Article 15. Bruxelles fin du périple

Arrivée à Bruxelles, notre point final. Notre camping est à quelques centaines de mètres de l’atomium.
À notre grande surprise, on sera au maximum trois tentes et nous aurons même le camping pour nous tout seuls. C’est à 8 kms du centre mais ce n’est pas cher.

Réponse à la devinette. Quel est le lien entre ces deux photos ?

L’arrivée à Bruxelles à vélo est un vrai plaisir. Des voies cyclables entourées de verdure, de plans d’eau. Toute la ville est bien pensée pour les deux-roues et les voitures s’arrêtent automatiquement au bénéfice du vélo. C’est sécurisant.

On a fait le choix de rester quatre jours complets à Bruxelles et de zapper les Ardennes car trop de tentations auxquelles nous n’avons pas voulu résister ! Et ne pas résister, qu’est-ce que ça fait du bien. Surtout ne pas résister à l’appel de l’art et de la culture. En plus, c’est très bon pour la santé !

C’était d’ailleurs le thème de HAPPINESS exposition qui a été mise sur pied au Palais de la Dynastie sur l’une des grandes places de la ville par Studio Irma, un groupe d’artistes néerlandais suite à l’augmentation de problèmes de santé mentale en Europe due au coronavirus, à la guerre, à la situation économique. Différentes manières existent de contrer les pensées négatives, et l’art est l’une des solutions. Ne nous en privons pas.

Ces artistes ont travaillé avec des scientifiques, spécialistes du bonheur, afin de valider leurs intuitions : la couleur rend heureux, aménager des espaces dans la cité permet les échanges, le sens qu’on donne à ce que l’on fait est plus important que l’acte de faire en lui-même, et de l’art oui, et de l’art partagé, encore mieux. Le philosophe hongrois Popper dont on n’avait jamais entendu parler disait : « Ce ne sont pas le monde et la réalité autour de nous qui importent, mais le monde et la réalité en nous. »

On sait que l’art, fréquenté de manière passive ou active, rend heureux. Il fait reculer l’hormone du stress. L’exposition relate des expériences faites dans des villes qui ont travaillé sur l’architecture, les couleurs pour diminuer le taux de dépression des habitants. Dans les récentes structures mises en place un peu partout dans le monde, des arches, des niches, des bancs aux formes originales, permettent aux gens de se réunir et de se parler. Des études ont démontré que des espaces aux couleurs chatoyantes non seulement rendent plus heureux mais facilitent les apprentissages.

Des couleurs sur fonds musical qui défilent sur 360°.

À Tirana en 2000, Albanie, la capitale était tombée dans un état de délabrement extrême suite à la chute du communisme, de la pauvreté et du crime organisé. Le maire, diplômé d’une école d’art, décida de repeindre des maisons du centre ville en couleurs vives. Les gens, peu à peu, ont cessé de jeter leurs détritus dans la rue, sont sortis et se sont réunis davantage. Des cafés et des fleuristes ont rouvert, le taux de criminalité a commencé à baisser.

Nous sommes allongés sur des coussins pour admirer les tableaux changeants. Plutôt rare comme position pour une visite d’expo…
Comme dans l’un des pavillons du Futuroscope, nous sommes parfaitement intégrés au film présent aussi au plafond et au sol.
Ici on entre dans un espace où on passe à travers les gouttes….de lumière. On peut les toucher. La musique me rappelle les années New Age.
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Alors Bruxelles. Bruxelles ma belle, comme chantait Dick Annergan. Selon nous, elle n’a pas la beauté d’une ville comme Paris ou Rome, mais elle a de nombreux coins qui doivent la rendre très agréable à vivre, surtout pour les jeunes avec beaucoup de points culture et moins d’agitation que la vie parisienne. Dixit des jeunes qui y vivent.

Quand le voleur attrape le policier…
La pagode japonaise. Le musée des arts d’extrême-orient est malheureusement fermé temporairement.

On a découvert la ville à vélo, qui permet de sillonner les différents quartiers de cette ville très étendue qui nous faisait pédaler plus de 8 kms entre notre mini camping et le quartier européen. Ville grouillante, aux nombreux espaces verts, des terrasses partout, il faut dire que le soleil nous accompagnera ces quatre jours.

Du vert et du verre.
Un jardin parmi d’autres en pleine ville.

La Grand Place ruisselant de superbes monuments et bondée de touristes, pour nous c’est trop de trop, on préfère des coins plus tranquilles, mais Bruxelles a aussi ses quartiers peu entretenus, pauvres, notamment autour de la gare du Midi d’où on repartira le dimanche matin .

C’est dans ce quartier que je me suis fait voler mon téléphone en fin de journée, le dernier jour samedi 6 mai. Les faits. Comme toujours, quand on entre acheter nos quelques courses pour manger, l’un de nous deux reste auprès des vélos. C’est moi qui suis dans la supérette. Quand je reviens, mon téléphone n’est plus sur son support. Pierre n’en revient pas. Un moment, il a tourné le dos aux vélos pour me parler trente secondes à travers la vitre…cela n’a pu se faire qu’à ce moment-là. Comme nous dira le policier qui, un peu plus tard, enregistrera notre plainte, ils savent faire, c’est leur métier. J’avais pourtant un vieux modèle de téléphone mais, comme il dit, même en tirer 20 ou 30 euros, c’est toujours ça de gagner.

Toutefois, Bruxelles reste pour nous une ville très attractive. Si si. Comme mon téléphone qui l’était aussi… attractif. Et comme nous précise le policier tout jeune et tout gentil et tout désolé pour nous, on aurait pu se faire voler n’importe où, même à Paris. Bah oui… ça doit sans doute être rassurant de savoir qu’on peut se faire voler partout dans le monde… au moins pour ça, c’est l’égalité. Quelle chance. Bon, c’est désagréable mais c’est mieux qu’un accident. Continuons les visites.

Sur notre route, entre le centre-ville et notre camping, on traversait ce quartier sur lequel on s’est renseigné…
Un ancien quartier portuaire, l’ancienne gare maritime, devenue galerie marchande, avec dj, restaurants et salles de sport. Tout en bois. Magnifique.
On a mangé de vraies frites belges. Cuites dans la graisse de bœuf. Pas sur la photo…déjà mangées…

Découverte de l’univers du peintre belge Magritte, univers tellement large que certaines de ses œuvres ne ressemblent pas à du Magritte. Après un penchant pour la veine impressionniste, il devient dadaïste, fait des pubs, rencontre les surréalistes français, joue avec la réalité et l’image que nous en avons. Le fameux : Ceci n’est pas une pipe ! Il aime les symboles, les mythes, l’humour. Pour résumer le bonhomme, Pierre dit: un touche à tout artistique difficile à cerner.

Mais Bruxelles, c’est bien sûr, l’une des capitales de l’Europe !

