Japon Article 23. la SHIMANAMI KAIDO

Peut-on traduire ces termes pas très simples à retenir ?

J’ai demandé à Yumi pour qu’elle ouvre nos esprits à la langue japonaise.

SHIMA signifie îles. NAMI veut dire vagues. KAIDO la route de l’océan. On traduit comme on peut…ou on garde le titre comme il est.

Il faut lire de droite à gauche. Imabari est notre point d’arrivée.

C’est sans doute la voie cyclable, ouverte en 1999, la plus célèbre du Japon. Selon l’itinéraire choisi, elle mesure entre 70 et 80 kms et relie l’île de HONSHU à l’île de SHIKOKU. La voie permet de traverser six îles et sept ponts situés dans la mer intérieure de Seto. C’est une route toute goudronnée sans dénivelé important que toute personne sachant pédaler peut faire aisément. Un bravo à ceux qui font l’aller et retour dans la journée. Même s’ils ne sont pas chargés, ils ont quand même 140 kms dans les mollets ( enfin surtout dans les ischions…).

On était certains de rencontrer au départ de cette célèbre voie cyclable d’autres cyclovoyageurs au long cours mais, à notre grande surprise, les cyclistes qui étaient avec nous sur le ferry, principalement des Australiens et des Japonais, avaient loué un vélo pour faire l’aller retour sur la journée ou sur deux jours.

Tout commence par le ferry, fortement conseillé, afin d’éviter le pont et son trafic intense. Pont montré dans l’article précédent.

Le premier pont qu’on a emprunté. On ne risquait pas de passer par dessus ! Ni d’être renversés par les voitures qui roulent au-dessus de nos têtes dans un bruit d’enfer.

Heureusement que tous les ponts présentaient des structures différentes. Les autres étaient plus esthétiques, plus ouverts et malgré tout bien sécurisés aussi. Et à chacun son style.

Parlons des tunnels japonais qu’on emprunte de temps en temps depuis qu’on est au Japon et là, on a été désagréablement surpris. En Corée, très souvent, la voie cyclable était complètement séparée de la chaussée. Au Japon, alors que pour tout, on sent une grande prudence – quand il y a des travaux, ils sont au moins deux avec un petit fanion à assurer notre passage en nous saluant – le plus souvent dans les tunnels on roule à côté des voitures sans aucune séparation. On a ajouté des lumières qui clignotent sur le vélo et notre casque a une loupiote. De temps en temps quand même, il y a un trottoir sous le tunnel pour les vélos mais pas assez souvent.

Revenons à la Shimanami Kaido qui ne connaît pas de tunnels.

On roule donc d’île en île et de pont en pont. Les îles sont grandes et assez industrialisées, surtout les deux premières. On pourrait passer une journée entière sur chacune mais on a repéré ce qu’on souhaitait visiter avant le départ. Et on ne peut pas rester ici huit jours si on veut réussir un jour à rejoindre Tokyo début décembre.

On a choisi sur la troisième île, IKUSHIMA, le musée Hirayama Ikuo qui est l’un des plus célèbres artistes contemporains japonais, né à Onomichi en 1930. Ayant survécu à la bombe d’Hiroshima, il a milité toute sa vie pour la paix. Ses œuvres sont inspirées par le Bouddhisme, les pays de la route de la Soie. Il a beaucoup fait pour la restauration et la préservation des trésors de civilisation dans le monde entier. On apprend qu’il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 1996. Il est mort en 2016.

Onomichi et la région sont des producteurs d’agrumes et principalement de citrons.
A l’horizon, des îles ou îlots montagneux qui plongent dans la mer de Seto.
Eaux azurées qui créent des paysages magnifiques.
Signalétique partout . Impossible de se perdre.
Drapeau de pirate pour les Japonais. On préfère notre tête de mort avec tibias réglementaires sur fonds noir mais on voulait aller dans l’antre du pirate japonais le plus célèbre.
Le voilà. Murakami. Appelé le Samouraï des mers.

Même le Shogun, chef des armées, le craignait. C’est dire. Son QG était basé sur une petite île située en face du musée Murakami. En fait, lui et son clan étaient plus corsaires que pirates. Ils protégeaient des navires de commerce, assuraient un passage sur des mers dangereuses. Les Murakami ont régné sur les mers pendant plusieurs générations. Beaucoup de choses dans le musée mais tout écrit en japonais.

Le joli port d’Ohshima. On voulait dormir sur l’une des îles avant de rejoindre Imabari.
C’est près du pont qu’on trouvera un coin tranquille pour la nuit.

Et le lendemain, en selle à…6h55!

Autre lumière. Autre atmosphère.

Arrivée à Imabari pour visiter l’un des trois châteaux japonais bâtis sur la mer. Imabari est pour nous la porte d’entrée sur l’île de SHIKOKU.

Larges douves alimentées par l’eau de mer.
Ciel menaçant qui n’a pas tardé à nous rafraîchir.
C’est Takatora qui a fait construire ce château en 1604. Il excellait, paraît-il, dans la conception de châteaux. Il aurait participé à la construction d’une vingtaine d’entre eux. Todo, son petit nom.
Vue du château sur la mer de Seto.

Sur les trois derniers jours, on a traversé Shikoku en passant par les gorges de Niyodo. Objet du prochain article. Nuit en hôtel à Kochi.

Japon Article 22. Onomichi.

Ou le point de départ vers la célèbre route cyclable SHIMANAMI KAIDO

Sur la route de Hiroshima à Onomichi. On imaginait le littoral plat. Dans tes rêves . Des côtes bien côtues mais des descentes à presque 50 à l’heure, ce qui nous permet de sécher ce qu’on a mouillé l’heure précédente.

Le temps d’un arrêt café, un client, 77 ans, qui s’intéresse à notre voyage et qui nous demande un lien pour nous suivre. La propriétaire de ce café charmant.
Baie d’Hiroshima. Hiroshima est aussi le nom de la préfecture.
On s’est pris un petit hôtel sur la route. Le onsen avec vue sur la mer n’est que pour nous.
Vue de la chambre.
Souvent le même type de statue qui représente le moine fondateur du temple.
De plus en plus de tuiles rouges vernissées. Autrefois la couverture des toits indiquait le rang de celui qui habitait la maison. Les tuiles noires pour les samouraïs, claires pour les riches commerçants, les toits en bois pour le petit peuple. Tous les jours on voit des champs de panneaux solaires dans les villages.
A Mihara, sur certains poteaux. Les chiffres indiquent la hauteur que peut atteindre le niveau d’eau. Cet endroit risque d’être inondé par un tsunami.
Avec la tête de l’emploi. Bon, un guerrier en tongs…un peu bizarre. On a croisé de drôles de créatures dans une rue couverte d’Onomichi.
Les devantures des petits restos.
On n’ira sans doute pas…

Onomichi est une ville portuaire qui fait partie de la préfecture de Hiroshima. Elle vit de construction navale, de cultures d’agrumes et du tourisme. Mais elle est surtout connue pour son chemin aux 25 temples à flanc de montagne . On en a fait une quinzaine. On a compris l’idée.

On ne sait pas si elle est au courant qu’elle a un serpent dans les cheveux.
L’intérêt de la balade est surtout d’avoir un beau panorama.
Moinillons dans les jupes de Kannon.
En face, la première île de la Voie cyclable.
Dans un écrin de verdure, contents de faire une halte ombragée. Le pont qu’on ne prendra pas au départ de la voie cyclable. Il est conseillé de démarrer en ferry. Moins dangereux.
Tout là-haut, Pierre voulait voir la pagode. À chaque fois, elles sont fermées.
Des chats sous toutes les formes. On est très chat au Japon. Il existe des cafés chats.
Dans une rue d’Onomichi.

