Ça y est. La porte est fermée. Trois jours de marche. Trois jours qui ne se ressemblent pas. Nos pas nous ont menés sur des routes goudronnées, des sentiers boisés et des chemins rocailleux. Le ciel nuageux s’est bien tenu toute la première journée et a même laissé place à quelques rayons de soleil . On a parcouru 30 km. On était contents….Mais parle à nos pieds. Eux le sont beaucoup moins. Surtout le gauche. Peut-être trop de kilomètres pour un premier jour ? On verra par la suite. Rien n’est décidé à l’avance. Rien n’est réservé. Le premier compeed est de sortie.
La route est jalonnée de calvaires au pied desquels les pèlerins ou le simple promeneur déposent un galet, comme on le fait en montagne sur les cairns.
Quand on peut éviter les grosses pierres…. Des traces de neige de plus en plus rares.Pas de doute, on est bien sur le Chemin.La Frette vue de l’Eglise de Saint Ours. A Gillonay, il faut savoir choisir sa Voie: celle qui passe vers Arles ou celle du Puy en Velay par le GR 65. Pour nous ce sera le Puy en Velay. Les fontaines, confidentes du pèlerin fatigué ou assoiffé… Ou les deux. Les derniers kilomètres sous le soleil.Au loin, la Chartreuse et le Vercors.
On terminera demain le récit car trop fatigués pour continuer !
Quand on en est à acheter des soupes déshydratées et des nouilles instantanées, c’est que le départ n’est pas loin. Matériel de camping dans le sac à dos.
Fermer la porte de sa maison, tout simplement, et commencer à marcher vers l’Etoile de St Jacques. Le départ sera la semaine prochaine, le mercredi 6 avril, pour 1750 km environ. Enfin… s’il arrête de neiger. Ce projet devait se réaliser au printemps dernier et puis un souci de santé en a décidé autrement. Ce ne fut que partie remise et c’est tant mieux, puisqu’il se trouve enrichi, cette année, d’un message qu’on adressera aux personnes rencontrées et qui concerne la situation des réfugiés en France. Ce message, on le portera dans nos têtes et sur les sacs.
A cause d’un problème de fabrication, ce seront des autocollants et non des badges qui seront donnés. Tant mieux, c’est moins lourd.
On a travaillé bénévolement cinq semaines auprès des migrants de Calais en ce début d’année et, comme une évidence, on a ressenti un besoin impérieux de créer un lien entre leur marche et la nôtre.
Actuellement, 1800 personnes environ, davantage l’été, dorment sous des tentes installées dans des terrains vagues, sous des ponts à Calais ou le long des autoroutes.
La marche, ils connaissent. Des semaines, des mois, voire des années. L’Afghanistan, le Soudan, ça fait loin. Marche subie. On se réchauffe autour d’un café. Le bois et la nourriture sont fournis par des associations regroupées au sein de L’Auberge des Migrants qui coordonne les aides médicale, juridique,matérielle et alimentaire apportées aux exilés. Mais tout cela a un coût et ne fonctionne qu’avec des bénévoles et des donations.
Alors l’idée nous est venue de donner un autocollant à toute personne croisée sur le Camino qui aurait envie de faire un don et de participer ainsi à un monde plus humain.
Cette initiative a été prise avant la guerre en Ukraine mais l’Auberge se mobilise également pour eux.