C’est ainsi que, depuis Schengen, on poursuit les visites des instances européennes. On a consacré la moitié d’une journée dans l’ensemble du quartier européen où on a plus précisément parcouru le parlement européen et le parlementarium. On était un peu perdus entre le rôle du Parlement de Strasbourg que j’ai visité il y a …. 44 ans quand j’étais étudiante – je viens de prendre un coup de vieux- et celui de Bruxelles.

On a révisé. Les six valeurs fondamentales de l’UE: le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit, le respect des droits de l’homme y compris ceux des minorités. Quand on repense aux conditions de vie des migrants à Calais, on voit que l’Europe peut faire beaucoup mieux ! Pays le plus peuplé de l’Europe : l’Allemagne avec 83 millions d’habitants, et Malte, le plus petit avec 500 000 personnes. 24 langues officielles. L’Union européenne a reçu le prix Nobel de la Paix en 2012.

Autant tout le monde connaît le visage d’Ursula van der Leyen, présidente de la Commission européenne, autant celui de la présidente du Parlement européen passe moins dans les médias. Elle s’appelle Roberta Metsola et est élue pour 2 ans et demi. Maltaise.

Les équipes parlementaires se réunissent et travaillent à Bruxelles. Dans l’hémicycle, vus de la place de la Présidente, les partis s’échelonnent des partis les plus à gauche jusqu’aux partis les plus à droite. Les députés de chaque pays sont donc répartis selon leur appartenance politique et bossent avec leurs homologues européens. Ils sont 702 députés qui nous représentent, nous les 450 millions de citoyens de l’Union européenne. On comprend la kyrielle d’hôtels qui poussent dans le quartier! Lors de la dernière élection, l’âge des députés allait de 24 ans à 82 ans. Mais alors Strasbourg ? Ils s’y rendent 12 semaines par an pour présenter et faire valider leurs décisions lors des réunions plénières.

Le Parlementarium est un musée qui retrace les grands événements de cette Europe et les interactions entre les pays. On a trouvé très touchantes des centaines de photos affichées qui évoquent notre histoire commune, heureuses ou dramatiques mais toujours belles dont parfois, le lieu ou le nom de la personne nous échappent mais qui nous sont familières. Woodstock, Milosevich jugé, la conquête spatiale, la brebis Dolly, Tien An Men, Jean Paul II embrassant le sol etc. On aime bien cette phrase d’Omar Sy : « Nous n’avons pas la même mémoire des événements mais nous partageons la même Histoire. Retenons ce qui nous réunit. » Merci Omar.

Structure métallique qui symbolise tous les pays de l’Union européenne. Si l’une des lames bouge, tout l’ensemble se met en branle.
Bravo les jeunes.
Élections au suffrage universel direct des députés européens tous les cinq ans.

Mais ce qui nous aura vraiment marqué de nos déambulations bruxelloises est la découverte tout-à-fait fortuite du musée Banksy pas prévu à notre programme initial. C’est en passant dans une rue et en voyant une longue file d’attente de jeunes devant un bâtiment surmonté du nom BANKSY que l’on s’est dit: mais ça nous dit quelque chose. France Inter bien sûr. Le plus célèbre artiste d’art urbain d’origine anglaise qui se cache sous un pseudonyme. L’histoire dit qu’on ne sait pas qui il est réellement.

Après avoir beaucoup taggé à la bombe, il utilise principalement le pochoir et termine à la main. On éprouve beaucoup d’émotions devant certaines de ces œuvres. Il graffe sur les murs du monde entier, images humoristiques, graves, poétiques, grinçantes, avec ou sans slogans, et ce depuis les années 90. Comme de nombreux graffeurs, il détourne parfois un tag déjà existant sur le mur. Ses messages sont souvent en lien avec l’actualité. Il vient de dessiner 7 œuvres autour de Kiev.

Ce qu’on n’avait encore jamais vu lors d’une vente aux enchères : l’œuvre s’est auto détruite sous les yeux médusés du public et de l’acheteur. Banksy avait caché un système de broyeur à l’intérieur du cadre. Banksy, contre la spéculation, le capitalisme. C’est un pacifiste.
L’espoir ?
Un ange. Avec un gilet pare-balles.
L’enfant croit qu’il neige. Ce sont les cendres du feu d’à côté. Pollution de l’air.
BANKSY a souvent représenté les petites gens. Ceux qu’on met souvent sous le tapis.
Si on inversait les rôles…
Une vieille dame qui éternue et qui perd son dentier.
L’amant…en position délicate.
Humour noir. Pauvre toutou.
Garde tes pièces. Je veux le changement.
Contrôle d’identité en Israël.
Déjà l’idée d’envoyer des fleurs plutôt qu’une grenade, on trouvait ça bien. Mais quand on découvre que cette fresque, le lanceur de fleurs, a été faite dans les rues de Jérusalem, elle a encore plus de force.
Nymphéas détournés
Une pause clope chez les glaneuses. Une glandeuse ?
Les héros suite au covid.
A Paris. Une fillette recouvre d’une tapisserie rose une croix gammée. A proximité d’un centre d’accueil des réfugiés. L’œuvre a été vandalisée.
À Paris. La cape aveugle le cavalier. Quel cavalier ? Quel aveuglement ?
La jeune fille triste. Suite aux attaques du Bataclan, Banksy a fait cette œuvre sur la porte par laquelle certains survivants ont fui. La porte a été volée puis retrouvée. Les voleurs ont été arrêtés et condamnés.
Le monde qu’on leur propose.
On n’a plus le droit de rêver ?
En Louisiane. En hommage aux victimes de l’ouragan Katrina où les digues, construites pour protéger la population, ont laissé passer l’eau.
Fait en Ukraine.
En Ukraine. Quand on sait que Poutine pratique le judo…David et Goliath.
Critique de la consommation…
Mobile lovers
Pessimisme ? Fillette triste, seule, en détresse. Ce ballon qu’elle tient ne restera peut-être pas accroché à la phrase NO FUTURE? Un petit côté The Kid de Charlot.
Sur un abri bus
Le radeau de la Méduse aujourd’hui.
S’évader grâce à l’écriture et la lecture.
Une pensée pour la Planète des Singes. Riez bien maintenant, mais un jour, c’est nous qui dirigerons..

Banksy. A consommer sans modération.

Évidemment, on n’allait pas manquer le musée du chocolat très complet sur le sujet. Il se visite et surtout, il se goûte !

La Belgique, c’est aussi le pays de la bande dessinée. Centre très intéressant installé dans les anciens magasins Waucquez , créés par le célèbre Horta, fondateur de l’art Nouveau.

Même si on ne pratique pas la BD, on est toujours contents de croiser les personnages célèbres des albums connus dans le monde entier…

Superbe bâtiment Art Nouveau.

Et il y a les petits nouveaux qui méritent tout notre intérêt…

Notamment Petit Poilu.

Un héros sans parole mais avec beaucoup d’idées. Tous les thèmes sont abordés , certains légers, d’autres plus sérieux. Chaque album est prétexte à découvrir les émotions à travers les rencontres de compagnons joyeux ou farouches et Petit Poilu, grâce à elles, apprend l’empathie et grandit…d’un poil. Vivement que j’ai 3 ans !