Le vélo de Pierre. Il a été partiellement réparé. Ils ont changé le deuxième plateau, le plus usé, ils ont changé la cassette ( pignons) et la chaîne ainsi que les deux mollettes de tension de chaîne mais ils n’ont pas pu se procurer les autrès pièces du dérailleur. On est pourtant au pays du Shimano! Pierre dit que ça roule beaucoup mieux. On est contents. J’entendrai moins de jurons dans les côtes…Espérons que cela tienne encore les deux mois suivants. Demain cela fera exactement deux mois que notre périple aura débuté.

On a dormi dans une guest house en dortoir. Pas beaucoup d’espace mais Yuka qui tient la boutique avec son mari est super. Elle proposera même à Pierre de l’emmener chercher son vélo qui est à 6 kilomètres de la ville. On vit avec la famille.

Il y a six lits mais elle ne met personne sur les lits du haut .
Tous les matins avant l’école, Yuka lit une histoire à sa fille. Le grand est déjà parti. Le Fujihostel. Un endroit chaleureux.

Japon Article 21. Hiroshima

Avant d’aborder le sujet, quelques nouvelles des vélos. Depuis quelques jours, le vélo de Pierre fait des sauts de chaîne quand il appuie fortement sur les pédales, au démarrage et dans les côtes. Verdict d’un atelier vélo : usure des plateaux et des pignons. Il faut changer l’ensemble et la chaîne. Heureusement qu’on les a fait réviser avant le départ…On est donc resté trois jours à Onomichi le temps de recevoir les pièces. Départ demain matin mercredi pour la célèbre route cyclable Japon qui nous mènera à SHIKOKU. Mais d’abord…

HIROSHIMA

Il y a des noms de lieux comme Hiroshima ou Auschwitz qui, dès qu’on les prononce, nous renvoient brutalement vers l’indicible, le mal absolu, le pire de ce que l’humain est capable de faire et on revoit des scènes qui collent à leur histoire. Cela fait même bizarre de se dire je suis à Hiroshima.

Le Hiroshima d’aujourd’hui a fait une large place à son passé au cœur de la ville tout en se forgeant un présent et un avenir tournés vers la paix et contre l’arme nucléaire.

L’HISTOIRE à partir du 6 août 1945.

Les USA larguent la première bombe atomique appelée Little Boy car petite mais puissante. Le temps est clair, il est 8h16 ce 6 août. Elle explose à plus de 500 m au-dessus d’un hôpital. Elle fait sur le moment des dizaines de milliers de morts et détruit tout sur un rayon de 12 km.

Hiroshima à l’époque était, après Kyoto, la principale ville d’art et d’histoire du Japon avec une population de 250 000 habitants.

Elle a été choisie comme cible pour plusieurs raisons : C’était une ville de garnison, elle est située entre les montagnes et la mer. Ainsi les effets de l’impact seront plus facilement mesurables, les services de renseignements sont dans le château d’Hisroshima, le port assure la logistique de l’armée et les habitations sont construites essentiellement en bois et papier de riz…facilement inflammables.

On a passé la journée sur le Parc de la Paix, parc de mémoire, espace de verdure enserré entre deux rivières, où se situent de nombreux monuments commémoratifs.

Le dôme de la bombe. Il est situé à 160 m de l’épicentre.

La coupole en cuivre a fondu, le reste du bâtiment a résisté car composé de béton d’acier et de brique. C’était le palais d’exposition de la ville style Art déco. Comme l’explosion était verticale, une partie de l’édifice a résisté.
La température a été de 4000 à 5000 degrés au sol.
Le cénotaphe. Une structure qui rappelle le toit d’une ancienne demeure japonaise. Il abrite les âmes des défunts. Un cercueil enterré renferme une centaine de registres d’environ 300 000 victimes et un vierge pour les personnes non identifiées. Tous les ans, au moment de la commémoration du 6 août, on inscrit les nouveaux décès des personnes présentes lors de l’explosion.
A l’extérieur du mémorial de la Paix, cette horloge qui indique l’heure de l’explosion. Dans ce mémorial, 140 000 carreaux représentant le nombre de victimes avec le nom des quartiers. Noms et photos des personnes inscrites dans les régies du cénotaphe et film sur la tragédie.
Photo prise de l’intérieur du musée. On a choisi de ne pas faire de photos des victimes. Derrière le cénotaphe se trouve le bassin de la paix qui rappelle l’importance de l’eau pour les victimes irradiées qui cherchaient à apaiser leurs brûlures.

L’explosion.

La population est d’abord aveuglée par une lumière éblouissante. Quelques secondes plus tard, la déflagration arrache tout. Une minute plus tard, le fameux champignon se forme composé de gaz brûlants et de particules radioactives. Il atteint 17 km de hauteur et 800 m de diamètre. Les irradiés se précipitent sous une pluie noire pour soulager les brûlures mais c’est en fait une pluie issue du nuage atomique qui contamine le fleuve, les puits, les gens qui s’y abreuvent.

Dix à quinze jours plus tard, des symptômes apparaissent, les décès se multiplient. Fin 1945, on estime le nombre de morts à 140 000. Pathologies cardiaques, osseuses, pulmonaires, digestives…

Un autre calvaire pour les victimes. On les fuit comme la peste, les croyant contagieux. Il faudra attendre 12 ans pour que les HIBAKUSHA ( survivants) soient officiellement reconnus et bénéficient d’un suivi médical gratuit.

La pendule d’une maison.
Monument des enfants pour la paix. Tout en haut Sadako Sasaki.

Elle avait 2 ans quand la bombe explosa, pas loin de l’épicentre. Pas blessée, on la crut épargnée, elle devint sportive mais à 12 ans, elle tomba malade des suites de l’irradiation. Une ancienne tradition japonaise affirme que tout rêve se réalise si on confectionne 1000 grues en papier. Sadako en fit 1300 mais huit mois plus tard, elle décède malgré tout d’une leucémie. Elle est devenue le symbole de tous les enfants victimes de la tragédie.
Sadako s’envole avec une grue.
Des centaines de grues faites par les enfants.

La Cloche de la Paix.

Tous les visiteurs peuvent sonner la cloche de la paix. Elle représente une belle utopie : un monde sans frontières où chacun vivrait en paix. Le battant frappe sur le symbole des armes nucléaires pour les éradiquer.
Tout autour, des inscriptions en sanskrit qui doivent soulager les âmes des victimes.

1945/ 2023, ce n’est pas si vieux. Des personnes témoignent encore aujourd’hui.

La flamme de la Paix. Elle brûlera tant qu’il existera des arme nucléaires…on n’est pas prêt de souffler sur la bougie…

Il y a également tout une partie sur la mise au point des bombes nucléaires mais on n’a pas fait. On a vu le film Oppenheimer avant de partir et puis, après une journée sur le site, on est profondément touchés par ce qu’on a vu et en même temps, il y a de la colère. Malgré tous les mémoriaux qui existent un peu partout dans le monde, la guerre est toujours là…et on fait avec…

MAIS …NOTRE HIROSHIMA A NOUS…

C’est une belle ville pétillante de vie et d’endroits très sympas et SURTOUT :

C’est une super rencontre avec le couple qui nous a hébergés via le site Couchsurfing. Mary, son mari Ioshi et leur petite fille Wamu. Un jeune couple adorable qui vit dans une magnifique maison traditionnelle japonaise ayant appartenu à la grand-mère de Mary.

