Comme le temps passe vite….un peu plus de 500 km parcourus. Déjà lundi 17 avril ! Demain midi cela fera une semaine qu’on pédale sur la Voie Bleue. On aurait aimé écrire plus souvent mais il faut que certaines conditions soient réunies. Vue la température moyenne de cette semaine, on cherche à être dans un local à l’abri du vent, avec une table et une chaise. Et puis il faut être seuls et pas trop fatigués ! Dans la tente, pas facile de rester assis pour écrire. Dormir c’est mieux.
Alors ce soir, on est en chambre, après une journée de 85 km. On dort à Bains les bains, près de la Vôge sur Saône, l’une des étapes de la Voie Bleue.
Quelques réflexions sur cette première semaine.
Comme dans beaucoup d’endroits cette semaine, il a fait froid et on a eu beaucoup de pluie. Mais on est contents du matériel ! On a testé notre nouvelle tente autoportante, ce qui fait que dès les deux premières nuits, on a pu s’installer dans des endroits secs, sur des sols durs, où la tente tient debout sans les piquets. Nos duvets, confort jusqu’à 12°, ne suffiraient pas sans un petit plus. Pour Pierre, un drap de soie, pour moi une couverture polaire que je glisse à l’intérieur.


Partir mi avril présente des avantages et des inconvénients. Les avantages, il n’y a pas beaucoup de touristes. On n’a pas trop chaud ! Ça c’est sûr…Les inconvénients, beaucoup de lieux n’ouvrent qu’à partir du mois de mai. Certains campings sont fermés, mais surtout les sites à visiter sont encore soit en heure d’hiver, soit ouverts une ou deux fois par semaine, ou pas encore ouverts car pas assez rentable (des châteaux). Le lundi est un jour complètement mort, même pour boire un café.
Depuis hier dimanche, on roule au sec et on a apprécié les premiers rayons de soleil depuis le début du périple. Un voyage, ce n’est pas seulement les visites mais également les rencontres chaleureuses, parfois furtives, parfois le temps d’une soirée.

Un cycliste tout heureux de nous aider à sortir de Chalon sur Saône et de nous accompagner sur une dizaine de kilomètres, un boulanger qui n’en finit pas de nous poser des questions sur le voyage à vélo, un autre ce matin, qui nous offre le café parce que camper dans ces conditions…c’est pas drôle…des pêcheurs, debout ou installés pour une ou deux nuits.





Malheureusement, alors qu’on prenait notre temps pour la visite du musée, une voix nous a soudain susurré « on va fermer dans cinq minutes »…horaires d’hiver. Il faudra qu’on y revienne. Ce qui nous aura marqués à l’entrée du musée est un compteur géant qui, en temps réel, enregistre le nombre de photos prises depuis Niepce. On était à plus de 250 000 000 000 de photos prises dans le monde quand on y était. Développement exponentiel depuis que Facebook existe. Faut-il en rire ou en pleurer? Je n’ai pas le cœur à le dire comme le chantait l’ami Ferrat.
Entre Chalon sur Saône et Seurre, à l’entrée d’un village :








A Auxonne, on a la surprise d’arriver en pleines journées napoléoniennes ! C’est la première fois qu’elles ont lieu. On est déçus pour les organisateurs de cette météo très pluvieuse. Certaines batailles prévues sont annulées.


A gauche, une dentellière, à droite les instruments qui servaient à carder la laine. Ancien modèle fabriqué avec des chardons, l’autre, plus moderne, est métallique.

















Cette journée à Auxonne a été la pire depuis le début du voyage, non pas à cause de Napoléon, mais parce qu’il va tomber des hallebardes sur nous jusqu’au soir et que, comme on aime ça, on va faire durer le plaisir en se perdant pendant deux à trois heures.

Ce soir-là, on doit retrouver un couple de cyclistes qu’on a connu sur la Viafrancigena en octobre dernier et qui nous a invités à dormir chez eux. Il faut donc quitter la Voie bleue pour rejoindre leur maison. A Vadan.

Tout guillerets mais quand même un peu transis, on quitte les régiments napoléoniens pour se remettre en selle et aller chez Emmanuelle. Elle nous a donné sur WhatsApp des précisions qui permettent de quitter la Voie bleue pour aller chez elle. Mais Pierre veut gagner du temps, à ce moment-là, on y croit, et propose de prendre les grands axes. Bon. Why not? Il recommence à pleuvoir. On découvre une route sans grand intérêt, qui ne fait que monter et descendre. Mais si on gagne du temps…Après une courte accalmie, j’ai arrêté de remettre le surpantalon pas très agréable à porter me disant qu’on sécherait bientôt chez nos copains. Soudain, le gps nous dit de tourner à gauche, Tournez à gauche, TOURNEZ À GAUCHE.
On hésite et, une voiture s’arrêtant au stop, le chauffeur nous confirme que c’est effectivement plus court par là mais que…et le voilà parti dans des explications à n’en plus finir. Sous la pluie, l’idée d’un itinéraire plus court est alléchante. Mais tel David Vincent cherchant un raccourci qu’il ne trouva jamais, on n’a fait que s’emmêler les compas. Mais, me direz-vous, comment est-ce possible avec les GPS ? Si si…on sait bien faire. Alors on demande aux rares personnes qui montent ou descendent d’une voiture. Un jeune nous dit qu’on est au moins à 25 kms alors qu’il en reste une douzaine normalement, un papi nous conforte dans la direction prise. Oui, vous pouvez par là, mais, il y a un pont. Il y a un pont ? Oui…mais il y a un pont. Il nous dit ça comme si le pont était miné.
Merci papi. On se retrouve au milieu des champs, dans des chemins de terre défoncés, où des ornières remplies d’eau nous obligent à slalomer sous une pluie qui nous semble de plus en plus glaciale. J’aurais bien aimé comme David Vincent rencontrer des envahisseurs, au moins on aurait été au sec dans leur capsule. Non, seulement des Charolaises humides elles aussi. Mon gps qui ne disait plus rien reprend la parole pour me dire Faites demi tour. J’aperçois entre les gouttes Pierre quelques ornières plus loin, trop loin pour m’entendre l’appeler. Quand longtemps après, on se rejoint, il préfère qu’on continue droit devant pour retrouver une vraie route ! Celle qu’on n’aurait jamais dû quitter. Mon GPS qui indiquait 9,5 km pour arriver chez les copains continuent à marquer des points:11 km, 12 km…13,5 km. On finit par retrouver une route goudronnée….et, 1h 50 après lui avoir parlé, on se retrouve devant la maison du papi du Pont ! Moralement, il n’y a pas pire. Pont d’ailleurs que quelqu’un, entre-temps, a dû faire sauter parce qu’on ne le verra jamais !
Attendus en début d’après-midi, on arrivera à 17 h, heureux mais un petit peu humides de retrouver Emmanuelle, ses petits enfants et François, pour passer ensemble une très belle soirée.






















