Quelques mots sur l’atomium.

Construit pour l’exposition universelle de 1958, il culmine à 102m , se compose de neuf sphères, dont six accessibles au public. Le message était : l’atome pour la Paix. À cette époque, l’acier et le fer symbolisent le développement économique. On va également utiliser de l’aluminium. Son nom est un mot-valise : atome/ aluminium. Il représente la structure d’un cristal de fer. Par un ascenseur qui était le plus rapide de son temps, on parvient au dernier niveau pour admirer la vue sur les environs, des expositions temporaires dans certaines sphères.

Une dixième sphère cette nuit là.

C’est la fin de ce voyage. Quand vous lirez cet article, on sera rentrés en Isère depuis hier. Dimanche, on a pédalé 58 kms dont 40 sous la pluie dans les Ardennes pour franchir la frontière franco-belge ou plutôt belgo-française. Heureux de ce qu’on a fait et contents de rentrer. Comme à chaque fois. Lundi, ce fut journée train, quatre trains TER qui prennent les vélos, 12 heures en tout, de Reims à Voiron.

À très bientôt…pour un prochain velogoodtrip

Article 14. Namur

On a beaucoup apprécié Namur, sa citadelle l’une des plus grandes d’Europe, ses ruelles, l’ambiance, ses maximes sur les portes des boutiques, ses caramels, ville dont les habitants sont réputés pour leur lenteur. C’est eux qui nous le disent. D’où leur symbole, le petit-gris.

On est logé dans un apparthôtel qui nous revient au même prix que l’auberge de jeunesse namuroise. Chambre très spacieuse et voilà la cuisine. En plein cœur de la ville.

On y rencontrera un couple formidable, d’origine asiatique, restaurateurs à La Rochelle, venu manger les vraies frites belges !
Des petites rues pavées,
Le quartier Confluence eh oui, comme à Lyon, mais ici on est au point de rencontre de la Sambre et de la Meuse. La partie arrondie s’appelle le Nid, lieu d’expositions et de rencontres.
On se demande où ne passe pas le Camino de Compostella.

Vues de l’enceinte delà Citadelle.

Art déco.
Pour nous c’est la place des escargots.
On est tombé sur un fan de films français.
Ça nous rappelle des souvenirs…
Première fois qu’on voit ça dans une cathédrale ! Où sont passés les petits lumignons à la flamme vacillante??? Coup de blues. Bientôt un distributeur d’hosties, sauce ketchup ou bbq.

Et puis les maximes qui mettent du baume au cœur. À vous de choisir…ou pas. Nous on les aime toutes.

On est très sensibles à celle-ci.

Bon c’est tout parce que Bruxelles nous attend pour cette troisième et dernière journée. Tant de choses à voir…

Article 13. Luxembourg-ville…

Comme on dit ici pour distinguer le nom du pays de celui de sa capitale. Tout d’abord, on a trouvé un super camping à 5 kms de Luxembourg où le temps d’une soirée, on a fait la connaissance d’un charmant couple de cyclistes qui vient de Trévoux et qui débute la Vois bleue du Nord au Sud. Leur périple s’annonce sous des auspices plus ensoleillés que le nôtre, bonne route à eux.

Au plaisir de se retrouver du côté du lac. Gabriella et Laurent.
La super idée du camping : comme des mini coffres-forts pour y charger nos batteries et téléphones sans craindre de vol.

Le premier jour, on a sillonné la ville à vélo qui s’étend sur plusieurs plans, une ville basse et une ville haute, sur les rives de la Pétrusse et de l’Alzette et tout ça relié par des viaducs et des ascenseurs vertigineux. Autant dire que la ville connaît des hauts et des bas! Le second jour, on prendra le bus à la porte du camping qui nous déposera au cœur de la cité…et gratuitement. Tous les transports dans le pays sont gratuits. Mais pas l’eau. Quand j’ai demandé une carafe d’eau à la pizzeria, le serveur m’a dit gentiment que je devais arriver de France…ici la carafe est payante.

Comme une idée de village au cœur de la capitale. On a sillonné la ville en suivant un parcours fléché de trois heures, le parcours Wanzel qui retrace l’histoire du pays sur 1000 ans . On démarre sur des sites archéologiques, on suit les fortifications médiévales, puis espagnoles, puis celles de Vauban sous Louis XIV .
Le monde à l’envers et l’envers du monde….

Quelques vues de la vieille ville, le Grund.

Vauban est passé par là. On le retrouvera en Belgique.
Une échauguette ! Un de mes mots préférés.

La partie haute, celle de l’histoire de la noblesse et de la prospérité.

Le parlement du Luxembourg.
Il y a des métiers passionnants…
Le Monument du Souvenir. Il célèbre au départ le souvenir des soldats luxembourgeois tombés durant la première guerre mondiale. Aujourd’hui il est dédié aux soldats des deux guerres mondiales et de la guerre de Corée. Un homme assis veille son camarade blessé ou mort.

Tout là-haut, portée par l’obélisque, on l’appelle la femme en or ou femme dorée. Elle symbolise la paix et le patriotisme.
On n’a jamais vu autant de voitures de sport que depuis notre arrivée au Luxembourg. On a hésité mais finalement on préfère garder nos vélos…trop salissant.
La grande-duchesse Charlotte a régné sur le duché de 1919 à 1964 a été très aimée des Luxembourgeois.
Ils font des ascenseurs gigantesques, intérieurs et extérieurs. On a mesuré: 24m2, un studio parisien !
Ici c’est pour relier la ville basse. une partie du sol est transparente. L’ascenseur est en verre. Je demande si c’est bien fermé dans mon dos. Pas très fière…
Vue dégagée de l’ascenseur.

Dans le musée de la ville. On ne sait pas ce qu’elle fait là, elle a échoué ici , elle en avait marre de Copenhague. Elle a pris des couleurs depuis et elle a grandi.

Dans le musée de la ville, tout une partie consacrée à l’Europe.

Les armoiries du Luxembourg.
Encore une magnifique cathédrale pendant l’office. Cathédrale Notre Dame de Luxembourg. Du pur gothique.

Notre voyage à vélo nous mène, à travers trois villes, au cœur de l’histoire et du fonctionnement de l’Europe. Après Schengen, Luxembourg puis Bruxelles.

Et comme on n’avait pas assez marché et qu’on est toujours très curieux, on a pris la direction du quartier futuriste de la place de l’Europe, siège de toutes les grandes institutions.