Wamu a 2 ans. Une petite fille très éveillée qui sait ce qu’elle veut.
Bois et tatami. Shoji en papier de riz.
Notre chambre.
Des cloisons amovibles qui laissent passer l’air et la lumière.
Ces fines lattes de bois qui font la beauté des ouvertures.
Un nid douillet à la Japonaise.
Soirée dans un petit restaurant tenu par un couple charmant. On s’est régalés et on a bien rigolé. Tous les deux parlent anglais.
Iochi travaille tous les jours avec son père comme tapissier pour le remercier de l’avoir élevé. Mary a travaillé dans des ONG japonaises au Cambodge. Elle a voyagé au Canada et en Europe. Quand la petite ira à l’école, elle ouvrira un café. Tout est prêt. C’est magnifique.
Devanture de la petite gargote où on a dîné ensemble. Pas toujours facile pour nous de savoir s’il s’agit d’un restaurant.
Le couple de restaurateurs qui travaille là depuis quarante ans.
Et puis c’est déjà l’heure départ. Mary nous dit je suis triste. On ne le dit pas mais nous aussi. HIROSHIMA nos amours…

Japon Article 20. On passe à l’Est.

Le relief de l’île de Honshu nous oblige à rejoindre puis à suivre le littoral de la partie sud de la mer de Seto. Toute la côte est superbe.

ON THE ROAD

Un exemple de retenue d’eau parmi des dizaines croisées dans les campagnes.
Des panneaux qui nous laissent perplexes…c’est un resto pour les chiens? On peut aller manger avec son chien ? On y mange du chien? On ne saura pas…
Tout pour les Toutous.

C’est un parking se couvrant de cars de touristes qui attire notre attention à l’entrée de Iwakuni. On découvre qu’à quelques dizaines de mètres de nous, se trouve l’un des plus grands ponts du monde tout en bois composé de cinq arches .

Le KINTAIKYO Bridge. Toujours là depuis 1673.
Arrivée à Hofu pour y passer la nuit. On remarque souvent toutes les installations mises en place pour briser les vagues, protéger les terres. Tsunami est quand même un mot japonais ! Il signifie littéralement Port / vague. Vague portuaire.
Des murets séparent souvent les plages des zones habitées.
Comme d’habitude, les gens nous saluent.

Et puis, on embarque pour cette île magnifique, classée dans les trésors du Japon, l’île de Miyajima. En 19 jours au Japon, on n’a pas rencontré un seul touriste occidental. On sait qu’on arrive sur les sites les plus recommandés par les guides de tout poil, par conséquent les plus visités par les touristes.

Mer intérieure de Seto.
L’un des torii les plus célèbres du Japon. Il n’est pas fixé mais posé lourdement sur le sable. Il semble flotter à marée haute. Le Mont Misen en arrière plan.
Le jeune employé du ferry veut absolument nous prendre en photo. Il nous dit qu’il est jaloux parce que c’est son rêve de voyager à vélo. Il ne tient qu’à lui de le réaliser. Encouragements. On a fait des émules ! Yumi et Matt ont acheté des vélos car, nous ont-ils écrit sur WhatsApp, nous avons été leur inspiration ! Super. Fiers d’eux.
Avant d’arriver sur l’île, on ne savait pas qu’il y avait environ 900 daims en liberté. Surprise pour nous au détour d’un muret. D’ailleurs, à bien y regarder, ce daim attend un bébé….une daimde…
Des touristes et des daims. Population de l’île.
On est arrivés juste pour le coucher de soleil. Il faut trouver un endroit tranquille. Devant la mer. Loin du centre-ville. Le lendemain de son chalutier, un pêcheur nous fera un grand bonjour.
Visite matinale. On n’avait rien laissé traîner en pensant à eux.
Lumière du matin. Tous les cent ans, on change ses parties immergées. Qui dit torii dit sanctuaire derrière. L’île est jumelée avec le Mont Saint Michel.
Le sanctuaire d’Itsukushima est composé de plusieurs dépendances tout en structure laquée orangée. Il a été fondé en 593, a pris sa forme actuelle en 1168 mais celui-ci date de 1875. L’île étant sacrée, les visiteurs n’avaient pas le droit de poser pied à terre. On a donc construit le sanctuaire sur pilotis et on déambule sur des pontons. Le bateau devait passer sous le torii avant d’accoster.

On aurait pu passer plus de temps sur l’île mais on avait réservé trois nuits via Couchsurfing chez Mary et Ioshi, il nous faut donc reprendre le bateau le lendemain et rejoindre l’Histoire à travers la ville de HIROSHIMA.

Japon Article 19. NAGATO et ses environs.

NAGATO est une ville située au nord de l’île TSUNOSHIMA. Tant de belles choses à voir encore sur la côte ouest de Honshu que nous avons pris notre temps avant de passer à l’est. Avant d’arriver à NAGATO, les touristes japonais se déplacent en masse le dimanche pour venir admirer l’un des torii les plus célèbres du Japon. Un tunnel entre mer et montagne.

Un tunnel formé par 123 toriis menant au sanctuaire shintoïste situé un peu plus haut.
Ici, l’originalité consiste à avoir placé la boîte à offrandes en haut du torii derrière le cœur entre des renards. Comme la boîte est difficile d’accès, réussir à bien viser signifie que le vœu qui va avec l’offrande sera exaucé. La jeune femme est tenace. Le vœu doit être important.

Mais pourquoi des renards blancs?

C’est l’histoire d’un pêcheur qui, en 1955, rêve d’un renard, blanc, qui lui demande d’ériger ce tunnel de toriis en échange de toute la réussite du monde. Le gars s’exécute. On trouve les divinités de la réussite professionnelle, de la chance…et de la sécurité routière. Il y en a qui font de drôles de rêves…

NAGATO

Cette ville restera dans notre mémoire pour les deux rencontres qu’on y aura faites. D’abord un homme âgé puis une illustre jeune femme, morte à 27 ans.

On arrive bientôt à Nagato quand on voit écrit sur le côté Coffee shop. On décide de s’arrêter même si de l’extérieur, le lieu ressemble davantage à une maison particulière qu’à un commerce. On tente. Deux hommes assis dans une grande salle remplie de bric et de broc nous saluent et une femme âgée toute souriante nous fait signe de nous asseoir. Bientôt, son mari nous rejoint. On est français. Il connaît la France. Paris…et Cannes. On est inspirés : Vous y êtes allés pour le festival de Cannes ? Exactement. Avec ma femme. Cet homme aujourd’hui âgé de 79 ans a reçu un prix qui concerne son travail de réalisateur de films d’animation à 28 ans. On n’a pas tout compris car il parlait peu l’anglais mais de nombreux articles affichés, des dessins, des tableaux représentaient ses œuvres.

Le taux de probabilité qu’on pousse la porte d’un Japonais qui ait reçu un prix au Festival de Cannes…dingue.

Sa maison incroyable avec une vue superbe sur l’île de Omi dont on fera le tour en bateau le lendemain. Après 25 ans ã Tokyo, il a eu le coup de cœur pour cet endroit. On le comprend.

Et puis Nagato. Partout le portrait d’une jeune femme.

On est dans la ville natale de KANEKO MISUZU.

Née en 1903, elle a fait de longues études, ce qui était rare pour une fille à cette époque puis elle a rapidement commencé à écrire des poèmes pour enfants et des chansons. Elle tiendra une librairie à Shimonoseki. Elle se marie à 23 ans. Mais son mariage arrangé marque le début de la fin pour Kaneko. Son mari lui interdit de continuer à écrire. Elle recopie alors ses 512 poèmes dans trois carnets et arrête d’écrire. Un an après son mariage , elle a une fille. Passant son temps dans les quartiers chauds, son mari lui transmet des maladies vénériennes dont elle souffrira toute sa courte vie. Elle demande le divorce. Mais à cette époque, c’est le mari qui a la garde des enfants. Kaneko se suicide en 1930 en laissant une lettre pour que ce soit sa mère qui élève sa fille.

