard. On ne savait pas encore en cet après-midi du vendredi 13 qu’on se retrouverait le soir et toute la nuit….à l’aéroport afin de récupérer les passeports.
Suite bientôt. Pierre et moi rentrons comme prévu le 22 juin au matin à Lyon.
Article 3. Nouvelles rapides
Juste ces quelques lignes pour rassurer les copains qui s’inquiètent de notre situation au regard de la réaction de l’Egypte face au projet de la Marche vers Gaza.
Il va nous falloir du temps pour relater les faits et l’intensité de ce qui a été vécu ces derniers jours. Pour avoir l’envie de raconter, il faut déjà apercevoir la porte de sortie et savoir que les problèmes principaux sont résolus, ce qui est le cas depuis 20h 30 ce soir…même si demain matin nous serons à la Préfecture après avoir passé la journée au Consulat puis au commissariat.
On n’a jamais été seuls, on a fait front ensemble, ce n’est pas terminé. A bientôt.
Article 2. Arrivée au Caire
On va faire court car on n’a pas dormi la nuit précédente. Long transit à Istanbul et beaucoup de stress à la frontière. Il est 21 h, on se lève à 5h30.
Nous ne sommes actuellement sûrs de rien. La bonne nouvelle pour Pierre et moi, c’est que nous avons réussi à passer les contrôles et sommes ce soir, comme prévu, à notre hôtel. Ce qui n’a pas été évident et qui n’est pas le cas de tout le monde puisque 170 personnes ont été expulsées dès la frontière ou à partir de leur hôtel.
Rien n’était gagné. Et ne l’est toujours pas. Au passage de la douane, fouille minutieuse des sacs à dos, avec explications à donner sur l’utilisation de la poche à eau, des bâtons de marche, tout le linge déplié – (contrôle de l’intérieur des chaussettes ! ) De nombreuses questions sur notre visite en Égypte…on s’était bien préparés.
Et pendant que les autorités épluchaient à la loupe nos passeports, d’autres personnes qui avaient subi la même fouille nous regardaient en attendant le retour de leurs papiers. On nous demande de les rejoindre, on retrouve C. jeune femme dont on a fait la connaissance avant de partir et qui habite Lyon. Il faut ensuite que tout le groupe ( il y a une Hollandaise, 3 Néo-zélandais et 3 Français dont nous) monte à l’étage. Ils nous auront gardé 2 heures 30 et rendu nos passeports à la fin seulement. Quand on part, on laisse les autres du groupe derrière nous. C. Sera libérée 2h plus tard. Les douaniers ont confisqué et fouillé les téléphones de la plupart des gens. Pas les nôtres. Notre âge nous a sans doute facilité la tâche… Il est environ 12h30 quand on peut enfin partir. On croise alors des Françaises d’origine maghrébine qui sont ã cet étage depuis…5 heures ce matin! Qui n’ont plus ni téléphone ni passeport. Les services juridiques français vont les aider.
On reçoit à l’instant un message disant qu’on aura des informations un peu plus tard sur la suite des événements . Tous les responsables des délégations sont actuellement en réunion.
Quelques photos prises au cours de nos deux petites heures touristiques…




On va maintenant aller faire comme eux!
MARCHE MONDIALE VERS GAZA
Article 1.
Pour des raisons évidentes, cet article écrit quelques heures avant le départ n’apparaîtra qu’une fois arrivés sur place.
Velogoodtrip ?
Le titre du blog ne convient vraiment pas cette fois ci.
Ni vélo, ni GOOD TRIP.
HUMAN TRIP conviendrait mieux.
Le conflit de Gaza nous est devenu insupportable.
Comme en novembre 2021, après l’appel téléphonique des migrants dérivant sur un canot gonflable dans la Manche à qui la France avait répondu : c’est pas notre problème, c’est celui de l’Angleterre…qui avait rétorqué à son tour : c’est pas notre problème, c’est celui de la France. Résultat : 27 morts dont des femmes et des enfants. Coup de sang devant le petit écran. Bah si. C’est notre problème. On avait alors senti le besoin impérieux d’aller donner un modeste coup de main à Calais.
Même chose cette fois avec Gaza. Des mois qu’on assiste à la riposte de l’état israélien suite aux terribles massacres du 7 octobre 2923 perpétrés par le Hamas qui ont fait au moins 1200 morts dont 37 enfants…et les femmes particulièrement visées. Un carnage. Le terrorisme est hideux, de quelque côté qu’il s’exerce. Depuis cette date, 54000 Palestiniens ont été tués ou affamés à Gaza dont…15000 enfants. Et ça continue tous les jours.
Et nous, citoyens lambdas, on assiste, impuissants, à la vision d’enfants squelettiques résultant de la volonté d’un état autoritaire qui s’isole de plus en plus. Impuissants ? Oui, quand on est seuls.
Une info supplémentaire , le 2stand d’une association pro palestinienne, la découverte de ces deux affiches…


Et c’est ce que j’appelle « un coup de sang ». Le coup de sang, c’est quand l’idée ne te quitte plus. Au réveil, en voiture, dans les magasins, en écoutant les copines, en ramassant tes fraises, tu ne penses plus qu’à ça. Participer à cette formidable aventure née en Suisse qu’est un mouvement mondial de gens ordinaires marchant ensemble vers Gaza.
Et si, finalement, nous, les anonymes, les non gouvernementaux, on arrivait à faire pression sur cette politique génocidaire ? Le monde se lève pour dire Non. Des délégations de 55 pays environ vont marcher vers les mêmes objectifs indiqués sur l’affiche. Notre seule force sera le nombre…et l’envie d’y croire.