C’est ici que sont assurées toutes les traductions de tous les documents, projets en cours, commissions, décisions en lien avec le Parlement européen…L’Europe des 27 pays travaille en 24 langues. Une vraie Tour de Babel. On est le 1er mai, c’est fermé.
Palais de la Cour de Justice de l’Union européenne construit dans les années 70 et entièrement rénové en 2000. C’est la partie publique de la justice. Vous et moi pouvons assister aux audiences. Puis les Trois Tours de la Cour de justice ont été édifiées : la Tour Erasmus, Montesquieu et Rocca. L’architecte est français. Mais il y a tellement de buildings dans le coin et comme tout était fermé, on ne les a pas repérées et on les a pas en photo ! On n’est pas toujours bons….Un vrai Manhattan le quartier européen.
Le pavillon Philharmonique de la ville.
Double rangée de colonnes autour de la rotonde.
Autre bâtiment sympa avec ses angles opposés qui semblent brisés.
Une banquette originale pour mieux admirer le ciel avant de quitter la ville le lendemain, direction Namur.

Pour de vrai, comme disent les enfants, on est aujourd’hui samedi 6 mai toujours à Bruxelles qu’on quitte en train demain pour Couvin, puis vélo pour rejoindre Reims.

Article 12. Sidérurgie lorraine

Ce soir Pierre vous parle de son ancienne région…retour sur la journée du mercredi 26 avril.

Avant Metz, nous avons quitté la voie bleue pour faire un détour par St Avold, dans le bassin houiller. Les mines étaient exploitées par les Houillères du Bassin de Lorraine (HBL), qui, après la seconde guerre ont employé jusqu’à 46 000 personnes. Il fallait reconstruire le pays, on avait besoin d’énergie… Dans les années 80, les effectifs ont commencé à décroître et la dernière mine a fermé en 2004.

Après Metz, nous avons traversé le bassin sidérurgique. L’exploitation du fer en Lorraine est attestée depuis l’époque gallo-romaine. L’exploitation industrielle à partir du XVIII siècle.

Mireille voulait descendre dans une mine de fer alors à Neufchef, nous avons visité le musée et sommes descendus avec un bénévole pour trois heures de visite très intéressante. L’exposition présente l’évolution du travail sur trois périodes :

Tout d’abord, l’exploitation manuelle au XVIII° siècle ; pic, masse, tarière manuelle pour percer les trous pour l’explosif qui était de la poudre à canon, transport du minerai à dos d’homme mais aussi d’enfants. Journées de travail de dix ou douze heures…

La mine au XVIIIE siècle avec les hottes pour le transport du minerai. 50 kg pour les hommes, 10 kg pour les enfants.
Démonstration d’utilisation de la tarière pour perçage des trous d’explosifs.

Ensuite, dans les années 1920, l’utilisation des outils à air comprimé se généralise, des chevaux sont utilisés pour transporter le minerai, et la poudre à canon, qui faisait beaucoup de fumée, est remplacée par des cartouches à base d’oxygène liquide. Le travail reste dur mais le progrès est énorme…, surtout pour les patrons car la productivité fait un bond considérable. Les patrons qui veulent garder leurs ouvriers se préoccupent des conditions de travail et aussi de la vie du personnel. C’est le paternalisme.

Wagonnets en bois tirés par les chevaux.

Dernière phase, dans les années 1950 c’est le début de la mine moderne avec le moteur électrique. Le forage, la taille, le chargement, le transport, tout se fait avec des machines électriques. Le moteur thermique remplacera l’électrique dans les années 1970. Plus fiable, plus besoin de rails pour le transport avec des machines sur pneus.

Les wagonnets sont maintenant en métal.
Chargeur transporteur sur pneus.

Système électrique de mise à feu des explosifs.

Mais le minerai de fer lorrain (la minette) est pauvre. De nombreux pays exploitent un minerai beaucoup plus riche et souvent avec une main d’œuvre beaucoup moins chère… la dernière mine de fer de Lorraine fermera en 1997.

Le tableau des jetons. Chaque mineur le matin l’emportait avec lui et le raccrochait le soir, moyen de vérifier si personne ne manquait à l’appel. Ce temps-là est terminé.

A quelques kilomètres de la mine, se trouve le haut fourneau U4 de Uckange. Le haut fourneau recevait le minerai de fer, la minette et le coke. Le coke en brûlant faisait fondre le fer. Le laitier (les impuretés) également liquéfié et plus léger restait en surface. Il suffisait de soutirer la fonte en partie basse dans des wagons spéciaux pour l’envoyer vers un convertisseur pour faire de l’acier. Le laitier était soutiré en partie haute et servait à faire des matériaux pour le bâtiment.

L’usine comprenant trois hauts fourneaux: U1, U3 et U4 employait un millier d’ouvriers et pouvait produire 2000 tonnes de fonte par jour. Pour des raisons économiques, le haut fourneau construit en 1890 a fermé en 1991. Il est désormais inscrit au patrimoine du XX° siècle depuis 2001. C’est devenu un centre culturel.

Le haut fourneau aujourd’hui… Monument Historique.

Et voilà une région qui, grâce au charbon et à l’acier, a été très riche.

Demain, après une belle journée passée à Namur, nous remontons en selle pour 65 kms vers Bruxelles. On dort demain soir dans une famille de cyclistes avec quatre enfants.

Article 11. SHENGEN, Luxembourg

En temps réel, on est ce soir lundi 1 mai à Namur. Pour la première fois, on a pris un train pour gagner 3 jours et rentrer un peu plus tôt car une belle surprise nous attend. Pour ceux qui nous connaissent, le baptême du dernier-né de notre famille irakienne aura lieu le 18 mai et surtout, les parents de Hend arrivent d’Irak ! On va se rencontrer pour la première fois…émotion garantie. Mais le papa, à cause d’un problème de visa, est obligé de repartir le 12 mai ! On souhaite vraiment le rencontrer donc on va pédaler jusqu’à Reims, puis prendre le train pour rentrer.

Samedi 29 avril (bon anniversaire Erwan! 28 ans) on est arrivés à Luxembourg, une trentaine de kilomètres de la frontière à la capitale. Sur la route, on cherchait désespérément un café quand un jeune Luxembourgeois devant sa maison en travaux nous en a proposé un. Il a sorti deux tasses sur sa future terrasse et après avoir parlé vélo, on a discuté des langues de son pays. Le luxembourgeois est une langue assez proche du néerlandais, le sud du pays parle plutôt français, au nord de la capitale, c’est l’allemand qui l’emporte. Sympathique cette invitation spontanée au coin de la rue. Merci le Luxembourg de nous avoir ainsi souhaité la bienvenue !

Le matin en quittant le camping de Nennig. Quand la Moselle perd deux lettres, c’est qu’elle est devenue allemande. Mais elle reste malgré tout au féminin. On se renseigne quand même…

On avait dit qu’on parlerait de SCHENGEN.

Sur l’Esplanade le long de la Moselle.

On est toujours émus d’arriver dans un lieu chargé d’Histoire. Ce sont souvent des lieux célèbres mais au passé dramatique mais là, Schengen c’est d’abord l’idée de deux hommes, venant de deux pays longtemps opposés, Helmut Kohl et François Mitterrand, qui vont décider d’ouvrir les frontières entre leurs deux pays. Kohl avait très vite compris que la réunification allemande et l’unité européenne allaient de pair. Très vite, le Benelux se joint à ce projet puisque cet espace de libre circulation existait déjà entre ses trois petits états. Pour souligner cet espace sans frontières, on va signer l’accord en plein milieu de la Moselle, à bord du bateau « MS Princesse Marie-Astrid ».