Ici en japonais puis en chinois. Les Japonais apprennent trois alphabets : le plus simple est le Hiragana, le Katagana et les Kanji.
Ici, Mary chez qui nous logeons, nous a entouré des exemples. Dans la même phrase, on peut utiliser plusieurs alphabets. Si on veut écrire des mots d’origine étrangère comme café, poste etc. On utilise le katagana.

C’est un autre poète qui va remettre en lumière, en 1982, l’œuvre de la jeune poétesse. Il va découvrir les trois carnets chez le frère de Kaneko. Aujourd’hui, ses poèmes sont appris dans les écoles, un film a été fait sur sa vie et son œuvre traduite en dix langues…dont le français.

Et puis Nagato, ce sont des paysages somptueux… Tour de l’île de Omi.

Sur le port. Huîtres énormes, farcies.
Assiette avec huîtres, coquilles saint Jacques et bulot. Le déjeuner est prêt.

…et un super bivouac au-dessus du port.

Japon Article 18. De la mer du Japon vers la mer de Seto.

MATINALES

Nous enfourchons généralement le vélo entre 7h30 et 8h. C’est l’heure où écoliers, collégiens et lycéens sont dans la rue pour rejoindre leur établissement. Tous en uniformes, jusqu’aux chapeaux et aux cartables de même style. Pour l’instant, on a toujours vu les filles en jupes plissées, les couleurs variant selon les écoles.

Des pratiques qui créent du lien.

Alors qu’on cherchait un distributeur dans une gare, on voit le chef de gare sortir précipitamment de son bureau afin d’aller saluer les élèves qui arrivent par l’escalator menant aux quais. Régulièrement, sur un ton joyeux, il s’incline devant chaque groupe de jeunes qui apparaît en leur souhaitant une bonne journée.

Devant un lycée, échelonnés sur le trottoir qui mène de l’arrêt des bus à l’entrée du lycée , on a compté au moins quatre employés de l’établissement qui s’inclinaient au passage des groupes d’élèves en leur souhaitant le bonjour.

A Yufuin, on est allés à l’ouverture de la poste pour envoyer un colis. Quand la porte s’est ouverte, quelle n’a pas été notre surprise de voir les sept employés se lever comme un seul homme pour saluer les clients qui entraient. Comme partout au Japon, la jeune femme qui nous sert est tout sourire et fait son maximum pour être efficace, mais les formalités pour l’envoi d’un colis de 450g dureront environ une demi-heure. Pour nous remercier de notre patience, elle reviendra vers nous avec des bonbons, des caramels…et une petite pince ! On aime bien le Japon.

7h45. Petite musique guillerette, et c’est l’heure pour les employés de cette entreprise de faire quelques mouvements de gymnastique.

Souvent, à la sortie d’un supermarché, une vieille femme cherche notre regard pour échanger avec nous. Sourires. Se faire comprendre sans parler la même langue. En montrant les vélos on nomme les villes japonaises qu’on a traversées et celles vers lesquelles on roule….échange éphémère mais qui met de la joie sur leur visage et sur le nôtre.

APRÈS YUFUIN …sur la route

Les deux premières heures de vélo ont été plutôt verticales puis il a été agréable de passer de village en village le long du littoral jusqu’au changement d’île. Des villages tranquilles parcourus par de nombreux cours d’eau. Comme la Corée, le Japon est un pays d’eau et de montagne.

Jusqu’à présent, on peut dire que les pistes cyclables empruntées ne sont pas toujours bien entretenues. Des branches d’arbres ou de grandes herbes empiètent sur la voie. Parfois, les voies sont faites davantage pour les piétons. Sur les derniers kilomètres avant la traversée vers Honshu, la largeur était insuffisante pour nos sacoches. Quand c’est trop pénible, on roule avec les voitures.

On doutait….et c’était bien la route à prendre.
Quand on disait même au milieu de nulle part.
Pierre descend de vélo…ce qu’on appelle mouiller la chemise.

Le Japon est le pays du sourire et du plastique.

Tout est emballé. Très souvent à l’unité. Le plus drôle pour nous a été de tomber sur une boîte de cure-dents où chaque cure-dents était sous plastique !

Au marché. Et presque tout le monde porte le masque dans les commerces.
Les ruelles silencieuses des petites villes .
Au début, on pensait à des coquelicots rougissant dans les rizières.
Et puis non.
Plantnet nous situe cette plante dans la famille des amaryllis.
Après les rivières, la mer.

En arrivant à la limite de Kyushu, on ne savait pas encore comment on allait traverser. On savait qu’il y avait un pont mais très haut, peut-être interdit aux vélos, et à 9 kms de notre position. Quand on a compris qu’on passait devant une gare maritime, on a tenté le coup et un bateau nous a attendus quelques secondes afin qu’on puisse grimper avec nos montures. Merci pour vos sourires.

Au revoir Kyushu.
Le pont qu’on n’aura pas pris. On aime mieux les bateaux. On a eu très brièvement une grosse averse dans la journée. Abrités sous un arbre, un homme nous a proposé un abri chez lui et est venu nous apporter des serviettes, nous demandant d’où on venait, ce qu’on faisait comme périple. De la gentillesse. Partout.

HONSHU. C’est la plus grande des quatre îles principales qui forment la colonne vertébrale de l’archipel. Aux alentours de ces quatre îles, des dizaines d’îlots plus ou moins grands.

On a pris de la hauteur à Shimonoseki, ville célèbre pour le traité qui a signé la paix entre la Chine et le Japon en 1895.

Baguettes et fourchette se côtoient régulièrement.
Porte du plus vieux temple Rinzai zen du Japon encore existant se situe à Shimonoseki. 1327.
Trésor national. Comme son toit composé d’écorce de cyprès et refait tous les trente ans.
Endroit sobre, presque personne. Loin des foules qui fréquentent les temples de Kyoto et Tokyo.
Notre Dame. Grand hôtel.

Et puis on décide d’aller sur l’île de TSUNOSHIMA dont on ne connaissait pas encore l’existence la veille. Là, on prendra le pont le plus long du Japon avec ses 1780 m. Même pas impressionnés parce que celui de St Nazaire fait presque le double !

Une grosse bosse à l’arrivée. Un vent latéral qui rendait la traversée dangereuse car on roulait à côté des voitures.
C’est nous. Des Japonais nous ont pris en photo. Un bruit lugubre extraordinaire dû au vent à travers les rambardes.
Avant la traversée histoire de prendre des forces…un petit curry excellent cuisiné par un Népalais venu nous parler. Le seul qui parle anglais et travaille ici depuis six mois. Les Japonais ? Respectueux. Et si gentils. On était contents d’entendre le même avis que le nôtre de la part d’un travailleur étranger.
Ne pas oublier le support pour reposer la tasse.
Îlot avec présence d’orgues basaltiques. Une pensée pour l’Irlande et sa célèbre chaussée des Géants.
Même sur les îles, on retrouve les montagnes. On n’est pas à l’île de Sein.
Une charmante petite église à côté d’un camping fermé.
De toute façon, on avait décidé de dormir au pied du phare.
Les gens qui passeront nous salueront.
C’est au Japon tout de même.
On mangera une pizza ! A 500 mètres, un resto, le seul ouvert sur l’île, fait d’excellentes pizzas à emporter. Tout est parfait.
Notre plus beau spot de bivouac au Japon pour le moment.
Pierre : on a tout un phare pour nous et pas d’électricité pour recharger nos téléphones !
Le lendemain…
L’île de TSUNOSHIMA est soulignée. Ce soir on dort à Hikari.

Japon Article 17. Derniers jours sur l’île de KYUSHU

C’est toujours difficile de choisir un itinéraire, surtout dans un pays lointain. On aurait pu rester trois mois à pédaler seulement à Kyushu et faire l’impasse sur les autres îles . Mais on est trop curieux pour ça et ce serait vraiment frustrant ne pas remonter jusqu’à Tokyo en faisant un détour par l’île de Shikoku. Comme on aime bien les cartes papier, on vient d’acheter une nouvelle carte du Japon pour tracer un itinéraire propre et sans ratures de notre parcours sur l’île de Kyushu. Hier mercredi 20 septembre, on a traversé le sud de la mer de Seto, mer intérieure lovée entre les îles de Kyushu qu’on vient de quitter, de Honshu, celle sur laquelle on vient d’arriver, la plus grande et de Shikoku.

En grossissant la carte, on voit SHIMONOSEKI où on a débarqué hier, écrit juste au-dessus de KITAKYUSHU.

Du parc national de Aso vers la ville de Aso où on passera la nuit.

Aso restera pour nous cette belle histoire.

L’idée est de passer seulement la nuit à Aso pour repartir le lendemain vers Yufuin, jolie ville réputée pour son lac et ses onsen. On se présente dans une guest house, complet, on roule vers une autre qui, selon internet, est ouverte. Elle est fermée. Mais il y a une terrasse, une porte coulissante qui ouvre sur une cuisine. Ça nous suffit. On va juste poser notre tente sur la terrasse.

Sur la droite, un vieil homme accroupi près du bâtiment, occupé à ramasser de l’herbe. Il nous a jeté un coup d’œil sans bouger. On sort nos affaires et la tente. Faut-il aller lui parler ou non ? On n’est pas sûr qu’il ait un lien avec l’auberge. On va le voir, on lui fait comprendre qu’on va dormir sur la terrasse, on a tout ce qu’il faut etc. Pas vraiment de réaction de sa part. On a préparé la tente, on va manger ce qu’on a acheté.

Après avoir mis l’herbe dans sa voiture, il passe à un autre travail. Il y a du bazar dehors et dans des salles annexes. La nuit tombe. On est samedi soir. On se dit qu’il travaille encore à son âge pour arrondir sa retraite, il a au moins 70 ans. On est à quelques mètres de lui, il vide lentement une petite salle avec sa brouette sans faire attention à nous . On est maintenant occupés à regarder l’itinéraire du lendemain quand, après environ une heure, l’homme nous fait signe d’approcher. Et là on comprend. On comprend que depuis une heure, le vieil homme vide la salle pour nous ! Il vient de balayer la pièce, a installé des palettes pour qu’on pose nos matelas. On ne sait pas comment le remercier, on a juste des biscuits qu’il refuse. Il nous apporte une lampe, nous donne son numéro de téléphone et demande le nôtre. Il est tout sourire, nous demande d’où on vient. Il repart avec sa voiture. La nuit est tombée depuis longtemps. Acte gratuit de pure gentillesse. Merci Monsieur.

YUFUIN.

La journée de Aso à Yufuin aura été la plus difficile à vélo. Une descente à 50 à l’heure. Plus de 1700 m de dénivelé et très chaud. Mais cela en valait la peine.

Torii sur le lac Kunrin
Le mont YUFU reconnaissable à ses deux sommets.
Le titre anglais nous a donné envie d’essayer. Japonese Burger. La viande est toujours excellente.
Séances Selfies…

Notre premier Onsen.

C’est quoi un onsen ? Des Nippons sans nippes et dans l’eau.

Plus sérieusement, ce sont des bains chauds, intérieurs ou extérieurs, dont l’eau provient de sources volcaniques, souvent réputée pour ses vertus thérapeutiques. On y va nu comme un ver. Ils sont parfois mixtes, ou séparés homme femme, ou bien familiaux. Ils peuvent être privatisés. Tous les âges sont concernés. Pour l’instant, les deux onsen qu’on a fréquentés n’avaient rien d’extraordinaire. Un bassin intérieur dans lequel on s’assoit ou on s’allonge et on ne bouge pas, on n’est pas là pour faire un crawl. Le bassin extérieur était plus joli avec des roches autour et vue sur des bambous.

À l’entrée, on loue une serviette. On passe dans une salle où chacun se déshabille discrètement ( Pierre était chez les hommes, moi chez les femmes) et prend sa douche. De petites cloisons nous séparent un peu. Shampooing et savon à volonté. Puis, on rejoint, l’air dégagé, comme si on marchait tous les jours à poil devant un public, le bassin où on se cale dans un coin. L’eau est très chaude. C’est très calme. Le onsen est assez petit, on est sept femmes. En Amérique du Sud, les hot springs étaient le lieu de rencontres entre amis, de bavardages, c’était assez bruyant. On était en maillots de bain. Ici, si quelqu’un parle, c’est à voix basse. Sérénité.

Je repère vite trois femmes : grand-mère, mère et fille. Je regarde les bambous. Et puis j’entends la mamie dire : America? Ah, ça doit être pour moi. Non française. Alors elle s’approche…et me touche gentiment l’avant-bras gauche. Admiration. Je savais que j’avais un avant-bras gauche canon. Elle me dit des choses qui sont sûrement très gentilles mais auxquelles je ne comprends rien et ce n’est pas grave. Après une bonne demi-heure, j’en ai assez de barboter. Sèche cheveux, très belle salle de repos avec tatamis, télé. Cool.

A Yufuin, chaque hôtel a pratiquement son onsen personnel et gratuit pour les clients. De toute façon, c’est très peu cher. Le onsen est vraiment intégré à la culture japonaise.

Extérieur nuit…dans une rue de Yufuin.
Les plats sont reproduits en synthétique dans les vitrines des restaurants. Plus vrais que nature.

Ce soir on voit des nouilles qui montent et qui descendent…mais bon, on a beaucoup pédalé aujourd’hui…

Japon Article 16. Invitation chez des Japonais

Merci Emmanuelle d’avoir joué et bravo à Meriem pour la bonne réponse – mais tu es allée au Japon, ça aide!

La consigne est bien faite pour les parapluies.

Photos prises entre Yanagawa et Kikuchi. De belles grimpettes. 68 km.

En français dans le texte.
Les sous-bois. Sur quatre kilomètres, une vraie patinoire. On n’a pas l’impression mais on peine à rester debout et pousser les vélos. Décomposition des feuilles + pluie = danger. En Corée, je suis tombée avec le vélo deux fois sur des trottoirs. Égratignures de cour d’école.
Fougères bleues et vertes.

On roule maintenant d’ouest en est sur l’île de Kyushu pour rejoindre le parc national de ASO. Depuis Yanagawa, une étape d’un soir à Kikuchi permettra de faire le trajet en deux jours. Quand la journée commence, le temps est maussade et on est sûrs de rien. Mais finalement le temps s’est amélioré et il est temps désormais de chercher un lieu de bivouac.

Dans la campagne avant Kikuchi, rien ne nous plaît, on est maintenant à l’entrée de la ville. Une première hésitation sur les hauteurs. On se dit qu’on va voir plus loin, dans l’un des parcs de la ville. Et puis on tombe sur les bords d’une rivière. Coup de cœur. Installation. Toilette et lessive dans la rivière.

Pierre.

Ça y est. On a prévu soirée lecture. J’ai commencé un roman d’un écrivain japonais dans l’avion et j’en suis toujours aux 20 premières pages. Je suis bien calée dans mon siège au bord de l’eau quand Pierre me dit : on a de la visite. Le livre se referme pour je ne sais combien de jours…Ami ou ennemi ?