On est tous dans le même bateau. La femme au centre s’appelle Catherine Lalumière et représentait la France en tant que secrétaire aux affaires européennes.

Mais les accords de Schengen, c’est aussi la création de règles communes dans le domaine des visas pour des séjours de courte durée. Grâce à ce système de demande unique de visa de court séjour, commerciaux, touristes ou personnes d’un pays tiers peuvent se rendre sur le territoire de n’importe quel des 27 états de l’espace Schengen sans demander un visa auprès de leur ambassade.

Voilà le visa Schengen.

Et les autres dans tout ça ?

L’asile politique peut être demandé par tout ressortissant d’un pays tiers craignant d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de ses opinions politiques ou de son groupe social. Au Luxembourg, les demandeurs d’asile peuvent présenter leur demande à la frontière, soit dans le pays. Ils doivent rester sur le territoire pendant toute la procédure. L’enregistrement de la demande leur permet une aide sociale dont la mise à disposition d’un logement pour toute la durée de la procédure.

Le traité de Maastricht en 1992 a développé le marché intérieur, qui a donné suite au marché commun européen. Le marché intérieur garantit « les quatre libertés » au sein de l’UE. Libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.

Sur l’Esplanade devant le musée européen SHENGEN.

L’espace Schengen est créé le 26 mars 1995. C’est la libre circulation des biens et des personnes. Aujourd’hui 27 pays en bénéficient.
UNITATIS. Explication à côté . Œuvre d’art en métal qui sert de symbole à toutes les personnes qui ont appris et compris que nous ne pouvons surmonter les crises que si nous nous unissons tous ensemble. Elle exprime l’idée que l’unité et la main tendue pour aider les autres nous rendent plus fort.
Deux morceaux du Mur de Berlin…la Chute du 9 au 10 novembre 1989.
Avec le portrait de Gorbatchev derrière. Celui qui a permis la destruction du Mur puis un peu plus tard la fin de l’URSS …ce qui ne plaît pas à tout le monde.
Des panneaux le long de la Moselle reprennent les moments importants de l’histoire de l’Europe.
Pierre à l’heure du déjeuner devant le musée européen qui retrace toutes les étapes et les personnalités qui ont construit l’Europe d’aujourd’hui.
Chaque étoile porte les symboles de chaque pays de l’Union européenne. Chaque pays a son drapeau sur l’esplanade.
Pour l’Allemagne, c’est pas mal fait. La photo de la France a disparu! mais on avait juste la Tour Eiffel et deux ou trois cyclistes pour représenter le Tour de France. Un peu la misère. On trouve qu’il y avait d’autres symboles à ajouter mais on ne nous a pas demandé notre avis…
C’est la mode des cadenas…chacun veut laisser sa trace….chaque pays a son espace dédié.

Mais pourquoi Schengen ? C’est parce que cette commune se situe à la triple frontière franco-germano-luxembourgeoise qu’elle a été choisie. On apprend que la frontière, dans le quotidien des habitants, n’a jamais divisé mais qu’au contraire, les échanges en tout genre avaient lieu. Des vignerons allemands avaient leurs vignobles sur l’autre rive et réciproquement, les dialectes parlés étaient quasiment les mêmes, il y avait des mariages transfrontaliers. A Schengen un lycée germano-luxembourgeois sert actuellement d’école pilote pour développer un nouveau type d’enseignement adapté à la Grande Région et bien sûr plurilingue.

D’ailleurs, en discutant avec des Luxembourgeois au camping, on a appris que les enfants apprennent, dès la maternelle, quatre langues ! Le français, le luxembourgeois, l’allemand et l’anglais, cette dernière ajoutée récemment…on n’est plus à une près…Quelle chance!

DANS LE CENTRE EUROPÉEN DE SCHENGEN.

Cette carte date un peu. Depuis, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie font partie de l’espace Schengen. Mais quatre états sont Schengen sans être dans l’Union européenne : la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.
Des colonnes lumineuses établissent une sorte de carte d’identité de chaque état membre.

Pendant la seconde guerre mondiale, des coups de feu ont été échangés dans le coin. Balles et grenades ont atterri au Luxembourg, pays neutre. Des milliers d’habitants ont vu les soldats allemands faire sauter le pont par lequel on est arrivés. Le village a été évacué temporairement. Les troupes allemandes envahissent le Luxembourg. En attendant la reconstruction du pont en 1959, un système de bac sera mis en place.

Je remets la photo…pour ceux qui auraient raté un épisode. Le pont en question.

Aujourd’hui la Moselle, Die Mosel, est l’une des voies navigables les plus utilisées d’Europe. Mais des crues sont de plus en plus nombreuses. Il faut savoir qu’une péniche peut transporter 4000 tonnes de fret, ce qui évite 185 semi-remorques sur les routes ! Un sacré avantage. Moins de trafic, moins de pollution.

On pédale souvent au milieu des coteaux recouverts de vignobles. Ils sont là depuis l’époque romaine. Pas nous. Comme il ne fait jamais ni trop chaud (on confirme), ni trop froid, c’est l’idéal pour la culture des vignes sensibles. C’est mignon ça. Les ceps les plus importants sont le Rivaner ou Müller-Thurgau, l’Auxerrois, le Pinot gris et le blanc, le Riesling et l’Ebling. En rouge, on trouve le Pinot…noir.

Quelques vues du Château des ducs de Lorraine visité lors de notre passage à Sierck les Bains. Un des rares après-midi sous le soleil.

À bientôt.

Article 9. Pont-à-Mousson et l’Abbaye des Prémontrés

On se souviendra qu’on est passé à Pont à Mousson peu de temps après Pâques…

On ne sait pas ce qu’il y a dans le jus de carotte…ça doit être les endorphines…




On est arrivés sous un rayon de soleil qui se transformera en pluie lors de notre installation dans le « camping », où on nous tolérera entre deux campings cars…Sanitaires fermés de 20h à 8h ! Pour un pipi nocturne, vous errez discrètement de buissons en zones non éclairées.
Ces photos sont prises le lendemain, à l’heure du départ, sous un soleil très froid. Dès le XIIe siècle, on parle d’un pont sur la Moselle, mais il devient le pont de Pont-à-Mousson lors de la création de la ville en 1261. Il constituait un atout important pour l’économie puisqu’il était placé sur les routes commerciales de l’époque. Il mesure 140 mètres, possède huit arches, et ses tours de défense aux extrémités, permettaient de contrôler les usagers pour leur faire payer un droit de passage. Le péage était né.

Le pont devient rapidement l’emblème de la ville.

Vue de notre camping. Cinq places pour des tentes, on est seuls, et tout le reste, pour les camping-cars.

Ce qu’on retiendra de Pont-à-Mousson est son incroyable musée Au fil du papier. Des objets, des meubles faits en papier mâché ! On en fait bien aujourd’hui en carton. Mais là, on tombait d’admiration sur la beauté du travail.

On en fabrique depuis le IIe siècle après JC. après l’invention chinoise du papier. Il nous parviendra par les Perses, les Arabes puis par Venise en Occident, la Russie, l’Angleterre. Le Japon laquait déjà. Et pas que ses canards.

La France se spécialise d’abord dans les tabatières, puis apparaissent des meubles en imitation de bambou et de panneaux noirs laqués qu’on appelle de style victorien ou Napoléon III.

À partir de 1812, une industrie d’art se développe à Pont-à-Mousson : objets décorés de peintures polychromes, de feuilles d’or, d’incrustations d’ivoire, d’étain, de nacre…

Vase en papier mâché ! Une nouvelle passion apparaît pour l’Asie et en particulier pour le Japon, pays qui s’ouvre au monde en 1853. On va parler alors de Japonisme.
Papier mâché avec incrustation de nacre.
Éblouissant

L’ABBAYE DES PRÉMONTRÉS

Je pensais au départ que c’était encore un lieu de vie religieuse avec, peut-être, un accueil pour les voyageurs. Mais la vie monacale s’est éloignée de cette abbaye qui propose, effectivement, un hébergement, mais de luxe, autour d’une centaine d’euros la nuit. Nous c’est 8 euros. Ce monument historique du XVIIIème siècle est l’un des plus beaux exemples d’architecture monastique de Lorraine. Superbe.

La communauté s’est installée dans le coin vers 1608. Mais c’est Saint Norbert qui a fondé cet ordre en 1121. Avant d’être saint, il était People, jeune prince de Rhénanie. Après une vie de mondanités, une vie de pénitence et de pauvreté. Sans doute pour retrouver un certain équilibre….Il veut relier vie monastique au service des paroisses et évangélisation du peuple. C’est le programme. Il fonde son ordre dans l’Aisne.

Ici l’Eglise sainte Marie Majeure dans l’abbaye. Haute de 18 m, ses colonnes sont coiffées de chapiteaux corinthiens. Lumineuse mais il fait froid…
S’y déroulent des séminaires. On s’est promenés dans les étages, toutes les chambres sont prises. Séminaire avec de nombreux anglophones.
Le réfectoire magnifique. Voûtes qu’on appelle en anses de panier.
Atlas porte le monde et, en particulier ici, l’escalier.
Escaliers monumentaux, carrés, ronds, ovales.

Depuis 1964, l’Abbaye est devenue un centre culturel qui organise des expos temporaires et favorise les artistes du Grand Est. Lors de notre passage, on visite une exposition d’origamis.

Ce n’est pas un origami mais ce samouraï mérite sa place de par sa superbe.
Deux représentations des huit péchés capitaux.
L’orgueil et la luxure…
Une crocomobile… Ou une autocrodile….A vos mots valises.
On aime bien !

Après vendredi soir et samedi passés à St Avold, hors circuit Voie bleue, on a rejoint Metz. on a hâte de retrouver le chemin dédié aux cyclos car peu d’intérêt à rouler avec les voitures.

Au bord de la route vers Metz. Un bout de ciel bleu qui va nous abandonner.
Le vélo est pas mal mais on trouve les bébés un peu…flippants…

Depuis une semaine environ, je déraille régulièrement. Enfin pas moi, ma chaîne. A chaque passage sur le grand plateau, j’ai un pourcentage assez important de risque d’avoir la chaîne qui tombe sur ma pédale. Après un réglage dans un atelier de vélo à St Avold, je retrouve le même problème à une douzaine de kilomètres de Metz. Sauf que là, je n’arrive pas à m’en dépêtrer toute seule. J’ai bien coincé la chaîne en faisant un noeud…au secours, Pierre ! Pierre se demande comment on peut arriver à faire ça…moi aussi, mais j’y arrive très bien. Il a été obligé de démonter mon pédalier. A 12 km de l’arrivée…un petit peu vexant…Et en plus, on a froid.

On a fini par arriver à Metz dans un froid de canard et sous un ciel fronçant les nuages. On téléphone au camping. Non. Pas d’abris pour les campeurs. Cette nuit ils annoncent de l’orage. On sent qu’elle a envie qu’on vienne….Ce sera le formule 1 qui, suite à une erreur de leur part, nous offre pour le prix de base, la chambre toute refaite, très spacieuse puisqu’elle est aménagée pour les personnes en fauteuil. Parfait pour nous et nos deux montures. On restera deux jours pour prendre le temps de découvrir la vie messine.

Article 8. Nancy

Nancy, sa place Stanislas, son art déco. Malheureusement, on restera peu de temps afin d’arriver à St Avold pour le week-end chez David.

Les terrasses ne font pas encore le plein.
Grilles dorées à l’or fin. Beauté des fontaines, en style rococo, qui contraste avec le style classique de la place. Elles ont été placées à cet endroit, dans les angles, pour masquer les remparts de la ville.

Outre leur aspect décoratif, les fontaines jouaient un rôle dans l’hygiène publique. Les petites fontaines latérales servaient d’abreuvoirs aux chevaux, les grandes à l’intention des habitants. Elles étaient le moyen d’éviter le choléra et autres maladies qui pouvaient sévir dans les eaux des puits souillées par les excréments et les eaux usées…
Stanislas…et pourtant la place est toute dédiée à la gloire de Louis XV qui était le gendre de Stanislas, lui-même deux fois roi de Pologne et duc de Lorraine. En commandant cette place en l’honneur de son gendre, il poursuit deux buts: habituer les Lorrains à leur futur roi et s’attirer un petit peu ses faveurs. A l’époque, la place s’appelle : la Place Royale. Elle changera plusieurs fois de nom. Stanislas sera arrière grand-père de trois rois de France !

Mais sur le socle de la statue, il est écrit LE BIENFAISANT. Ça se mérite quand même, surtout gravé dans le marbre. Alors on a creusé le sujet…

Avant lui, on mettait les belles places loin du peuple. Lui veut rassembler sur la future place Stan, comme l’appellent les habitants de Nancy, les services administratifs et les lieux de divertissement. Pas mal mais cela ne justifie pas encore le terme de Bienfaisant. Il fut philosophe et mécène des Lumières. Il créa la bibliothèque royale de Nancy, la Société des des Sciences et des Belles-Lettres qu’on appelle bientôt l’Académie de Nancy. Son but: diffuser des connaissances, promouvoir la langue française, ainsi que la tolérance religieuse et politique. Le gars était favorable à la liberté et à la séparation des pouvoirs. Il avait la fibre sociale, créa des écoles, des hôpitaux, des bibliothèques publiques, des secours aux plus démunis, écrivit des essais philosophiques dans l’esprit des Lumières.

On comprend mieux maintenant Stanislas Le Bienfaisant.