C’est la première fois que notre bivouac est aussi visible. On a des maisons dans le dos et des promeneurs nous voient du pont d’où Pierre a pris la photo. Risque 1 : se faire déloger . Risque 2 : se faire inviter.

Je me retourne. C’est un homme tout sourire, ne parlant pas un mot d’anglais, qui arrive une bouteille à la main. On penche plutôt pour le risque 2. Nos applis traducteurs ne veulent pas traduire mais avec des verres à la main, on se comprend. Enfin surtout Pierre car je ne bois pas d’alcool.

Le vin est un rosé japonais. Avec sa main, Také nous fait comprendre que le vin français est tout en haut de la toise, juste au-dessous il situe le vin italien et au ras du sol….le vin japonais. C’est un Japonais qui le dit . Pierre lui dit que son rosé n’est pas si mauvais.

Také, c’est son nom, ne peut pas croire qu’on va dormir dans cette tente. Je lui fais la visite des lieux. C’est assez rapide . Deux matelas et deux duvets. L’essentiel. Il nous demande ce qu’on va manger. On sort un assortiment de japonaiseries achetées dans la rue. On sent qu’il a déjà pitié. Sa maison est juste derrière. On est invités. Il passe des coups de fil et nous fait comprendre qu’il s’en va et qu’on va le rejoindre. Entre temps, un couple arrive vers nous. Matt est américain et Yumi japonaise, elle parle couramment l’anglais. Ce sont des amis de Take. On ne va plus se quitter jusqu’au lendemain après midi.

Také nous a vus de sa maison. Maison blanche dans laquelle on va passer la soirée.

Maison très moderne, très spacieuse et confortable. Sur la table, c’est l’apéro. Il faut qu’on goûte à tout. Il y a longtemps qu’on n’a pas autant mangé. On a apporté nos victuailles. Bien minces. Et puis ça sonne à la porte. Un ami à lui, hilare, débarque avec une dizaine de bières, des trucs à manger. Puis quelques minutes plus tard, c’est sa femme qui se joint à nous. Et on recommence : oui on dort sous la tente. La toilette ? Dans la rivière. Les toilettes ? Dans la rivière. Chaque réponse provoque des gloussements d’admiration et en même temps, comme nous l’explique Matt qui vit au Japon depuis une dizaine d’années, pour eux, c’est inconcevable. Unbelievable. Le copain de Take nous voit déjà attaqué par des chiens et des moustiques. On confirme pour les moustiques. Mais on a un spray. Et les chiens ? C’est moi qui les mords. Lui est mort de rire.

Matt, Yumi et Také. Pour l’instant, encore peu de choses sur la table.
Kiri San son copain est arrivé…c’est lui qui proposera de nous emmener en voiture avec nos vélos pour passer la journée ensemble.
Filets de poisson divins. On n’a jamais mangé de poisson aussi bon. Ce qui ressemble à des haricots est du soja. Comme alcools, trois bouteilles de vin rouge français, du saké évidemment, et des bières.
…puis sa femme Michiko.
Des crabes à l’apéro. Ça change des chips mais c’est moins facile à manger. Heureusement que ça ne se mange pas avec les baguettes…Eux qui aiment les peaux blanches…je suis aussi cuite que mon crabe.

Také veut absolument qu’on dorme dans le salon qu’on aperçoit derrière moi. On le remercie mais on a préparé nos affaires dehors.

On rit, ils boivent, je suis au thé vert qu’il me sert avec des glaçons. L’une des premières questions des Japonais en général est l’âge. Pierre fait tout le temps son petit effet avec ses 74 ans. Et là, Take regarde Pierre et dit un truc en Japonais traduit par Yumi en anglais que je traduis à Pierre qui n’a pas compris. « Také te trouve joli. Il aime bien ton…nez. Il trouve qu’il est beau. » Pierre: Hein mon nez ? Il est beau ? Du coup , il n’arrête plus de se le toucher en riant ! Bon, il n’a pas fait son coming out. Ça fait bien deux heures maintenant que tout le monde passe du vin aux bières et Pierre me dit qu’il faut qu’il mange car ça fait des mois qu’il n’a rien bu. Il y a de quoi faire sur la table. Také a une entreprise qui fabrique des baguettes. Il nous en offre.

Yumi et Matt m’annoncent que Také m’a préparé…un bain ! J’imagine en France…des gens que tu invites pour la première fois chez toi et à l’heure de l’apéro…allez, au bain !!! FURO en japonais. Très chaud. Je remercie mais je me suis déjà lavée dans la rivière. Pour eux, c’est inimaginable. Je finis donc dans une super salle de bains où m’attend une baignoire avec des tas de boutons. Je n’y touche pas, j’ai peur de faire des bêtises….ou de m’électrocuter. Ce qui serait aussi une bêtise. S’affiche la température : 43 degrés. J’adore. Encore plus écrevisse. Ça change de l’eau de la rivière. Pierre me succédera.

Kiri San demande ce qu’on a prévu demain. Le parc national de Aso. Cris d’orfraies. Mais c’est hyper dur à vélo ! Le plus haut volcan du Japon ! Et voilà qu’il propose de nous emmener avec nos vélos dans sa voiture. Matt et Yumi viendront également passer la journée avec nous. C’est d’accord. Ne pas rater une occasion de partager des moments avec des gens du coin. Rendez-vous demain matin pour passer la journée ensemble. On ne reverra pas Také parce qu’il se lève à 4 heures pour aller travailler. Merci Také pour ton sens de l’hospitalité.

C’est drôle, quand on y pense, la manière dont se font les rencontres. Normalement, on avait un contact Warmshowers à Kikuchi , couple de cyclovoyageurs qui a écrit un livre sur leur périple de deux ans à vélo mais c’est le week-end et ils sont absents ! C’est ainsi que notre bivouac au bord de la rivière nous a permis de faire ces belles rencontres…

Le lendemain matin, Kiri San est venu à 8 heures à notre bivouac pour prendre nos vélos et nos sacoches. Il nous offre le petit déjeuner ( french toasts!) chez Yumi et Matt.

Matt et Yumi. Un couple adorable. Beaucoup d’humour, de gentillesse et de culture. Ils ont un café qui ouvre chaque matin de 7 h à 10h. On espère bien qu’un jour, leur route passera par chez nous.

En attendant 10 heures, l’heure de fermeture de leur café, Shodo, un moine bouddhiste zen, ami du groupe, nous a rejoints. Il parle anglais. Et nous voilà partis visiter le temple dont il a hérité. C’est comme ça au Japon.

Il chante le Sutra de la grande sagesse…que j’ai connu par cœur, mais aujourd’hui j’ai des lacunes. En effet, j’ai pratiqué le zen en France pendant 18 ans avec un maître japonais, Taisen Deshimaru, qui a fait connaître le zen en Europe et fondé de nombreux dojos. Shodo sait qui il est. Pierre n’en revient pas. J’ai des photos sur mon téléphone. Je me demande si Shodo a dit qu’il connaissait Deshimaru seulement pour me faire plaisir, alors je lui montre une autre photo d’un moine Zen et lui demande : Tu le connais ? Qui est-ce ? Et il me sort le nom de Kodo Sawaki sans hésitation, maître qui a formé Deshimaru au Japon. Je n’ai plus de doute. Il sait qui il est.

Et nous voilà partis à deux voitures pour le Mont Aso. Grâce à eux, on ira à plusieurs points de vue qu’on n’aurait jamais pu faire seuls à vélo. Trop éloignés les uns des autres.