Bien sûr, Nancy c’est également la capitale de l’Art Nouveau, le Petit Paris de la Belle Époque alors que Metz et Strasbourg étaient avalés par le Reich, l’importante École de Nancy…..mais écrire, c’est faire des choix. Comme la vie.

Article 7. Le bonheur à bicyclette

Je voulais parler de la Meurthe et Moselle mais j’avais plus urgent à dire ce soir. Il fallait que je parle du bonheur d’être à vélo.

La journée qu’on a vécue à vélo d’Epinal à Nancy a été la plus belle du périple jusqu’à présent. Tous les ingrédients étaient là : pas de pluie, pas de vent, du soleil, une route facile qui longe la Moselle aux rives encore sauvages, la belle rencontre avec Julie et Aurélien. Mais le bonheur, ce n’est pas seulement l’absence d’emmerdements! C’est beaucoup plus….C’est une sécrétion du cerveau. Et il y a des jours, il sécrète beaucoup.

Ce bonheur n’arrive pas tous les jours. Il se mérite. Il exige de nombreuses heures en selle, une prise de conscience physique et morale d’un bien-être certain. La posture d’abord. Pas de douleur. On aime dérouler la jambe pour appuyer sur la pédale, prendre de la vitesse, changer la position des mains sur un guidon papillon recouvert de mousse, regarder le compteur dont les chiffres décollent, regarder le héron cendré qui décolle aussi. Le bassin, les épaules prennent part à l’avancée, tout le corps est tendu et engagé dans un élan total. On transpire et on vit.

Dans la tête. Qu’est-ce qu’on est bien! Ma maison sur le porte-bagages. Il ne manque rien. On a l’essentiel. On roule vite et pourtant lentement pour le monde d’aujourd’hui. Au cours de nos différents voyages à vélo, j’avais déjà remarqué cela: La vitesse et le nombre d’heures roulés nous transforment. C’est peut-être difficile à comprendre de l’extérieur mais on est touchés par un certain état de grâce, on se surprend à sourire bêtement au monde qui nous entoure, qui nous enivre. On a l’impression, seulement l’impression, de devenir invincible. On se surprend à penser. À penser à tous ceux qui n’ont pas cette chance de toucher le bonheur du bout de la pédale. On a envie de dire à celui qui ne va pas bien : Monte en selle, pars plus loin si ça ne va pas ici, et trace ta route. Le monde est à toi. Que toi pour le décider. On ressent alors beaucoup d’empathie pour les gens. Rouler rend bon. Et chanter à tue-tête sur sa bicyclette ! La cerise sur le gâteau. Ça permet de sortir cette énergie qu’on a emmagasinée à grands coups de pédale.

Et oui, je sais, on est dopés. On sécrète en secret. C’est la faute du cerveau ou plutôt c’est grâce à lui. Les endorphines, les voilà. Surnommées les hormones du bonheur. Merci à nos deux hypo. qui les fabriquent : hypophyse et hypothalamus. Les endorphines sont sécrétées à la suite d’éléments déclencheurs comme…la pratique intensive du vélo. Non seulement elles sont euphorisantes mais, agissant comme la morphine, elles permettent de réduire les douleurs musculaires ou articulaires, sinon on ne pourrait pas rester des heures en position quasi statique. Il y a un cap où l’endorphine permet de passer de la fatigue à une phase de soulagement. Ça doit être à ce moment-là qu’on sourit bêtement aux anges…

Avec Pierre, on se disait que les douleurs, les difficultés qu’on peut rencontrer parfois lors du voyage sont très vite effacées face à ce bonheur qu’on ressent et cette chance qu’on a de pouvoir voyager à vélo.

Certains cyclo voyageurs sont en selle depuis des années et des années. Liberté, lenteur, félicité.

Un petit peu de Meurthe et Moselle quand même…On parlera de Nancy dans le prochain article.

Rencontres sympathiques avec cyclistes et marcheurs athlétiques.
On aime bien quand les autres sont barrés ! Chemin que pour nous et les randonneurs…
Qui dit ombre dit soleil. On roule contents.
Un grand merci ! Ça coûte des sous mais c’est bon pour la planète.
Des collègues.

Ce soir on dort à Metz.

Article 6. Épinal

Journée du Mardi 18 avril

Mais avant Épinal, retour à Port sur Saône, en Haute Saône, le temps de poser le regard sur un mur. Port sur Saône où se trouvait la statue blanche du pêcheur. Sur la place, une fresque très intéressante illustrant les grands noms liés à l’histoire des droits de l’homme, fresque qui mériterait un petit coup de rafraîchissement, mais l’essentiel y est….des gens qui ont marqué par leur humanité, certains devenus Prix Nobel de la Paix.

Il y a les faciles à reconnaître et puis les moins évidents. En bas à gauche du calvaire, cette femme avec une photo dans les mains est Une folle de la place de Mai. En mars 1977, ces mères dont les enfants disparaissent mystérieusement s’unissent et organisent des actions non violentes, à Buenos Aires, sur la place de mai. Des Mère Courage.

L’homme qu’on aperçoit juste derrière le soldat du calvaire est Jean Xavier Bureaux de Pusy. Mais pour quels faits est-il célèbre ? Belle question super banco ! C’est lui qui a signé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui est à l’origine du partage du royaume et des départements.

Autour de Gandhi. A gauche, Henri Dunand , fondateur de La Croix Rouge, prix Nobel en 1901. À droite, Louise Michel, instit et déportée en Nouvelle Calédonie. Elle combattait pour la libération des opprimés, les droits de la femme et de l’enfant.

Les autres font partie de notre mémoire collective française et internationale et leurs visages nous sont familiers.

ÉPINAL ( les Vosges)

Epinal sera d’abord le lieu d’une belle rencontre, celle de Julie et d’Aurélien, tous deux travaillant, trois enfants de 11 à 17 ans et prenant le temps de nous accueillir chez eux. Ce sont des cyclistes qui passent toutes leurs vacances à vélo sur les routes de France ou à l’étranger avec leurs trois enfants et une carriole. Une super organisation bien rodée, aventure qui permet à chaque fois à la famille de beaux moments d’échanges et de complicité. On espère vraiment avoir l’occasion et le plaisir de les recevoir à Charavines. Julie connaît bien le lac de Paladru !

Et puis Épinal, c’est évidemment le pays de la fameuse image, créée en 1796 par un monsieur Jean Charles Pellerin. Petite déception à l’accueil. Le musée est en pleine transformation et sera prêt pour dans une dizaine de jours avec de nouveaux concepts…encore un peu tôt dans la saison…On peut quand même visiter mais sans guide. Elle nous offre un petit livret sur l’histoire de l’image. On a de bonnes têtes quand même…

Au premier plan, tout en verre, le bâtiment du musée de l’Image qui propose des expositions et des ateliers pour les enfants : jeux de l’oie, dans la forêt, images et faits divers. Pas mal l’exposition qui revient sur la fascination qu’exercent les faits divers sur le public, à travers l’image et les canards. Mais ce qui nous intéressait surtout était le bâtiment en arrière plan, ateliers Pellerin où étaient fabriquées les images.