Le voyant est vert. Selon l’activité du volcan, l’accès peut être interdit. Les abris en cas de projection de lave.
Aso est un complexe volcanique qui regroupe une quinzaine de cônes volcaniques.
La caldeira mesure 25 km sur 18 km.
Au cœur du cratère, soufre et fumerolles. Ici le Naka daké avec un diamètre de 600 m , 160 m de profondeur où se trouve un lac acide.
Le volcan mesure 1592m.
En noir, Shodo le moine, à gauche Kiri San, sa femme avait des trucs à faire à Kikuchi et derrière, Yumi.
On voulait inviter tout le monde pour les remercier. Impossible. Shodo avait déjà payé pour nous.
On n’est pas prêts de les oublier !

On se quitte dans l’après-midi. Un grand merci à chacun d’entre eux. On descend nos vélos et sacoches de la voiture et on commence à pédaler direction la ville de Aso à 13 kms où on espère trouver une auberge de jeunesse.

Dans la descente, un petit air du Puy Pariou en moins penché.

Quelle chance d’avoir eu le privilège de partager ces moments ! Cela a été possible parce qu’à vélo on est accessible et qu’on est dans des contrées peu touristiques. On sait bien que les relations sont complètement différentes dans les grandes villes cosmopolites. À très bientôt.

Japon Article 15. Japon côté pratique

Il est vrai que débarquant de Corée, le Japon ne nous apparaît pas comme une autre planète. C’est toujours l’Extrême-Orient, d’où de nombreuses similitudes. Mais surtout, bien que nous ne parlions pas le japonais, notre vie n’est pas très compliquée.

Alors le Japon ? Cher ou pas cher ?

Beaucoup diront : le Japon est cher. Pour les cyclistes venus au Japon, la vie n’était pas chère…et on est d’accord avec eux . Évidemment, tout dépend de la façon dont on voyage. C’est la même chose en France. Une nuit au Formule 1 ou au Martinez à Cannes ne coûte pas la même chose ! Dans nos constats après six jours seulement au Japon, la vie est même moins chère qu’en France. On changera peut-être d’avis plus tard.

On sait qu’on est sur l’île de Kyushu, qui n’est pas l’île la plus touristique et donc pas la plus chère de l’archipel. Le prix d’un café n’est pas le même au Trocadéro qu’à Voiron. On se méfiait car la Corée étant particulièrement bon marché, on regardait de très près la conversion euros/ yens mais pour l’instant, on est agréablement surpris.

Hébergement

On a dormi deux nuits en hôtel (52€ et 46 €) avec toujours les accessoires de toilette fournis, bouteilles d’eau fraîche, yukata ( kimono d’intérieur), café et thé avec bouilloire et petit déjeuner compris. Les produits de toilette ne sont pas des mini portions.

La même chose en Corée.

Les trois autres nuits en bivouac c’est cadeau ! On aime bien quand ça ne nous coûte rien car l’idée est quand même, une fois de temps en temps, de s’offrir un ryokan (auberge traditionnelle japonaise ), d’expérimenter un hôtel capsule etc. Ce soir, pluie menaçante, on dort chez l’habitant pour…21 € la chambre. Et on est au Japon.

Des lits jumeaux.

La nourriture.

On ne mourra ni de faim ni de soif au pays des Nippons.

C’est le pays des Konbini. Les supérettes qu’on trouve à tous les coins de rue. On peut y acheter des aliments, des plats préparés, papeterie, hygiène, mais aussi utiliser machines à café, internet, photocopieuses, fax ! Le fax est encore très utilisé au Japon, distributeurs de billets (pour nous, ça ne fonctionne pas partout). Parfois des tables pour consommer sur place. Quatre poubelles différentes pour le tri des déchets dans chaque magasin.

Pour le moment, on ne rachète pas de bouteille de gaz prise à la frontière, car vu le prix de ce qu’on achète…on se régale pour 5 ou 6€ et on peut faire chauffer les plats dans les konbinis. On achète tout prêt. Fainéants.

Bouteille d’eau de 2 litres achetée hier, fraîche, qu’on verse dans nos gourdes : 70 centimes !

Distributeurs. Heureusement, on n’y trouve pas seulement des sodas qu’on ne boit pas mais également différentes sortes de cafés froids ou thé. De l’eau fraîche. Ces affreuses machines se voient même dans les coins les plus reculés. Jamais abîmés. C’est pas beau mais ça peut dépanner.

Et le vélo dans tout ça ?

Le principal point de vigilance est qu’on roule à gauche. La Corée roule à droite. Le second est l’emplacement des feux. Comme en Amérique du Sud, ils sont situés de l’autre côté de la route, au-dessus de la chaussée. On trouve notre chemin grâce aux navigateurs car rien n’est indiqué pour les cyclistes. Les panneaux routiers sont en japonais, et récrits en alphabet latin. Pour les touristes qui louent des voitures, ils ne sont pas perdus. Quant à la signalisation, une bande blanche reste un stop, le sens interdit est le même qu’en Europe, une flèche reste une flèche. Pas de difficulté particulière. Et les conducteurs font très attention à nous. On les remercie régulièrement en nous inclinant sur le vélo. Pas trop quand même pour ne pas tomber.

Aperçus de nos premiers jours.

Fukuoka, port et ville d’un million quatre cent mille habitants a été très agréable à parcourir en tant que cyclistes. Quartiers avec petites échoppes où on peut manger dans la rue et quartier très moderne. On a eu la chance d’avoir notre auberge de jeunesse juste à côté du plus grand parc de la ville, fréquenté par de nombreux joggers, cyclistes et marcheurs. Si on était restés une deuxième nuit, on y aurait planté la tente.

Deuxième petit déjeuner japonais : la soupe, le riz avec une sorte de radis noir repeint en jaune et du tofu… mouais. Si avec ça on ne maigrit pas….

Un musée de l’art dans ce parc avec des statues asiatiques bien sûr mais également de nombreux peintres européens comme Dali, Van Gogh, Chagall, Miró, Collin…photos interdites.

Reproduction d’une œuvre célèbre qui se trouve sur une île dans la mer de Seto.
C’est une question bleue de M Dum. : A quoi servent ces drôles de consignes à l’entrée du musée ? Réponse au prochain article. Même ceux venus au Japon ont le droit de jouer !

Un quartier construit sur la mer, le Marizon. Des restaurants, des boutiques, des salles pour mariages, une chapelle.

Les Torii sont les portails qu’on trouve à l’entrée des temples Shintoïstes. Ils symbolisent le passage du monde profane au monde sacré. Le rouge a la réputation de repousser les mauvais esprits. Nous, on voit plutôt ça orange.

Les marchands du Temple. Cette fois-ci, chacun peut écrire ses délires, euh…ses désirs, sur des planchettes qui seront ensuite suspendues.

On en a déjà parlé mais quitter la ville est toujours un vrai bonheur. Une fois sortis de cette grande métropole, ce qui demande beaucoup de temps, on pédale enfin dans une belle campagne où on retrouve les rizières et où on admire l’architecture encore traditionnelle de nombreuses maisons japonaises, certaines au cœur des villages, d’autres au milieu des rizières.

Beaucoup de sculptures d’arbustes. Art topiaire nippon.

On aimerait bien être invités à pénétrer à l’intérieur.

Depuis notre arrivée au Japon, on a seulement rencontré deux Français. Le tourisme se focalise principalement autour de Tokyo, Kyoto et Hiroshima. Ici, les gens sont encore un peu surpris de voir deux cyclistes occidentaux et cherchent souvent à entrer en contact avec nous. Toujours d’une politesse incroyable. Timidité et curiosité. On pensait les femmes plus réservées mais trois fois, ce sont elles, d’un certain âge, qui sont venues nous voir pour échanger. L’une voulait simplement savoir de quel pays on était, l’autre, rencontrée dans une zone forestière et en pleine côte, nous donnait des conseils pour la route à suivre et la dernière, sur un parking de grande surface, très heureuse d’échanger quelques phrases en anglais avec nous et, nous remerciant, en se prosternant bien sûr, d’avoir pris le temps de parler avec elle.

Après Fukuoka, direction sud. Et puis, les grandes plages, spots de surf, de jet skis…vers Karatsu.

On retrouve pour l’instant les mêmes températures qu’en Corée et d’après un couple de Français rencontrés lors de notre bivouac à Karatsu , les Japonais eux-mêmes sont surpris de telles températures. Le réchauffement climatique, c’est pour tout le monde.

Karatsu, une belle ville côtière dominée par son château.

Première balade à pied par la plage de notre bivouac au château.
Construit de 1602 à 1608. Entièrement détruit en 1872. Le château surnommé Château de la grue dansante (pas celle de Poclain …) a été entièrement reconstruit en 1966. Trop neuf pour nous.
C’est le lieu qu’on a choisi pour planter notre tente. On y restera deux nuits.
Devant le chapeau de Napoléon .
C’est là que passeront deux Français en voyage au Japon pour la sixième fois ! Un séjour de trois semaines tous les deux ans.
Vue de notre porte.
Vue du château. Notre tente est sur la plage au fond à gauche.
A cet instant, Pierre ne sait pas encore qu’un robot arrive dans son dos pour nous servir. Une petite musique l’accompagne (le robot, pas Pierre). On avait déjà vu ça en Corée. Comment supprimer des emplois….
Parfois le navigateur nous fait passer près des voitures. On n’aime pas ça. Ce n’est pas souvent mais ça arrive.
C’est mieux que la route mais on n’avance pas.
Bivouac dans un parc. Les toilettes extérieures toujours impeccables d’une grande surface juste à côté nous permettent de faire…notre toilette. Toujours toilettes au siège chauffant, douchettes, savon. Miroir.
Parfois tuiles vernissées.
Les trottoirs sont souvent très larges et en l’absence de réelle piste cyclable, on est autorisé à y rouler. Partout des bandes en relief pour les personnes non voyantes.
Ici on remarque que le riz est plus jaune qu’en Corée. On ne sait pas si c’est une autre espèce ou si c’est une question de maturité…on va se renseigner…
Sur la route, de Karatsu à Yanagawa.

Yanagawa est appelée la Venise de Kyushu. Notre avis : Oui parce qu’elle est quadrillée de canaux. Non parce qu’il n’y a ni palais ni ponts (nippons!) remarquables.

Pas de doute. On est au Japon. Photos de mariage.
Shoji et tatami.
On reparlera du shintoïsme dans un autre article.
Le pays des origamis. Les derniers qu’on a vus étaient à …Pont à Mousson !
Notre gondolier…beaucoup d’explications mais tout en japonais. En revanche, il a bien chanté.
On est les seuls occidentaux dans tous les bateaux.
Repas typique japonais : concombre, salade verte, macédoine, porc avec chou fermenté, riz, bouillon au tofu et melon. Très bon. Petites quantités. On a payé 25 € pour deux personnes.
On s’est faits des copains sur la barque. Trois étudiants de Kobe, en balade pour la journée. Trois styles différents.
De belles suspensions faites dans la région en l’honneur de la naissance d’une fille !
A force de manger uniquement des algues et du radis noir, même les ours n’ont pas de ventre !
Fruits du Ginckgo biloba. On les appelle les abricots dorés.
Tous les jours dans les campagnes, aigrettes et hérons cendrés s’envolent à notre passage. Il a fallu qu’on soit en barque pour pouvoir en photographier un. Ce sont les oiseaux qu’on voit le plus avec les corbeaux.

Et n’oubliez pas : À quoi servent ces consignes ?

JAPON Article 14. Arrivée au Japon

Dernières vues de Busan.
On n’a pas fini d’entendre parler de Busan qui se dit prête pour l’expo universelle 2030.

Un petit récapitulatif sur la Corée pour les cyclistes.

Environ 1700 km parcourus à vélo sur 27 jours pédalés et 36 jours en tout dans le pays. Dénivelé total: on ne sait pas. On le voit juste chaque jour et à chaque jour suffit sa peine…

1 trajet d’une heure en train pour rejoindre Danyang. 1 trajet en bus vers Gwangju.

Zéro crevaison pour nos deux vélos. Merci Schwalb Marathon !

Pierre: 6 déraillements. Mireille : 1 déraillement mais 2 vis de selle cassées.

À notre grande surprise, on n’aura pas rencontré d’autres cyclos voyageurs. Une fois, un Italien, en arrivant à Busan, sur le bord de la route deux minutes, qui arrivait du Japon.

La Corée : un très beau pays à faire à vélo, de magnifiques itinéraires sans grosses difficultés, des gens tellement sympas. Le plus difficile à supporter pour nous a été la chaleur.

TRAVERSÉE DE LA CORÉE AU JAPON du 8 au 9 septembre.

On pensait traverser la mer du Japon dans la journée avec la compagnie Queen Beetle. Mais au guichet, la fille nous apprend que si nos bagages incluant les vélos font plus de 30 kg, on n’embarque pas. De 20 à 30kg, on paie un surplus mais au-delà, le billet est annulé. On n’a aucun moyen de savoir quel poids on a exactement, on ne veut pas prendre de risques, et puis ce ferry arrive en fin de journée, et nous on préfère arriver le matin. On a donc décidé de prendre l’autre compagnie qui fait la traversée de nuit, le New Camellia. On a pris la formule la moins chère, en dortoir. Quatre catégories de prix. Arrivée vers 7 heures le lendemain matin. Pas de restaurant, on part à 22h30 mais possibilité de monter de la nourriture à bord. On est dans le port maritime depuis 16 h et on a embarqué ã 19h30. Petit déjeuner japonais à régler le lendemain.

A Busan, la compagnie maritime a confisqué notre bouteille de gaz.

Au revoir Busan.
Et voilà le dortoir. Le futon est plié, petite couverture et le pavé marron est l’oreiller. Le casier au-dessus sert à ranger ses affaires.
On aura de la chance car on aurait pu être onze et on sera trois avec un petit papi tout discret qui s’est installé à l’autre bout du dortoir. Le lendemain matin, il avait disparu. On a dû trop ronfler…

Sur le bateau, on a fait la connaissance de deux cyclistes coréens avec lesquels on a passé la soirée. Ils n’ont que deux jours pour pédaler et le troisième pour rentrer à Busan. 125 km par jour. Que du muscle et de l’entraînement en club. Bravo !

Photo qu’ils nous ont envoyée du mont Aso où on doit aller.
Premier petit déjeuner japonais : toujours le Kimchi ( chou fermenté), des alevins, une coupelle de haricots très durs, une soupe d’algues et bol de riz. C’est pas mauvais mais un quart d’heure plus tard, on a faim et on rêve de tartines grillées beurrées ( demi-sel bien sûr).
Soleil levant au Pays du Soleil Levant. île de Kyûshû, la plus au Sud.

A la douane, côté japonais, je pensais que l’homme allait me parler du contenu de mes sacoches et il me dit: French ? Yes. Rugby ? No. Yes. France win against New Zealand. Ah ! C’est comme ça qu’on a appris qu’on avait gagné ! Cool le douanier.

Une nouvelle aventure commence. Et pour l’instant, elle commence très bien.

Bivouac de la nuit dernière et de ce soir à Karatsu, sud de Fukuoka. On est actuellement dans un salon d’hôtel pour le wifi afin de taper cet article et on repart maintenant à la lampe frontale vers la plage retrouver notre sweet home. À bientôt.