Alors qui était ce Pellerin ? Il était déjà un peu de la partie puisqu’il était cartier dominotier, c’est-à-dire qu’il imprimait des jeux de cartes, des dominos et des éléments de décoration sur les murs des maisons bourgeoises.

Les thèmes privilégiés tournent autour de la religion, de l’armée, de la nature, tout sujet populaire comme les contes, les expressions françaises, de la dérision également.

Les premières images sont imprimées avec des clichés réalisés en bois gravés. Pas le droit à l’erreur. Les outils sont ceux de l’époque qui permettent de graver le bois. On badigeonne d’encre le bois gravé sur lequel on pose une feuille blanche, on presse fortement pour obtenir le transfert du motif. On utilise bien sûr la Presse Gutenberg. Et, quand l’impression sur la feuille est réussie, on dit qu’il y a AMOUR ! C’est pas mignon ça…

Il faut ensuite colorier l’image, un pochoir par couleur. Depuis 1796, on colorie des images au pochoir à l’Imagerie d’Epinal, et encore aujourd’hui, des coloristes confirmés perpétuent cette tradition.

En 1820, on met au point une technique qui va éviter au bois de trop s’user. Elle consiste à faire une copie métallique faite à partir d’un moulage en terre. Ainsi on préserve la gravure en bois. C’est ce qu’on appelle un stéréotype.

À partir de 1850, le dessin sur pierre est utilisé à Épinal. La pierre permet plus de finesse dans le trait. Le dessinateur lithographe dessine à l’envers.

Vendeur de canards. Mais pourquoi un canard ? A vos recherches. Un canard est un journal qui relate des informations parfois non vérifiées ou fausses. Plusieurs explications, on a retenu celle là : L’origine viendrait d’Angleterre et puis d’Allemagne. Début du 19e siècle, un article anglais non vérifié comporte les lettres N.T (not testified). Ces lettres passent en Allemagne et phonétiquement, en allemand on prononce Enté qui signifie….Canard ! Le canard a passé la frontière en cancanant pour désigner un journal dont les infos ne sont pas toujours très fiables !

Le mot canard désignait également la personne qui vendait ces feuilles à la criée. Les canards sont d’abord un phénomène urbain puis colportés dans les bourgs et les campagnes.

Situations inversées…
Avec un mari chauve il faut trouver une autre technique…
Tous les contes traditionnels sont illustrés par l’imprimerie Pellerin.
Devinettes d’autrefois.

Devinettes d’aujourd’hui sur supports modernes.

Agrandissez et cherchez la réponse sur chaque image.

Ce soir, samedi, pour la deuxième nuit, on dort à St Avold chez David le fils de Pierre. Demain, départ vers Metz.

Article 5. La Saône

Depuis mardi, on longe le canal des Vosges puis la Moselle. Mais ne soyons pas ingrats, parlons Saône.

Hier après-midi.

On en rêvait. Un petit café à une terrasse ensoleillée. Place des Vosges à Épinal où on dort ce soir dans un Warmshowers. Rappel du principe : on dort gratuitement chez des gens qu’on ne connaît pas !!! Le point commun ? Le vélo. Cela peut être de dormir dans leur jardin, dans une chambre, et avoir une douche chaude. On peut soit se faire à manger, soit être invités à partager leur repas et leur petit déjeuner. Les précisions sont écrites sur le profil de chaque hébergeur. Nous y sommes également. C’est le principe de la réciprocité.

Depuis une semaine on longe la Saône et on découvre son histoire. On est passés cet après-midi pas loin de Viomenil où elle prend sa source. Elle se jette dans le Rhône, 480 kms plus bas, à la Mulatière près de Lyon qui est désormais loin derrière nous.

Colverts, cygnes, hérons cendrés, cormorans sont nos compagnons de route. Les Charolaises aussi. Mais pas dans la Saône. Pierre qui s’y connaît en vaches m’informe que cela fait un moment que les Montbéliardes les ont remplacées.
Martin pêcheur, castor, grenouille, leste vert nous regardent sûrement passer.
La Saône est une rivière de plaine qui s’écoule lentement. Même Jules César ne savait pas dans quel sens elle coulait. C’est dire. En romain, le nom de la Saône était l’Arar.
De nombreuses écluses ponctuent la rivière mais elles sont automatisées, inhabitées et par conséquent n’ont pas le charme des écluses du canal de Nantes à Brest qui rivalisent entre elles d’aménagements fleuris et d’espaces joliment pensés.
On sait que le parcours va se développer et offrir au randonneur ou cycliste de quoi manger un morceau ou boire une bière. Déjà, des coins tables et sièges se présentent au marcheur fatigué et même, pour la première fois, un espace réparation vélo.
On se met un peu la pression. Merci à la commune.
Il y a bien longtemps qu’on a passé le Point Kilométrique 203. Selon les départements, ils sont indiqués ou pas.
Dimanche midi, Pierre a réussi à rester assis pour manger son sandwich. Arrivée aux deux tiers du mien, je faisais les 100 pas en tapant des pieds pour me réchauffer avec deux paires de chaussettes. 5° et 100% d’humidité.

Depuis l’Antiquité, les hommes sont proches de la Saône. Elle est une voie commerciale entre la Méditerranée et le Rhin. Plus on la remonte, plus la navigation devient difficile: bancs de sable, manque d’eau et mauvais courants sont le lot des mariniers dans les méandres de la Saône. De 1838 à1882, elle est aménagée et devient navigable de Corre à Lyon. Au 19e siècle, sont réalisés les travaux du canal. Les bateaux remplis de marchandises étaient tirés par des chevaux depuis le chemin de halage où nous pédalons aujourd’hui.

Il y a toujours de grands Bonjour entre mariniers et cyclistes. Nos points communs : la lenteur, le silence, la tranquillité de la rivière, l’observation de paysages qui, sans être exceptionnels, nous sont familiers et rendent heureux.

À Port sur Saône. Mais que pêche t’on?

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Le roi des poissons est le brochet, de 50 cm à 1m, de 2 à 10 kg. Grand art du camouflage. Sa tête est composée de pores qui lui permettent de repérer et de localiser ses proies. Sa gueule est pleine de dents, 700 ! Il capture sa proie par le travers et l’avale tête la première. Ce qu’il préfère manger? Des poissons. Même ceux de son espèce. S’il n’y a rien d’autres, il consommera des vers, des crustacés, des grenouilles, parfois même des rongeurs ou canetons !

Camping fermé à Scey. On est rentré discrètement. Le double toit est à l’envers, en train de sécher.
Le Chemin des écluses. L’arrivée sur Épinal.

Maintenant, 8h30 mercredi. On quitte Julie et Aurélien pour rejoindre Nancy. Super accueil. En espérant les revoir en Isère.